Mass Effect RPG

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 De profundis

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Héméra Ackryod

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MessageSujet: De profundis   Mar 20 Mar - 14:11

Obscurité. Froid. Douleurs. Voilà le pain quotidien d'Héméra Ackryod depuis sa capture il y a un an de cela. Désespère-t-elle pour autant ? Non. Au fond d'elle-même, son coeur fomente différents plans d'évasion. Sont-ce des chimères ? Il est vrai qu'elle n'est libre que par la pensée, car ses membres sont entravés par d'étroits liens. Elle est dressée, là, dans cette pièce, placée sur un promontoire, tel un trophée de guerre fièrement acquis sur le champs de bataille. Mais si encore elle servait d'élément décoratif, ce serait un moindre mal... Elle est effectivement moins un élégant pot de fleur pour ses tortionnaires, qu'une petite souris de laboratoire sur laquelle on pratique diverses expériences.

"Ces chiens de Cerberus... marmonne-t-elle. Quand je serai libre, je jure par Zeus de tout faire péter..." Le soldat qui se trouve à côté, rit à la remarque de la biotique. "Crétin, pense Héméra. Qui rira bien rira le dernier !" Toujours est-il que l'ex-commandante du SSV Austerlitz se retrouve coincée ici. "Ils veulent m'avoir par l'usure, mais ils ne me connaissent pas !"

"Amenez Ackryod à la salle d'opération !"

D'opération ? Pour faire quoi encore ? Héméra fait la moue à l'idée d'avoir le ventre ouvert pour une énième fois. "Je suis lassée, vraiment. Qu'est-ce qu'ont mes intestins de si intéressant ?"

"On la transporte attachée ou...

- Faites-la marcher, hurla une femme. Il faut qu'à la fin, elle reste opérationnelle, et ce n'est pas en étant toujours attachée que ça l'aidera !"

Trop bon, vraiment ! Elle pleurerait presque devant tant de bonté. Héméra se demande toutefois ce qu'implique le fait d'être "opérationnelle" aux yeux de la femme. Tandis qu'elle médite sur la raison de cet ordre, les soldats délient les liens qui la retiennent immobile. Un sourire sardonique apparait alors sur les lèvres de la jeune femme, mais afin d'éviter tout soupçon, elle reprend son air de chien battu. Elle doit jouer la partie finement si elle veut enfin réussir à s'évader. La dernière fois qu'elle avait voulu se dérober à la vigilance de Cerberus, la jeune femme n'avait pas fait preuve d'une grande discrétion. Autrement dit, la tentative fut un échec cuisant. Mais aujourd'hui est un autre jour. Certes, "ses gardes du corps" la surveillent de près et même, l'un des leurs lui colle son pistolet contre la nuque. Certes, cette station se trouve au milieu de nulle part. Certes, elle est seule, désarmée, affaiblie, mais sa volonté est inébranlable. Et Dieu sait qu'une biotique obstinée parvient toujours à ses fins.

La salle d'opération est en vue. Héméra n'a pas l'intention de laisser les scientifiques disposer, une nouvelle fois, de son corps. Elle ferme les yeux, respire un grand et s'enveloppe d'une aura bleue propre aux biotiques. Les soldats l'entourant n'ont guère le temps de réagir qu'ils ont déjà la tête fracassée contre le mur, sous l'action de la poussée biotique d'Ackryod. Celle-ci ramasse deux pistolets près des corps gisant des hommes de Cerberus. Le bruit causé par cette attaque a alerté la milice postée un peu plus bas. Afin d'éviter d'être encerclée, elle sprinte en direction de la salle d'opération, ferme la porte, détruit la serrure d'un coup de pistolet bien ajusté.

"Avant de partir, il fallait que je vous dise au revoir, chère docteur Frincher.

- C'est bien aimable de votre part, Ackryod. Vous n'êtes pas satisfaite de notre hébergement ?

- Disons qu'à force, on a vite fait le tour. Mais trêve de bavardage, dit-elle en pointant ses deux armes vers la scientifique de Cerberus, je suis assez pressée.

- Vous allez le regretter, croyez-moi, rétorque Frincher en colère.

- Ca, c'est vous qui le dites. "

Un bruit sourd attire l'attention d'Héméra. Les soldats derrière la porte, essayent de l'ouvrir par divers moyens. Pendant ce bref moment d'inattention, le docteur en profite pour envoyer une déchirure contre la biotique rebelle. Cette-dernière esquive de justesse.

"Sale garce, lâche Héméra, furieuse. Tu vas me le payer."

Elle fait un saut biotique en direction de Frincher, et d'un geste gracieux - chose rare et étonnante chez cette personne - elle lui envoie une charge violente qui la propulse à travers la pièce. Chute difficile pour le docteur de Cerberus : elle se relève péniblement, grimace de douleur et lève les yeux vers Héméra. C'est d'ailleurs la dernière personne qu'elle verra de sa vie, car, quelques secondes après, elle s'écroule, le front délicatement troué par l'une des balles des pistolets d'Ackryod. Mais Héméra n'a pas le temps de s'appesantir sur sa première victoire, la porte derrière elle étant sur le point de céder. Après avoir récupéré diverses données entreposées dans les ordinateurs de la sale, la biotique s'approche prestement de la grille d'aération, la retire et se glisse dans le conduit. Après quelques détours dans ce dédale, elle arrive dans la grande salle de transmission de la station. Cerberus ne devait pas s'attendre à ce qu'Héméra arrive à atteindre cette pièce car seulement quelques soldats la gardent. Ne faisant pas de quartier, la biotique déboule dans la salle, et mitraille la pièce avec ses deux pistolets. En un rien de temps, il ne reste plus que les corps fumants des hommes de Cerberus.

"Parfait, je vais pouvoir passer à la phase 2 de mon plan d'évasion... Espérons seulement qu'elle recevra mon message..."

Hadès,
C'est Héméra. Pas le temps d'expliquer. Passe me voir à l'occasion (comprendre MAINTENANT), je te passe les coordonnées d'où je me trouve. Je compte sur toi.
Héméra Ackryod.



Dernière édition par Héméra Ackryod le Ven 23 Mar - 1:50, édité 2 fois
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Hadès J. D'Anceny

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MessageSujet: Re: De profundis   Mar 20 Mar - 16:54

Hadès était assise près de la carte galactique du pont supérieur du SSV Austerlitz, enfoncée dans un des sièges en cuir habituellement occupé par les enseignes et les artilleurs. Elle avait rejeté le siège en arrière, laissant sa nuque balancer dans le vide, les yeux rivés sur le plafond du pont de l'Austerlitz. Tout l'équipage dormait, et l'Austerlitz était en pilotage automatique jusqu'à leur prochaine destination, une colonie humaine reculée de la Travée de l'Attique. Elle ne trouvait pas le sommeil, hantée par les rêves de plus en plus insistants de son ancienne compagne sur cette lointaine colonie, et préoccupée par les mails de l'Alliance qui s'accumulaient dans sa boîte aux lettres. Elle avait beau essayer, elle n'avait de cesse de se retourner dans son lit, harcelée par ses émotions. Cela durait depuis quelques jours. Elle errait donc dans le vaisseau, et s'était décidée à se laisser tomber là, au milieu d'un vrombissement doux et familier des réacteurs de l'Austerlitz, et les bips réguliers des appareils de mesures et autres robots de maintenance qui vagabondaient sur le pont. Ses doigts tapotaient de temps à autres les accoudoirs, comme dansant un rythme oublié. Hadès alluma une cigarette et laissa la fumée s'élever paresseusement jusqu'au plafond. Quelque chose la démangeait au fond d'elle. Elle ne parvenait pas à saisir clairement ce dont il s'agissait. Peut-être une accumulation de tous ces points, peut-être autre chose…

Si seulement Héméra était là… Sa vieille amie aurait pu l'aider, elle aurait pu lui parler, lui confier tous ces doutes… Mais elle avait disparu dans cet espèce de fiasco spatial, un an auparavant. Héméra était tombée en plein milieu d'un traquenard, sur cette vieille station spatiale, aux couleurs de l'Alliance. Hadès avait bien fini par débarquer, posant son chasseur sur la coque de la station, mais c'était déjà trop tard. L'homme qu'elles avaient poursuivi était une sorte de leurre et avait disparu aussi vite rapidement, laissant le commandant totalement dépourvue de moyen de poursuite : il n'avait laissé aucune trace, laissant deviner que finalement, il ne s'agissait pas d'un simple criminel de la Citadelle. Il avait agi en main de maître et avait déployé un écran de furtivité qui laissait à supposer que la technologie dont il disposait dépassait de loin celle des Berserkers : le SSV Austerlitz était doté de capteurs high-tech de détection. Et depuis un an, elle avait scanné des systèmes entiers pour essayer de capter un signe de vie de son amie. Elle avait demandé à des gens, des soldats, des officiers, elle avait passé à tabac des mercenaires de rage, pour obtenir de maigres informations. Qui pouvait donc en vouloir à Héméra ? Qui voudrait récupérer une biotique génétiquement modifiée par l'Alliance? Bientôt, l'évidence lui sauta aux yeux. Il y avait bien cette organisation de l'ombre, dotée de moyens apparemment sans limites. Cerbérus. Elle ne savait pas grand-chose sur elle, mais elle avait bien l'intention de se frotter un peu à eux. Mais rien ne lui avait permis d'avancer, beaucoup de fausses pistes et de faux espoirs.

