Mass Effect RPG

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 Confinement sous bonne garde

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Ridley Brain

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MessageSujet: Confinement sous bonne garde   Mar 1 Mai - 22:12

HRP: Tourmente, Erasmus, Neil, Telsi et Maelia serez au fil du temps incorporés à ce RP lorsque le compte PNJ vous préviendra par mp.

"Vaisseau non identifié, dernier appel, identifiez-vous ou nous ouvrons le feu!"

Ridley grommela tout en s'essuyant les cheveux, il était resté un peu trop longtemps sous la douche, l'un de ses rares petits plaisir. Le pilotage automatique l'avait amené sur le lieu de la livraison. Il se pencha vers le panneau et activa le canal audio, prenant bien soin de ne pas ouvrir une transmission vidéo, son visage n'ayant jamais été dévoilé en public, du moins lorsqu'il revêtait son personnage de Ridley Brain le chasseur de primes. En outre, sa voix était modifiée par un filtre pour empêcher quiconque de l'identifier par son spectre vocal. Des mesures simples mais pourtant vitales dans son métier.

"Ici Slave SL N°V426-1. Calmez vous. Et je ne donne pas cher de la peau de celui qui donnerait l'ordre de tirer sur mon vaisseau."

"S'agit-il d'une menace?" demanda la voix butarienne sur un ton à la fois offensé et menaçant.

"Du calme p'tit gars, j'dis juste que j'ai un joli colis de valeur à livrer et qu'il ne faudrait surtout pas l’abîmer."

Un long silence suivit la phrase de Brain. Il savait qu'il insultait ouvertement son interlocuteur et cela le faisait intérieurement jubiler. Il n'avait aucun respect pour la plupart des aliens, et particulièrement pour cette racaille de Butariens. Mais il savait faire-fi de ses à prioris et ne refusait pas un contrat juteux.

"Tout est en ordre... vous pouvez vous amarrer au hangar H-6 bâbord." lui indiqua toujours la même voix mais un brin plus résigné.
Ridley coupa la communication sans même le remercier. Il programma rapidement l'itinéraire vers les attaches du pont précédemment évoqué et il ouvrit l'unes des cantines posée dans un recoin étroit de l'accès à la coursive. Il en sortit une armure, quasiment identique que celle qu'il portait lors de l'attaque du Onyx et l'enfila. Enfin, il scella son casque.

Le Slave effectua une trajectoire parfaite et s’immobilisa au niveau des scellés qui entrèrent en contact avec la carlingue du vaisseau. Un SAS universelle se déploya.
Ridley traversa plusieurs couloirs étroits pour arriver à la salle de détention. Lorsque la porte s'ouvrit toujours dans le même bruissement métallique caractéristique, il découvrit Neil, assit simplement contre le rebord de sa cellule. Il constatat aussi avec dépit qu'il n'avait pas touché au repas qu'il lui avait apporté quelques heures plus tôt.


"Allons monsieur Jors. Vous feriez bien d'avaler un bout, croyez moi vous risquez d'en avoir besoin. Et ma cuisine n'est pas aussi horrible qu'elle n'en a l'air."

Le trait d'humour sembla surprendre l'avocat qui resta cependant muet. Voyant qu'il ne bougeait pas, Ridley ne perdit pas de temps, il pointa son pistolet vers Neil.

"Mangez je vous dit. Vous me remercierez plus tard."

Cette fois-ci la surprise était vraiment visible sur le visage pourtant souvent imperturbable de l'humain. Ils savaient tous les deux que Ridley ne tirerai pas mais l'insistance du chasseur de primes désarçonna quelque peu le détenu qui avala, apparemment avec difficulté, l’entièreté de son sandwich.

"Assez perdu de temps, vos hôtes vous attendent." Il désactiva complètement le champs de force et menotta l'avocat qui ne chercha nullement à s'enfuir, connaissant ses chances de réussites. Puis, le saisissant par le bras, il le guida vers le SAS.

"Terminus, essayez de faire bonne impression."

La porte du vaisseau s'ouvrit dévoilant un comité d'accueil de butariens armés, pointant leurs canons vers les deux humains.

"Ayez l'air d'un captif détendu, tout se passera bien." Chuchota le chasseur. Cette plaisanterie supplémentaire trahissait une certaine tension. Ridley savait que tout pouvait très mal tourner avec ces créatures. Ils descendirent lentement la passerelle jusqu'à arriver à hauteur des gardes. Deux d'entre eux s'écartèrent pour laisser passer un Butarien légérement plus grand de stature mais surtout parré de bijoux et de vêtement riches, plus chers que tous les salaires qu'avait pu empocher le chasseur de prime. L'alien ressemblait à un gros gâteau au chocolat bien écœurant et Ridley se félicita d'avoir une visière opaque cachant l'expression de dédain sur son visage. Au moindre faux geste, l'humain serait tué sur le champs, ou pire, il serait lui aussi capturé et ils lui réserveraient le même sort qu'a Neil.

Brain ne dit mot, prêt à jouer le jeu jusqu'au bout, jusqu'au payement et il foutrait bien vite le camps de ce maudit système.

Le Butairen s'avança et fit un signe de tête sur la gauche, une insulte que Ridley saisit pertinemment mais il n'en laissa rien paraitre.


"Je vois que vous avez notre premier invité Monsieur Brain. Beau boulot." fit son interlocuteur sans même prendre la peine de se présenter. Cela ne faisait que peu d'importance, il semblait riche, le contrat allait donc être tenu. Les butariens mettaient un point d'honneur à ne pas avoir de dette et ils n'étaient pas du genre à trahir un marché, du moins en théorie. Ridley savait cependant que ses compliments n'étaient absolument pas sincère.

Le butarien s'avança et, de sa main gantée, examina le visage de l'avocat comme on le ferait avec un animal. Ridley se prit à espérer que l'homme qu'il avait capturé aurait l'intelligence de ne rien dire ou faire. Un silence de plomb tomba sur l'assemblée. Le butarien leva une main pour donner l'ordre qu'on emmène le prisonnier.

