Mass Effect RPG

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 Impasse.

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Carmine Croft

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MessageSujet: Impasse.    Sam 11 Déc - 4:15

Titre : Impasse.
Statut : Fermé.
En attente de : Rand et son petit groupe de mercenaires.

IMPASSE

-Ce gars à de la chance d'être mort ! Hurla Carmine à tue-tête pour couvrir le bruit de la bataille. Sinon je n'aurais pas donné cher de sa peau. Je suis profondément énervée !

La jeune archéologue lança un coup d'œil par-dessus la trachée de fortune qu'elle et son petit groupe s'étaient empressés de construire à l'aide d'éléments métalliques disséminés de-ci de-là. Poutres, caisses, tout avait été bon à prendre et l'ensemble précaire tenait par la grâce de Dieu. Ce qui résumait à dire que la situation était merdique.
Hooper, l'arme posée sur la barricade de fortune, plissa les yeux et pressa sur la détente de son arme qui envoya une rafale vers un Geth trop téméraire. Celui-ci se démembra sous le choc des balles. Calfeis avait sortit son stock de grenade et attendait un assaut groupé avant d'envoyer la sauce. Les Geth restaient à couvert derrière les éléments du décors. Ils tombaient les uns après les autres sous les rafales de Hooper et ils réussissaient pourtant à continuer de grandir en nombre.
La tactique des Geth était simple : attendre jusqu'à l'épuisement des cartouches thermique du groupe d'humains avant d'attaquer en masse. C'était exactement ce que recherchait Calfeis, mais plus les minutes passaient, plus les Geth étaient nombreux malgré les pertes de leur côtés. Si ça continuait, non seulement ils n'auraient plus rien pour se défendre, mais les belles explosions du démolisseur ne serviraient à rien contre une telle nuée si ce n'est de leur donner quelques secondes de répit. Et quand bien même, s'ils arrivaient à tenir pendant plus de dix heures, la lune, présentement occultée par une planète voisine ne le serait plus, Et le petit groupe serait directement exposée aux rayons du soleil qui se feront un plaisir de cramer tout ce qui se trouve à sa surface.
Carmine tira plusieurs coups de son Predator contre un Geth qui s'était glissé avec autant de discrétion qu'un Krogan du côté gauche de la barricade. Elle revint ensuite sous le couvert de leur abris précaire. Son regard convergea vers le corps d'un humain.
Ils étaient dans une belle merde.
L'archéologue se remémora les récents évènements. C'était peut-être les derniers instants de son existence donc elle ne voyait aucun problème à souffler un peu. Son petit groupe n'avais jamais été autant empêtré dans les ennuis...

---

La plus grande lune de Mâkhaira, Kopis, est un lieu désolé avec une atmosphère extrêmement mince. Sa croute est en grande partie constituée à base de silice et les radars n'indiquent aucune trace d'eau. Comme sa planète mère, son albédo élevé l'empêche d'être un enfer total. Pourtant, les conditions restaient invivables pour l'humain lambda. Ce n'est qu'une fois occultée par Mâkhaira que sa température peut être à peu près supportable.
C'est durant ce moment-là que Carmine et son équipe avait choisit d'entrer en action. L'archéologue avait calculé, à l'aide des instruments de bords, que la durée d'occultation de la lune par Mâkhaira était de douze heures grand maximum. C'était le temps qu'ils s'étaient fixés pour visiter le site Protéen le plus intact qu'ils avaient vus à ce jour.
La faible gravité de Kopis avait été compensée par un dispositif créant un effet de champ de masse sensé entourer les ruines protéennes et ses alentours dans un rayon d'un kilomètre de diamètre. Carmine en avait souvent recours lors de ses explorations spatiales, la plupart des planètes n'ayant pas que des conditions idéales. Au vu du nombre de mondes qu'elle avait déjà exploré jusqu'ici, elle trouvait avoir de la chance d'atterrir sur une lune à l'atmosphère plus ou moins respirable et vivable. Même si ce n'était que pour une courte période de temps dans ce cas-ci.
Ce site était un des plus reculé et difficile d'accès qu'ils connaissaient. Pour y arriver, il leur avait fallu voyager vers un secteur presque inconnu de la voie lactée, Hades Nexus, plus plusieurs semaines de voyages supplémentaires pour arriver jusqu'au système d'Hoplos ou se trouvait la lune tant convoitée. Le vaisseau cargo de Carmine n'était pas une référence en vitesse.
Ils n'auraient jamais eu connaissance de ce site et de ce système sans Azziz Kamero, un humain qui savait décidément beaucoup de choses. Carmine était méfiante à son égard mais les crédits le faisait aboyer comme un chien devant un sucre et la perspective de trouver un nouveau site Protéen valait bien une petite prise de risque.

Carmine, Hooper, Calfeis et Kamero marchaient vers leur destination, leur pas laissant de large trace dans la poussière ocre du sol. Ils fixaient tous les quatre une espèce de bulle bleutée qui devait avoir pour fonction de protéger le site. Carmine était confiante, ce n'était pas la première fois qu'elle rencontrait et désactivait un champ de force Protéen.

-Le radar à repéré des structures mécaniques anormales aux alentours du site. Il faut rester sur ses gardes, prévint-elle. Leur nombre m'est inconnu, les particules électromagnétiques du champ de force doivent cacher ces défenses.
-Ce n'est pas la première fois que nous sommes confrontés à des drones. Je suis confiant.
-Ce sera la première fois que nous serons confrontés à des drones Actifs, Hooper.
L'archéologue grinça des dents.

Hooper n'était pas de ceux qui plaisantaient. À côté de lui, nombre de baraques à glace auraient été traitées de fillettes. Ses deux petits yeux ronds, enfoncés sous un large front, fixaient Carmine d'un air bovin. Les cheveux blonds coupés ras et le visage rouge, buriné par un trop plein de soleil trahissaient son appartenance biélorusse.
Il tenait sa mitrailleuse aussi bien que ses grandes mains de la taille d'une soucoupe le permettait. Ces mains-là étaient faites pour cogner et non simplement appuyer sur une gâchette.
Hooper avait fait ses preuves dans la terminaison Russe de l'Alliance. On disait de lui qu'il était un soldat infaillible. Pourtant, il n'avait jamais dépassé le grade de Sergent malgré son âge avancé. La raison était simple : c'était un imbécile. Mais un imbécile valeureux.
L'Alliance le laissa pour mort après une mission échouée sur une planète hostile où la température au soleil n'était pas plus basse que 85°c. Qu'il avait une combinaison ou non n'y changea rien. Il subit le martyr, mais survécut jusqu'à ce qu'une navette de reconnaissance Turienne le retrouve, comateux. Après sa convalescence, il fut réhabilité comme soldat mais plus personne ne le revit dans l'Alliance. Sa plus récente apparition date d'il y a plusieurs années, en compagnie de Carmine.

-Actif, inactif. Qu'est-ce que ça change, intervint Calfeis. Je rappelle que nous avons une professionnelle dans le groupe.
-Je vous interdit de prendre ce ton là avec moi, Calfeis ! La dernière fois, c'était un accident, ronchonna Carmine. Et le drone présentait des résidus d'énergie. Il aurait pu se réveiller à tout moment.
-A tout moment ou dans trois-mille ans...

Jack Calfeis n'avait jamais été un très bon soldat. Ni un très bon mercenaire. Il était fait du même bois que ces hommes rêches et acerbes qui vivaient reclus chez eux, sur terre. Calfeis était grand, diablement grand. Rachitique, ses bras et ses jambes aussi fines que le permettaient ses os paraissaient interminables. Les yeux cernés, le teint pâle, il avait l'allure d'un mort, ou de quelqu'un qui allait bientôt le devenir. Calfeis n'avait pas plus de vingt ans mais son apparence de mort-vivant lui en donnait une dizaine de plus. Il semblait tout cumuler : anémie, anorexie pour l'extérieur. Dieu seul savait ce qu'il cachait d'autre en lui.
Calfeis était loin d'être un abruti. Seulement, personne ne lui avait jamais donné les moyens de prouver ce qu'il valait réellement. Il avait grandit dans les bas-fonds d'un bidonville, à San Francisco. Engagé de force par des mercenaires pour servir de chaire à canon, il survécu tant bien que mal et finit par atterrir dans l'armée de l'Alliance. La vie stricte et rude des militaires ne lui convenant pas, Calfeis prit tout simplement la poudre d'escampette.
Du moins, c'est la version de l'histoire telle qu'il la racontait. Il ne faisait jamais mention de l'apprentissage de ses connaissances en démolition. Calfeis était un expert du genre. Selon Carmine, il avait plus de jugeote que n'importe quel physicien de la terre.
Il ne faisait aucun doute que cette histoire, inventée sur le tas, cachait le vrai passé de cet homme tourmenté. La seule chose qu'il admettait volontiers, c'est qu'il était bien originaire de San Francisco.

-Hé, vous, le chiche kebab !
La jeune femme tourna sa tête vers Azziz. Il faisait pâle figure face aux autres membres du petit groupe, même par apport à Calfeis. Kamero était une parfaite caricature de musulman. Il portait un habit de Rabbin. Mais ce n'était pas sa tenue le plus étrange. Son attitude avait complètement changé depuis quelques jours. Autant son calme et sa réserve n'avait pas alerté Carmine à la première rencontre, autant maintenant cela la troublait. Kamero était replié sur lui-même, les yeux fous, et il murmurait des paroles en musulman que l'omni-tech de Carmine traduisait instantanément. Il récitait des prières de protections sans faire attention à l'appel de la jeune archéologue. Elle garda ses inquiétudes pour elle.

Ils arrivèrent sans tarder auprès du champ de force. Carmine détermina l'emplacement du générateur et les ex-soldats s'empressèrent d'entourer la jeune femme et de lever leurs armes, à l'affut du moindre bruit.
-Faites attention. Je ne sais pas ce qu'il va arriver si je bidouille ce générateur. Je vais tenter de diminuer la fréquence d'une infime partie du champ, ce qui nous permettra de passer sans se cogner aux molécules qui composent le...
-Oui docteur, on a compris. On se magne, on a maximum douze heures, maintenant onze, vous vous souvenez?
Hooper fronça les sourcils. Il n'avait pas compris, lui.
-Je suis votre employeur, je vous demande d'être attentif, et pas l'inverse !
Un faible grésillement se fit entendre et un rectangle de la taille d'une porte se découpa dans le champ de force. Carmine s'auto gratifia elle-même avec un sourire satisfait. Sourire qui se figea lorsqu'elle sentit le sol trembler. Une poignée de drones s'envolèrent du sable pour anéantir les intrus. Carmine décrocha son pistolet de son holster et entraîna les autres membres du groupe à l'intérieur du champ de force. Les drones passèrent un à un par l'ouverture. Ils se firent chaleureusement accueillir par Hooper d'une salve bien placée.

-À quoi bon prévenir si c'est si facile.
-Nous avons eu de la chance cette fois-ci, Hooper. Ils auraient pu venir et de l'extérieur et de l'intérieur du site pour nous couper toute retraite, rétorqua sèchement Carmine. À peine sa phrase terminée, la fenêtre découpée dans le champ de force oscilla et disparut. Le champ avait retrouvé son intégrité. Autoréparation? Fascinant, c'est la première fois que je me confronte à un système pareil.
-Ce n'est pas le plus important. Comment va-t-on sortir d'ici ?
La jeune femme haussa les épaules.
-Je vais trouver le générateur qui aliment l'entièreté du champ de force à l'intérieur du site et le couper, c'est aussi simple que cela. Elle jeta un regard en coin à Kaméro. Il était de plus en plus intenable. Ne traînons pas.

Les ruines visibles du site Protéen n'étaient qu'une infime partie de l'édifice. De la même manière que fonctionnent les icebergs, la plus grosse partie se trouvait en sous-sol. Une entrée à demi effondrée donnait l'aperçu d'un escalier descendant vers les profondeur. Elle était entourée de deux statues protéenne représentant ces êtres étranges qui ne semblaient être constitués que de tentacules. Pendant qu'Hooper dégageait l'entrée, Calfeis veillait sur Kamero. Carmine en profitait pour prendre note de ce qui l'entourait. Elle était tout particulièrement intéressée par une fresque pilonnée par les années mais encore sommairement visible par endroit. Tout cela avait une odeur d'antique et de moisi. C'était une sale odeur de moisi, comme celle d'un cadavre en décomposition.
Le musulman commençait à montrer des signes de folie. Ce qui lui arrivait était inexplicable. Il leva subitement les bras aux cieux en implorant des "dieux" de le laisser en vie. Ses gesticulations devinrent de plus en plus violente et ses cris résonnaient dans le site.
-Bonté divine, vous allez vous taire ?!
-Docteur, il devient complètement dingue !
À ce moment précis, l'entièreté du champ de force disparut. Carmine, Calfeis et Hooper croisèrent leurs regards un bref instant. Hooper avait l'air de ne pas comprendre, Calfeis fronçait les sourcils et Carmines réfléchissait. Elle n'eut pas à réfléchir bien longtemps car un Geth apparut dans son champ de vision et tira vers le petit groupe. Kaméro fut tué sur le coup, une balle dans la poitrine.
-À couvert !
Endoctrination, fut une des pensées les plus sensées de la jeune femme à ce moment-là. on s'est fait avoir comme des bleus.


---

...La jeune archéologue tenta un coup d'œil par-dessus la tranchée et se baissa juste à temps pour éviter une balle de sniper. La situation devenait vraiment désespérée.


Dernière édition par Carmine Croft le Jeu 6 Jan - 18:25, édité 1 fois
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Rand Stinger

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MessageSujet: Re: Impasse.    Mer 15 Déc - 14:44

Le SSV Trafalgar, frégate de l'Alliance, presque hors de contrôle et lancé comme une flèche folle, tant elle s'entendait à fondre à toute allure, avait fusé dans la voûte noir aux contours flous et sans fin, sillonnant dangereusement l'espace connu jusqu'à la voie lactée, en plein territoire geth. Et pourtant malgré la nocivité de sa présence parmi les mondes synthétiques, le voyage osé s'était poursuivi paisiblement, sans aucune anicroche. D'une discrétion remarquable grâce à l'invisibilité offerte par le brouillage des capteurs en cas de rencontre de mauvaise fortune. Dès lors, les étoiles s'étaient simplement déformées comme à leur habitude, et tout au long de sa trajectoire calculée, le vaisseau avait bondi à leur côtés comme un cerf enluminé, jusqu'à atteindre finalement sa destination. Il avait parcouru des milliers de cliques en un temps reccord grâce aux relais cosmodésiques et à l'étonnante performance du Trafalgar.

Le vol avait touché à sa fin à l'approche d'une lune au caractère lugubre, sans vie, sans éclats. Kopis, le plus grand satellite lunaire de Mâkhaira. Ils y étaient enfin. Sorte de gros caillou stérile d'où saillaient à perte de vue, étendues désolées, endroits acérés, déchiquetés à leur flancs, et terres plates, sableuses, pleines de trous. Aucune installation économique ou industrielle, aucune fondation solide en vue, sur ce caillou vide, inintéressant, hostile. Pour des organiques il s'entendait. Pour des synthétiques c'était une tout autre pair de manche, la planète jouait actuellement un rôle important dans leur stratégie d'attaque d'un secteur concilien en particulier. Et ce n'était guère les scanners de la frégate humaine qui démentiraient cette théorie avérée au vu de cette activité diffuse en contrebas qu'ils avaient captés, dissimulant à coups sûr une fébrilité monstre. Les geth étaient des pros de la cachoterie, de la furtivité, ils l'avaient déjà maintes fois prouvés.