Elle commençait à sombrer dans un sommeil agité. Soudain, le terminal près de la carte se mit à biper avec insistance, la réveillant en sursaut. Elle se brûla avec sa cigarette qui continuait à se consumer avec entêtement. La jeune femme jura, épousseta son uniforme couvert de cendres et jeta la cigarette.

- Qu'est-ce que…

Elle bondit sur ses pieds et ouvrit le mail. Ses yeux vairons s'arrondirent brutalement. Elle se reprit à plusieurs fois pour la lecture, tant la signature l'obnubilait. Héméra… Elle activa le canal de communication interne.

- Jeff, réveillez-vous, je veux tout l'équipage sur le pont immédiatement ! Je veux des flingues, je veux des hommes disponibles, et je veux qu'on triangulise ce putain de message !


Elle n'avait pas réussi à capter le reste de la communication, et les coordonnées étaient corrompues, l'empêchant de calculer le saut supra luminique. Le cœur de la jeune humaine battait douloureusement. Le message d'Héméra ne supposait rien de bon. Le manque de détails, l'urgence… Si elle pouvait retrouver son amie biotique, elle retournerait toute une colonie à mains nues.


- ALLEZ ! ON SE MAGNE ! Même si vous êtes en petite culotte, j'en ai rien à foutre ! AU RAPPORT !
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Helena Jordun

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MessageSujet: Re: De profundis   Mar 20 Mar - 20:07

Mon sommeil est agité de cauchemars. Je vois la mort, la destruction, une rage sans fin qui me consume, des horreurs que je ne saurais décrire. Des voix inintelligibles me murmurent des paroles dont je ne saisis pas le sens. Vestige de mon passé tourmenté, prélude de catastrophes à venir ? Je l'ignore... Et ça commence à me hanter. Sérieusement.

L'alarme de bord me tire de mon sommeil. Je met quelques secondes à me rappeler où je me trouve. J'observe le mobilier version système D de ma cabine, le tuyau d'arrivée d'eau pas encore raccordé de ma future douche et le placard où traine l'uniforme que m'a donné Hadès. D'ailleurs en parlant d'elle...


- ALLEZ ! ON SE MAGNE ! Même si vous êtes en petite culotte, j'en ai rien à foutre ! AU RAPPORT !

Oh, quelle voix charmante au réveil à travers l'interphone ! Néanmoins je m’exécute par réflexe, m'habille en hâte et rejoins la passerelle. Je ne sais pas encore trop en quoi je peux me rendre utile, mais j'vais bien trouver quelque chose. Dans les coursives de l'Austerlitz, c'est la cohue ! L'équipage rejoint en hâte ses postes, en attente d'autres instructions. J'arrive enfin à la passerelle, jette un regard sur Hadès et vois son air tendu et inquiet. Je ravale une plaisanterie douteuse... Visiblement, c'est pas le moment de faire une blague sur les petites culottes... Je m'installe derrière près des consoles de transmission, derrière un enseigne qui tente de retrouver un signal. Au moins, j'allais peut-être savoir ce qui se passait ainsi... Je regarde par dessus l'épaule du jeune homme et ne peut m'empêcher de relever des bourdes d'interprétation grossière. Mettons ça sur le compte de ma fichue mémoire qui semble bien s'amuser à se réveiller quand ça l'arrange... J'ai du faire de la cryptographie fut une époque.

- Bouge de là !, finis-je par lâcher, extirpant de son siège le pauvre enseigne qui faisait de son mieux mais sans succès.

Je m'installe à sa place et commence à analyser les données entrantes des transmissions. J'épure le signal, élimine le bruit...


- Reste pas planté là, installe-toi à côté ! Je t'envoie des données, calcule le vecteur d'émission à partir de notre position, puis la position d'émission avec la dispersion de la transmission.

Un regard sans équivoque suffit à le convaincre d'obéir, et le voilà devenu un parfait petit assistant. Avec habilité, il traite les données épurées que je lui envoie.

- Yeah ! Coordonnées spatiales transmises à la navigation !

Sans plus attendre, Hadès ordonne un saut dans cette direction. J'ignore toujours ce qui se passe, mais ça semble vraiment grave... Je me lève, remercie mon assistant-malgré-lui et rejoins la commandant au regard vairon. Je me pose à ses côtés et murmure afin que seule elle puisse m'entendre :


- T'as l'air sur le point de te farcir un Krogan à main nue... Je ne sais pas ce qui se passe, mais si t'as besoin d'un coup de main, je suis avec toi. J'imagine qu'on va débarquer à un endroit où on n'est ni invité, ni les bienvenues, pas vrai ?
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Héméra Ackryod

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MessageSujet: Re: De profundis   Jeu 22 Mar - 2:47

Dans la station de Cerberus, la situation se dégrade de minute en minute pour Héméra. C'est le branle-bas de combat dans toute la station, les alarmes tournent sans discontinuer, en un mot, c'est un véritable capharnaüm. Chaque homme armé a pour ordre de tuer la biotique. Mais Héméra compte vendre chèrement la peau de l'ours. Si elle doit mourir, elle mourra comme un véritable soldat, et, dans sa chute, elle emportera avec elle, l'édifice tout entier.

Après l'envoi du message à Hadès, Héméra réussit, non sans mal, à faire une percée parmi les rangs ennemis pour rejoindre ce qu'on pourrait appeler "salle des machines". Chaque nouveau couloir est un nouvel obstacle à franchir, chaque groupe armé est une difficulté à éliminer. Elle est certes une grande biotique, mais lorsqu'en face, un grand nombre d'hommes s'oppose à elle, l'exception ploie sous la multitude. Fort logiquement, lors d'une escarmouche, son épaule est grièvement touchée. Mais qu'à cela ne tienne ! Ce n'est pas cela qui fait reculer un biotique. Cette blessure n'est qu'une broutille face aux lourdes pertes du camps adverse.

Toujours est-il que la jeune femme se retrouve enfin dans cette immense salle des "machines", dans laquelle se trouvent d'immenses générateurs alimentant cette non moins immense station. Qu'importe la taille lorsqu'un grain de sable vient se nicher dans les rouages bien huilés de la machine. Héméra se fait une joie à l'idée de tout mettre en désordre. Mais elle doit faire vite. Le temps presse. Elle entend, au loin, le pas lourd et rapide de ses ravisseurs. Ils la cherchent telle une proie traquée par une meute avide de sang. On veut sa mort, mais ce sera elle qui sèmera la tempête.

Elle s'approche des commandes, et commence à appliquer son plan. Ce n'est pas une technicienne, loin de là, mais la destruction étant plus simple que la construction, Héméra n'a pas de mal à parvenir à ses fins. Une surcharge du réseau est programmée, et démarrera sous peu. Il ne faudra pas longtemps pour que tout saute. Une fois le travail fini, la jeune femme se hâte vers le hangar principal. Elle espère, au fond d'elle-même qu'Hadès sera au rendez-vous et la tirera d'embarras. Visiblement au courant du message, Cerberus a déployé d'imposantes troupes tout autour du hangar. La situation est vraiment critique... Dans les couloirs de la station, elle pouvait tirer profit de l'exigüité du décor, mais dans un espace aussi large, que faire ? Héméra peste. Décidément, ces chiens font tout pour l'empêcher de partir !