Ridley fronça les sourcil. Il n'avait aucun remord à faire ça mais voir un de ses congénères entre les mains de ces aliens l'exaspérait.


"A notre prochaine rencontre, je vous devrai un verre Monsieur Jors." envoya Ridley à l'attention de Neil qui se faisait emmener. Le butarien lui lança un regard mauvais.

"Votre payement est en cours de transfert. une partie seulement. Nous allons tout de même vérifier son identité avant de vous envoyer le reste."

Brain savait qu'il était inutile de protester. Il inclina la tête en signe d'accord et pianota sur son omnitech pour vérifier les dires de son commanditaire. Une fois les fonds arrivés, il tourna le dos au petit groupe de butariens sans plus de formalité et entra dans son vaisseau. Il souffla, soulagé que tout se soit passé correctement. Il s'installa sur le poste de pilotage et entama la procédure de démarrage.

Alors que le Slave fendait le vide spatial, Brain avait le présentement qu'il reverrait Neil Jors à l'avenir.

Neil se faisait escorté par les deux gardes dans les longs couloirs de metal blanc. Aucune marque particulière ne lui permettait de définir le lien où il se trouvait mais il était sûr d'une chose, il était encore dans l'espace. Le léger ressentit d'apesanteur et la vitesse avec laquel le SAS s'était ouvert, témoignant d'un différentiel de pression quasi nul était deux indices qui auraient pu lui mettre la puce à l'oreille, mais le plus flagrant c'était juste le hangar qui donnait sur le vide spatial....


"Teuh! On est obligé de se coltiner de la raclure d'humain cette année, ils sont tombés bien bas!"

"Ouai t'as raison Erbraak." Aquiesca le deuxième.

"Ta gueule, dit pas mon nom!" beugla l'autre. Son compère s'exclafa.

"Tu as peur qu'il intente un procès contre toi?"

"Ca sûrement pas vu que dans deux jours il nourrira les champignons par la racine!"

"Tu l'as dit! Au moins ça ça sera jouissif à voir."

Ils arrivèrent devant une porte sphérique, l'un des gardes se positionna pour une reconnaissance de ses quatre globes oculaires ce qui ouvrit instantanément les panneaux.

la pièce était simple, vide mais plutôt spacieuse. ils poussèrent Neil dedan et l'un des deux indiqua a son collègue qu'il revenait.

Erbraak pointa son arme sur Neil qui avait toujours les mains attachées. Il retira l'entrave magnétique.


"Déshabille toi!" ordonna le butarien en postillonnant. L'avocat fut quelque peu interloqué et devant son manque de réaction, le butarien leva sa crosse d'un air menaçant.

A contrecœur, l'humain s’exécuta sous le regard visiblement écoeuré de son geôlier. Une fois complètement nu, le deuxième garde revint et lui balança une combinaison simple, moulante et d'un bleu criard et de très mauvais gout. L'un des gardes saisit les vêtements de l'humain comme s'ils empestaient et sortit avec. L'autre lui jeta un regard condescendant et plein de mépris avant de faire demi tour et de se placer en faction devant la porte qui se referma dans un claquement sec.

Neil se retrouva donc seul dans la cellule, la combinaison, bien qu'inconfortable, était à sa taille. Il regarda par la baie vitrée donnant une vue sur un blocus de vaisseaux Butariens devant une planète d'un vert pale irisé: Adek


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Maélïa MacLochlainn

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MessageSujet: Re: Confinement sous bonne garde   Jeu 3 Mai - 22:25

Après une nuit vraiment presque comme les autres...



Maélïa se réveilla en sursaut et en sueur. Encore une fois, elle voyait cette baie vitrée ouverte sur Adek, ce couloir qui s’étendait sur de longs mètres de part et d’autre de sa cellule. Toujours les mêmes toilettes, toujours ce même uniforme, toujours ce butarien qui ne bougeait pas et l’autre qui ne cessait de tourner en rond... La jeune femme se redressa sur son lit spartiate en jetant un rapide coup d’œil à son compagnon d’infortune et ramena ses genoux vers elle, les serrant contre sa poitrine. Si elle frissonnait, ce n’était pas à cause du froid : encore une fois elle avait revécu sa capture, enfin, de la suite de sa capture, lors de son transport.

La faible dose d’anesthésiant qu’elle avait reçu plus tôt lui valut de se réveiller dans la navette, alors qu’on la montait à bord, sans délicatesse. Il ne fallait pas s’attendre à mieux de la part de mercenaires, butariens qui plus est. Mali eut juste le temps d’apercevoir le corps inanimé de Gabriel au sol. Bien sûr, elle chercha à se débattre, criant et tentant d’effectuer quelques prises de combat au corps à corps malgré sa faiblesse musculaire due aux calmants. Mais le canon d’un fusil à pompe collé sur sa tempe la calma et les kidnappeurs de l’ancienne militaire s’assurèrent de sa "coopération" en lui injectant une autre dose de tranquillisants, la plongeant de nouveau dans les ténèbres d’un sommeil agité. Toujours cette sensation étrange de sa conscience éveillée mais sans rien pouvoir faire, ni penser…


Lorsqu’elle se réveilla à nouveau, elle se trouvait dans une cellule exigüe d’un vaisseau. Deux butariens jouaient au cartes en la surveillant. La jeune femme était toute courbaturée, allongée sur le côté, le bras ramené sous sa tête. Elle ne bougea pas dans un premier temps, pour ne pas se faire remarquer de ses gardes. Elle observa l’environnement. La geôle se trouvait sans doute dans la cale du bâtiment, plusieurs caisses étaient entassées dans un coin, ainsi que du matériel à l’autre bout de la pièce. Elle pouvait également sentir les légères vibrations de la carlingue dans son dos. Sans bouger, sans même ciller, elle repensa un moment à Gabriel qu’elle avait entr’aperçu au sol. Pourquoi l’avait-il suivit ? L’imbécile…