Ces monstruosités nées des cerveaux masochistes des Quariens, à l'abri des regards indiscrets des organiques qui avaient préféré les ignorer puis surtout tourner la tête ailleurs, y avaient pu constitué une solide fortifications. Et résultat de cette nonchalance, de cette négligence, plusieurs vaisseaux civiles et colonies de l'espace concilien avaient subi nombre d'attaques soudaines, organisées, implacables, sans que nul ne sache d'où l'ennemi avait pu surgir. Ces agressions brutales s'étaient multipliées, jusqu'à faire préfigurer une offensive majeur des geths. Le Conseil et l'Alliance de plus en plus soucieux avaient donc décidé d'agir, et d'enrayer cette menace. Les patrouilles conciliennes de reconnaissance avaient donc fait montre de plus en plus d'audaces, quitte à franchir la ligne de démarcation absolue et tant crainte, à explorer quelques des pans entiers de la voie lactée. Et c'est alors que fut découvert le poteau rose, la planète sur laquelle s'appuyait les Geth pour harceler les peuples organiques. La frégate chargée des missions coups de poing, avait donc été envoyé sur Kopis, pour nettoyer, éradiquer tout ce merdier qui faisait peser une menace certaine sur la stabilité de tout un secteur.

A cette fin, deux commandos d'élite avaient été dépêchés, à deux endroits différents. A la tête du premier, le Commandant Setsuna chargé de nettoyer la fortification Geth principale. Evidemment, celui-ci n'avait pas résisté à l'irrépressible envie de nuire à son jeune concurrent, en réservant pour lui seul les trois snipers d'élite. Rand Stinger n'avait pas bronché, indifférent. Satina Decimus, l'Asari aux pouvoirs biotiques phénoménaux, valait bien à elle toute seul une dizaine de snipers d'élite. Ainsi, le Premier Lieutenant du Trafalgar dirigerait lui aussi la seconde équipe de son côté, avec pour tâche d'enquêter sur cette activité étrange, ces signaux mystérieux en provenance d'un site non repertorié. L'ennemi y était peut être même plus nombreux, entrain d'étendre son solide réseau. On ne savait jamais avec les Geth. Il n'était pas question de détruire leur base principale, sans s'être assuré d'avoir également planté toutes ses ramifications dans le même temps. Il fallait porter un coups d'arrêt définitif à ce qu'ils mijotaient. Explosifs, armure, armement lourd, dispositif cinétique amélioré, équipement entier. Les moyens étaient pleinement à la hauteur du rendez-vous. Ce soir serait une nuit de combat, une pluie de mitraille sur des piles de monceaux de fer et d'acier.

La navette de transport dans laquelle se trouvait Rand Stinger, d'ailleurs dénuée du moindre armement et vulnérable à toute attaque sol-air à sa grande déconfiture, s'engageait alors furieusement, en bête hurlante, dans les allées limpides et grisâtre de l'atmosphère de la lune. En direction du sol, sur une quelconque piste d'atterrissage sommaire, choisie et déterminée en fonction des données soumises par le Trafalgar. Après une descente en rase-motte, les répulseurs s'actionnèrent faisant s'arrimer brutalement la bête jusqu'à permettre au commando de mettre bas à terre. La poussière montante et virvoltante, tourbillonna férocement autour de l'équipage presque intégralement humain pendant qu'ils débarquaient promptement, armes braqués en main, dans la discipline qui leur était accoutumée. L'Asari qui les accompagnait, descendit à son tour d'une légèreté sensationnelle propre à sa race, tandis que la navette redémarrait en trombe et les abandonnait au milieu de nulle part.

Rand, campé solidement sur ses pieds, aux aguets, déambula son regard d'une noirceur profonde sur la côte qui les environnait. Pris de vertiges, assaillis de frissons, le soldat se trouvait à la pointe d'une sente tapissée de graviers d'une rugosité extraordinaire. Et là-dessus, sa contemplation loin d'être achevée, son omni-tech émit un bruit de cliquetis tandis que s'ouvraient ses valses d'activation en réponse à la réception d'un message instantané. Une image translucide mais nette, d'abord tremblotante puis fixée d'un femme rêche réduit à une dimension ridicule dans son écran s'afficha promptement.

Lieutenant Stinger, l'opération de Setsuna parallèle à la votre, va bientôt débuter. Méfiez vous, une fois l'alerte passée là-bas, il se produira sans doute de même de votre côté. Vous serez seuls, le Trafalgar s'il doit agir, appuiera la première équipe dans l'objectif de détruire la base geth. Ne me décevez pas, je veux du résultat. Faîtes le nécessaire avec votre équipe, et ramenez vos fesses au plus vite à bord, Huffington terminé.
L'ordre aussi sec qu'à peine ébauché, l'hologramme n'en disparut pas moins de manière égale, sitôt le message transmis. Allons bon, même pas bonne chance, ou bon courage. Un petit mot sympathique alors qu'il vivait peut être ses derniers instants sur cette caillasse aurait été plus qu' agréable. Stinger, nonobstant cette pensée déplacée, se tourna vers les autres. Méfiez-vous des apparences trompeuses, vigilance constante. Nous sommes en territoire geth et proie d'une embuscade à n'importe quel moment.

Environné d'ombres et de rochers grisâtres, le commando en formation se mit en route, et s'échina à descendre cette sente abrupte et tortueuse sur laquelle ils avaient atterris. Dur était la marche, et lente, et pesante. Le silence était plus qu'oppressant. A chaque seconde pouvait débouler brusquement un ennemi mais ils se tenaient prêt à recevoir n'importe qui, n'importe quoi. Rand à l'affût des moindres détails, menaçants ou singuliers, de près ou de loin, craignait particulièrement les tireurs embusqués. Il dût constamment surveiller dans le même temps le sol froid et pourri. Pas mal de choses encombrantes sur le sol. Garder l'équilibre était essentiel. Suffisait d'un faux mouvement pour que se décide un sniper à agir.

Au bout d'un moment, après quelques minutes de marche, ils tombèrent sur le site en question, un site prothéen au milieu d'un environnement sableux. C'était magnifique, Rand avait nettement l'impression d'exploré un autre monde, de redécouvrir une histoire disparue. Plus loin , une sente qui s'engageait dans les profondeurs. et juste devant à l'entrée, la magnificence de deux statues qui n'évoquaient strictement rien à l'esprit. En tout cas pour Rand. Aucun système de sécurité, aucun champs de force, tout était désactivé pour leur plus grand bonheur. Cela donnait matière à réfléchir. Alors qu'ils s'engageaient dans ce couloir souterrain, un fouillis de métal s'accrocha à leur pieds. Rand s'agenouilla sur le tas de ferraille en question et l'examina, puis reporta vivement son attention minutieusement sur les parages.

Des drones.. Salement amochés, désintégrés. Des gens sont entrés ici, avant nous. Les geth ? J'ai du mal à concevoir que des organiques puissent se trouver dans la voie lactée. Il y a des traces visibles de présence toute récente un peu partout.
L'humain, emmuré un moment dans un petit silence de réflexion intense, fit bouger finalement sa lourde et puissante carcasse de métal. Spéculer ne servait à rien, ils avaient peu de temps. Il saurait bien assez tôt ce qu'il se passait ici. Continuons. L'équipe continua donc de s'enfoncer dans ces splendeurs du passé, leur yeux fureteurs posés partout, dans chaque recoin des salles et des ruines qu'ils traversaient, à la recherche d'un signe de vie, d'un ennemi à éliminer. Mais nulle âme qui vive pour le moment... Jusqu'à entendre des claquements secs, forts et bruyants, aisément reconnaissables....

Des coups de feu. Par là !
hurla Rand en jouant des épaules pour accélérer sa course. Il ne comprenait pas ce qui se passait, mais il était bien décidé à le savoir. Et puis patatrata, dans une salle exigu, des geth, plein de geth. Ils étaient entrain d'assaillir une position qui résistait formidablement. Il n'y avait qu'à contempler les de corps synthétiques désarticulés au sol à leur pieds, et la difficulté qu'avait l'ennemi à les acculer. Flanqué de ses deux hommes sous leur casque et leur imposante armure, et de l'Asari, Rand intervint furieusement au milieu de leur proies surprises et prises à revers alors qu'ils offraient pleinement leur dos pour la plupart. Les humains déployés firent claquer le son de leur fusils d'assauts, fouettèrent l'air de leur balles tourbillonnantes à haute vélocité, et les premiers geth s'effondrèrent sans attendre. L'ennemi déboussolé par l'assaut soudain sur leur arrières, il en passa un temps avant qu'il ne saisisse la nouvelle donne et ne réagisse avec fermeté. Rand à l'exemple des autres, fonça en réponse derrière un abri rocheux.

Il y a des gens à l'opposé de notre position, coincés derrière une barricade ! Ils font du dégât sévère sur nos ennemis. Les Geth sont à découverts ! Pris en tenaille entre eux et nous, ils n'ont aucune chance si nous croisons nos tirs. Restez sur vos positions, et contentez vous de faire du tir sur cible. Inutile de prendre des risques, les Geth sont foutus !


Et ils tirèrent joyeusement, encore et encore, en harmonie avec l'équipe prisonnière derrière la barricade improvisée. Les Geth présent en prenaient pour leur grade de tous les côtés. Malgré tout, les otages rebelles de cette situation initialement désespérée restaient vulnérable, à cause notamment d'un tireur embusqué qui entravait leur mouvements et leur précision, pire, menaçait sérieusement leur vies. Rand posa genou à terre, échangeant son fusil d'assaut qu'il remis sur son dos contre un fusil de précision qu'il déplia. Une fois l'oeil dans un viseur à l'option d'agrandissement multiplié par quatre, et le canon pointé, calé sur le geth concentré uniquement sur ses cibles, il retint sa respiration. Caressant la gâchette plusieurs fois, laissant défiler plusieurs secondes dans un bruit assourdissant, il pressa finalement la détente. Un bruit sec et fort justifia seulement son plein carton.

Leur toutes premières victimes atteintes, outragées, d'autres geths émergèrent en tout sens de couloirs adjacents avec des couinements aigus, inhumains. Mais la biotique leur prouva qu'ils n'avaient pas à faire à de simple soldats ordinaires. Celle-ci faisant usage de ses pouvoirs explosa leur formation sous les coups dévastateurs des cercles bleues de ses pouvoirs. En quelques minutes, la situation s'éclaircit, les geth furent abattus rapidement, il n'y avait plus que des organiques debout à présent. C'était fini, pour le moment. Evidemment les geth reviendraient tôt ou tard. Mais chaque chose en son temps. Rand tout en balayant la zone, s'approcha prudemment de la barricade, tout en restant hors de portée des angles de tir. La peur pouvait amener à tirer n'importe comment et sur n'importe qui lors de ce genre de situation confuse. Il préféra crier à distance :

Soldats de l'Alliance, présence hostile nettoyée. Sortez de là, nous ne vous voulons aucun mal.
Rand se tourna du côté de sa compagne Asari et lui murmura :

Satina nous avons peut être affaire à des pirates, des pillards ou de dangereux mercenaires. Préparez vous à faire usage de vos pouvoirs biotiques, pour le cas où ils se montreraient hostiles. Nous devons avoir des réponses et il nous les faut vivant pour ça.
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Satina Decimus

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MessageSujet: Re: Impasse.    Mer 15 Déc - 19:06

Se lancer à l’assaut des Geth ? Cette tache ne motivait pas vraiment Satina, bien au contraire. Affronter des synthétiques était nouveau pour elle. Elle avait néanmoins pas mal de renseignements à leur sujet. Normalement, le Geth lambda n’était que du menu fretin. Ce n’était que lors ce qu’ils venaient en vaste groupe que ces synthétiques devenaient dangereux. Une histoire de réseau neural entre autres choses auxquelles l’Asari ne comprenait rien. C’était loin d’être son domaine ! Elle savait aussi que certaines unités, au contraire du Geth standard, étaient réellement des adversaires effroyables ! L’Asari espérait réellement qu’elle n’aurait à affronter que des ennemis de base.

« Hm.. de toute façon si on tombe sur des Geth avancés, je n’aurais qu’à me cacher et laisser ces humains se démerder avec eux ! A la rigueur je pourrais toujours utiliser une déchirure ou deux pour les soutenir… »

Pensa t’elle. La solidarité n’était pas son fort ! Apres tout, sa préoccupation première était de glaner des informations utiles sur Cerberus. Pour le moment elle n’avait encore rien trouvé. Il faut dire que la mission lui était tombée dessus avec une telle rapidité ! Elle avait à peine embarqué sur le vaisseau que déjà celui ci franchit un relais cosmodésique en direction d’on ne sais quelle planète ou lune. Elle n’avait pas retenu le nom de l’endroit où ils comptaient aller et cela lui importait peu. Combien de fois elle avait suivit Grax en mission sans savoir où il comptait l’amener ? C’était un peu la même situation ici : Elle se contenterait de suivre le mouvement et d’être active une fois sur place. Cette légère similitude avec son passé la rendait nostalgique.
L’Asari assise près d’un hublot, ses bottes reposant sur le siège d’en face, examina son environnement. Elle se trouvait actuellement dans une navette de l’alliance. Autour d’elle, des soldats en rang étaient harnachés par un dispositif métallique. Un humain plus autoritaire que les autres avait tenté de lui mettre également cette sorte de harnais de sécurité.
Cependant, devant la volée d’insultes et d’obscénités que l’Asari lui envoya, il laissa tomber !
En fait, ce n’est pas de son plein grés que l’humain avait lâché l’affaire ! La tension était montée entre Satina et lui. Cependant, un plus haut gradé était intervenu et avait incité l'homme à calmer le jeu. Satina en avait éprouvé une grande fierté ! Cela signifiait qu’elle était assez importante aux yeux d'un gradé humain pour qu’il poussent son subordonné à s’aplatir devant elle.

Bref, la mercenaire toisa les soldats présents à ses cotés. L’opération semblait être d’une grande importance à leurs yeux, ils paraissaient tellement sérieux ! A un moment donné l’un d’entre eux tenta une blague grivoise, ce qui fit éclater de rire l’Asari. Un rire mêlé de reniflements sauvages pas très très sexy ! Cela jeta un froid puis ce qu’en réponse, Satina n’eu qu’un silence de mort ! Se trouvant la seule à rire, elle s’arrêta net et se racla la gorge pour se donner de la consistance.

-« Au moins j’amuse quelqu’un, ça change ! »

Déclara le soldat blagueur. Satina se retourna vers ce meme soldat. Elle pointa un doigt vers sa bouche aux lèvres pulpeuse, en désignant l’intérieur

« Heu… »
L’homme écarquilla les yeux. Il resta quelques secondes sans savoir quoi faire, tachant d’interpréter ce signe. On pouvait lire sur son visage une expression à mi-chemin entre « Qu’est ce qu’elle a encore cette conne ?? » Et « Ca veux vraiment dire que je crois ?! » Mais que croyait t'il ?