Près d'elle se trouvent des panneaux de contrôle qui attire son attention. Elle ne peut bouger de son abri qu'en ouvrant le combat. Elle plisse les yeux pour voir ce qui est affiché, et voit un point lumineux qui s'approche de la station. Serait-ce... l'Austerlitz ?
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Hadès J. D'Anceny

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MessageSujet: Re: De profundis   Jeu 22 Mar - 20:57

Le commandant Hadès D'Anceny avait croisé les bras sur sa poitrine, essayant d'arborer une expression calme alors qu'en son sein, tout explosait. Elle eut l'impression que l'arrivée de son équipage en entier durait des heures. Son pied droit, marquant une cadence nerveuse, trahissait son émotion. Elle n'avait pas encore donné d'ordres ni d'indications que c'était déjà la pagaille dans son vaisseau. Mais elle faisait confiance à ces anciens de l'Alliance qui avaient déjà fourni tant de preuves de par le passé qu'ils auraient pu reconstituer une partie du code pénal. Il y avait là un jeune enseigne qu'elle avait récemment engagé pour prendre en charge les communications et les menues tâches que certains vieux baroudeurs n'avaient plus envie de prendre en main. Sauf que la tâche qu'elle lui demandait aujourd'hui, dans cet état d'excitation générale, pouvait lui paraître hors de portée. Elle vit alors Helena intervenir. Elle ignorait encore tout de la jeune femme, mais en regardant son air décidé, elle comprit qu'elle n'avait rien à craindre. Elle décroisa les bras et attendit. Les doigts d'Helena volaient sur le clavier translucide, traitant des informations à une vitesse folle. Quand elle eut la confirmation des coordonnées, elle ouvrit le canal de communication.

- Parfait, Jeff, si vous avez reçu les coordonnées, effectuez le saut et calculez le temps d'arrivée ! Les autres, à vos postes de combat, on ne sait pas à quoi s'attendre !

Les réacteurs de l'Austerlitz hurlèrent et toute la structure se mit en branle avec des grincements métalliques. Le vaisseau trembla un instant, manquant de déséquilibrer la jeune femme, qui s'accrocha à son panneau de commandement. En temps normal, ce genre d'évènement déclenchait les rires de ses collègues, mais l'atmosphère était trop électrique pour qu'ils se permettent le moindre éclat de rire. Helena s'était approchée d'elle. Elle plongea son regard vairon dans le sien, en hochant légèrement le menton.

- Si ce n'était qu'un krogan, cela ferait mon affaire. Mais c'est bien pire que cela.

Elle lui fit signe de la suivre dans ses quartiers, et passa dans la salle de sport où elles avaient dansé, une éternité auparavant, lui semblait-il. Elle se dirigea vers son casier personnel, l'ouvrit et déposa les différentes pièces de son armure sur l'établi métallique.

- J'ai une petite histoire à te raconter.

Elle ouvrit le haut de son uniforme, tournant le dos à Helena, et laissa tomber la lourde pièce de tissu renforcé.

- Quand j'étais encore en formation, il y a de cela près d'une vingtaine d'années, tu étais à peine née, j'ai rencontré une femme, exceptionnelle, agoraphobe, et complétement cinglée. On a fait nos classes ensemble. C'était une biotique. On a découvert qu'elle avait subi des saloperies dans sa jeunesse, à cause de sa prédisposition à l'élément zéro. C'est pour ça que j'ai démissionné de l'Alliance. On a repris l'Austerlitz ensemble, et on a traversé la galaxie. Une putain d'amitié.

Tout en parlant, elle avait commencé à placer les plaques de son armure sur son corps, après avoir endossé la combinaison noire. Elle les ajusta et les verrouilla.

- Sauf qu'il y a tout juste un an, alors qu'on traquait un criminel poursuivi par le SSC, Héméra est tombée dans un traquenard tendu par je ne sais quelle organisation, à comprendre Cerbérus, et elle a disparu.

Elle enfila ses bottes de cuir ferrées et se tourna vers Helena, légèrement décoiffée.

- J'ai remué toute la galaxie pour la retrouver, et je n'ai jamais eu de ses nouvelles. J'ai dû mettre au tapis une tripotée de mercenaires plus véreux les uns que les autres, et pourtant… Je viens de recevoir un mail. Elle l'a signé de sa main, mais ça n'empêche. Peut-être est-ce un piège, ou je ne sais quoi. Et d'ailleurs, on ne sait pas où on va tomber, ni contre qui. Autant prévoir le pire, n'est-ce pas? Même si j'ai bien reconnu son style d'écriture...

Elle saisit son arme, la déploya, vérifia ses mesures, commença à accumuler des chargeurs de cartouches thermiques dans les compartiments de sa ceinture, jetant un regard troublé à Helena.


Elle fit quelques pas vers un hublot, plongeant son regard vairon dans l'étendue de la galaxie, bleutée par le saut supraluminique. Elle ne put retenir un soupir profond.

- J'ai du mal à y croire… Et si on tombe sur Cerbérus, je pense qu'on va devoir s'attendre à une poche de résistance. Je ne sais pas pourquoi, je ne sais pas ce qu'ils ont fait d'elle. Mais je te jure, qu'ils soient 50 ou 500, c'est exactement la même chose pour moi. Je vais les faire payer.

Elle posa sur son visage un viseur Kuwashii et l'alluma. L'écran devient bleu, grésilla un instant, puis se stabilisa, et les informations commencèrent à circuler, devant sa pupille brune. Elle vérifia d'autres réglages, en pianotant sur son omnitech. Finalement, elle se tourna vers Helena. Elle resta un moment silencieuse, sa main suspendue au-dessus de son omnitech, comme en attente. Les mots avaient du mal à s'articuler dans sa bouche.

- Je n'ai pas à te demander de m'accompagner. Il y a trop d'éléments qui sont flous. Et je n'ai pas de soldats embarqués sur l'Austerlitz, je devrais donc m'en occuper seule. C'est mon fardeau en un sens. Mais pour être honnête, je ne serais pas mécontente d'avoir un soutien. Et je te remercie de te proposer. Je t'en dois une. Ca va être l'occasion de sortir ça…

Elle sortit de derrière la table un carton assez lourd et entreprit de l'ouvrir. Elle déposa plusieurs pièces d'armures neuves sur la table, rutilantes, rouges et noires.

- J'ai pris la liberté de la faire peindre aux couleurs de l'Austerlitz. Elle est à ta taille, plaques de céramique renforcées, revêtement textile pour le confort à l'intérieur et implants cinétiques dernières générations. N'importe quel choc est converti en énergie de recharge pour les boucliers.

Elle esquissa un sourire.

- Notre plan est de nous faire larguer au plus près du point chaud. L'Austerlitz repartira en furtif. C'est un équipage de matelots, pas de soldats… Ensuite, on approche, on prend la température, on fait un gros carton et on découvre qui est derrière tout ça. Héméra est une puissante biotique, nous bénéficierons donc d'un soutien à l'intérieur, s'ils ne l'ont pas déjà retrouvée et emprisonnée. Dans tous les cas, nous n'avons pas beaucoup de temps.
- Commandant, en approche. Nous sortons du saut, accrochez-vous.

Le SSV Austerlitz sortit de son saut à quelques kilomètres de ce caillou sans atmosphère qui avait hébergé la transmission, vraisemblablement. Hadès avait rejoint le cockpit de son chasseur et faisait déjà chauffer les moteurs, tandis que la porte immense du hangar de l'Austerlitz se déployait lentement. Elle avait réussi à caser Helena derrière elle, même si elles étaient un peu tassées, elle savait que cela ne durerait pas. Elle fit décoller son engin et déploya le brouillage, tandis que l'Austerlitz évacuait les lieux. Héméra n'aurait certainement aucune place dans le chasseur, et Hadès avait simplement compté sur le fait qu'une station satellite dispose en permanence de navette et autres véhicules de déplacement, ce qui semblait assez logique. Hadès piqua derrière les installations blanches qui semblaient fleurir sur le sol stérile et dissimula son chasseur derrière un énorme rocher. Elle fixa son casque respirateur sur son armure et sortit, aidant Helena à descendre. Elles n'étaient qu'à une centaine de mètres de la station.

- On dirait un dispositif de recherche. Je vois des droïdes de sécurité, pas de gardes…

Elle saisit son fusil d'assaut et se mit à courir vers l'arrière du bâtiment. Elle pirata l'entrée avec son omnitech, après avoir demandé à Helena de la couvrir. La porte s'ouvrit et elles pénétrèrent dans le bâtiment. Des alarmes retentissaient, inondant les murs blancs d'une leur rouge aveuglante. Hadès retira son casque et le posa derrière des caisses.

- ALERTE ALERTE BRECHE DANS LA SECURITE… EVASION SIGNALEE… TOUT LE PERSONNEL DISPONIBLE EST REQUISITIONNE DE TOUTE URGENCE… ALERTE…

Un sourire incrédule étira les lèvres d'Hadès. Elle reconnaissait bien là le coup d'éclat d'Héméra. Les battements de son cœur s'accélérèrent.

- INTRUS !

Les droïdes de sécurité avaient levé leurs armes vers le torse de la jeune femme. Elle épaula machinalement et cala quelques cartouches dans leur tête, les faisant exploser. Des tirs ricochèrent près d'elle. Cette fois, des commandos humains, armés de fusil d'assaut, s'en prenaient à elles. Elle tourna la tête et regarda Helena, en souriant.