Elle soupira et un butarien se tourna vers elle, la voyant réveillée. Il lui lança une insulte raciste que Mali ignora. Elle lui lança seulement un regard noir, fatigué et anxieux. Le deuxième garde se leva et s’éloigna un moment pour revenir avec ce qui devait être un plateau repas. Mali regarda la nourriture, dubitative mais n’y toucha pas, elle se méfiait, après tout, ils l’avaient droguée deux fois, et les derniers événements lui avaient coupé l’appétit.
Mali se leva pour réveiller et dégourdir ses muscles. Des fourmis arrivaient dans le bras sur lequel elle dormait. La cellule ne laissait pas beaucoup de liberté d’espace, mais la free-lance put tout de même faire quelques mouvements de bras et quelques flexions. Elle avait l’impression que ses muscles pesaient une tonne et qu’ils étaient rigides comme du bois.
Puis elle s’était rassise et avait attendu, encore et encore, le dos calé contre le mur, tantôt en tailleur, tantôt les jambes croisées sur le lit, puis le sommeil la rattrapait. Elle n’avait aucune idée du temps qui passa, elle remarqua seulement que plusieurs plateaux repas avaient été déposés les uns après les autres. Elle avait fini par manger tout de même, son corps l’avait rappelé à l’ordre. Entre deux "siestes", Mali tentait de comprendre ce qui lui arrivait, essayant de démêler tout ce schmilblick. Pourquoi les butariens lui en voudraient, à elle ? Elle n’avait pas le souvenir d’avoir jamais eu à faire à des butariens, hormis sur Oméga, mais elle doutait que ce soit la cause de son enlèvement.

Une fois, lorsqu’elle se réveilla, elle sursauta. Une butarienne la fixait, l’épaule contre une caisse à sa hauteur, les bras croisés, appuyée sur une jambe. Un petit sourire mauvais s’afficha sur son visage lorsqu’elle vit que Mali était réveillée. Elle ne bougea pas et continua de la fixer, arrogante. Mali se reprit rapidement et se leva, s’avançant jusqu’aux grilles en fixant le capitaine.


- Enfin réveillée humaine… Il était temps…

La butarienne ricana avant de continuer, effleurant son béret décoré comme pour le rectifier.

- Je suis le capitaine Asyel Tayl'ia et tu es actuellement sur mon vaisseau, humaine.

- Qu’est-ce que vous me voulez ? Pourquoi m’avoir enlevé, bordel ? Qu’est-ce que je vous ais fais ? Où m’emmenez-vous ?

Le capitaine se contenta de sourire à la jeune femme, sans lui répondre, le regard et le sourire encore plus mauvais que précédemment.

- Répondez, enflure !

Mais Tayl’ia ne lui répondit pas, elle garda le silence même si l’insulte ne lui avait pas plu.

- Ton compagnon, celui qui a tenté d'empêcher ta capture, est toujours en vie, finit-elle par dire.

Mali resta stupéfaite, la bouche légèrement ouverte.

- Il…

- Bonne chance humaine, tu en auras besoin, conclua-t-elle en éclatant de rire et en se détournant.

Que Gabriel soit en vie la rassurait en partie. Elle l’aurait eut mauvaise s’il n’avait pas survécu en voulant l’aider. Elle suivit la butarienne des yeux pendant qu’elle sortait puis elle se laissa tomber sur sa couchette en soupirant, se prenant la tête dans ses mains.

Le scénario se répéta plusieurs fois: longs sommeils agités, repas plus ou moins acceptables, insultes butariennes, …

Plusieurs jours avaient dus s’écouler. Mali se réveilla en sentant le vaisseau ralentir. Elle se redressa, essayant d’entendre quoique se soit. L’activité augmentait sur les ponts supérieurs, ce qui indiquait que quelque chose se préparait, sans doute l’amarrage imminent. Ce sentiment fut confirmé par l’arrivée de deux butariens supervisés par le capitaine elle-même. Les barreaux furent désactivés et les menottes passées à Mali. Elle s’amusa de la mimique presque dégoutée du butarien qui l’accompagnait. Ses geôliers la poussèrent alors vers l‘ascenseur et ils accédèrent rapidement au pont, Mali entre les deux soldats et derrière le capitaine Tayl’ia. La jeune femme ne disait rien, ne tentait rien. Mais elle observait, et surtout, elle retenait. Son regard glissait de droite à gauche, sur les visages des butariens, sur des détails du vaisseau. Le vaisseau finissait son approche et on put sentir une légère secousse au moment de l’amarrage du bâtiment. Le petit groupe se trouvait alors au niveau du sas. Dans son bruit caractéristique d’air comprimé, la porte s’ouvrit finalement, et laissa apercevoir un groupe de butariens en joue. Le capitaine, les deux soldats et la prisonnière s’avancèrent, descendant la passerelle. Mali déglutit difficilement, elle n’aimait pas tout ça, surtout qu’elle ne savait pas pourquoi elle était là.

Les butariens échangèrent quelques paroles et Mali fut poussée vers l’avant. Elle entendit l’un des butarien s’esclaffer « et de deux ! », faisant rire ses collègues. Mali serrait les dents, se retenant pour ne pas foutre un pain au premier quatre-yeux qui se trouverait à sa portée. Finalement, deux nouveaux butariens la guidèrent dans le bâtiment, la lumière des couloirs blancs l’aveugla un instant, la faisant froncer les sourcils. Où pouvait-elle bien être ? Cette question tournait et tournait dans sa tête. Ses pensées furent interrompues par un des butariens qui lui causa :

- Alors, humaine, on fait moins la maligne maintenant, hein ?

- Lui cause pas, crétin…

- Oh de toute façon qu’est-ce qu’elle peut bien me faire ? C’est juste une racaille de plus de l’Alliance, non ?