Satina encore plus insistante, et avec une pointe d’impatience, pointa ensuite un doigt vers la bouche du soldat.
Ce dernier se montra encore plus décontenancé. Il était difficile à cet instant de définir si il souhaitait avant tout que l’Asari le lâche ou si il espérait qu’elle veuille dire par là qu’elle aimerait un baisé bien baveux de sa part !
Il lui fallut un long moment pour réaliser que Satina désignait son chewing-gum !!
Il compris aussi que, en désignant sa propre bouche, elle devait quémander un chewing-gum pour elle même ! Alors, le soldat piocha dans sa réserve et en tendit un à la mercenaire. L’autre homme du commando de Rand poussa un soupir de dédain.

Bientôt la navette atterrit. La bande d’humains descendit, raide et massive, comme une masse monobloc. Ils obéissaient au doigt et à l’œil à leur chef. A coté d’eux, Satina paraissait etre une touriste ! En tout cas, elle détonnait nettement. Elle mit bien plus de temps à sortir de la navette. Elle prit le temps d’examiner la piste d’atterrissage et l’environnement. Il était absolument lugubre, sinistre, constellé d’excroissances rocheuses acérées

« -Eh ben… Le prochain coup c’est moi qui choisit la destination, lieutenant ! »

Marmonna t’elle. Elle se décida enfin à sauter de la navette, ce qu’elle fit d’ailleurs avec une grande élégance. Il était bien temps qu’elle se décide à rejoindre le groupe d’humains d’ailleurs. Elle se déplaça vers eux avec la grâce propres aux Asari. C’était incroyable de constater que par certains points Satina était raffinée, alors que par d’autres c’était totalement le contraire !

L’Omnitech de Rand s’alluma peu après, laissant apparaître l’image du capitaine du vaisseau qui dictait ses ordres. L’Asari, prise de curiosité, accourut gaiement vers Rand ! Elle s’appuya à son épaule, regardant l’hologramme par dessus celle ci, tout en marchant son chewing gum dans les oreilles du lieutenant.

« Mouais… Pas très sympathique cette personne ! Et cette tenue !!

Commenta t'elle, à propos de la femme qui avait donné les ordres, avant de se décoller du lieutenant ! Lors de la transmission, l’Asari était occupée à dévisager la femme du holo d’un regard inquisiteur.
Pendant qu’elle la regardait, Satina critiquait chaque centimètre de sa tenue de son corps et de son attitude ! Vu qu’elle se focalisait là dessus, elle n’avait pas retenu un traître mot, et n’avait aucune idée de ce en quoi consistait la mission ! ( hormis le fait qu’il y allait avoir des Geth )
Peu importe, elle se contenterait de faire ce qu’elle savait faire de mieux sur le terrain et de suivre les ordres une fois sur place.
Le groupe se mit en marche, Satina traînait assez loin derrière, les mains dans les poches de sa tenue de commando. Longue marche. C’était le silence complet, l’ennuis complet à ses yeux. Elle passait le temps en mâchant son chewing-gum

« C’est ça, marchez en avant, courez ! Ne faites pas gaffe à la petite merdeuse Asari qui traîne derrière ! De toute façon c’est qu’un boulet qui ne sais pas se démerder ! Contrairement à vous les gros bras qui êtes des dieux du champs de bataille ! »

Elle râlait, mais cette fois il n’y avait rien d’humoristique ou de narquois dans ses propos. Elle serraient les poings rageurs. C’est que la situation la replongeait dans son passée, à l’époque ou elle se voyait forcée par son mentor de suivre des groupes de mercenaires aguerris, des brutes qui ne lui accordaient jamais la moindre attention.
L’attention… C’est ce qu’elle avait cherché toute sa vie sans vraiment le savoir. Jamais elle n’avait connu qui que ce soit qui s’intéresse réellement à elle. Toujours elle avait la sensation d’être négligée, considérée comme une moins que rien. Est ce que c’était vrai ? Difficile à dire. Certes son mentor avait promis de l’entraîner à devenir mercenaire, mais il était tellement rustre et froid qu’il était difficile par la suite de définir si il se souciait vraiment d’elle et de sa formation ou si il se contentait de la trimbaler comme un boulet par respect pour la mère de Satina qui avait été son boss. Celle ci n’avait pas eu non plus d’égards pour sa fille. Abazira ( la mère de Satina ) était une pirate qui n’aimait rien de plus que de faire souffrir ses victimes. Avec sa fille elle semblait suivre la même attitude ! Elle affirmait parfois entre deux combats forcés ou punitions biotiques, qu’elle faisait tout ça pour son bien, pour la rendre plus forte et donc apte à survivre dans cette galaxie cruelle. Mais les ricanements sadiques et les cris haineux de cette reine pirate semblaient dire : « la seule chose qui m’intéresse c’est te faire souffrir ! » Quand aux autres personnes que Satina a rencontré ce n’était que les pirates d’Abazira et les mercenaires alliés de Grax. Ces deux groupes d’individus n’avaient manifestement que du mépris ou au mieux de l’indifférence pour elle.
Récemment, elle avait commencé à se faire un nom comme mercenaire, et commençait tout juste à se faire reconnaître comme autre chose qu’un vulgaire boulet au pied d’une reine pirate ou d’un mercenaire krogan. Mais cela était loin de la satisfaire !
Cependant, sa situation présente lui revint en tête. Certes, les humains ne semblaient avoir absolument aucun attachement à son égard, mais au moins ils reconnaissaient son talent, puis ce qu’ils avaient pris la peine de venir la chercher au milieu d’une bataille rangée. Cela suffit pour remonter, temporairement, le moral de Satina et de la faire quitter, temporairement aussi, sa mauvaise humeur. Aussi, elle cessa de piétiner et pressa le pas. Elle rejoignit les humains qui marchaient quelques dizaines de mètres plus loin. Ils étaient entrés dans d’ancienne ruines Prothéennes. Celles ci impressionnaient particulièrement l’Asari

« Sympa les statues, j’aimerais bien en emporter une, ça serait très déco dans mes quartiers ! »

S’exclama t’elle. Elle n’eu pas le temps de s’attarder dans la contemplation car les humains, rassemblés autour de ce qu’elle analysa comme une sorte de drone détruit, difficile à définir de loin, s’étaient relevés. Cette fois, Satina ne comptait pas se laisser distancer !
Quand elle les rejoins, Rand se mit à hurler : il avait entendu des coups de feu ! Effectivement l’Asari ( qui venait à peine de les rejoindre ) les entendis aussi. Les hommes se mirent immédiatement à courir !

« Pfff c’est pas vrai, vous êtes toujours aussi survoltés vous autres les humains ?! »

Encore cette vision des Asari sur les humains : Celle ci les trouvaient toujours sous pression. Certains liaient cet état de fait à leur longévité réduite face à celle des alien bleues.
Quoi qu’il en soit, Satina accourut à la suite des humains. Et voilà ! En moins de temps qu’il n’en fallait pour le dire Ces derniers étaient déjà entrain de fusiller du Geth ! Satina se colla derrière une statue Prothéene en guise de couverture et concentra son énergie biotique, prête à frapper. Lorsqu’elle sorti de sa cachette pour frapper, l’Asari constata avec stupeur qu’il y avait déjà des humains sur place, en train d’en découdre avec les Geth ! Bien sur, si elle avait prêté la moindre attention à ce que venait de dire Rand à propos des humains en question, elle l’aurait su !

« Tu m’avais pas dit que c’était une mission de sauvetage lieutenant… Je déteste les missions de sauvetage lieutenant !! Il faut faire gaffe à ne pas blesser les otages et à ce que les ennemis ne les tuent pas, quelle prise de tête ! Quel stress ! »

Se plaignit t’elle. Néanmoins, en plein combat elle se plia aux ordres du lieutenant et se concentra sur les cibles. Rien de bien sorcier, ces Geth étaient des unités de base.
Avant chaque action importante qu’elle entreprenait, l’Asari faisait une bulle de chewin-gum. Quand l’affrontement finit, Satina gloussa de joie. Ca avait été très défoulant !
Puis, Rand interpella de loin les humains, et indiqua à Satina de se tenir prête à les attaquer si il s’agissait également d’ennemi.

« Roger ! »
S’exclama t’elle en un radieux sourire, tout en mâchant son chewing-gum. Elle décrivit le salut de l’armée d’un air narquois
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Carmine Croft

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MessageSujet: Re: Impasse.    Mer 15 Déc - 23:45

La bataille faisait rage et les Geths gagnaient de plus en plus de terrains sur le petit groupe. Il y en avait un qui semblait pourtant y prendre du plaisir : Hooper souriait, c'était incontestable et vérifié. Il était le seul à dégommer les synthétiques à la chaîne avec une précision méthodique. Á lui seul, il réussissait à tenir l'assaut Geth à distance.
Carmine n'était pas vraiment heureuse pour lui. Elle aurait voulu lui rappeler l'urgence de la situation et lui demander de retirer ce, je cite "sourire bête de cette face d'imbécile" par ce que mourir con n'avait jamais profité à personne.

Et puis soudain, sans prévenir, les synthétique se disloquèrent les uns après les autres dans un fracas de fusillade, et ce n'était pas du fait du biélorusse. La jeune archéologue prit un air grave. C'était à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne nouvelle, c'est qu'ils n'allaient pas mourir de la main des Geths . La mauvaise, c'est qu'ils se feront peut-être tuer par ces nouveaux venus. Ce coin de la galaxie était sensé être reculé et à part des pilleurs ou des pirates, elle ne voyait pas qui cela pouvait être d'autre.

Carmine tenta une nouvelle fois de distinguer quelque chose dans le chaos ambiant, mais le sniper Geth l'avait en joue. Ce dernier ajusta la visée et tira.

Il y avait des moments ou la vie ne tenait qu'à un fil. Carmine n'était pas indifférente à cela, ses prises de risques inconsidérés la menait souvent aux portes de la mort, ou pas loin. Habituée aux escapades en hautes montagne et à l'escalade, elle avait plus d'une fois cru voir sa vie défiler devant ses yeux suite au décrochement d'un piton ou au glissement de son pieds sur la roche détrempée.
Ce n'était pas bien différent de ce qui lui arrivait maintenant. Dans ces moments-là, on ne pouvait qu'être simple spectateur de l'inexorable.
La balle approchait à grande vitesse en direction de l'archéologue. Elle du cependant dévier sa tête de quelques millimètres ou, par quelque coup de chance, être tombée sur un Geth mal synchronisé car la balle ne fit qu'effleurer la joue de la jeune femme. Un filet de sang coula de la nette éraflure alors qu'elle se remettait encore du choc de cet évènement.
Juste à l'instant, le synthétique se prit une balle en pleine lampe frontale qui explosa dans une gerbe d'huile. Carmine avait l'auteur de ce bienfait dans sa ligne de mire. Les yeux écarquillés, elle le scruta durant un bref laps de temps qui lui parut durer une éternité.

C'était un charmant jeune homme aux traits taillés au burin. Il émanait de lui une intense conviction. Carmine ne savait pas ce en quoi il croyait, mais sa façon impitoyable de regarder le Geth démontrait une inflexibilité hors norme. La jeune femme ne retint rien d'autre de plus que sa lourde armure et son attirail de professionnel, ce qui l'incita vivement à retourner à l'abris de la barricade.

Calfeis se glissa jusqu'à elle et inspecta la blessure. Il épongea le sang avec un bout de tissu.
-Vous allez arrêtez de jouer les casse cou, docteur?
Carmine le repoussa, l'air grave. N'ayant eu le temps de rien faire d'autre, l'entaille recommença à saigner. Calfeis soupira en lâchant un "comme vous voulez". Il s'arma de son pistolet et visa les synthétiques alentours.
Alors que le combat continuait à l'avantage des organiques, une lueur bleu apparu dans le champ de vision du petit groupe. Peu de temps après, une multitudes de Geth valsèrent dans les airs, le corps écrasé par l'effet de masse. L'une des carcasse retomba à peine à vingt centimètres près de Carmine dans un bruit de métal brisé. Décidément, on en voulait énormément à sa vie.
-Pensez à me faire jouer au lotto, Calfeis.

Un deuxième synthétique se fracassa au sol non loin de Hooper. Ce fut la goutte qui fit déborder le vase, la jeune femme n'en pouvant plus d'être mise plus encore en danger qu'il y avait quelques minutes.
-Vous pouvez, s'il-vous-plaît dire à votre biotique d'arrêter de balancer des cadavres de Geth un peu partout ?!! hurla-t-elle vainement tant la bataille était bruyante.

Cela dura encore de longues minutes. Les derniers Geth rappliquèrent et se firent plomber sans plus de sommations. Le silence retomba, pesant, après de si lourds échanges. Les trois compères se regardèrent ; leur calvaire était enfin finis. Restait le problème de leurs inopinés sauveurs. Carmine jeta un simple coup d'œil à l'extrémité de leur abris de fortune. Le soldat de tout à l'heure avançait prudemment. Elle comptait cinq hommes cachés derrières des débris, plus une Asari. Pas de doute, ils étaient bien armés et surtout bien entraînés. Carmine reconnaissait là la discipline d'un groupe de militaire, travaillant pour une quelconque organisation. Ou pire, pour l'Alliance.
La jeune femme vouait un reproche tout particulier aux hommes d'armes. Elle prenait l'Alliance pour responsable de la mort de son fiancé. Depuis, sans doute dans un élan de protection maladroit et inconscient, elle méprisait ceux qui prenaient les armes pour tuer ou se faire tuer.
Carmine ressentait un véritable besoin de protéger autrui de la mort. Ce n'était pas par compassion, simplement, elle n'aimait ni ôter la vie, ni la voir ôtée, quelque soit la personne. Jamais elle ne le ferait sciemment sauf si elle en était contrainte. De son point de vue, il y avait toujours une deuxième solution.
Le soldat se mit à parler fort, brisant le silence.
-Soldat de l'Alliance, présence hostile nettoyée. Sortez de là, nous ne vous voulons aucun mal.

Son visage se décomposa alors qu'elle revenait sous le couvert de leur barricade de fortune, remettant son inspection a plus tard.
-Des militaires ! Il fallait que ce soient des militaires de l'Alliance ! chuchota-t-elle à Calfeis qui lui répondit en haussant les épaules.

D'un autre côté, c'était un peu les seuls qui pouvaient les aider sous le couvert de "protéger les civils". Donc sans pertes. Les pirates étaient beaucoup moins intransigeants que cela. Ce n'était donc pas forcément un mal. Carmine rumina derrière les débris que formaient sa protection de fortune avant de se lever doucement. Elle montra les paumes de ses mains aux soldats, pointant son pistolet vers le plafond. Ses deux autres compagnons se levèrent à leur tour mais gardèrent leurs armes pointées au sol. La jeune femme planta ses yeux limpide dans ceux, obscur, du lieutenant. Carmine avait un regard aussi intense que ce dernier, bien que leurs convictions semblaient différer.