- Comme à l'entraînement.

Puis, elle leva de nouveau son arme. C'était reparti.
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Helena Jordun

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MessageSujet: Re: De profundis   Jeu 22 Mar - 22:31

Je ne prétend pas être psychologue, mais nul besoin d'être un grand empathe pour saisir l'importance qu'Hadès porte à cette affaire. Sans un mot je la suis dans sa cabine et découvre enfin le fin mot de l'histoire ! Donc sa meilleure amie se trouverait quelque part aux coordonnées que je viens de décrypter ? Voilà au moins qui explique son trouble... Sans aucune gène, je l'observe se changer et troquer son uniforme contre une armure de combat lui donnant un air farouche. Bon je l'admet, j'en profite pour observer son dos, plus musclé qu'il n'y parait, et l'étrange tatouage presque hypnotisant qu'elle porte. Une véritable œuvre d'art. J'en éprouve presque de la jalousie. Enfin, presque. Inutile de le nier, elle me plait. Mais ce n'est ni l'heure ni le lieux pour explorer plus avant ce sentiment quelque peu particulier.

- Je t'accompagne. Et ce n'est pas négociable.

Mon ton est ferme, sans équivoque. J'ai bien compris qu'elle en fait une affaire personnelle, mais sortir seule me semble le meilleur moyen d'aller droit à la catastrophe. Et Hadès au regard vairon en est bien consciente. Je découvre donc son cadeau... et esquisse un sourire carnassier. C'est du beau matériel, du genre qu'on ne trouve pas à tout les coins de rue. Je note pour moi même de l'interroger plus tard sur ses fournisseurs, ça pourrait toujours être utile.

Je me change à mon tour, faisant glisser mon uniforme au sol sans gestes inutiles, alors qu'Hadès vérifie sa pétoire. j'attrape la combinaison protectrice intérieure d'un noir mat et l'enfile avant de m'équiper de l'armure de céramique renforcé. Celle-ci me parait étonnamment légère. Y a pas à dire, Hadès ne se moque pas de moi avec cette armure... Je la suis ensuite jusqu'au hangar, passe par l'armurerie, attrape un pistolet Prédator ainsi qu'un fusil d'assaut. J'avise une caisse de munition, prend un sac à dos, ouvre la caisse et en verse une partie dedans. Mieux vaut avoir de quoi négocier...


- Parée à l'engagement., dis-je d'une voix calme à travers mon casque.

Calme, bien trop calme même. J'ai l'impression que tout ça ne m'est pas étranger, que cette pression est presque familière. Non vraiment, je ne devais pas être une gentille femme au foyer. Et le chasseur d'Hadès décolle, nous menant à la surface stérile d'un astéroïde. Stérile, mais pas sans vie comme l'atteste les bâtiments blancs et les alarmes bien visibles dans le secteur. Après un piratage rapide d'Hadès, on s'infiltre enfin dans le complexe. Je retire également mon casque, hoche discrètement la tête en direction de ma partenaire et commence à progresser à ses côtés... pour tomber nez à nez avec une patrouille de méca de sécurité. L'affaire se règle en deux temps trois mouvements, mais adieu la discrétion ! D'ailleurs, voilà que des soldats bien en chair ceux-là débarquent et commencent à nous souhaiter la bienvenue à leur manière. Je me plaque à couvert et arme mon fusil d'assaut.


- Je crois qu'ils veulent nous dire bonjour...

Je risque un coup d’œil. Cinq hommes. Deux sur une passerelle, deux sur la gauche et un sur la droite, planqué entre deux piliers. Bonne position défensive. J'analyse la situation à froid alors qu'Hadès envoie quelques rafales pour les tenir à couvert. D'un autre côté... leurs armures blanches et jaunes les rend assez facile à repérer. Bref plus d’hésitations à avoir ! J'attire l'attention d'Hadès d'un coup de coude.

- Deux sur la passerelle. Ils sont à toi. je me glisse à droite pendant que tu arroses. Allez, go !

Elle se relève et envoie un feu nourri sur les hauteurs tandis que moi je cours comme une dératée droit vers le soldat isolé. Je le vois surgir de derrière les piliers, pointer son arme dans ma direction et attendre le moment où je vais le mettre en joue pour m’abattre. Sauf que je n'ai jamais prévu de me servir de mon fusil et qu'il vient de s'en rendre compte un peu tard... Je le percute violemment et lui arrache son arme des mains avant de m'en servir comme d'une masse sur sa pauvre tête. Bon ok, il a un casque intégral bien solide comme il faut, mais il n'en reste pas moins sonné un court instant. Court instant que je met à profit pour me glisser derrière lui m'en servir comme bouclier humain alors que ses deux collègues rappliquent dans ma direction. Le premier a une hésitation quand il voit son camarade dans son champs de tir... Moi pas. Il s'écroule, trois impacts de pistolets dans le torse. Le second n’hésite plus et ouvre le feu. Je sens les impacts, lourds et puissants, s'abattre sur mon malheureux bouclier humain et signer son arrêt de mort. Heureusement que ce n'est pas moi qui ramasse dans la figure, car là je doute de pouvoir survivre. J'écarte le poids mort et décoche plusieurs tirs dans la direction du dernier soldat. Celui-ci s'écroule, raide mort. Au moins, une bonne chose de faite... Je reprend ma respiration et force mon cœur à se calmer, les tempes moites. L'adrénaline pulse dans mes veines et je me sens maintenant bien vivante.

- Une idée de l'endroit où se trouve ton amie ?

Ma voix est quelque peu hachée... N'allez surtout pas croire que ce qui vient de se passer est la routine pour moi ! Je ramasse mon fusil d'assaut et emboite le pas d'Hadès. Je chasse un mèche rebelle de mon visage, collante sur mes joues à cause de la sueur. Et le pire... c'est que ce n'est que le début ! Nous progressons à nouveau dans les coursives et éliminons quelques mécas de surveillance isolés. Le gros des troupes de Cerberus semble consacrer ailleurs... Et d'ailleurs, on finit par les trouver ! Devant une imposante porte blindée se trouve un important peloton de soldats et de techniciens occupés à tenter de la forcer. Hop, mise à couvert et observation. Je me tourne vers Hadès, l'air grave.

- Là, beauté, je suis à court de stratégie innovante.


J'ouvre alors mon sac à dos emprunté à l'armurerie et dévoile son contenu : des grenades, des explosifs, et encore des trucs qui explosent !

- Du coup, je pense qu'on va avoir recours à la violence, right ?

J'affiche un sourire carnassier alors que je prend une grenade et lui en tend une autre...
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Héméra Ackryod

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MessageSujet: Re: De profundis   Mar 27 Mar - 12:23

"Les voilà, enfin !"

A la vue de l'Austerlitz, Héméra se sentirait presque émue si la situation dans laquelle elle se trouvait, le permettait. Cette chère Hadès, elle ne l'a pas oubliée ! Elle ne put s'empêcher d'esquisser un sourire à l'idée de retrouver son amie, Jeff et ses sempiternels gloussements, et ce bon vieux Austerlitz... Finalement, sa patience a payé, la voilà de retour sur scène après tant d'amertume, tant de souffrance, et tant de colère. Au fond d'elle-même, elle jura que ces chiens de Cerberus périront par le fil de l'épée. Après tout, ce serait une juste "récompense" après tout ce qu'ils lui ont fait... Mais une double-détonation ébranle les murs et l'arrache de sa rêverie. La première provient du hangar, la seconde des entrailles de la station.

Damnation ! La bâtisse commence à se détruire de l'intérieur... Son piratage a trop bien marché. Héméra est certes relativement bien protégée dans cette salle de commandes, mais s’appesantir en ces lieux risqueraient de lui ôter la vie ainsi que celle de ses sauveurs. D'autres détonations provenant de derrière la porte, sonnent l'heure de la charge pour Héméra. Enveloppée d'une épaisse aura bleue, Héméra décide d'ouvrir la porte. Elle s'approche donc de la commande, et d'un geste épique, appuie sur le bouton pour voir que... rien ne se passe. Tout en pestant, elle recommence une deuxième fois, puis une troisième... Mais toujours rien. Elle sent la bile qui remonte. Non ! Ce ne sera pas une maudite porte qui va la retenir ! Ah ça, non ! Ce ne serait pas connaître la jeune femme. Les poings serrés, elle se dresse face à la porte, les pieds bien ancrés dans le sol, l'air déterminé.