- Ferme-la…

Ils passèrent une porte arrondie où Mali fut de nouveau poussée sans ménagement. Lorsqu’elle se retourna pour faire face à ses gardiens, un seul était là. Il pointait son arme vers Maélïa, désactivant ses menottes. Un prisonnier était déjà dans la cellule, un homme, la quarantaine. Il regarda arriver le trio, ses yeux se posant plus longtemps sur Mali.

- Aller, dessape-toi, humaine !

- Même pas en rêve ! ragea la jeune femme entre ses dents.

Même si Mali se doutait que l’étude de l’anatomie humaine n’était pas le but de cette demande, elle refusait. Ce qui lui valu un joli coup de crosse sur la joue et l’envoya contre le mur. La présence d’un autre homme la gênait et elle se sentit rougir jusqu’aux oreilles, malgré la situation. L’homme se détourna, par pudeur et lui aussi semblait embarassé.

- Si tu ne fais pas ce qu’on te dit, c’est une balle dans le genou, alors magne-toi…

Mali s’exécuta, non sans lancer un regard dédaigneux au soldat. Elle tourna le dos au butarien et à l’humain et retira veste, débardeur, bottes et pantalon. L’acolyte revint et jeta une combinaison bleu criard sur Mali. Sans prendre le risque de se prendre un second coup de crosse, la jeune femme l’enfila.
Du bout des doigts, celui qui avait lancé la combinaison à l’ex-militaire ramassa ses vêtements. Après une dernière insulte, les deux butariens sortirent et verrouillèrent la porte derrière eux.

Un regard circulaire lui apprit qu’elle ne disposait que de plusieurs lits et d’une toilette. Elle se contorsionnait un peu pour essayer de mettre convenablement la combinaison trop moulante, mais en vain. Elle regarda, curieuse son compagnon d’infortune, mais ne dit rien et se dirigea vers la baie vitrée. La vue s’ouvrait sur Adek, au moins, elle avait du paysage à regarder. Elle s’appuya justement sur la vitre fraiche, posant son avant bras entre le verre et son front, lâchant un long soupire. Elle n’avait même pas envie de pleurer tellement cette situation était invraisemblable. Elle aurait voulu comprendre. Seulement comprendre…
La jeune femme soupira et se détourna. Neil, lui, n’avait pas bougé. Elle s’assit au sol, se laissant glisser contre la vitre, la jeune femme capta le regard du quarantenaire. Elle baissa les yeux, un peu gênée puis elle eut un faible sourire. Dans ses attitudes et la façon dont il se tenait, l'homme lui rappelait certains officiers britanniques qu'elle avait connu à Sandhurst.



- Ne pas se parler risque d’être long, n’est-ce pas ? tenta Mali pour briser la glace, son accent irlandais vibrant sous la tension que ressentait la jeune femme.


Elle se leva et se dirigea vers son codétenu, lui tendant sa main.

- Maélïa MacLochlainn, mais appelez-moi Mali, ce sera plus simple…

Elle ne donnait presque jamais son vrai nom à des inconnus, vieux réflexe du métier, mais étant donné la situation, les Omnitechs bloqués et la cellule verrouillée, ça ne pourrait certainement pas lui jouer un mauvais tour...
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Erasmus Victum

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MessageSujet: Re: Confinement sous bonne garde   Ven 4 Mai - 18:22

(En provenance de Morte ou vive.)

Un énième impact. Encore un peu plus de ce sang céruléen sur le sol. Un autre coup, cette fois-ci accompagné d’un soupir d’exaspération, de désespoir presque. Encore... Encore... Les coups s'enchaînaient, se succédaient, l'atteignaient... Mais Erasmus n’avait plus mal. Heureusement qu’il n’avait plus mal.

Pourquoi tant de haine? Pourquoi tant d’animosité? Il n’en avait pas la moindre idée. Jamais, au cours de son existence, il eut rencontré des butariens, et encore moins des esclaves. Il ne les connaissait pas, eux-mêmes ne le connaissait probablement pas, mais pourtant, ils l’avaient capturé. Ils l’avaient happé comme un vulgaire gibier. Qui étaient-ils? Que voulaient-ils? Pourquoi l'avait-il choisi parmi tant d'autres? Néant. Néant absolu.

Il revoyait Kahlee émerger son propre vaisseau dans un spatioport louche établi sur une planète qui l’était autant. Puis les minutes suivantes lui échappaient. Il avait beau s’efforcer de retrouver sa mémoire, des bribes de ces quelques minutes, mais en vain. Il ne se souvenait que des silhouettes, du sang, un cri et une détonation bruyante. Où était-il bon dieu?

Seul dans sa solitude. Sans personne. Sans son enfant. S’il avait arrêté de s’inquiéter pour la perpétuation de sa propre existence, celle de son fils continuait de le lester. On l’avait séparé de Blasius, bestialement et sans aucune hésitation. Comment peut-on n’avoir aucun regret? Comment peut-on vivre avec un kidnapping sur la conscience? Erasmus maudissait ses assaillants, pestait contre les cieux, fulminait contre le destin.


Erasmus, adossé contre le mur du vaisseau, regardait une direction au hasard sans réellement regarder. Ses yeux étaient dénués de vie, ou du moins de joie, et balayaient des horizons maussades. Parfois son champ de vision venait s’orner de la silhouette imposante du fameux butarien qui lui avait fait la vie dure pendant les premières heures du trajet, et lorsque cela arrivait, il frémissait. Mais il ne faisait plus rien pour se défendre… C’était inutile à présent. Cet insecte était beaucoup trop colossal, beaucoup trop puissant pour qu’Erasmus puisse l’opposer avec sa force moindre. Et il subissait. Il subissait les coups de crosse, les coups de poing, les coups de pied et ce, sans aucune explication.