-Je suis le docteur Croft. Le grand costaud s'appelle Hooper et le malingre, Calfeis. L'intéressé fronça des sourcils en regardant la jeune femme, réfrénant son envie de protester. Elle baissa les mains et rangea son pistolet dans le holster attaché à sa cuisse pour montrer qu'ils n'étaient pas hostiles. Si vous désirez savoir la raison de notre présence ici, et bien, je faisais des recherches sur ces ruines juste avant que les synthétiques n'apparaissent pour nous souhaiter le bonjour.
Le regard de l'Archéologue convergea vers le corps inerte, à ses pieds.
-Il était avec nous. C'était lui aussi un scientifique. Enfin, à ce qu'il semblait. Il y a quelque chose à l'œuvre, dans les parages. Je ne sais pas ce que c'est, mais j'espère bien le découvrir.
Une question la turlupinait.
-Sans vouloir être indiscrète, je peux savoir ce que font des... militaires... dans un site de fouille prothéen? Elle ne chercha pas à cacher le dédain qui l'avait animé lorsqu'elle avait prononcé le mot "militaire". Il y a un rapport avec Kamero et cette influence qui l'a rendu dingue?
-Kamero? s'intéressa un des soldats.
-Le gars face contre terre.
-Oh...

Elle arrêta finalement de dévisager Rand et porta son regard sur le restant de ses "sauveurs". C'était certainement l'Asari qui avait envoyé valdinguer les Geth grâce à sa biotique.
Carmine lui conseillera d'essayer de viser moins approximativement, la prochaine fois.
-Et... depuis quand l'Alliance recrute chez les extraterrestres ?
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Rand Stinger

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MessageSujet: Re: Impasse.    Sam 18 Déc - 3:17

La poussière déclinait de partout, le silence se fit pesant. Figés, immobiles suite à l'injonction de Rand, tous attendaient nerveusement que ces inconnus s'arrachent de leur barricades et se dévoilent. Seule la bouche sauvage, exténuante de l'incorrigible Asari, qui mastiquait bruyamment son foutue chewing-gum, faisait perdurer la sensation d'un minimum de vie en ces lieux mystiques. Les geth avaient été momentanément oubliés, il fallait d'abord s'occuper de cette affaire gênante, cette situation confuse et particulièrement dangereuse. Le moment tant redouté, tant espéré advint. Quelque chose s'agita derrière l'un des débris. La première chose qu'aperçut Rand fut des paumes, des mains humaines, des mains féminines. Il plissa les yeux, tout en s'avançant d'un pas prudent. Une femme apparut alors, et elle reçut toute l'intensité de son regard noir posé sur elle, au centre de l'attention. Le moins qu'on puisse dire, c'était qu'elle ne ressemblait guère au profil type d'un mercenaire ou d'un pirate. Vêtue d'une tenue de civile mi-aventurière qui la mettait en valeur, elle était belle, resplendissante. L'oeil vif, l'oeil intelligent, un regard gris qui dénotait d'une curiosité inassouvie. Sa peau mât promettait autant de douceur que sa chevelure flamboyante témoignait d'une force de caractère intraitable. Rand ne s'attendait le moins du monde à ce genre de vision au sein d'un endroit infesté de machines synthétiques hostiles. Deux autres hommes la suivirent, un géant, et un autre plus petit, la chaîne humaine s'interrompit à la suite. Particulièrement méfiant, et craignant un piège, Rand avait discrètement lancé un signal à l'un de ses hommes, qui de manière furtive s'était glissé à un angle propre à lui donner une vision globale de ce qu'il y avait à l'intérieur de la barricade. RAS.

De toute façon, Magnanime et parfaitement consciente de la situation inconfortable dans laquelle elle se trouvait, le docteur avait par sa seule souplesse d'esprit calmer la situation en levant immédiatement les mains en l'air à sa sortie sereine, intimant alors implicitement à ses pairs de suivre son exemple. Elle finit même par ranger son arme dans son holster, en toute confiance. Tout comme ses hommes, Rand sentit ses muscles se relâcher, ses terminaisons nerveuses s'apaiser peu à peu, signifiant silencieusement son approbation d'un hochement de tête à ce qui semblait être la cheffe de ce petit groupe insolite dans les profondeurs inquiétantes de ces ruines.

Pendant que son commando rassuré, en mouvement faisait mine de sortir de leur cachettes et de le rejoindre en soutien, le lieutenant considéra ses deux autres compatriotes humains et surtout inopportuns en face de lui. Le premier avait un physique de baroudeur au physique buriné, la peau tannée comme s'il avait subi l'effet même d'un rayon de soleil qui aurait frappé sur lui comme la foudre sur un arbre. Il tenait sa mitrailleuse comme un vrai militaire professionnel, et sa musculature n'avait pu être le simple fruit d'un entrainement amateur. Il avait dû servir un jour dans une quelconque organisation militaire. Pas de doute, c'était un vrai pro, et probablement le principal instigateur de cette magnifique résistance offerte contre un ennemi dix fois plus nombreux. Dans tous les cas son air béat, n' inspirait nulle confiance au soldat. Un seul ordre vicieux de cette femme au regard intense et il obéirait d'une efficacité redoutable, telle une machine implacable. Rand occuperait toujours l'un de ses hommes à garder un oeil sur lui, pas question de baisser la garde. L'Asari aurait pu s'en charger évidemment, avec ses pouvoirs biotiques capable de frapper sans tuer. Mais la discrétion et elle, ça faisait malheureusement pas bon ménage. Au moins n'avaient-ils pas à faire à des pirates, c'était déjà mieux que rien. Ses yeux se rivèrent sur le second qu'il jugeait moins prompt à représenter un danger. Malingre ? c'était le mot.

Sa silhouette souple et gracile dépassait le docteur Croft d’une demi-tête. Contrairement à celle qui se présenta comme le docteur Croft, il avait un profil plus que basique et que Rand oublierait aussitôt à l'occasion. Reportant son attention sur l'archéologue, l'officier N6 remarqua le peu d'enthousiasme qu'elle manifestait pour leur arrivée impromptue, alors qu'ils venaient pourtant de les sortir d'un beau merdier. Celle-ci après s'être présenté, expliqua calmement la raison de leur présence ici. Ce n'est qu'après son coups d'oeil vers un corps inerte qu'il se désintéressa d'elle. Apparemment un mort de leur côtés, et ils n'en semblaient pas particulièrement émus...

Il était avec nous. C'était lui aussi un scientifique. Enfin, à ce qu'il semblait. Il y a quelque chose à l'œuvre, dans les parages. Je ne sais pas ce que c'est, mais j'espère bien le découvrir.
Sans vouloir être indiscrète, je peux savoir ce que font des... militaires... dans un site de fouille prothéen ? Il y a un rapport avec Kamero et cette influence qui l'a rendu dingue ?

Kamero ?


Le gars face contre terre.


Oh...


En un éclair, suite à ces propos étranges, les hommes du commando échangèrent des regards furtifs. Toute l'assistance humaine se tut avec pour fond d'ambiance, la mastication acharnée de l'Asari. La dernière remarque du docteur Croft lui valut un long regard pensif du lieutenant Stinger. Quelque chose à l'oeuvre ? Influence ? De quoi parlait-elle ? Manifestement elle n'avait pas l'air de délirer, ou de plaisanter. Derrière son dédain manifeste qui le surprenait d'ailleurs, se cachait une réelle perplexité. Rand ne savait que penser lui-même de cette entrée en matière décapante. La propre indécision de l'huumain perçait quant à à ce qui était évoqué, mais il incapable de lui fournir la moindre réponse là-dessus. Mieux valait recadrer la discussion. Rand, se fit un devoir de répondre à cette scientifique qui ne faisait même pas mine de se sentir décontenancée par sa présence inopportune dans l'espace geth.

Docteur Croft, Lieutenant Stinger, je suis le chef des opérations sur cette zone. Les drones, c'était vous n'est-ce pas. Joli carton, je suis impressionné. Vous avez sans doute désactivé un système de sécurité qui nous a permis d'entrer sans difficulté également. Extraordinaire performance à la hauteur de votre insouciance époustouflante malheureusement. Je m'interrogeais également, tiens
.

Dîtes moi, c'est courant chez les archéologues de se montrer aussi cavaliers ?
Rand avait lancé ces mots comme on le faisait pour une conversation autour d'un thé partagé, un brin ironique. Malgré tout, Il était tout autant accablé par leur apparition qui changeait quelque peu la donne qu'impressionné qu'ils aient pu survivre seul jusqu'à présent, en plein territoire geth. Ce n'était manifestement pas de simples civiles, qui courraient inconsciemment à l'aventure. malgré tout, il fallait garder le profil type d'un soldat de l'Alliance, comme on attendait de lui et ne pas démordre sur ces principes dont il s'était libéré depuis longtemps.

Quel diable vous a poussé à explorer la voie lactée, et seules surtout ? Il est formellement déconseillé de s'y rendre. Ces ruines sont bien jolies, je n'en disconviens pas, mais au cas où vous ne l'auriez pas remarquer, Docteur, vous vous nichez en plein territoire geth, sur une planète contrôlée par les geths, dans une zone infestée par les geth. En somme, c'est pas tout à fait l'endroit pour vous pencher corps et âme sur vos petits instruments et faire montre d'un appétit gourmand vers toutes ces choses fortes intéressantes qui nous entourent, j'en suis convaincu. J'applaudis votre motivation mais pas forcément la manière dont elle vous a déconnecté de la réalité. En ce moment même vos vies sont en péril, vous vous trouvez en plein milieu d'une opération militaire, d'une zone hostile. Une confrontation entre nous et les geth est inéluctable, cet endroit va subir un feu intense très prochainement.
Je ne puis répondre à vos interrogations concernant votre collègue, nous ne sommes pas là pour ça. Ce que je sais, moi, c'est que vous êtes dans un sacré pétrin.

Et cette extraterrestre s'appelle Satina Decimus.
C'est un membre particulier de notre équipe, son aide est la bienvenue. ajouta Rand en se tournant vers elle. Il la sentit d'ailleurs s'agiter comme à son habitude. Réprimant un sourire, le lieutenant ajouta à l'adresse de l'archéologue. Elle aime bien qu'on l'appelle par son nom il paraît. Un haussement de sourcil se pointa sur son visage tandis qu'il poursuivait. Puis vous savez docteur Croft, nous avons bien des têtes brûlées qui explorent la Voie Lactée sans considérations aucunes pour leur vies, pourquoi il n'y aurait-il pas dans ce cas d'extraterrestres dans l'Alliance ? Rand se tut brusquement, jetant un oeil perçant à la femme humaine. Et si elle possédait des informations précieuses sur ces lieux ? Peut être pouvait-elle se rende très utile à leur mission. Il décida de mettre de côté ce dérangement certain sur la présence de civils, et qui allait forcément compliquer les choses. Quoique apparemment ils savaient se défendre,, c'était déjà un gros point pour eux.

Docteur Croft, peut être finalement pouvez-vous nous aider. Avez- vous une connaissance de cet endroit ? Nous pourrions mettre nos différents de côté et envisager de faire équipe... Bien entendu nous ferons de notre mieux pour vous protéger. Vous êtes libre de nous rejoindre, quitte à subir le feu, ou de quitter cet endroit, seuls comme vous êtes venus. Mais je ne peux pas vous laisser demeurer ici. A vous de choisir.

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MessageSujet: Re: Impasse.    Sam 18 Déc - 7:45

-Il a bon dos le militaire de me faire la morale alors que c'est lui qui met sa vie en péril.
Carmine avait dicté cette phrase d'une voix éteinte afin d'être incompréhensible pour les soldats, excepté de Rand. Il pouvait sentir de la rancœur dans ses propos. Carmine avait bien une dent contre les militaires. Une dent très particulière. Cette froideur et cette hargne dans ses propos indiquait à Rand qu’il avait touché un point sensible. Carmine n’aimait pas cette absence de fantaisie, cette droiture et implacabilité propre au parlé des militaires, et elle le faisait savoir. D’autant plus qu’il osait lui faire la morale . Impardonnable !

Carmine avait écouté les remontrances du Lieutenant en étant manifestement très peu d'accord avec celui-ci. Elle avait même roulé ses yeux dans ses orbites lors de certains passages. C'était un signe qui chez elle ne trompait pas ; cela voulait dire qu'elle trouvait cela d'une imbécilité ennuyeuse, preuve de l'ignorance du soldat, ignorance qui l'énervait particulièrement, bien entendu. C'était à la fois rageant et désespérant. Rageant d'être incompris, car, et ce n’était pas inconnu, les scientifiques l'étaient toujours par les militaires et désespérant à cause de l'obstination dont faisait preuve le soldat pour ne rien comprendre. La jeune femme admettait volontiers qu'il n'avait pas toutes les cartes en mains et qu'il possédait encore moins son esprit vif et entraîné. Mais ce n'était pas une raison.

Bla bla bla… Il lui semblait avoir décroché à partir d’un moment, mais Carmine ne savait plus situer où, jusqu’à ce que Rand enchaîne sur la dernière question de la jeune femme, à savoir la présence d’une Asari dans l’Alliance. Elle secoua légèrement la tête pour se remettre dans le bain.

-Et cette extraterrestre s’appelle Satina Decimus. C’est un membre particulier de notre équipe, son aide est la bienvenue. Elle aime bien qu’on l’appelle par son nom il paraît. Puis vous savez docteur Croft, nous avons bien des têtes brûlées qui explorent la Voie Lactée sans considérations aucunes pour leurs vies, pourquoi n’y aurait-il pas dans ce cas des extraterrestres dans l’Alliance ?
-Très drôle. Je trouve que c’est une ouverture d’esprit que peu de dirigeants Terriens seraient à même de faire preuve. Et puis, vous savez, j’ai toujours cru que l’Alliance servait les intérêts des hommes jusqu'à maintenant, dit-elle sur le ton léger de la plaisanterie.

Elle fit un signe de la tête pour saluer Satina et écouta le restant du monologue de Rand, un sourire presque imperceptible aux lèvres jusqu’à ce qu’il commette l’irréparable. Oser la sous-estimer ! Le sang de Carmine ne fait qu’un tour.

-Si j'ai connaissance de cet endroit? Vous avez devant vous une des meilleures chercheuses humaines en archéologie Prothéenne, si ce n'est la meilleure. Alors oui, je pense connaître cet endroit aussi bien que vous connaissez votre arme, Lieutenant. Secundo, je ne pense pas que vous ayez l’autorité de m’ordonner quoi que ce soit ! Dois-je vous rappeler que je suis en droit de sillonner la galaxie comme bon me semble conformément aux protocoles galactiques standard? Ou bien désirez-vous que je vous montre mon insigne de chercheur indépendant décrétant la possession légale et temporaire de reliques Prothéennes? Je pourrais vous traduire en justice si vous m’emmenez contre mon gré.

La jeune archéologue se montrait plutôt énervante. L’idée d’un bon coup sur le crâne pour l’assommer aurait dû effleurer l’esprit du lieutenant. Si cela n’avait pas été fait, c’est qu’il aimait un peu trop cirer les pompes de ses supérieurs.
Mais le mercenaire aux mains de la taille d’une assiette devait suffire à tuer dans l’œuf toute véhémence. Cependant, même si Carmine avait une grande envie de contredire le lieutenant et d’agir impulsivement, elle savait que cela n’allait pas dans ses intérêts.