L'aura bleue qui recouvrait intégralement le corps d'Héméra se transforme en une espèce d'onde de choc. La porte, certes épaisse et solidement constituée ne résiste pas à ce missile biotique. Dans un grand fracas, elle s'écrase dans l'une des parois du hangar, après avoir fait un beau strike dans les quilles de Cerberus. Toutefois, elle ne voit nulle part Hadès. Il faut dire qu'Héméra n'avait pas calculé qu'elle pouvait se trouver derrière la porte. L'angoisse commence à submerger Héméra : aurait-elle péri dans ce lancée de porte, certes magistralement fait ? Enfin, elle voit une femme, puis deux faire une roulade savamment exécutée, devant elle. C'est Hadès ! Et... oui mais qui ?


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Hadès J. D'Anceny

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MessageSujet: Re: De profundis   Mer 28 Mar - 2:41

- Une idée de l'endroit où se trouve ton amie?

Hadès avait été impressionnée par la performance d'Helena, véritable démonstration d'une maîtrise de l'art commando. La tactique du bouclier humain avait été magistrale. Hadès ne l'utilisait presque jamais, et se rendit compte qu'elle devrait peut-être repenser ses techniques. Mais pour l'instant, l'heure n'était pas aux constatations. Elle esquissa un sourire, engageant un nouveau chargeur dans son arme, regardant Helena, espiègle.

- Suffit de suivre les explosions, on devrait y arriver.

Elle ne croyait pas si bien dire. En progressant dans les couloirs d'un blanc aveuglant, descendant quelques soldats de Cerbérus et des méchas, elles débouchèrent sur le point chaud. Apparemment, Héméra s'était enfermée dans un local technique et s'était arrangée pour que la porte blindée soit hermétiquement fermée. Hadès se mit immédiatement à couvert. Enfin, les agents de Cerberus étaient tellement occupés à essayer d'ouvrir la porte qu'elles auraient pu arriver en tutu en exécutant la chorégraphie du Lac des Cygnes en chantant que cela aurait eu le même effet. Elle commençait à envisager un angle de tir, lorsqu'Helena la surprit de nouveau en lui montrant ce sac remplit de quoi faire exploser la moitié de la station. Elle étouffa un rire.

- Vous me surprenez de plus en plus, mademoiselle Jordun.

Hadès replaça son fusil d'assaut sur son emplacement dorsal et saisit la grenade.

- Violence, violence, tout de suite les grands mots.

Il n'y avait pas à dire, aussi dramatique que pouvait être la situation, le commandant D'Anceny s'éclatait. Un vrai sourire montait sur son visage. Elle retira la goupille et jeta allègrement la grenade sur ses opposants.

- Hé mais...
- GRENAAAAAADE !


Du coin de l'oeil, Hadès vit Helena calculer perfidement la trajectoire de fuites des agents de Cerberus pour leur balancer la deuxième grenade. Le détonateur produisit une série de bip de plus en plus rapide, et explosèrent à quelques secondes d'intervalle. Hadès détourna les yeux et protégea son visage, en entendant les agents simplement exploser avec un bruit d'éponges mouillées. Hadès se releva, récupérant son fusil. Elle chercha un moment pour voir s'il y avait des survivants parmi le tas de viscères gisant sur le sol. Du rouge sur du blanc, c'était tellement criard.

- ON NE BOUGE PLUS !

Une escouade de soutien venait de débouler dans la salle, l'arme au poing, et se déployait autour d'elle. Pendant une seconde, Hadès posa son regard vairon dans celui d'Helena. Il n'y avait aucune crainte, mais plus d'amusement, dans ses pupilles changeantes. Elle se plaça à couvert, laissant ses fesses glisser sur une caisse de stockage blanche frappée du logo de l'organisation, et se rétablit derrière, accroupie, son fusil dans ses mains. Elle jura entre ses dents et épaula son arme. Posant sa joue contre son épaule, calant bien l'arme, elle aligna trois soldats, tirant par rafales de trois coups pour économiser les munitions. Elle encaissait plutôt bien les coups, quoique les galipettes n'étaient pas vraiment conseillées après sa dernière sortie à la Citadelle, qui avait failli, à peu de choses près, se solder par une paralysie. Un corps à corps serait mal venu, et pourtant, une unité plus lourdement armée que les autres soldats s'approchait d'elle, avec à son poing une matraque électrique crépitante. Inconsciemment, Hadès rentra le cou entre ses épaules, se préparant au choc. Et un sifflement caractéristique retentit, la sortant de cette attitude résignée.

- Helena, je te conseille de bouger de devant la porte !

Ce son avait éveillé de nombreux souvenirs en elle, et pas des plus heureux, parfois. Elle se jeta sur le sol, protégeant l'arrière de sa tête de ses mains et attendit. Une seconde. Deux. Trois. Que c'était long. Puis, la déflagration la souleva du sol violemment, dans l'optique de lui faire embrasser le plus vite possible le mur bien épais en face d'elle. Les réflexes d'Hadès lui sauvèrent la peau, et elle se rétablit d'une roulade sur le sol, le bout de ses pieds touchant à peine le mur. Elle reprit son souffle, récupérant son arme dans la foulée. Elle se releva et aperçut une silhouette familière, entourée d'un halo bleuté parcouru de noir. Un large sourire se peignit sur son visage.

- Par Zeus, Héméra, tu pouvais pas t'empêcher d'arracher la porte? Je t'ai connue plus discrète !

Elle rengaina son fusil d'assaut qui reprit sagement sa place avec un sifflement, s'approcha à grand pas de son amie. Elle la jaugea un instant du regard, pendant que des questions se bousculaient dans sa tête. Qu'avaient-ils fait d'elle? Pouvaient-elles lui faire confiance? Si ça se trouve, ils l'avaient bidouillée... Elle décréta ses jugements absurdes : elle était face à son amie, et c'était ça le plus important. Un an de leur vie s'était écoulé sans qu'elles ne se soient revues... Alors peu importe les considérations. De plus, Cerberus était peut-être fou, mais pas assez pour sacrifier autant de techniciens et de soldats pour une seule femme, dans l'optique de tendre un piège... Elle serra donc vigoureusement la jeune biotique dans ses bras, l'écrasant presque contre sa poitrine métallique.

- Tu m'as fait peur, ma vieille. Je te présente Helena Jordun, on s'est rencontrées par hasard, je devais délester l'Austerlitz et elle traînait dans une capsule de sauvetage. Elle est extrêmement douée. Mais le temps n'est pas aux présentations, cette station est en train de tomber en ruines.

Elle porta la main à sa taille, déverrouilla la sécurité d'un Shuriken et le tendit à Héméra.

- Voilà de quoi te défendre un peu. En plus de tes petits éclairs là.

Elle éclata de rire, saisit son arme et lui adressa un clin d'oeil.

- On décarre.

Elle prit la tête du groupe et se hâta vers la sortie. Les alarmes hurlaient dans sa tête, lui donnant une migraine effroyable. Il fallait qu'elles trouvent un nouveau casque pour Héméra, et les leurs, qui devaient traîner dans les premières salles qu'elles avaient traversées. Ce n'était pas une mince affaire. Marchant à grands pas, elle pianotait sur son omnitech pour essayer de télécharger le plan du site. Il suffit simplement de by-passer la sécurité qui avait déjà été bien mise à mal par l'intervention d'Héméra, et le tour était joué.

- Par ici.

Elle bifurqua brutalement, se rendant dans une aile qu'elles n'avaient pas encore exploré jusqu'ici. Elles se frayèrent un chemin entre les soldats et les méchas au pas de course, tandis que des explosions et d'autres notifications polluaient leur audition. Elles arrivèrent dans un local destiné au personnel et elles fouillèrent rapidement les casiers, à la recherche d'une armure ou d'une protection quelconque pour son amie.

- Tiens, mets ça, je crois qu'on va abandonner nos casques...

Ayant trouvé l'équipement adéquat, les trois héroïnes dans le vent se précipitèrent dehors.

- Ici le commandant D'Anceny à Austerlitz, vous me recevez?
- ... Grezge... Austerlitz à... ny... vous... çoit...
- Il y a des parasites Austerlitz. Je veux que vous vous teniez prêt à nous tirer de là. Activez le pilote automatique du chasseur, on va se débrouiller pour vous rejoindre. Demande confirmation de la compréhension.
- ... Aye aye, commandant.

Elle coupa le canal de communication et adressa un hochement de tête aux deux jeunes femmes. Il leur fallait trouver un véhicule, ouvrir le chemin, se dépêcher, et ce serait tout bon...

- On va aller par là. Il y a les hangars à marchandises. Gageons qu'un véhicule s'y trouve...