Le voyage s’avéra interminable, mais Erasmus eut comme une lueur d’espoir lorsque le vaisseau dans lequel il se trouvait accosta sur quelque chose d’autre. Il pensa tout d’abord qu’ils avaient atteint la terre ferme, mais se rendit bien vite compte qu’il ne s’agissait que d’un vulgaire transfert de vaisseau, puisque, semblait-il, il était devenu esclave. Il fut menotté, relevé brusquement et amené dans des longs couloirs obscurs jusqu’à atteindre un sas, qui s’ouvrit momentanément pour laisser passer Erasmus et les esclaves. Il voulut tenter de garder en mémoire le trajet qu’il parcouru, mais le bandeau qu’on avait gauchement noué devant ses yeux l’empêchait de voir correctement.

Il fut de nouveau enfermé, encloîtré, laissé à lui-même, vêtu cette fois-ci d’un uniforme d’un bleu absurde. Un mur de vitre le séparait d’une liberté superficielle. Un butarien, silencieux, priait aussi à ses côtés mais Erasmus n’avait pas envie de faire connaissance. Il ne voulait même plus savoir pour quelles raisons il s’était retrouvé ici. Pour le moment, tout ce qui pesait sur son esprit, c’était de trouver un moyen de s’échapper en bonne et due forme. Il observait les couloirs, les fondations, les murs, les failles, les accès, les gardes de sécurité… Mais rien ne semblait vouloir l’adjuver. Parfois vaut-il mieux abandonner l’idée de triompher?

Les sables du temps s’écoulèrent avec une lenteur ridicule. Il ressentait chaque seconde, chaque minute… Il essaya de dormir, ou du moins de reprendre des forces, mais les murmures et les jérémiades incessantes de son colocataire d’infortune l’empêchèrent de se reposer. Il voulut lui demander flegmatiquement de se taire, mais se tut plutôt. Il préféra ne pas envenimer la situation. Il se laissa donc tomber sur l’amas de couvertures qui lui servait de lit. Il riva ses yeux vers la baie vitrée et regarda le vide intersidéral défiler devant lui.

Qu’avait-il fait de mal? Était-ce de sa faute et uniquement de sa faute s’il s’était retrouvé dans cette atrocité? Peut-être que le destin et le hasard s’était alliés pour le faire payer d’un péché passé? Il s’efforçait de trouver cette réponse, réponse qui vint à lui échapper. Elle lui filait entre les doigts.

Blasius… Parfois Erasmus entendait ses balbutiements, ses cris amusés, ses rires réconfortants. Illusion, misérable illusion. Mirage auditif. Hallucination sonore. Cruel coup de la vie. Où se trouvait-il? Puis Erasmus replongeait dans ses mémoires : « Si tu savais ce qu’on fait subir à ton fils, turien. » Ses mots résonnaient encore et encore dans sa tête. « Si tu savais. » Il revoyait la brute s’approcher de lui, le frapper, puis le provoquer en lançant des horreurs sur son fils...


Au travers le hublot de sa cellule, il remarqua qu'une planète se dessinait, une sphère bleu teintée de vert, ou vice-versa. Était-ce sa destination finale? Il n'en avait aucune idée, mais il espérait que ce calvaire se termine rapidement. Le trop long laps de temps qu'il avait passé dans ces vaisseaux sans son fils l'avait exténué. On pouvait le marteler sans arrêt, mais ne pas savoir la situation de Blasius était clairement insupportable.

Ils paieront, pensa-t-il. Peu importe qui sont-ils.

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Tourmente

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MessageSujet: Re: Confinement sous bonne garde   Ven 4 Mai - 21:06

Citation :
au réveil du sacrifice...

Le sang qui tambourine dans son corps, l'adrénaline d'un combat et la décision de ne pas laisser mourir deux fois son équipe. Tels étaient en vracs les dernières informations dont se souvenait l'humaine. Lorsqu'elle sortit de sa torpeur, elle se demandait s'il ne s'agissait pas d'une inception. Un cauchemar dans un autre. Quand tout cela cesserait-il? Chaque fois qu'elle ouvrait les yeux, c'était pour se retrouver dans un état plus précaire. Son bras lui faisait atrocement mal et c'est à peine si elle trouvait suffisamment de force pour bouger les doigts. Par contre elle commençait à s'habituer au flux d'énergie qui circulait maintenant dans son corps. Elle était une ingénieur, pas une biotique mais bon, elle devait admettre que ses nouvelles capacités pouvaient être très pratique.

"Comment vous sentez-vous?"

Une voix familière. Le Quarien.

Lui aussi était là. Elle se força à se redresser, inquiète soudainement que ses coéquipiers se soient également fait prendre. Mais non. Un rapide coup d'œil lui permis de se rassurer. Ils n'étaient que les deux. La pièce était sombre. Elle fit une analyse du terrain en bon militaire et remarqua plusieurs choses étranges.

Tous deux portaient une sorte de collier étrange mais dont la fonctionnalité ne devait pas se limiter à l'esthétisme. Elle avait été dépouillée de toutes ses armes et de son omnitech. Il allait falloir dire adieu à son drone ainsi qu'à tous moyens de communiquer avec l'In Extremis…

La pièce était assez grande, un grillage surement électrifié au besoin les séparait d'une poignée de gardes butariens entrain de deviser entre eux. Deux récipients comportant une espèce de bouilli blanchâtre les attendaient devant la porte. A coté, une tenue du même bleu que portait le quarien. Elle allait devoir se changer sans aucun doute.
D'après ses observations les gardes étaient armés et il devait surement y avoir des vidéos cachés pour les surveiller.

"Je vais bien, pour le moment. Et vous? Ils vous ont fait du mal? Est-ce que les autres ont pu s'enfuir?
-Ça va merci. Vos collègues n'ont pas été suivit.
-Vous connaissez ces gens? Vous savez où ils nous emmène?"

Non pas que Tourmente fut méfiante vis-à-vis du pauvre Quarien tout aussi dans le pétrin qu'elle mais il vivait sur Oméga, il pouvait donc avoir des informations sur un éventuel groupe de terroristes. La pratique pouvait coller également pour des esclavagistes butariens mais quelque chose clochait dans le choix des cibles.