-Mais… Je marche. Outre le fait que j’ai beaucoup à trouver, vous n’arriverez à rien sans moi.
D’abord, on va mettre les choses au clair. Ces ruines ne sont pas simplement jolies. Vous dites ça par ce que vous êtes ignorant de tous les trésors qu’elles recèlent, voilà tout !
Ensuite, ce n'est pas moi qui ai désactivé le champ de force Prothéen. J'avais trouvé ça étrange d'y être parvenue aussi facilement mais il semblerait que quelque chose m'ait facilité ma progression en m’ouvrant tout bêtement la voie. Sans ça, je serais sans doute toujours bloquée devant un générateur à l’intérêt plus que limité. Ah, et si je n'ai pas été capable de désactiver ce champ de force, les Geths non plus. Que ce champ ce soit désactivé d'un coup sans influence extérieur me laisse perplexe, pas vous?
Ce que j'appelle influence serait quelque chose qui nous pousse à entrer dans ces ruines. J'ai visité beaucoup de ruines Prothéennes et c'est la première fois que je suis confrontée à un phénomène pareil. Et ce Kamero... On aurait dit qu'il voulait y retourner à tout prix, en nous emmenant avec lui.
Vous savez, j'ai souvent travaillé avec le dr.Tsoni. Elle m'a longuement parlé d'un principe qui s'appelle l’endoctrination sans pourtant m'en dire davantage. Elle a souvent été confrontée à cela lors de ses voyages. Ça ne m’étonnerait pas de trouver la même chose dans une ruine Prothéenne, vu que c'était son domaine de prédilection.
"Pour finir… Il y a bien des manières de ne pas réussir et la plus sûre est de ne jamais prendre de risques."


Comme tout bon scientifique, elle ne s’intéressait pas uniquement aux conséquences, surtout aux causes. Se borner à ne voir que les conséquences, c’était bien un truc de militaire.
Puisqu’il lui semblait qu’une grande partie de son audience s’était perdue en cours d’explication, Carmine décida de laisser tomber les causes pour ce coup-ci et d’en venir directement à la conséquence.

-Je ne veux pas jouer les rabat-joie, mais il y a quelque chose qui nous dépasse ici. Et ça ressemble à un piège.
"Et malgré l’obstination du Lieutenant à vouloir me protéger d’une menace Geth, je doute encore une fois que tout cela ait été perpétré par les synthétiques. Ils doivent aussi être des victimes. Il va falloir régler le problème à la source si on veut que tout ceci s’arrête."


Le raisonnement de la jeune femme tenait sur des suppositions et pouvait n’avoir aucune valeur pour les sceptiques et les terre-à-terre. Or, il fallait savoir que, même basé sur ses plus folles envies et imaginations, les plans et les explications de Carmine s’avéraient le plus souvent couronnés de succès et véridiques. Malheureusement, personne dans son audience à part ses deux acolytes ne pouvaient le certifier.

Carmine venait juste de finir d’expliquer son point de vue qu’une série d’évènements s’enchaina. Un tremblement de terre ébranla les ruines qui vomirent de la pierraille et du sable sur les protagonistes. Au-dessus d’eux, à la surface, le champ de force Prothéen s’était réactivé et une multitude de Geths longeaient son long, désireux de trouver ne fut-ce qu’un trou de souris pour envahir les ruines. Un peu plus loin dans la lande sableuse, une carcasse de métal enflammée signifiait que le vaisseau cargo de Carmine avait été détruit…


Dernière édition par Carmine Croft le Lun 20 Déc - 1:41, édité 1 fois
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Satina Decimus

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MessageSujet: Re: Impasse.    Dim 19 Déc - 19:50

Satina suivit les ordres de Rand. Elle se tenait prête à attaquer ces humains des que la nécessité s’en ferait sentir. Malgré son attitude je-m’en-foutiste elle était déterminée à suivre les ordres. La pertinence et l’abondance des informations qu’elle obtiendrait au sujet de Cerberus dépendraient du résultat de sa / ses missions aux cotés du lieutenant Rand et de son équipe. De plus, elle était sure qu’elle parviendrait tôt ou tard à glaner des informations supplémentaires en furetant dans le Trafalgar, le vaisseau de Rand, et dans les affaires de son équipage. Donc elle allait faire en sorte de ne pas se faire renvoyer trop tôt ! Et puis de toute façon, elle était une mercenaire sérieuse, habituée au travail d’équipe ! Aussi, elle savait obéir
Lorsque Rand s’approcha des 3 mystérieux humains qui les avaient précédés dans ces ruines Prothéennes Satina le suivit pas à pas. Les 3 individus semblaient se rendre sans résistance. La mercenaire Asari n’était pas décidée à baisser sa garde pour autant. Au cour de sa carrière elle avait été habituée aux personnes qui faisaient mine de se rendre pour mieux attaquer en traître ! Dans le cas présent aucune fourberie ne fut tentée mais Carmine, la chef des 3 étranges humains, s’adressa à ses sauveteurs d’une façon qui déplu à Satina. Cette dernière détestait risquer sa vie pour secourir un individu qui se montrait au final non reconnaissant, insultant ou qui refusait de la suivre ! Dans une telle situation, elle lançait une stase sur l’otage à sauver, ce qui le ferait taire, tout en le rendant transportable aisément !
Elle ne recourut pas à cette méthode dans le cas présent, préférant laisser Rand s’occuper de tout. Elle se contenta de mâchouiller son chewing-gum avec indignation. Puis, l'archéologue interrogea le lieutenant sur la présence de Satina à ses cotés, qualifiant cette dernière de « une extraterrestre » avec sans doute un peu de dédain.

« Hey !! »

S’exclama t’elle offensée. Rand prit la peine de soulever la question de Carmine, en précisant le nom de l’Asari et en la présentant comme un membre indispensable de son équipe. Touchée par le geste, Satina décrivit un « positif » de son pouce à l’intention du lieutenant, tout en lui adressant un clin d’œil réjouis !
Suite à l’intervention de Rand, Carmine salua Satina d’un hochement de tête, que cette dernière imita machinalement. Néanmoins, l’Asari n’eu pas droit à d’autres éloges, d’ailleurs on ne parla plus du tout d’elle. Ainsi, elle eu vite fait de s’ennuyer ! Le lieutenant et l’archéologue s’étaient tous les deux lancés dans une tentative de faire fléchir l’autre. Rand voulait mettre Carmine sous contrôle ou la chasser de la planète, sans violence, et Carmine était déterminée à continuer les fouilles. L’issue de ce petit duel verbal ne faisait ni chaud ni froid à Satina, elle se contenterait simplement de se tenir prête à attaquer si on lui ordonnait
Elle s’éloigna de Rand et parti en direction d’un tas de décombres non loin, comprenant quelques restes de murs et de colonnes. Avec élégance, elle se haussa et s’assit sur une corniche dépassant de l’un de ces murs délabrés. Elle ne manifestait aucun ménagement pour son promontoire, ancien vestige Prothéen, pas plus que pour la frise qui s’étendaient au dessous. Celle ci lui servait de simple repose pied, lorsque ce qu’elle ne donnait pas des coups de talons dedans pour faire passer le temps !
Ainsi perchée, elle écoutait distraitement la conversation entre humains. Elle n’y trouva rien de bien intéressant, si ce n’est une chose, le fait que Carmine n’était pas responsable de la désactivation du champ de force Prothéen.

"Vous l’avez pas désactivé ?? Lieutenant…. J’aime pas trop ça ! Les champs de force qui se coupent tout seul, ça sent très mauvais !"

Gémit t’elle… Elle se sentait beaucoup moins en confiance tout d’un coup, et lança des regards inquiets tout autour des ruines. Elle craignait un piège mais, du haut de son mur, elle préféra ne pas faire d’autres remarques sur la situation parce qu’elle pensait que son avis ne comptait pas aux yeux de ses alliers, parce qu’elle craignait d’être simplement paranoïaque, ou pour quelque autre raison obscure.

Hmrf, quand je disais comme ça à mon mentor que : « ça sent très mauvais » , il me répondait toujours « Dans ce cas ferme la bouche, ça ira mieux !! » Un type adorable….

Déclara t’elle, tentant d’imiter la voix de son mentor lorsqu’elle le citait. Une réminiscence de son passé qui était sortie machinalement. Comme toujours, ses sentiments envers son ancien mentor vacillaient entre nostalgie et rancœur. Satina quitta ses pensées pour s’incruster à nouveau dans la conversation entre Carmine et Rand lorsqu’on mentionna une certaine Asari

« Je connais ce docteur T’Soni ! Aucune Asari ne l’a jamais prise au sérieux. C’est qu’une gosse qui joue aux grands archéologues pour faire croire qu’elle brille par autre chose que par son rang de fille de matriarche ! Elle est pas crédible ! L’avoir collègue, Tssss. Enfin bref ! »
Lança t’elle au milieu de ricanements de dédain.

« Oui, même une mercenaire itinérante comme moi aime rester en contact avec l’ensemble de la communauté Asari, en se suivant les séances d’informations et de débats sur notre réseau extranet par exemple. C’est comme ça que j’ai entendu parler de ce docteur T’Soni. »

Ajouta t’elle. On pouvait sentir dans sa voix un brin de mélancolie du au fait qu’elle était malgré tout coupée du reste de ses consœurs Asari à cause de sa profession et de son train de vie itinérant. Elle tourna ensuite son attention vers Rand et son commando d’humains.

« Et il faut savoir que la mère du docteur T’Soni était une traîtresse notoire amie avec Saren et les Geth ! Qui sais si sa fille as pas suivit son exemple ? Elle est louche !
D’ailleurs notre situation aussi est foutrement louche !!"

Déclara t’elle. Elle était de moins en moins rassurée. Le fait que Carmine elle même pense à un piège, n’était pas pour la réconforter ! L’archéologue avait hélas raison….
A l'exterieur, le champ de force se referma soudainement et des Geth apparurent et se massaient à l’extérieur de celui ci ! Pour compléter le tableau, le vaisseau de Carmine explosa ! C'est ce bruit qui l'inquiéta

« Merde, qu'est ce qui se passe ?! »

S’exclama Satina. L’inquiétude, la poussa à se replier sur elle même

« On fait quoi lieutenant ? On remonte ? »
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Carmine Croft

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MessageSujet: Re: Impasse.    Lun 20 Déc - 2:41

Le sol s'était furieusement mit à bouger, et de nombreuses roches de tailles aléatoires, allant du gravier au bloc de la taille d'un ballon de football, pleuvaient sur les protagonistes. Carmine garda son sang-froid de la même manière qu'elle gardait son équilibre en répartissant le poids entre ses deux jambes. Calfeis avait déjà plus de mal à ne pas se laisser entraîner par les vibration, de la même manière qu'un roseau ployait en plein milieu d'une tempête. De son côté, Hooper n'avait aucun mal à conserver sa stabilité, sa stature seule suffisait à le garder droit comme un i.

Malgré la précarité de leur situation, Carmine prit la peine de rétorquer au commentaire de Satina. Quelque soit le danger, elle savait en effet se montrer... très cavalière. C'était là quelque chose que Calfeis lui reprochait souvent. Il lui avait même déclaré un jour, à la suite d'une fusillade : "Vous ne savez pas vous taire même dans la pire des situation, hein, docteur? Il faut toujours que vous fassiez des commentaires."
Fusillade qui eut lieu après que Carmine ait ouvert la bouche. Ce en quoi elle rétorqua : "Je n'ai fait que dire la vérité, et vous le savez."

-Le docteur T'soni, une gosse? Outre le fait de remporter le guiness book des records du mâchouillage de chewing gum de la manière la plus répugnante possible, je me demande par quoi d'autre votre petite personne est susceptible de briller.

Sous l'effet du séisme, une poutre gravée de symboles Prothéens déclina dangereusement vers le sol jusqu'à se casser net. Sa chute aurait écrasé Carmine sans ménagement si cette dernière n'avait pas bondit vers l'avant pour se retrouver allongée aux pieds de Rand, les mains sur la tête à éviter de se recevoir trop de gravats.
Le tremblement de terre s'arrêta aussi vite qu'il était venu. L'endroit regorgeait de poussière en suspension qui asséchait la gorge de tout le monde, en plus de réduire la visibilité. L'odeur de décomposition se fit plus tenace, ce qui écœura la jeune femme.
Elle sentit une main ferme lui agripper le bras pour l'aider à la remonter. Une fois debout, Carmine tourna son regard vers le lieutenant qui desserra sa poigne.
C'était un regard distant, comme si elle continuait son inspection entreprise il y a plusieures minutes de cela. D'une certaine manière, il lui rappelait Liam, toujours à lui demander d'arrêter de se mettre en danger. Carmine hésitait entre le remercier ou lui montrer tout le dédain qu'elle était capable de ressentir vis-à-vis des militaires. Ce fut le dédain qui l'emporta.
Elle frotta sommairement son gilet pour enlever la poussière qui s'était collée à son vêtement.

-...J'aurais pu me débrouiller seule, dit-elle en détournant la tête.

Calfeis et Hooper ventilaient des bras pour faire retomber la poussière. Ils s'inquiétaient au sujet de leur employeur. Lorsqu'ils la virent en compagnie de Rand, leur inquiétude s'envola. La suite des évènements dépendait du Lieutenant, à présent.
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Rand Stinger

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MessageSujet: Re: Impasse.    Mer 22 Déc - 17:45

Rand n'avait pas bronché quand le docteur indigné lui avait prestement répondu. Celle-ci avait paru presque choquée d'être rabrouée, - vision fort intéressante - en spécialiste si sûre d'elle qui ne subissait jamais la moindre contradiction ou contestation de ses larbins, qui approuvaient et subissaient tout ce qu'elle disait comme des moutons passifs. Il avait perçu également à travers son regard assassin et le ton dédaigneux de sa voix, un vrai mépris concernant les militaires, ce qui ne l'amenait pas souvent à s'interroger. Tous pareils ces civils ancrés dans des professions indépendantes et libérales, nichés dans leur petite vie sans danger et leur certitudes morales. Encore une de ces effarouchées qui arborait plus que tout, ceux qui tenaient une arme, quitte à s'en servir les défendre, tuer pour les protéger.Heureusement pour elle, qu'elle ne pouvait lire dans le passé de Rand à travers son esprit, la pauvre aurait subi une crise cardiaque.

Le fait même qu'ils soient venus les sortir du guépied n'avait pas le moins du monde influé sur sa manière de pensée et de les considérer. Pas d'un iota. Face à ce genre de personnes obtus, Rand s'était toujours demandé si un jour il advenait un cataclysme encore plus menaçant que l'invasion Eden Prime, ceux là même qui se moquaient bien d'eux, changerait d'avis quand à l'importance de soldats dans cette vaste galaxie si dangereuse. En tout cas pour celle-ci, cela semblait peine perdue. Une vraie tête de mûle. Aussi cavalière qu'il lui en était paru à la trouver si insouciemment dans ces ruines avec pour seule compagnies deux lascars bien armés. Aussi, malgré le danger, le docteur Croft persistait à vouloir continuer les fouilles, menaçant de le traduire en justice s'il l'obligeait à quoi que ce soit. Allons bon, souriait-il intérieurement. Un coups derrière la tête, ce n'était pas ça qui allait le faire tomber. Il pourrait toujours plaider pour la gêne de civils en plein milieu d'une opération militaire, et une agression pour " leur sécurité ". Mais qu'importe, l'archéologue semblait marcher, et saisissait l'opportunité qu'il lui imposait presque tout en dérivant sans préambule sur un sujet troublant à propos de cet endroit et de l'influence qu'elle avait sur les êtres de toute forme, organique ou synthétiques.