Elles se dépêchèrent vers ledit hangar, détruisant les dernières poches de résistance. Il y avait désormais plus que des techniciens et autres scientifiques pris de panique qui couraient en tous sens, se dirigeant vers les hangars, dans l'espoir de sortir vivant de ce traquenard. Elle entendait le hurlement de moteurs qui étaient en train de s'arracher de la planète. Hadès pria avec toute la force de sa foi intérimaire pour qu'il reste une navette pour elles.

Le hangar était immense, encombré de fournitures médicales et autres caisses de matériel hors de prix, qui commençaient à être pillées. Des petits véhicules type speeder étaient stationnés là. Hadès en éprouva un vif soulagement et laissa un soupir s'échapper.

- Bon Dieu, il faut un code de sécurité pour sortir de là.

Elle regarda le terminal, visiblement embêtée. Puis elle y enfonça son poing fermé.

"Merci d'utiliser le service de sécurité de Cerberus !"

Les portes se déverrouillèrent. Elle se plaça au commande, le coeur sur le point d'imploser. Le sol tremblait sous ses pieds. La station allait exploser d'une minute à l'autre. Elle fit voler ses doigts sur le tableau de bord, enclenchant la mise en route de l'appareil. Concentrée, Hadès se mit à foncer, évitant les caisses empilées. Une première explosion retentit, l'onde de choc gênant le vol du véhicule, puis Hadès poussa les gaz, le petit véhicule eut une embardée et bondit en avant. D'autres explosions les poursuivirent, dégageant un souffle chaud qui inquiéta Hadès. Elle serra les dents et tout ce qui pouvait se serrer, ne lâchant pas un mot, puis jaillit dans l'espace. Le défaut de gravité fit perdre quelques mètres de hauteur au véhicule en quelques secondes, puis l'explosion finale le saisit dans son onde, le soulevant et le projetant en avant. Sur le tableau de bord, des voyants d'alerte clignotaient avec insistance, tandis qu'une voix monocorde débitait les différentes avaries moteurs. Helena avait pris soin d'ouvrir un canal de communication vers l'Austerlitz, et se débarrassait des parasites.

- D'Anceny pour Austerlitz, venez nous chercher, je ne tiendrais pas longtemps !
- Trajectoire confirmée et synchronisée, commandant.

Une forme allongée et grise surgit brutalement des ombres, se retourna, la porte du hangar ouverte. Hadès donna une dernière impulsion et se posa en catastrophe à l'intérieur, détruisant des caisses de matériel qui se trouvaient encore entassées là, nonobstant le gros bras mécanique qui était censé fixer les navettes sur une pose stable. Le moteur fumait sous le capot, et des droïdes d'entretien se mirent à éteindre l'incendie avec des pépiements, tandis qu'Hadès et la petite équipe sortaient du véhicule, sonnées. L'équipage s'était réuni et murmurait déjà en regardant Héméra avec des yeux ronds.

- Poussez-vous de là !

Un grand bonhomme musclé se frayait un chemin à forces de cri, bousculant les infortunés qui ne réagissaient pas. Jeff, le pilote de l'Austerlitz.

- Bon Dieu, commandant Ackryod !

Le pilote laissa éclater sa joie bourrue en soulevant la jeune biotique dans sa poigne de fer, tandis qu'Hadès s'éloignait un peu pour laisser à tout le monde le temps de récupérer. Elle se tourna vers Helena, affichant un sourire fatigué.

- Mission accomplie, miss Jordun. Merci d'avoir été là. Pas d'égratignures?

Elle attendait Héméra tranquillement, pour la réintégration des quartiers.
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MessageSujet: Re: De profundis   Mer 28 Mar - 11:28

Deux explosions presque simultanées, que demande le peuple ? Avec Hadès, on a trouvé notre rythme en menant chacun à son tour la danse. Les pauvres gars de Cerberus n'ont rien vu venir et se découvrent maintenant une nouvelle passion : repeindre les murs de leurs tripes. Je ne vous ai jamais dis que j'ai la fibre artistique ? Mais à ce petit jeu, je dois avouer que la personne que nous sommes venues chercher nous bat à plate couture. Sa sortie, telle un missile biotique complétement fou, et tout aussi meurtrier, la place loin devant nous en terme de carnage. Note à moi-même : ne pas s'amuser à la provoquer... ça pourrai être marrant, mais pas très longtemps je le crains.

- Salut !, dis-je d'une voix enjouée après les effusions des deux amies.

Mais bon, on discutera plus tard. Héméra, puisque c'est son nom, ne fait pas les choses à moitié et notre intrusion à coups d'explosifs n'a pas du arranger l'intégrité de la structure de Cerberus. Bref, il est temps de foutre le camps d'ici, et le plus vite possible. Hadès prend la tête du groupe après avoir fourni une arme à sa vice-commandante. Soyons honnêtes : la panique accompagnant la sympathique voix de l'IV de la station annonçant de multiples dépressurisations joue clairement en notre faveur. Les troupes de Cerberus sont désorganisés et les quelques escarmouches sur le chemin des hangars ressemblent plus à du tir aux pigeons qu'à de véritables combats. Néanmoins, l'euphorie du combat peut être diablement traitresse, comme j'allai m'en rendre compte plus tard... Finalement nous rejoignons les hangars et Hadès emprunte pour une durée indéterminée l'un des aéronefs de Cerberus. Je l'observe du coin de l'oeil, ses doigts volant avec expertise sur les commande de vol. Je me glisse dans le compartiment arrière avec Héméra, n'ayant rien d'autre à faire désormais qu'attendre que notre pilote émérite nous sorte de cet enfer, je me cramponne aux harnais et serre les dents, espérant ne pas tapisser l'habitacle de mon déjeuner. Je vois de loin les installations exploser dans une magnifique réaction en chaine et éprouve une sorte de joie un peu malsaine.


- Allez, crevez foutues raclures..., dis-je entre mes dents.

Retour sur l'Austerlitz. Les choses commencent à se calmer. L'euphorie du combat et de la victoire laisse maintenant place aux réjouissances... et aux constats. Je ressens une douleur intense dans l'abdomen et me retient à contre la coque de la navette. Autour de moi, je vois Jeff, le colossal pilote de l'Austerlitz, prendre et soulever dans ses bras Héméra comme une poupée de chiffon, ne cherchant même pas à masquer sa joie.


- Mission accomplie, miss Jordun. Merci d'avoir été là. Pas d'égratignures ?

Je lève un regard vague vers elle et affiche un pâle sourire.


- Pas d'égratignures, non... je n'aime pas faire les choses à moitié, vous savez...

Ma voix se fait plus lente et mon champs de vision se rétrécit dangereusement. Merde ! Je ne m'en suis pas rendue compte dans la folie du combat, mais j'ai du me prendre un éclat ou une balle perdue. Ma main droite se pose sur mon flanc, là où l'armure a vraisemblablement encaissée un choc ayant percé ses défenses. Je regarde bizarrement, comme détachée de la réalité, ma main couverte d'un sang poisseux et très foncé. Bordel, comment j'ai fais pour ne pas m'en rendre compte !?

- Amusant... même pas mal.

Je m'adosse contre la navette et reprend ma respiration. Oh je ne vais pas en mourir, je le sais... mais ça reste toujours impressionnant à voir.

*Heureusement, nous sommes là pour vous, Helena Jordun. Nous ne vous laisserons pas mourir. Pas maintenant. Pas avant que votre tâche ne soit accomplie.*

J'entends de nouveau cette voix gutturale résonner dans ma tête, oblitérant tout autres pensées, tout autres considérations. Alors j'obéis. Je me redresse péniblement, et me tourne vers Hadès.

- Hey, permission d'aller me faire recoudre à l'infirmerie, ma'am ?

Mon sourire bravache est un peu idiot, totalement décalé même. Deux gars viennent me soutenir et m'évacuer selon les instructions du commandant d'Anceny. Me voilà partie pour une bonne sieste... Et l'étrange sensation d'être constamment surveillée.
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Héméra Ackryod

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MessageSujet: Re: De profundis   Mar 3 Avr - 12:41

"Par Zeus, Héméra, tu pouvais pas t'empêcher d'arracher la porte? Je t'ai connue plus discrète !"



L'explosion en guise de bonjour semble avoir quelque peu déplu à son amie. Oh, elle a seulement risqué d'y laisser sa peau, pas de quoi s'alarmer franchement !

"De toute façon, quand la station explosera, ça ne se remarquera même plus !"

Hadès se rapproche d'elle, le visage quelque peu inquiet. Héméra lui sourit en retour, assez gênée. Bien sûr, après un an d'absence, enfermée dans une station obscure et glauque par un groupe peu scrupuleux, il y a de quoi se poser des questions à son sujet. Après tout, vu tout ce qu'il se passe en ce moment, ces histoires d'endoctrinement, de meurtres, et de carnage, la méfiance est de mise. Mais la jeune femme se sent toujours la même. Finalement, Hadès la serre dans ses bras puis présente sa camarade.