Tourmente s'approcha de la pâtée alimentaire et commença à avaler l'immonde préparation. Elle dû dans un premier temps lutter pour ne pas tout recracher mais elle n'était pas en position de faire la difficile. Un combat a plus de chance d'être gagné le ventre plein que morte de faim. Tout en mangeant, elle laissa les rouages de son esprit se mettre en marche, tentant d'analyser et d'échafauder un plan pour sortir vivant de cet enfer…

"Allez l'humaine! Tu mangeras plus tard! Dépêche-toi d'enfiler cette combinaison et file-nous tes fringues!"

Elle reposa sa cuillère et après un coup d'oeil au butarien qui tenta de l'intimider en donnant un coup de crosse de fusil dans les barreaux, Tourmente se redressa et se dévêtis devant l'extraterrestre qui sembla tout aussi dégouté par sa silhouette qu'elle l'aurait été à sa place. Le quarien lui avait discrètement tourné la tête par respect.

Une fois la tenue bleue enfilée, elle jeta ses anciens vêtements et alla s'asseoir vers son compagnon d'infortune.

"Ils ont prévu quelque chose... Mais je n'ai pas envie de savoir quoi. Manger autant que vous le pourrez et reposons-nous. M'est avis que nous sommes dans la partie la plus plaisante du voyage."
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Neil & Liirha

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MessageSujet: Re: Confinement sous bonne garde   Sam 5 Mai - 5:14

Cela faisait déjà deux journées que l'Onyx avait été abordé. Deux jours que Neil se trouvait dans une cellule de deux mètres-carrés, à analyser en boucle sa situation.
D'apparence, il paraissait très calme, presque serein...
Une posture qu'il affectionnait adopter lors de ses plaidoiries. Ou même à l'époque où il se trouvait à la tête de la HIF, lors des négociations de contrats. Un sourire fugace traversa ses lèvres : à l'époque ses adversaires commerciaux redoutaient de présenter leurs moutures des-dits contrats à quelqu'un qui ne montrait pas ses intentions et qui connaissait la législation en vigueur sur le bout des doigts. Il jouait avec les blancs à l'époque, ayant toujours l'avantage et l'initiative sur son adversaire...
Mais actuellement, la situation n'était pas aussi simple. Il ne connaissait pas sa destination ni son ravisseur. Il ignorait tout de la personne qui l'avait fait enlever et de ses intentions à son égard. Il ne savait rien, en somme...
Et en attendant d'en savoir plus, il avait décidé de se laisser porter par le courant.

Le mercenaire qui l'avait capturé apparut derrière la porte de la cellule. Il avait remis son armure. A quelques détails près, il s'agissait de celle qu'il portait deux jours plus tôt. Neil n'eut pas le temps de détailler en détail son interlocuteur, puisque ce dernier prit la parole, après avoir jeté un oeil sur le plateau repas resté intact.
Il l'enjoignit à manger quelque chose, faisait même preuve d'humour au sujet de ses talents culinaires.
Neil esquissa un faible demi-sourire.
Puis le mercenaire se fit plus impérieux, presque menaçant. Il avait sorti son arme et la pointait sur l'avocat.
Ce comportement n'était pas logique. Il avait visiblement fait tout ce qu'il pouvait pour le garder en vie, ce n'était pas pour l'abattre ou même le blesser à cause d'un plateau-repas. Il devait y avoir une raison à ce comportement...
Toutefois, l'avocat nota la justesse de ces paroles. Il n'aurait peut être plus l'occasion d'avaler quelque chose avant longtemps. S'imaginant sur la terrasse d'un grand restaurant du Présidium ou de Bekenstein, il avala le sandwich en pensant à un plat raffiné et en oubliant les saveurs portées par ses papilles gustatives...

Le mercenaire amena son prisonnier vers le sas du vaisseau après l'avoir menotté. Une précaution inutile, puisque de toute façon l'avocat savait qu'il n'avait aucune chance de prendre l'avantage sur un homme qui avait du passer ses dernières années à se battre d'un bout à l'autre de la galaxie...
La porte du sas s'ouvrit, dévoilant des butariens armés jusqu'aux dents et les tenant en joue.
« Ayez l'air d'un captif détendu, tout se passera bien. »
Cette remarque chuchotée fit apparaître un sourire narquois sur les lèvres de Neil. Il venait de comprendre pourquoi le mercenaire avait réagit aussi « autoritairement » et pourquoi il continuait de s'adresser à lui avec humour. L'avocat paria sur le fait qu'il devait être aussi rassuré que lui l'était...
Il appréciait presque ce chasseur de prime en fin de compte. Il n'avait pas été maltraité. Ç’avait même presque été l'inverse. Et mis à part le manque de confort inhérent à une cellule et les qualités médiocres de cuisinier de son hôte, le voyage aurait pu être agréable... En d'autres circonstances, ils auraient sans doute pu avoir une discussion intéressante tout les deux face à face. Sans doute face à un brandy, un cigare à la main et confortablement installé dans des sièges en cuir...
Toutefois, suivant son conseil, Neil inspira profondément et essaya de se détendre tandis que son ravisseur le poussait vers le comité d'accueil...

Un des butariens sortait du lot. Contrairement aux autres, il semblait être habillé sinon mieux que les autres, au moins plus richement. Toutefois, son style vestimentaire et son goût pour les fioritures dénotait justement d'un certain manque de goût en matière d'habillement. Le style bling-bling dont raffolaient certaines stars déjantées n'étaient pas exactement ce que Neil qualifiait d'être du meilleur effet.
Le butarien sus-désigné s'adressa à son ravisseur, le félicitant pour sa capture. Toutefois, l'avocat ne fut pas dupe. Loin d'être un compliment, les paroles couplées à l'attitude du potentat masquaient à peine son mépris pour le mercenaire. Il devait sans doute payer une forte somme pour que Brain ait accepté de travailler pour lui...
Le butarien se rapprocha encore de Neil et se permit même de l'examiner comme on le ferait d'un fruit. L'avocat nota mentalement le nombre de griefs qu'il pourrait rapporter pour un futur procès à l'encontre de ce rustre imbécile. Les manières civilisées manquaient cruellement chez les butariens, mais là, on touchait au fond.
Neil se contenta de lever un sourcil indigné lorsque la main gantée quitta son visage, lui signifiant clairement qu'il lui ferait payer ce genre de geste. Peu importait quand, où ou même comment. Mais il aurait sa revanche.