Les Geth victimes eux aussi ? ...
murmura t-il incrédule.. J'ai peine à le croire, docteur. répondit-il en plissant les yeux, et en la transperçant du regard, essayant de calculer le degré de sérieux et d'alarme derrière ses yeux gris assez troublant tant ils étaient intenses et brillant de vivacité. Lueur qu'il aimait assez malgré ce rictus sur son visage qui venait perpétuellement tout gâcher.Y aurait-il d'autres ennemis ? Un danger à échelle plus grand ? Difficile à imaginer, rien sinon un cadavre humain perforé d'une balle ne prétendait répondre aux assertions de l'archéologue. Sa théorie ne reposait sur rien de concret, aucune preuve, aucun fait logique. Pourtant le doute s'insinuait de plus en plus en Rand tandis que le docteur achevait ses avertissements d'un visage grave auquel elle l'avait si peu accoutumée durant le peu de temps qu'ils avaient connaissance

Rand s'emmura dans une réflexion silencieuse tous comme ses cinq hommes, tandis que l'Asari revenait au centre de l'attention, vexée par la manière indélicate du docteur de la nommer. Puis déballant sa connaissance d'une certaine docteur Tsoni avec virulence, celle qu'avait évoqué le docteur Croft pour appuyer sa thèse, elle provoqua la réaction immédiate du docteur qui n'en manquait pas une pour se faire remarquer. Sa réplique cinglante fit tressaillir ses lèvres proche de s'étirer en forme d'un sourire, même si elle était inappropriée dans la situation présente. Apparemment les avis divergeaient sur la qualité des études prothéennes de cet Asari. Satina n'hésitait pas d'ailleurs à remettre en cause l'intégrité de Tsoni, ce qui logiquement devait porter Rand à faire preuve de prudence quant à la crédibilité de celle-ci et donc par son intermédiaire, de la solidité des suspicions de Croft. Rand la contempla à nouveau quelques secondes, et rien ne le fit croire à une quelconque fourberie de sa part. Perdue en ce lieux, elle n'avait aucune raison de lui mentir et d'attenter à sa vie en même temps. Mais très vite ses derniers doutes quant à la véracité de ses suppositions, allaient s'envoler.

Car pour ne rien arranger à cette atmosphère délétère, comme si ça ne suffisait pas, des secousses d'ampleur véritablement sismiques se produisirent avec violence, faisant fissurer les parois, tomber la pierraille sur l'assemblée qui se dispersait prudemment. Rand faillit recevoir de plein fouet une chiurée de sable, heureusement il s'était décalé à temps. Secouant la tête, inquiet, il avisa avec stupeur l'énorme trou au-dessus de leur tête, derrière lequel transparaissait la surface, là ou le champs de force avait de force lui-même pris l'initiative de se réactiver, sans crier gare. Bordel qu'est-ce qui se passait. Des geth en proie à la panique se ruaient ici et là, pour échapper à l'incident, à ce phénomène étrange, plongeant dans des pièges grossiers et naturels des ruines se refermant sur eux. Plus loin, un vaisseau enflammé, était avachi au sol, définitivement mis hors de course. Il ne pouvait être que celui du docteur Croft et de son équipe, ils étaient les seuls organiques à part eux. Les Geth avaient un genre de design bien différent de ceux là. rand reporta son attention sur Croft.

Il semble plus que jamais que votre destin soit intimement lié au notre Docteur. Vous et votre équipe n'avez plus le choix.

Cela le ravissait et l'inquiétait tout en même temps. D'un côté le docteur ne pourrait plus se raviser sur l'aide qu'elle pouvait leur apporter, -enfin si elle tenait à la vie -, de l'autre il craignait ses incartades surtout lors de danger. Elle paraissait proche de l'incontrôlable. Il ferait de son mieux pour maîtriser ses penchants à multiplier les risques qui les entouraient. Satina hurlait son désappointement à sa suite, reflétant ses propres pensées chaotiques

« Merde, qu'est ce qui se passe ?! On fait quoi lieutenant ? On remonte ?

Pas sans avoir accompli la mission d'abord Satina.
insista Rand la machoire crispée, le visage inflexible. Il n'était pas question d'échouer à éliminer une menace malgré ces nouvelles difficultés qui s'ajoutaient déjà à celles actuelles. Il fallait être sûr que plus jamais les Geth n'opéreraient ici.

Un nouveau tremblement de terre, de nouvelles secousses, une nouvelle chute de pierres et de sable. Rand aperçut le docteur Croft sauter de manière vive sur le côté afin d'échapper à une tempête de pierrailles. Elle se retrouvait flanqué brutalement au sol. Sans réfléchir, en réflexe militaire, le lieutenant inquiet avait foncé à son encontre,et l'avait fermement pris par le bras pour la relever, vérifiant minutieusement qu'elle n'avait rien.

Vous n'avez rien docteur croft ?
Celle-ci ne fut d'abord hésitante avant de reprendre son insupportable air dédaigneux et de s'écarter. Aucun signe de reconnaissance, nulle merci. ...J'aurais pu me débrouiller seule,

Je n'en doute pas
Docteur. se contenta t-il de répondre froidement, avant de la laisser à son mépris. Au moins, allait-elle bien, aucun doute là dessus puisqu'elle avait repris son mordant. La prochaine prise de parole allait lui en coûter, mais il n'avait pas le choix. Cette spécialiste des prothéens avait déjà fait la preuve de son expérience, de son intelligence et de sa connaissance des lieux. Ils avaient besoin d'elle.

Très bien.. Docteur Croft, vous avez toute mon attention... Avez-vous une idée quelconque de ce qui se passe, ce qui a déclenché ce champs de force et surtout comment le désactiver ? Sachez le, il n'est pas question de quitter ces ruines sans avoir nettoyé les Geth ou tout du moins avoir réduit cet endroit à l'état inoffensif. Tout un secteur concilien est menacé, compte sur nous. Nous autres soldats de l'Alliance sommes prêts à tout pour accomplir la mission, aux dépends de notre vie si nécessaire. Rand, s'attendait à un déluge d'obsénités de la part de l'archéologue pour qui sans doute, ces dernières paroles apparaissaient comme une hérésie. Il espérait qu'elle ne fasse pas trop d'histoire à propos de ces ruines, elle pourrait toujours en trouver d'autres. Le plus important était de survivre. Rand tourna aussi a tête de côté vers Satina, et lui fit un clin d'oeil pour la rassurer, comme s'il voulait lui faire croire qu'il plaisantait. L'officier savait très bien qu'elle n'était pas du genre à vouloir se sacrifier, et que ses derniers mots n'étaient pas du tout de son goût.
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MessageSujet: Re: Impasse.    Mar 4 Jan - 22:43

-(...)Nous autres soldats de l'Alliance sommes prêt à tout pour accomplir la mission, aux dépends de notre vie si nécessaire.

Pour Carmine, ces paroles avaient réveillé une douleur profondément enfouie en elle, qui se manifestait par un horrible pincement au cœur. Elle planta son regard dans celui de Rand. Elle paraissait peinée. La jeune femme cachait une grande tristesse au fond d'elle, émotion qui transparaissait via ses yeux si limpides.
Elle fronça les sourcils et s'approcha vivement de Rand en levant le poing. Avec son index, elle tapota le torse du soldat tout en prenant un ton de voix pareil à celui d'un sermon. Elle était réellement chagrinée pour lui qu'il pensait si facilement à y laisser la vie.

-Vous ne mourrez pas tant que je serais avec vous, Lieutenant, alors autant oublier ces paroles défaitistes. Votre premier devoir en tant que soldat est de retourner chez vous sain et sauf, et je veillerais à ce que vous l'honoriez tous.

Elle se tourna vers les autres militaires. Ce qu'avait dit le Lieutenant avait au moins eu le mérite de l'avoir rendue coopérative, comme si elle ne supporterait pas d'avoir la mort de ces soldats sur la conscience.
Calfeis se gratta la nuque. Il connaissait Carmine mieux que quiconque dans cette pièce et savait que cet argument suffisait amplement à diriger la jeune femme par le bout du nez. Par certains côtés, Carmine était plutôt naïve et idéaliste, mais seuls ceux qui connaissaient son passé et ses origines étaient en mesure de comprendre pourquoi.

Après cette tirade humaniste, la jeune femme fit mine de regarder autour d'elle pour constater les dégâts. Cette salle ne possédait pas grand chose qui ai une valeur archéologique, à part une statue à présent en miette. Le reste n'était que des débris de murs et de poutres. Le plafond ne tenait bon que grâce à l'accumulation de pierraille. Le chemin qui menait à la surface avait été épargné, ainsi que celui menant vers les profondeurs. Par contre, les deux autres ouvertures de la pièces avaient été obstruées.

-Et je vous l'ai dis, fit-elle en se tournant vers Rand. je n'ai aucune idée de ce qui a provoqué les... divagations de ce champ de force. Je sais simplement qu'il est possible de le désactiver. Les principaux générateurs Prothéens sont souvent situés au dernier niveau des ruines. Peut-être serait-il préférable de continuer l'exploration du complexe... ?

Carmine affichait un sourire satisfait. Qu'elle soit accompagnée d'un lieutenant de l'alliance et de toute une clique de soldat ne l'empêchera pas d'étudier sommairement ces ruines, ce qui était son principal objectif en arrivant ici. Les militaires n'avaient pas le choix, de toute façon. Il fallait qu'ils la suive s'ils voulaient, comme elle, découvrir ce qui se tramait ici.

C'était elle l'experte, bien que cela n'avait pas toujours été comme ça. Carmine repensa au docteur Monroe, ce qui lui arrivait toujours lorsqu'elle était confronté à un problème bien particulier. Dans un sens, elle se trouvait dans la même situation que son professeur il y avait quelques années : Elle guidait des novices dans une installation Prothéenne. La différence, c'est qu'elle n'avait rien à leur apprendre. Elle doutait que ces militaires soient intéressés par l'étude d'une société disparue il y a de cela cinquante milles ans. Ce qu'ils désiraient plus que tout, c'était de tout détruire.

Barbares, pensa Carmine en évitant de lever la voix, cette fois-ci.

La principale ressemblance entre ce qui lui était arrivé il y a plusieurs années avec son professeur et cette situation-là, c'était que quelque chose de vraiment singulier leur arrivait. Depuis cet accident, Carmine savait flairer les étrangetés. À croire que la technologie Prothéenne essayait tant bien que mal de survivre pour garder une trace de cette civilisation dans la galaxie.

Alors qu'elle réfléchissait aux derniers évènements, des grondements se firent entendre à la surface. Sur un ordre de Rand, qui avait préféré constater les dégâts, le petit groupe était remonté. À la lisière des ruines, le champ de force était réactivé, et une multitudes de Geths le longeait, désireux d'en découdre avec les humains. La mine des soldats se décomposa. Carmine, elle, gardait son sang froid.

-Au moins sont-ils de l'autre côté de la barrière...

À peine eut-elle terminé sa dernière syllabe que trois ouvertures de la taille d'une porte laissèrent passer les synthétique en file indienne à l'intérieur du champ de force. Ils avançaient lentement, sûrs de leur victoire. La jeune archéologue fronça les sourcils ; ce qui n'était jamais bon signe chez elle. Cela signifiait qu'elle ne comprenait pas vraiment ce qu'ils leur arrivait, ou bien que ce qu'elle pensait la ferait passer pour une folle.
Calfeis tourna sa tête vers Carmine. Il la regarda avec un air sermonneur qui disait "je suis sûr que c'est de votre faute". Elle haussa les épaules.
Hooper ne se fit pas attendre pour donner des ordres tactiques à ses deux protégés.

-On se couvre !

Le reste de l'unité suivirent ses ordres sensés. Chaque membres du commando se plaça derrière un débris assez grand pour les protéger des balles. Ce furent les Geth qui ouvrirent le feu en premier.
Carmine s'était cachée derrière un caisson métallique, près de l'entrée des ruines. Rand était à côté d'elle et dézinguait du Geth à tour de bras. Le bruit de la pétarade était tel que la jeune femme cacha ses oreilles derrières les paumes de ses mains. Elle remarqua que les ouvertures du champ de force s'étaient refermées. Ils étaient dans une impasse.

-Vous vouliez nettoyer le secteur des Geths? cria-telle à Rand pour espérer se faire entendre. Bonne chance ! Moi, je ne compte pas m'éterniser ici.

Elle fit mine de tourner les talons pour s'enfoncer encore plus profondément dans le labyrinthe de ruines.

-Calfeis ! Hooper ! On y va.
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MessageSujet: Re: Impasse.    Sam 8 Jan - 2:21

Vous ne mourrez pas tant que je serais avec vous, Lieutenant, alors autant oublier ces paroles défaitistes. Votre premier devoir en tant que soldat est de retourner chez vous sain et sauf, et je veillerais à ce que vous l'honoriez tous. Elle avait prononcé ces paroles calmement, presque d'un ton de reproche, moralisateur. Une réaction aussi étrange que déroutant pour Rand qui s'attendait évidemment à autre chose, - du dédain évidemment de sa part sur ce genre de discours - bien qu'il se garda de le montrer. La jeune femme s'était vivement approché de lui, jusqu'à tapoter d'un doigt aigu les plaques de son armure au niveau de la poitrine, presque compulsivement, comme si ce geste trouvait sa source dans une douleur inexpliquée.

Rand n'avait rien manqué de cet éclair qui avait traversé ces yeux gris si vivants, d'une intensité déconcertante. Une peine difficilement dissimulée s'était profilé quelques secondes, avait emprunté sa voix, modifié ses traits. L'officier N6 n'avait aucune idée de ce qui avait pu déclencher ça, et n'avait malheureusement pas le temps de s'y attarder. Gratifiant le docteur d'un regard approbateur, il hocha lentement la tête en silence, rassuré aussi bien par ces étranges paroles déversées de sa bouche que par sa volonté surprenante de coopérer sans aucune ambiguité. Un dénouement qui promettait un véritable soulagement au Lieutenant. Oublier le parcours du combattant pour la convaincre que des vies étaient en jeux, ou alors elle était bien moins entêtée qu'il ne l'avait d'abord envisagé. Et ce n'était pas impossible, l'attention soudaine qu'elle avait porté à ses hommes durant un instant, prouvait la considération sincère quant à ce désir manifeste de les aider honorer leur premier devoir selon sa pensée.

Une pensée qui fit d'ailleurs sourire intérieurement le lieutenant. Pensée si charmante, si naïve, innocente. Jamais aucun officier supérieur chez les corsaires de l'Alliance n'avait tenu un tel discours et jamais nul n'en tiendrait. Être soldat de l'Alliance n'était jamais simple, à chaque planète son lot de dangers, d'ennemis, des conditions extrêmes, des facteurs inconnus, des éléments brusques pouvant survenir. Au contraire, on les avait porté chaque jour qui passait à croire dur comme fer que leur vies ne comptaient pas. Sorte d'entraînement à se déconsidérer pour le bien commun, sans doute dans le but de moins appréhender la mort, les risques d'une mission. Mais quitte à choisir, Rand préférait tout de même les paroles du docteur Croft à ceux du Commandant Shanks.