Helena Jordun, donc. Visiblement, Hadès y tient beaucoup. Lorsqu'elle en parle, sa voix change, et son regard pétille. Chose étrange : ce n'est pas une asari. Enfin, tout peut arriver dans ce monde. Les présentations faites, Hadès lui donne son shuriken.

Son amie retrouvée, un pistolet en main, et la station qui se disloque petit à petit, Héméra n'a donc plus aucune raison de rester ici. La première partie de sa vengeance prend fin, mais avant cela, le but du jeu est de retourner sur l'Austerlitz avant que tout explose. Et Dieu sait si c'est imminent. Hé quoi ! Quand Héméra Ackryod fait quelque chose, elle ne le fait pas à moitié. Que la station ne soit plus ! Et la station ne sera effectivement plus.

Il est temps de partir. Les troupes de Cerberus n'opposent qu'une faible résistance. Les jeunes femmes, après être passées dans une armurie, sprintent vers les aéronefs présents dans le hangar. Quelques soldats se trouvent autour des aéronefs, ayant peut-être idée de fuir le navire en détresse. Mais Héméra ne tient pas à copiner, et les charge. Après une onde de choc bien placée, et un tir ajusté entre les deux yeux du dernier ennemi, la zone est nettoyée, et finalement, Hadès, Helena et Héméra peuvent fuir ce tas de ferraille.

Enfin l'espace ! Enfin les étoiles ! Enfin la liberté ! Héméra ne peut contenir sa joie. Elle se retourne vers Helena, l'air guillerette mais voit celle-ci affreusement grimacer. Ah, elle a été blessée. Ce sont des choses qui arrivent. Elle la voit faiblir petit à petit. Mais elle n'a pas le loisir de la détailler davantage, les secousses devenant de plus en plus fortes. Au moment où la situation devient critique, l'Austerlitz arrive dans le champs de vision. Hourrah ! Seul petit problème : la vitesse. L'atterrissage risque d'être intéressant.

Et ce n'est rien de le dire ! L'aéronef arrive comme une trombe dans le hangar du vaisseau, et détruit à peu près tout sur son passage. Tant que ce n'est pas l'aéronef qui est détruite, ce n'est, à vrai dire, pas bien grave. Cela dit, Héméra se sent quelque peu sonnée, et des douleurs vives dans le bas du dos se font ressentir. Ses deux amies et elle-même sortent péniblement de la carcasse fumante qui leur servait de transport. Une bonne partie de l'équipage s'était réuni, l'air plus ou moins abasourdi.

La revoilà chez elle. Son Austerlitz. Ses gars. Et son calva. Sa gorge se noue d'émotion. Elle entend quelqu'un vitupérer, puis cette même personne surgit de la foule. C'est ce bon vieux Jeff ! Celui-ci l'étreint et la soulève dans ses bras. On ne dirait pas comme ça, mais c'est un véritable Hercule ! Du coin de l'oeil, elle voit qu'on emmène Helena à l'infirmerie. La pauvre n'a effectivement pas été ratée.

Héméra reporte son attention sur l'équipage. Elle aurait cru qu'en un an, il y aurait eu plus de changement. Mais non, à part quelques uns, c'est bien le même, c'est bien le sien. Enfin, le sien et celui d'Hadès. D'ailleurs, cette-dernière la regarde, un sourire au coin, mais l'air toujours soucieux. Une discussion s'impose.


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Hadès J. D'Anceny

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MessageSujet: Re: De profundis   Lun 16 Avr - 0:45

La première chose qui faillit traverser la barrière de ses dents fut un retentissant : "ce n'est pas ce que tu crois" à l'attention d'Héméra. Mais hurler ceci devant tout le monde aurait été un aveu de faiblesse explicite, et Hadès devait à tout prix éviter cela. Cela aurait trahit une certaine culpabilité. Et... Elle n'en avait pas... Enfin... Ce n'était pas comme si les formes et l'intelligence et la réactivité de la jeune femme faisaient qu'Hadès passait le plus clair de son temps à la dévorer du regard. Mais elle n'osait pas l'avouer, ni-même se l'avouer. Cela n'aurait clairement pas été très professionnel. Elle se promit de se laisser le temps à la réflexion. Elle n'était pas habituée... En tout cas plus habituée, pour être précise, à regarder les jeunes femmes humaines. Qu'était-ce que cette impression étrange qui la prenait à chaque fois qu'elle se trouvait en présence d'Helena? Elle ne saurait le dire avec précision.

Mais l'heure n'était ni à l'amour, ni à la gloire, et encore moi à la beauté. Elle songerait à cela lorsqu'elle serait sur l'Austerlitz, seule dans sa cabine avec son terminal personnel et ses poissons rouges. Pour l'instant, elle était concentrée pleinement en ce qu'elle faisait, c'est-à-dire faire totalement abstraction du monde autour d'elle, et laisser son intuition prendre le dessus. Ses doigts volaient sur le tableau de bord et elle jouait avec la répartition de l'énergie dans les propulseurs pour enfin décoller de ce maudit caillou. L'espace d'un instant, le regard de la jeune femme se fit très clair, blanc à très peu de choses près, et un sourire sadique découvrit ses incisives blanches. Elle était dans son élément. Et personne, ni Cerbérus, ni aucune autre bestiole innommable perdue dans les confins de l'univers, ne pourrait l'arrêter. Hadès était une pilote hors pair, peut-être même l'une des meilleures de l'Alliance. Alors, une petite explosion et un gros défaut de gravité, cela ne serait qu'un simple contretemps pour elle.

La preuve, la carrosserie rayée du véhicule s'écrasa sur le sol du hangar avec un rugissement et une gerbe d'étincelles. Mais Hadès n'avait presque jamais ressentit une telle jouissance en se posant enfin. Le cauchemar était terminé. Elle pouvait retirer le harnais, se dégager de l'habitacle et reposer les pieds sur le sol ferme. Elle était passablement sonnée par les impulsions d'adrénaline qui pulsaient encore dans ses veines. Elle laissa donc Héméra retrouver ses marques et son équipage. Mais le sourire qui flottait sur ses lèvres s'évanouit aussitôt qu'Helena lui fit comprendre qu'elle était blessée. Une seconde, Hadès regarda le sang noir teinter les mains blanches de la jeune femme.

- Oh bordel. Ca va?

Elle s'approcha rapidement d'Helena, l'expression de son visage se changeant rapidement en une inquiétude sincère. Alors qu'elle s'appuie contre le mur, l'inquiétude bondit dans le coeur d'Hadès, qui engloutit les derniers pas qui la séparent de la jeune femme. Sa main se pose sur son épaule sans qu'elle n'ait conscience de son geste, et son bras entoure son échine pour la soutenir, détruisant la dernière barrière hiérarchique qui pouvait exister entre elles. Mais c'était bien là l'une des politiques de l'Austerlitz : ici, on obéissait aux ordres des commandants, mais on ne se prenait pas le chou à se lécher les fesses. Si l'un des membres de l'équipage tombait, c'était comme si le propre frère ou la propre soeur d'Hadès était visé(e), et le sang était bien l'une des choses sacrées chez la jeune femme. Héméra en faisait de même : personne n'était laissé derrière.

Elle plongea son regard vairon dans le sien et la laissa se relever à son rythme.

- Eh bon Dieu pourquoi vous posez la question ! Allez donc désinfecter ça, et me dire si vous avez besoin de soins approfondis. Dépêchez-vous.

Lanson débarqua derrière elle, examinant la blessure rapidement, dégageant les plaques de l'armure et soulevant le tissu déchiré du bout des doigts. Il fronça les sourcils et se tourna une seconde vers Hadès. Elle lui répondit par une lueur interrogative, et il secoua la tête. Deux matelots vinrent soulever Helena pour la transférer à l'Infirmerie.

- Lanson.
- Commandant?
- Je veux un rapport détaillé le plus vite possible. Si l'état de Jordun est jugé critique, je veux que vous ordonniez une course vers la Citadelle. L'hôpital mémorial de Huerta saura lui prodiguer ce que vous ne pouvez pas lui donner ici...
- Reçu, commandant.

Il disparut. Hadès, vaguement inquiète, posa sa main sur son menton, et regarda Helena partira dans les entrailles du vaisseau. Elle sentait le regard d'Héméra et se tourna vers elle. La flamboyante biotique rousse était plantée sur ses jambes, les poings sur ses hanches. Hadès sourit malgré elle, avec l'impression d'être devant une de ses copines furax qui allait lui passer un sacré savon. Elle rit.