Deux gardes commencèrent à l'emmener lorsque de Brain, levant la voix, s'adressa à lui. Dans l'incapacité de répondre à son ravisseur -qu'il trouvait pour le moins sympathique malgré tout- sans se prendre un mauvais coup, il laissa glisser ironiquement dans un souffle inaudible :
-A tout à l'heure alors...


Les deux gardes bavardaient pendant qu'ils escortaient l'avocat à travers les couloirs. Ce dernier restait digne, conservant la tête haute et un visage impassible malgré un avenir particulièrement sombre...
Ses geôliers n'étaient pas franchement professionnels dans leur tâche, puisque l'un lâcha par hasard le nom de l'autre au milieu de propos xénophobes et autres railleries. Neil nota mentalement ce nom, espérant s'en servir plus tard. Le dénommé Erbraak fit même mention de son avenir proche. Deux jours, champignons par la racine. Ça n'augurait rien de bon...
Ils arrivèrent enfin face à une cellule vide. L'humain se douta qu'elle devait être sa « chambre », puisqu'ils s'étaient arrêtés là.
Jaugeant d'un rapide coup d'oeil ses nouveaux quartiers, il constata que ça n'était pas à proprement parler le luxe. Mais c'était propre. Enfin, à première vue. Et surtout plus grand que la cabine à bord du vaisseau de Brain.
Les deux gardes le poussèrent à l'intérieur. Le butarien sans nom s’éclipsa un instant pendant qu'Erbraak s'occupait de retirer ses menottes à Neil. Ce dernier, sous la menace d'un pistolet, se laissa faire.

-Déshabille-toi ! Fit le butarien en postillonnant une fois Neil détaché. L'avocat s'essuya le visage d'un revers de la main. Se déshabiller ?! Qu'est-ce que c'était que ces manières ? Etait-ce la façon d'accueillir un invité dans l'espace de l'Hégémonie ?
La menace d'un coup de crosse le fit s'exécuter. Son gardien, obligé de garder un oeil sur son prisonnier, fit force grimaces, exprimant son profond dégoût pour la physiologie humaine. Neil prit d'ailleurs un malin plaisir à prendre son temps et à ne pas se cacher. Sans toutefois que ce ne soit trop évident, les sévices corporels semblant être loi en ces lieux.
On lui remit une combinaison d'un bleu à rendre aveugle un peintre. Alors qu'il s'en revêtissait, l'avocat ne pu s'empêcher de sourire. Ce n'étaient pas les cuirassés qu'il fallait limiter par le traité de Firaxen, mais l'emploi de telles couleurs...
-Vous ne l'auriez pas dans une autre couleur, par hasard ?

Pour toute réponse, Neil obtint qu'un grognement. Le butarien sans nom venait de disparaître avec ses vêtements, les tenant comme si c'était du poison. L'idée amusa l'avocat. Si son geôlier avait su combien coutaient ces vêtements, il aurait sans doute changé d'avis et tenté de les revendre...
Erbraak, lui, s'installa devant la porte de la cellule, qu'il venait de refermer.

Neil tourna fit le tour de la cellule, analysant son environnement immédiat. Quelques paillasses, un bloc sanitaire. Une baie vitrée donnait sur un monde-éden qu'une flotte de navires butariens survolait...
Sans s'y attarder, il revint vers Erbraak avec l'envie de l'emmerder un peu. Pour jauger ses réactions tout d'abord. Pour s'amuser ensuite...
Faisant mine de vérifier la coupe de sa tenue, il lâche, nonchalamment :
-Dîtes-moi Erbraak... Auriez-vous un tailleur à bord ? Il y a comme un faux pli ici. Dit-il en pointant un pan de sa combinaison.
-Ta gueule !
-Ah, c'est son jour de congés... Dommage...

Satisfait, Neil gagna l'un des lits et s'y installa aussi confortablement que possible. Son gardien était apparemment prompt à s'emballer, pour peu qu'on lui astique suffisamment les oreilles. Il ferait bon usage de ce renseignement à l'avenir...

----

« Par les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l’herbe menue :
Rêveur, j’en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.

Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l’amour infini me montera dans l’âme,
Et j’irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, — heureux comme avec une femme. »


Neil, plongé en pleine récitation silencieuse en compagnie de Rimbaud, fut interrompu soudain par du bruit venant du couloir. Laissant échapper tout bas :
-Désolé Arthur...
Ses deux gardes préférés semblaient s'agiter avec un troisième luron. Ils s'occupaient d'un prisonnier, aux bruits de pas. Un de plus. Ou plutôt une prisonnière, à en juger par son apparence. Et effectivement, une jeune femme d'une trentaine d'années à la chevelure rousse se tenait encadrée par les deux aliens. Ces derniers répétèrent les mêmes procédures que celles dont il avait pu faire l'expérience.
Déjà l'un des butariens s'était éclipsé, sans doute pour aller chercher une de ces combinaisons à la mode dans cet endroit.
Ça ne manqua pas. Toutefois, contrairement à l'avocat, la jeune femme résista. Le coup de crosse tomba, l'envoyant valser contre le mur. Elle se releva. Neil eut envie d'avoir son Phalanx à ses côtés pour apprendre la galanterie à son gardien...
L'avocat nota un léger fard sur le visage de la jeune femme. Il en devina rapidement la raison et se tourna vers la baie vitrée.