En somme, un grand pas en avant venait d'être fait. Il était temps de reprendre la marche, ils n'avaient que trop duré dans cette zone. Rand pendant que le docteur envisageait les environs, fit signe à ses hommes et ceux-ci s'ébranlèrent et tout le commando suivit la jeune femme, prenant soin de former un rempart autour d'elle dans la coursive, Satina à l'avant-garde, prête à faire usage de ses pouvoirs biotiques.

Pendant que le docteur qui semblait ravie de pouvoir s'attarder à son gré sur ces ruines, Rand réfléchissait. Il ne comprenait décidément rien à ce qui leur arrivait, et ce facteur inconnu qui s'ingénait à leur compliquer la mission ne lui plaisait pas du tout, plus que ça, le troublait profondément. Le contact coupé avec le Trafalgar n'arrangeait pas les choses, et il ne pouvait faire appel à l'expérience et à l'autorité du Capitaine.

De ses décisions seules à lui, dépendraient bon nombre de choses, dont la vie de tout ce groupe hétéroclite. Le défi ne lui déplaisait pas, mais encore fallait-il qu'il sache à quoi il avait à faire en l'état, et surtout qui était leur ennemi. Tant qu'il n'aurait pas ces réponses, il ne pourrait rien faire qu'anticiper, spéculer, réagir, avec toujours un train de retard par rapport aux évènements. Tant qu'ils ne contrôleraient pas mieux la situation, leur vies seraient plus que jamais menacés.

Alors qu'il se faisait de plus en sombre, ses yeux se rivèrent sur le docteur Croft qui examinait les ruines avec une profonde perplexité. Le froncement de ses sourcils n'était guère pour le rassurer, pourtant il avait confiance en ses capacités. De cette femme à la chevelure flamboyante émanait une aura féroce d'intelligence brute. Face à l'inconnue, elle pourrait l'aider à y voir plus clair, sans ça il n'était pas sûr de prendre la bonne décision au bon moment... En quelque sorte, il était lié à elle, et elle à lui... s'ils voulaient sortir indemnes d'ici et ce constat lui fit plus que peur... Là-dessus des grondements sourds au dehors derrière eux, le sortit de ses pensées.

C'était quoi, ça ?
lança t-il à la cantonade, sans que nul ne lui réponde. Il fit signe à l'assemblée de le suivre, fusils pointés. Le commando remonta donc jusqu'à la surface et ils tombèrent... nez à nez avec des Geth. Des tas de Geths Heureusement ceci se situant à la lisière des ruines se tenaient juste derrière le champs de force, de l'autre côté. Pourtant le chef du commando ne fut pas rassuré, avoir tous ces synthétiques agités à proximité l'inquiétait vivement. Appelez ça l'instinct du soldat, mais il était hors de question de baisser la garde.

Tenez vous en position, et prêt à toute embû...
Alors qu'ils n'avaient pas encore achevé ses mots, il s'interrompit, les yeux écarquillés pendant que plusieurs ouvertures s'incisaient dans le champs de force comme par miracle, permettant aux geth de passer... Comme tout le reste de la troupe, Rand en eut le souffle coupé, mais réagit promptement et il remercia silencieusement Hooper de l'y avoir aidé.

On se couvre !
Toute le monde s'ingénia à suivre cet ordre judicieux, et Rand finit par se retrouver derrière un couvert métallique aux côtés de la spécialiste prothéenne. Le commando une fois à l'abri, la mercenaire biotique les larbins de Croft également, il ouvrit le feu sur les Geth et tout le monde suivit son exemple. On décocha salve sur salve, mortelle et précise, en parfaite synchronisation. Nombre de Geth furent également réduit en silence par la mitrailleuse d'Hooper qui s'en donnait à coeur joie.

C'est quoi ce bordel, docteur ! Vous avez une explication ?
hurla Rand à l'adresse de la jeune femme, mais celle-ci ne l'entendit pas, acculée par les bruits assourdissant des coups de feu, les deux mains sur ses oreilles. La zone devenue hostile fut rapidement jonché de cadavres synthétiques, une tornades de balles bleus électriques rebondissaient d'une paroi à l'autre des ruines, frappant au hasard; et pendant ce temps une autre meute de geth s'engouffra en masse par les trois ouvertures du champs de force. Heureusement Satina les dézingua avec plusieurs frappes biotiques sévères qui les fit se retourner cul en l'air, et brutalement sur le sol.

Le commando s'échina à en profiter ! Rand observant le résultat satisfaisant d'une victoire à portée, fit de nouveau hurler son fusil d'assaut, celui-ci oscillant de droite à gauche. Le docteur était bien à l'abri derrière le couvert, tête baissée pour son plus grand soulagement. Bien qu'occupé, Rand ne quitta jamais plus d'une seconde le docteur des yeux, d'abord parce qu'il se souciait de la garder en vie, mais aussi, puis surtout parce qu'il la sentait bien capable de commettre une impair, tant elle semblait experte dans ce domaine. D'ailleurs elle ne perdit pas le nord, quelques coups de feu plus tard. Se tournant vers lui d'une mine contrite, elle lui lança tout en faisant mine de se lever en direction du labyrinthe :

Vous vouliez nettoyer le secteur des Geths ? Bonne chance ! Moi, je ne compte pas m'éterniser ici.


Mais qu'est-ce que vous faîtes !
lui cria t-il désarçonné par son comportement. Elle ne lui répondit pas faisant mine de partir, sûre de son fait alors qu'il dézinguait son dernier ennemi, l'attention détourné.

Calfeis ! Hooper ! On y va.
Mais c'était sans compter la réaction vive de l'officier N6. D'une main, il lui attrapa le poignet, et l'attira à lui, la ramenant à l'abri des tirs derrière le caisson métallique. La mâchoire crispée, sa main toujours enserrée sur son poignet, le soldat planta un regard dur dans celui de Croft. D'un ton bougrement remonté, il lui déboula ce qu'il avait sur le coeur, murmurant dangereusement, alors que le danger n'était pas écarté, même si l'intensité de la riposte geth venait à diminuer peu à peu face à la réduction drastique de leur nombre.

Docteur, vous n'avez pas l'air de saisir l'importance capitale de cette mission.
Son murmure se fit plus passionné, entrecoupé le bruit alentour.
Bon sang, la stabilité de tout un secteur, la vie de milliers de citoyens sont en jeux. De combien d'âmes innocentes estimez vous qu'il faille nous priver avant qu'on ne puisse à nouveau réagir avec précision. Il ne s'agit pas seulement de nous. C'est notre seule chance aujourd'hui. Nous ne pouvons pas ignorer une telle menace périphérique et nous contenter de fuir la queue entre les jambes. Il nous faut marquer le coups et on a besoin de vous. Aidez nous à comprendre, désactiver le champs de force et à nettoyer la zone, c'était ce qu'on avait convenu. Rand se calma instantanément, la pression retombée. Il lui relâcha le poignet, soudain conscient de son geste déplacé. Ne nous laissez pas tomber. Rand lui jetant un dernier regard insistant, se retourna, et hurla à l'adresse de la mercenaire.

Satina, déployez un champs biotique et faîtes moi voler ces synthétiques.
Celle-ci frappa avec une singularité, et très vite le ciel se retrouva nimbée de geths. Le commando élimina enfin toute la meute pendant qu'ils étaient en l'air. Ouf, ils étaient passés prêt. Le lieutenant s'empressa de s'enquérir de la santé tout le monde. Il était déjà à compter quelques blessures, quelques saignements, mais rien de grave. Rand lui-même avait une estafilade au visage, il ne savait même pas quand elle lui était survenue. Une balle avait dû percer son bouclier, puis érafler sa joue. Essuyant le sang d'un revers de bras, il s'agenouilla de nouveau vers le docteur.

Il y a quelque chose à l'oeuvre ici, et elle agit contre nous. Faisons une pierre, deux coups. Il est évident que la mission ne pourra s'exécuter comme prévu.
Voilà ce que je vous propose, vous nous laissez implanter une bombe au coeur de ces ruines que je ferai exploser à distance avec mon détonateur une fois à l'abri, et je vous promets de ne plus chercher à combattre les geth. Ensuite nous ferons ce que vous voulez, comme sortir au plus vite d'ici par exemple. Rand n'aima pas ces derniers mots, mais il ne voyait rien d'autre capable de calmer les ardeurs de cette femme qui ne cessait de lui servir des surprises, bonnes ou mauvaises.
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Carmine Croft

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MessageSujet: Re: Impasse.    Sam 8 Jan - 6:16

Alors que Carmine revenait sur ses pas, se dirigeant vers l'entrée des ruines qu'ils avaient précédemment empruntés, Rand l'attrapa vigoureusement et la ramena sous le couvert de leur abris. Faussement surprise par l'attitude du militaire, elle fronça les sourcils alors qu'il la sermonnait de son condensé d'inepties.

-Docteur, vous n'avez pas l'air de saisir l'importance capitale de cette mission. Bon sang, la stabilité de tout un secteur, la vie de milliers de citoyens sont en jeux. De combien d'âmes innocentes estimez vous qu'il faille nous priver avant qu'on ne puisse à nouveau réagir avec précision. Il ne s'agit pas seulement de nous. C'est notre seule chance aujourd'hui. Nous ne pouvons pas ignorer une telle menace périphérique et nous contenter de fuir la queue entre les jambes. Il nous faut marquer le coups et on a besoin de vous. Aidez nous à comprendre, désactiver le champs de force et à nettoyer la zone, c'était ce qu'on avait convenu.

Carmine le regardait sans trop y croire, les yeux ronds et les sourcils froncé. L'expression impassible avait cédé à une colère naissante, palpable. Elle avait serré les poings et fusillé le soldat du regard. Si elle avait pu ébranler ne fut-ce qu'une seconde ce malabar en lui décochant un coup de poing, elle l'aurait fait. Malheureusement, il était bien trop robuste et portait une armure bien trop épaisse pour se laisser perturber par son poing minuscule.

Le combat continuait de l'autre côté de la barrière, et sous l'impulsion de Rand, la biotique éleva les Geths restants qui reçurent chacun une rafale d'un militaire. Le calme revint, néanmoins précaire.
Rand continua a fustiger l'archéologue de sa vivacité d'esprit. Probablement vexée par les accusations du militaire, Carmine grondait d'indignation. Elle s'éleva de toute sa hauteur pour toiser le lieutenant de son air supérieur.

-Alors là, c'est bien vous qui ne saisissez pas la précarité de notre situation et la futilité de votre entreprise puisque vous vous obstinez à garder votre esprit fermé. Mais, comme on dit, l'espoir fait vivre et rend les imbéciles heureux.
Elle serra les dents, reprit son souffle et continua de plus belle.
-Soit ! Désactiver le champ de force, c'est mon boulot, nettoyer la zone, c'est le vôtre. Qu'avez-vous cru, que j'allais m'enfuir comme une roublarde? Sauvez des millions de vie, c'est sensationnel, lieutenant ! Mais comment comptez-vous accomplir votre mission après avoir été brulé vif ?! Vous avez vu une autre sortie quelque part? Ce champ de force entoure toute la zone, quoi que je fasse, je suis piégée ici avec vous. Et je n'ai pas envie de me condamner moi, mes mercenaires, votre équipe et vos idéaux à cause de votre incapacité à porter un jugement rapide, juste et concis.

Carmine venait juste de termine sa phrase qu'une deuxième horde de Geths s'accumula de nouveau derrière le champ de force. Ils étaient légions. Comme précédemment, la bulle bleuté s'ouvrit en trois ouvertures et laissa passer les synthétiques les uns derrières les autres. La fusillade reprit de plus belle.
Le soldat et l'archéologue se retrouvèrent de nouveaux ensembles, et la jeune femme n'avait pas terminé sa tirade.

-Vous voyez? Combien de temps croyez-vous que cela va durer?!, s'époumona-t-elle alors que Rand tirait dans la masse de Geths. Bien sûr qu'il y a quelque chose à l'œuvre, ici ! Bien sûr qu'elle agit contre nous ! Dois-je vous rappeler que notre temps est compté? Cette barrière est plus maligne que vous !

Un tir de fusil éclata un bout de la roche qui formait leur barricade, ce qui contraint Carmine à se replier sur elle-même. Mais elle n'avait pas dit son dernier mot.

-J'ai donné mon accord pour vous aider ! Je n'ai pas dit que j'allais nécessairement rester avec vous.

Un nuage de poussière remplaça le champ de bataille. Sur le sol reposait les cadavres des Geths. Au loin, à travers la brume semi-opaque qui obscurcissait leur champ de vision, se profilait une imposante silhouette qui marchait d'un pas mesuré. Un colosse Geth. À en juger par sa taille réduite et par les tache piquetées qui avançaient à ses pieds, il était accompagné de soldats Geth et encore loin d'atteindre le champ de force. Les soldats avaient du temps pour reprendre leurs esprits mais préféraient retenir leur souffle en attendant l'inévitable.
Carmine était adossée contre son abris, la tête relevée et les yeux fermés. Une goutte de sueur perlait sur son front.

-Vous avez complètement zappé votre briefing, ma parole? railla la jeune femme. Très bien, je vais vous rappeler la situation, puisque vous avez tellement de plaisir à vous prendre pour le sauveur du monde que vous en oubliez le monde alentour. Je n'ai rien dis jusque là par ce que je vous pensais plus intelligent que ça...

Elle paraissait déçue. Plus les minutes s'écoulaient et plus la colère de la jeune femme retombait. Elle avait agit sur un coup de tête, harponnée dans sa dignité. Et dans ces moments-là, elle ne savait plus contrôler son mépris envers les gens moins cultivés qu'elle, ce qu'elle faisait savoir en les rabaissant gracieusement, du haut de toute sa condescendance.
Imprévisible, Carmine était difficilement compréhensible. Elle l'admettait volontiers. Mais lorsqu'elle essayait d'expliquer son point de vue pour justifier ses actions, elle était généralement encore moins bien comprise.
La jeune femme épongea son front ou se mêlait poussière et sueur. La tension était palpable au sein du petit groupe. Tout le monde était un peu sur les nerfs.

-C'est mauvais. C'est très très très mauvais. Et j'insiste sur le très. Si on ne désactive pas rapidement ce champ de force, on va tous y passer.
Un soldat proche qui avait suivis la discussion se retourna pour fixer l'archéologue.
-Je veux bien que ce Geth ait l'air coriace, mais on en a maté des plus balèzes que ça.
-Les Geths ne sont pas un problème, idiot !
Le soldat fronça les sourcils et déplaça son regard vers Rand. Carmine soupira.
-Dois-je vous rappelle que l'occultation de la lune par Mäkhaira ne dure que douze heures? Or, il ne nous reste plus que quelques heures avant d'être exposé aux rayons solaires, tant nous avons traînés !
Une fois que ces rayons solaires toucheront le sol de Kopis, ils rebondiront à plein régime à cause de l'albédo élevé de cette lune. Et pas de chance pour nous, la troposphère contient une grande partie d'Hexafluorure de souffre qui retiennent merveilleusement bien les émissions thermiques infrarouges. Cela aura pour conséquence de réchauffer cette lune presque instantanément. Et exponentiellement. Les rayons thermiques rebondiront sur la troposphère, puis sur le sol de la lune, puis sur la troposphère, ... et ainsi de suite.