- Alors, Ackryod. Qu'est-ce qui s'est passé pendant un an? J'ai retourné la moitié de la galaxie pour retrouver tes miches. Qu'est-ce que Cerberus t'a fait?

Elle s'approcha d'elle, et l'entraîna dans sa marche, en dehors des oreilles indiscrètes de l'équipage. Sous leurs pieds, le sol métallique se mit à vibrer, tandis que le vieil Austerlitz faisait vibrer ses propulseurs SLM pour se préparer à décarrer de cet endroit maudit.

- Depuis la Citadelle... Ca fait un sacré moment...

Elle se planta devant Héméra, au détour d'un couloir, et posa sa main sur son épaule.

- C'est normal que tu ais besoin de repos, et je crois qu'un bon séjour dans ta cabine te fera du bien. Rien n'a bougé, j'ai juste envoyé la secrétaire faire le ménage de temps en temps. Mais si tu as besoin de quoi que ce soit... Je suis là pour toi. Un McDo comme pendant notre formation sur Terre, un calva, ou un vieux film des années 2000, tu me le dis. Et si c'est botter le cul d'une organisation criminelle... N'hésite pas non plus.

Elle lui offrit un sourire et attendit. En réalité, si elle lui parlait de cela, c'était machinalement pour vérifier l'intégrité globale de sa mémoire. Ces souvenirs partagés étaient assez lointain pour savoir si sa mémoire n'avait pas été attaquée. Les autres détails viendraient plus tard, il leur faudrait du temps, sans doute, mais elles le prendraient. L'Austerlitz sauta vers le relais de la Citadelle, une lueur d'énergie bleutée effleurant la carlingue vibrante du navire.
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Helena Jordun

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MessageSujet: Re: De profundis   Lun 16 Avr - 11:09

Je me suis déjà fait tirer dessus, à plusieurs reprises qui plus est. Croyez-moi, la sensation n'est jamais agréable. Et cette fois-ci encore ça ne déroge pas à la règle ! Deux gars me soutiennent jusqu'à l'infirmerie, le docteur Lanson ouvrant la marche d'un pas rapide.

*Au moins, songe-je avec un sourire désabusé, Hadès et Héméra vont avoir du temps à elles...*

C'est la deuxième fois en à peu près une semaine que je me retrouve dans cette fichue infirmerie. Le décor est toujours le même : des murs blancs, stériles, impersonnels, un bureau impeccable et des étagères rangés à la perfection. Ce brave docteur Lanson ne doit pas souvent se laisser aller... Une fois sortie d'ici, il faudra que je songe à décontracter ce bon docteur qui allait encore avoir le privilège de me voir intimement... Il va finir par pouvoir écrire un roman sur mes blessures !

- Installez-la sur la couchette. Ok, parfait.


J'entends le bruit des pas des matelots qui s'éloignent et sortent de l'infirmerie, puis ressent des mains m'enlever avec précaution les plaques d'armure. Le docteur Lanson doit probablement être en train d'examiner ma blessure.

- Je vais pratiquer une anesthésie pour enlever les résidus de cartouche dans votre blessure.

Résidus ? Donc en plus, ça veut dire que la balle qui a traversé mon armure n'est même pas venu se loger dans mon corps !? La vache, je ne sais pas avec quoi Cerberus tire, mais ça fait des gros trous ! Pourtant, je ressens comme une hésitation dans la voix du docteur, comme s'il ne me disait pas tout... Une piqure dans l'épaule droite et je sombre dans l'inconscience, laissant là de côté mes interrogations.

********************

Est-ce qu'on rêve lorsqu'on est anesthésiée ? Certains vous soutiendront que oui, d'autres que ce n'est que balivernes. Pour ma part, j'ai ma réponse : lorsque je sombre dans l'inconscience, j'entends la voix. J'entends sa Voix. Je ne connais rien d'elle, si ce n'est qu'elle veut que je vive pour accomplir ma destinée. Destinée, quelle destinée au juste ?

- Jordun... Jordun ! Allez, debout lieutenant !
- Qu'est-ce que... !?

Alors que j'étais plongée dans la noirceur de l'inconscience, je me retrouve en plein milieu d'une fortification de fortune. L'air chaud et sec me rappelle celui d'une planète aride. L'homme qui me secoue pour me sortir de ma torpeur doit bien avoir la quarantaine, le visage avenant bien que fatigué et crispé. Il porte des galons de capitaine et me fourre un fusil dans les mains dès que je me réveille.

- On a besoin de vous, lieutenant. Les gars vous attendent !

Trois soldats de l'Alliance surgissent de derrière une barricade, s'abritant derrière avant qu'elle ne soit soufflée par une explosion apocalyptique. Le capitaine pousse un juron et me montre du doigt les forces Geths nous encerclant, massacrant méthodiquement les soldats en sous-effectifs... Un groupe de navettes aux couleurs de l'Alliance et du Conseil nous survolent, nous ignorant totalement.

- Et voilà, ils nous abandonnent à la mort... Ils ne valent vraiment pas la peine que l'on se batte pour eux, n'est-ce pas lieutenant ? Mieux vaudrait une galaxie vidée de cette bureaucratie inepte, et c'est pourquoi j'ai besoin de vous, lieutenant Jordun.

Sa voix change étrangement, devenant plus profonde, impérieuse même... Le temps autour de moi semble se dilater, le décor disparaissant dans des explosions de plasma. Retour à l'obscurité. Une lueur d'un jaune malade, presque malsain, brille non loin de moi. Un frisson de terreur me parcoure l'échine. Je veux fuir, mais mon corps refuse de m'obéir et s'en approche irrémédiablement. Mon regard se plonge dans la contemplation de cette orbe lumineuse.

- Vous m'entendez, Jordun ?

- Oui, répondis-je d'une voix trainante.

La voix gutturale et synthétique résonne dans le vide, pénétrant mon esprit en profondeur.

- Il faut que ça cesse. Le cycle arrive à son terme. Vous aiderez à ramener l'équilibre. Votre peuple s'élèvera au-dessus des autres, à son apogée.
- Oui... je ferai ma part, mon peuple s'élèvera au dessus des autres, à son apogée.
- Bien... Les autres n'en seront rien. Vous serrez nos yeux et notre agent. Nous serons bientôt parmi vous pour vous délivrer de votre condition et vous élever. En attendant, les offrandes de mes serviteurs vont peu à peu s'activer pour vous aider.

Je reste là sans rien dire, car la Voix ne demande aucune réponse. Impossible non plus de détacher le regard de la sphère lumineuse, mais cela n'a aucune importance : je m'y sens tellement bien que je pourrait y rester des heures, des jours même ! Mes pensées et mes doutes s'effacent, laissant la place à un calme serein et béat.

*******************

Les lumières de l'infirmerie me brulent les yeux alors que je m'éveille, sortant de me torpeur.

- ... des capacités de régénération assez exceptionnelles. La balle a littéralement était dissoute ! Probablement des implants, commandant. Mais j'ignore d'où ils viennent.

Lorsque je l'entend, le souvenir d'une altercation sur une planète gelée avec des Récolteurs refait surface. J'avais failli mourir ce jour là contre un adversaire dont j'ignorais jusqu'à l'existence. Maintenant, je sais. Je sais d'où viennent les implants dont fait mention Lanson, mais je ne peux en parler. D'ailleurs, le souvenir s'efface aussi fugacement qu'il m'est revenu... Je remue dans la couchette, attirant l'attention du docteur. Celui-ci se tourne vers moi, m'observe un court instant et s'approche. Je sens sa méfiance...

- J'ai dormi combien de temps, doc ?
- Quelques heures...
- Très bon boulot, je ne ressens aucune douleur. Quand pourrai-je sortir ?
- En fait c'est à dire que... et bien en fait oui j'ai fais du bon boulot ! Vous pouvez sortir quand vous serrez prête.

Je sens bien que quelque chose ne tourne pas rond. Je me lève avec précaution, étonnée de ne pas ressentir de vertiges. Mon rêve inconscient n'est qu'un lointain souvenir. Et puis, ce n'était qu'un rêve, n'est-ce pas ?

Après avoir remercier Lanson, je me dirige vers ma cabine. Inutile de déranger Hadès alors qu'elle doit être en train de rattraper le temps perdu avec sa second. Depuis un an, elles doivent en avoir des choses à se dire. Et puis comme j'ai été dans les vapes pendant quelques heures, je ne veux pas arriver en plein milieu d'une discussion qui ne me concerne nullement...

Et donc, inconsciente des changements qui m'affecte, je rejoins paisiblement ma cabine.
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