Aux bruits des gestes des divers individus et aux froissements de tissus, Neil apprit que le changement de vêtements venait d'être achevé. Il s'autorisa alors à se retourner et s'écarter un peu de la baie vitrée.
Sa nouvelle camarade de cellule évolua un peu dans la cellule. L'avocat resta immobile, se récitant mentalement une seconde fois ce poème d'Arthur Rimbaud. La jeune femme soupira puis se laissa glisser contre la vitre. Leurs regards se rencontrèrent. Elle baissa les yeux. Des yeux d'un vert insondable. Il nota néanmoins la cicatrice barrant son oeil gauche. Cette jeune femme avait déjà connu des situations difficiles, ça ne faisait aucun doute...
Un faible sourire gêné apparut sur les lèvres de la jeune femme.

Neil rompit son impassibilité, adoptant une expression plus douce et sympathique.
-Ne pas se parler risque d'être long, n'est-ce pas ?
L'avocat offrit un sourire aimable à son interlocutrice :
-C'est tout à fait juste.

Tandis que la jeune femme se levait pour aller à sa rencontre, Neil fit également quelques pas. Il serra cordialement la main tendue.
-Maélia MacLochlainn, mais appelez-moi Mali, ce sera plus simple...
-Neil Ewan Jors. Mais Neil suffira amplement. Enchanté de faire votre connaissance.
L'avocat enchaina sur une question qu'il voulut légère :
-Ecossaise d'origine ?
-Irlandaise.
-Bien sûr, comment ai-je pu m'y tromper... Un bien joli pays, d'ailleurs.
Un silence de courte durée s'installa, rapidement rompu:
-Vous avez une idée de la raison de notre présence?
-La seule hypothèse que j'ai pour le moment me parait improbable... ou du moins très peu probable. Cerberus n'a pas l'habitude de traiter avec les aliens à ma connaissance.
Neil acquiesça à la déclaration de la jeune femme. Mali fit un léger sourire, ne sachant trop quoi ajouter. Malgré le fait que l'avocat ait baissé sa garde, il n'avait encore rien dit qui puisse permettre de le "sonder" ou au moins d'en savoir plus sur sa personne...
-Non, sinon je ne vois pas... Hormis quelques vermines butariennes sur Oméga, je n'ai jamais fais quoi que ce soit à l'Hégémonie. Mais je doute fort que ce soit pour ça que je me retrouve coincée ici...
La jeune femme se détourna de la vue d'Adek pour revenir sur son interlocuteur. L'avocat fit de même, les mains croisées dans le dos. Posant un œil curieux sur sa personne, Maélïa reprit:
-Et vous, une idée de la raison qui vous amène ici ?
La question était bonne. En réalité, plusieurs personnes auraient eu une raison de le mettre hors d'état de nuire. Mais aucun butarien. Les adversaires qu'il avait pu se faire sur Bekenstein ou sur la Citadelle étaient en général des humains ou dans certains rares cas des turiens. En même temps, rares étaient les butariens qui jouissaient d'un haut poste dans les environs immédiats de la Citadelle...
-Il pourrait y en avoir plusieurs. Mais aucune impliquant de près un butarien ou l'Hégémonie. Et encore, mon implication restait le plus souvent au stade d'intermédiaire. Je n'agissais pas pour mon compte.
Le regard de Maélïa continua de scruter Neil. Apparemment, il n'en avait pas dit assez pour satisfaire sa curiosité.
-Je suis avocat.
-Oh?
-J'ai eu comme client et ami proche M. Hock, de Bekenstein. Cette amitié et les affaires sur lesquelles j'ai travaillé m'ont valu quelques ennemis. Mais de là à me kidnapper...
Ce disant, Neil s'assit sur l'un des lits, rapidement rejoint par Maélïa. Posant son dos contre le mur, il parut réfléchir longuement. La mercenaire interrompit ses réflexions:
-C'était quoi comme genre d'affaires?
L'avocat inspira profondément.
-Des affaires louches ou portant sur des sujets sensibles. Les affaires de Donovan n'étaient pas des plus propres, même si j'essayais d'adoucir les angles. Pour le reste, durant mes années sur la Citadelle, il m'est fréquemment arrivé de défendre des politiciens embourbés dans des scandales, des hommes d'affaires influents ou même des hauts responsables d'administration... Ce ne sont pas les cas qui manquent, mais souvent les intérêts étaient conséquents...
Neil marqua une pause.
-Peut être m'en veut-on d'avoir fait consciencieusement mon travail. Parfois pour des gens qui ne le méritait pas, je l'admet volontiers. Mais on ne kidnappe pas pour ça. On assassine. Ça prend moins de temps et coûte moins cher.
il arrêta là son monologue. Il ne pouvait réellement en dire plus, étant tenu à un certain secret professionnel.
Maélïa avait parue surprise d'apprendre qu'il était en fait un homme de dossier. Que faisait un avocat dans ce coin pourri? Il aurait mieux été à sa place dans un bureau... Et pourtant, il ne paraissait pas être mal à l'aise dans cette cellule.
-Vous me faîtes penser à certains de mes officiers supérieurs lorsque je me suis engagée dans l'armée de l'Alliance.
-Ah?
-J'ai été entrainée à la Royal Military Academy de Sandhurst... Mes supérieurs étaient anglais. Ils avaient entre autre la manie de tout arrêter pour prendre le thé à heures fixes. Quand je vous ai vu, vous m'avez fait penser à eux. Vous avez la même façon de rester calme, presque détendu, patient alors que vous êtes retenu prisonnier par des butariens... Vous ne seriez pas britannique ?
L'avocat se mis à rire doucement face à la question:
-Je suis un mélange de plein de choses. J'ai du sang américain, français, maltais, suisse et un peu russe. Le tout en étant né en Finlande. Mais britannique, je ne pense pas... Ou alors en remontant loin dans la généalogie.
-Vous en avez le flegme en tout cas.
-"Ceux qui comme toi, Corto, savent vivre, sont à l'aise même en enfer."
-Pardon?
-Oh, rien. Je citais Hugo Pratt, un dessinateur du XXéme siècle...

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