Le soldat regardait à présent Carmine d'un air béat. Il ne s'était pas engagés dans un commando pour être un crack en science. La jeune archéologue, se doutant qu'ils n'avait pas compris un traitre mot de ce qu'elle avait énoncé, reprit lentement son souffle et continua son explication plus simplement.

-mmmh, très bien, essayons d'imaginer une perspective intéressante, commença vivement la jeune femme. Préchauffez un four à 300°c, mettez-y une patate crue et attendez 24h. Imaginez à présent que vous être le tubercule. Ca refroidit, hum? Ou... plutôt l'inverse.

Elle termina sa remarque sur sourire narquois. Elle savait exceller dans l'humour noir même si dans ce cas-ci Carmine était aussi peu rassurée que le soldat et agissait nerveusement, convaincue que leur situation était encore plus mauvaise que tous ce qu'ils avaient pu imaginer.

-Bien sûr que votre mission ne pourra pas s'exécuter comme prévu, elle était capotée depuis le début, soupira Carmine en secouant la tête. Elle semblait avoir reprit sa contenance. Tout ce que je voulais, c'était d'avoir une chance de désactiver le champ dans les temps, histoire d'éviter que tous nos efforts soient vains en mourant bêtement d'un coup de soleil. Sauver des millions de gens faisaient partie de ces espoirs.

Plissant les yeux, elle regarda durement le lieutenant.

-Agissez en chef, bon sang, vous qui semblez être la tête pensante de votre clique de militaires ! Vous ne pouvez pas laisser cette entrée sans surveillance. Vous imaginez, une horde de Geth dans le labyrinthe de couloir de ces ruines? A contrario, nous ne pouvons pas rester éternellement ici. Il va falloir choisir, soit vous me laissez y allez seule, soit vous m'accompagnez, non sans laisser la seule entrée des ruines sans surveillances. Moi, ma décision est prise ; je vais éteindre ce champ pour que votre vaisseau puisse nous donner un couvert aérien alors que l'on s'enfuira à toute jambe à cause de la bombe que vous auriez laissés dans un des sites Prothéens le mieux conservé que j'ai vu jusqu'ici ! dit-elle d'une traite en haussant graduellement la voix comme si ce qu'elle disait la répugnait plus qu'autre chose. Nous n'avons plus que quelques heures, lieutenant. Il va falloir prendre une décision, et vite ! Pour ma part, j'ai déjà décidé pour moi-même. Alors je vous en supplie, laissez-moi y aller.
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Rand Stinger

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MessageSujet: Re: Impasse.    Sam 8 Jan - 16:17

Le docteur Croft venait de faire perdre toute la crédibilité qu'elle avait si durement acquise, toute la confiance de Rand s'était envolée. Trop fière, puérille, trop impulsive, trop arrogante pour effectuer une mission périlleuse avec efficacité. Une civile idiote et sotte qui méritait une gifle, et qui se mettait en travers de sa route. Voilà l'image qu'il se faisait à présent d'elle malgré tout son plaidoyer scientifique auquel il ne comprenait strictement rien. Le docteur croft était peut être intelligente dans son domaine, mais pour le reste, elle était insignifiante hors de son univers.

Elle n'entendait rien, ne semblait pas comprendre qu'avec un soldat, la confiance primait avant tout le reste, si un soldat ne vous faisait plus confiance, vous pouviez être Miss univers, ça ne changerait rien, il ne vous écouterait pas, ne suivrait plus. Oubliée l'archéologue censé leur promettre une porte de sortie dans la tête du lieutenant à présent. L'indiscipline dans lequel cette femme se complaisait, pire encore s'enfonçait à cet instant même tout en s'époumonant, eut raison du peu de sympathie que le soldat avait éprouvé pour elle quelque peu auparavant. Pour la première fois, son expression neutre fut remplacée par celui de l'aversion. Il lui répondit très froidement, plus froidement qu'il ne l'avait jamais fait jusqu'à présent dans ces ruines. Ils étaient à deux doigt de la cassure.

Si vous m'aviez expliquer en quelques mots ce que vous aviez prévu d'entreprendre avant de tenter de vous enfuir comme une voleuse, nous n'en serions pas là à nous disputer comme des enfants. Réfléchissez bien avant d'agir, docteur Croft. Vos dernières paroles prêtaient à confusion, il me semble. Nous ne sommes pas dans votre tête, tout ne tourne pas autour de votre royale petite personne, il faut se parler, nouer une stratégie ensemble. C'est ça, un commando.


Je commence à me demander si vous ne faîtes pas plutôt partie du problème plutôt que de la solution. Pour le moment vous n'avez rien démontré d'autre que votre incompétence à vous familiariser en milieu hostile , agir en toute coopération efficace avec une unité. Vous êtes hors de contrôle, Croft, et votre suffisance imbécile ne se justifie toujours pas pour le moment. Faites en sorte que ça le soit ou alors oubliez vous !

Le temps nous est compté ? Alors si vous êtes aussi intelligente que vous semblez tant le croire, il serait peut être temps d'arrêter les théories, les froncements de sourcils et de commencer à produire du résultat. Ce qu'on attend toujours. Et pour en venir à cette heureuse issue je pense que ça demande plus que je fonce tête baissée et les autres me suivent aveuglément sans que je ne leur explique quoi que ce soit. Votre stratégie je l'aurai sans doute suivi si je savais ce qui vous passait dans votre petite tête. Vous pigez ? Votre idée d'une couverture aérienne est plaisante mais prenez garde que ce que vous entendez faire, ne soit pas biaisé par le tord de vos propres actions tordues.

Je vous conseille de prendre mon avertissement très au sérieux car vous avez épuiser presque toute ma patience : Cessez de vous disperser, contrôlez vous !
On arrête les irrégularités, on arrête les comportements douteux, on arrête les crises d'hystérie. Réservez ça pour vos réunions d'informations entre archéologues. Vous êtes au milieu d'une opération militaire, et donc sous mon autorité, ne l'oubliez pas. Vous voulez que je prenne les bonnes décisions ? Alors aidez moi à comprendre je vous le répète. Ne faîtes plus rien prompte à nous compliquer la tâche, je vous le demande.

Rand Jeta un oeil à ses soldats. Vous autres, restez ici, gardez l'issue. Je l'accompagne.

La peur de Rand s'était intensifiée après cet épisode, celle de mourir sans avoir accompli la mission, résultant un véritable durcissement de toute sa personne. Quoi qu'en pense le docteur, il était résolu à mettre ces ruines hors d'état de nuire, pas question de partir avant de l'avoir fait. Même si ça lui coûterait la vie. Il avait fondé ses espoirs sur le docteur croft, mais celle-ci était incapable de garder un self contrôle raisonnable, son intelligence ne lui servait à rien si elle les mettaient tous en danger, faisait preuve d'un tel comportement aussi irrationnel qu'irascible, totalement inadéquat avec le péril qui menaçait, et pourtant qu'elle seule semblait comprendre, le plus triste dans cette histoire. Il lui ferait une dernière fois confiance, il l'attendait au tournant. S'il s'avérait qu'il n'y avait décidément rien à attendre d'elle, il l'abandonnerait et effectuerait la mise hors d'état des ruines, avec ou sans champs de force. Quel qu'en soit le coût.

Allons-y Docteur Croft.
termina t-il en lui jetant un regard hostile et en la rejoignant. Puis la dépassant d'une démarche sévère et les traits fermés il lança : Faites moi mentir.
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MessageSujet: Re: Impasse.    Sam 8 Jan - 22:55

-Commencez donc à avoir confiance en mes capacités. Alors j'aurais confiance aux vôtres. Hooper, vous restez ici.

Elle demanda à Calfeis de la suivre d'un signe de la tête. Ce dernier avait écouté l'échange en levant les yeux aux ciel. Carmine faisait cet effet-là à tout le monde. Le mercenaire avait une attitude taquine et légère qui le rendait insensible aux remarques de la jeune femme. "Tout le monde" n'était pas comme lui et il était fréquent que ses interlocuteurs prennent tous ses propos au pieds de la lettre en se crispant à cause de son arrogance. Jack avait compris qu'elle ne savait pas exprimer ses sentiments, simplement.

-Très bien, docteur.
Il soupira comme s'il prenait cela pour une corvée.
-Un peu d'entrain serait trop demander?
-Bien sûr que non, docteur. Je suis chaud comme la braise, dit-il d'une voix monocorde, un sourire goguenard aux lèvres.

Carmine ramassa son sac à dos et décrocha son pistolet de son holster. Elle regarda Rand s'éloigner, l'air pensive, avant de marcher dans son sillage. Il critiquait peut-être ses manières de faire, mais il n'avait rien contre sa stratégie.

-Je ne suis pas une militaire, marmonna-t-elle entre ses dents. Elle pressa le pas pour rejoindre Rand à ses côtés, avec son air blasé habituel. Un simple regard dans sa direction lui confirma qu'il avait plutôt mal pris ses déclarations, ce qui était normal en soit. Elle détourna la tête.

-J'aurais déjà réglé le problème depuis bien longtemps si nous n'avions pas inutilement perdu de temps en palabres.

Reproche qu'elle suivit à merveille par la suite. Les trois protagonistes s'engouffrèrent de nouveau dans les ruines, sans dire un mot. Rapidement, les couloirs devinrent obscurs à cause du manque de lumière. La jeune femme, à l'affut, avait levé son bras avec lequel elle portait son pistolet et tenait une lampe torche dans l'autre main qu'elle avait collé contre son Predator.
Alors qu'ils avançaient en suivant l'archéologue, le bruit de la bataille, lointaine, parvint à leurs oreilles. Ils furent rapidement engloutis par la tranquillité des lieux et seul le bruit de leur pas résonnant sur les plaques d'acier égayait leur escapade.

Ils passèrent par une pléthore de couloirs et de salles aux dispositions diverses, tant et si bien que Rand était en droit de se demander si Carmine ne la menait pas en bateau. Ils continuèrent ainsi pendant plus d'une demi-heure avant d'arriver devant une salle ronde. Un cul-de-sac.
Carmine baissa son bras.

-C'est un ascenseur, dit-elle comme si c'était une évidence. Bien évidemment, ce n'en était pas une. Rien n'indiquait que cette salle avait ce qu'il fallait pour transporter des personnes d'un point à un autre. A part peut-être ce panneau de contrôle incrusté dans le mur du fond, de la forme d'un crochet relevé.

Carmine rangea son pistolet dans son holster et s'en approcha. Les deux soldats se fichèrent au milieu de la pièce en regardant autour d'eux. Calfeis, curieux, s'avança près du seuil pour examiner des symboles bizarroïdes.

Un bruit. Un simple bruit. L'agonie d'un métal antique, un crissement inquiétant parvint à leur oreilles. Le mercenaire, habitué, fixa Carmine de son regard courroucé.

-Je n'ai touché à rien ! eut-elle à peine le temps de rétorquer avant que la plateforme ne cède sous le poids des protagonistes. Le sol avait lâché d'un coup, comme s'il avait suffit d'un simple pression pour qu'il fasse défaut à ses utilisateurs. Calfeis, dans un mouvement de survie, chose à laquelle il semblait s'être habitué, avait bondit hors de la plateforme. Carmine s'était accrochée de justesse au panneau de contrôle avant que le sol ne cède sous ses pieds. Rand n'eut pas la même chance et tomba en même temps que l'ascenseur vers des profondeurs inconnues.

La plateforme se fracassa un peu plus bas dans un bruit assourdissant. La salle dans laquelle elle était tombée était parsemée de fil métalliques et de machines ronflantes. Il ne faisait aucun doute que c'était celle qu'ils recherchaient.

La jeune femme sortit une corde de son sac en se tortillant, tout en essayant de ne pas lâcher prise. Aucune anicroches dans la parois ne pouvaient supporter ses pieds qui dérapaient contre le métal glissant.
Carmine accrocha la corde à un mousqueton fixé à sa ceinture. Elle choisit le panneau de contrôle, de la forme d'un crochet comme point d'ancrage et y lia sa corde. Après avoir rapidement vérifié la solidité de son dispositif, elle regarda par au-dessus son épaules. Il y avait environs vingt à trente mètres de hauteur pour arriver jusqu'au sol. Rand gisait par terre, probablement sonné. Une partie du choc avait du être absorbé par ses boucliers, une autre partie par la résistance de son armure. Mais cela n'enlevait pas la douleur dû à l'impact. Une chute pareille aurait tué l'archéologue sur le coup.

-Lieutenant ! cria-t-elle dans le puits obscur. Ses paroles se répercutèrent en écho sur les parois. Elle ne reçut aucune réponse. Calfeis regardait la scène d'un air peiné.
-Je vais essayer d'emprunter un autre chemin pour vous rejoindre en bas. Soyez prudente, docteur, fit-il en tournant les talons après un dernier regard vers le soldat.
-Jaaack !
Carmine avait essayé de le rappeler mais ce dernier avait déjà prit sa décision. Bien qu'elle s'inquiétait pour lui, ce n'était pas comparable au sang d'encre qu'elle se faisait pour Rand.
-Ne m'abandonnez pas tous comme ça !

Sans plus attendre, la jeune femme attrapa l'une des cordes passant dans sa poulie improvisée pour glisser rapidement jusqu'en bas. Ayant été un peu trop rapide dans sa démarche, la réception fut rude mais ses genoux absorbèrent le choc. Carmine détacha la corde de son baudrier et se rua vers le militaire allongé.
Elle tomba à genoux à ses côtés, palpant son cou à la recherche d'un pouls.

-Ne me faites pas ce coup-là... Lieutenant !

Elle ne sentit pas immédiatement les battements de cœur réguliers du militaire, peut-être était-ce dû à ses mains qui tremblaient légèrement. Rongée par l'inquiétude, la jeune femme souleva la tête de l'officier pour vérifier qu'il ne s'était pas fracturé le crâne. Elle ne remarqua rien d'anormal, mais son manque de réaction l'inquiétait. Elle lui parla pour essayer de le faire revenir à lui.

-Vous savez, je n'aurais pas du vous dire tout ça... Vous êtes quelqu'un de bien. Peut-être un peu trop prompt à sacrifier votre vie et à me contredire tout le temps...
...
Mais c'est secondaire. Vous faisiez simplement votre devoir, après tout. Comme il le faisait, lui aussi.


Carmine se faisait certainement du soucis pour rien, la probable perspective de la mort de Rand l'inquiétait plus que de nécessaire. Cela l'incitait d'ailleurs à faire quelque chose d'incroyable qu'elle n'aurait jamais, ô grand jamais reconnu si elle ne subissait pas à l'instant un stress important : s'excuser de son comportement revêche.

-Reprenez vos esprit à présent, je vous en supplie.

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MessageSujet: Re: Impasse.    Mer 19 Jan - 3:36

J'aurais déjà réglé le problème depuis bien longtemps si nous n'avions pas inutilement perdu de temps en palabres.

Malgré la crispation des lèvres, et l'irritation à peine contenue, Rand se garda bien de répliquer quoi que ce soit au docteur Croft qui l'avait rattrapé avec son air insolent plus que jamais fiché sur son visage. Huit ans d'expérience à l'armée sous le commandement d'officiers plus ou moins embêtants caractérielles ou autoritaires, ne le prédisposait pas à se laisser taquiner par une simple civile, bien que celle-ci savait y faire pour hérisser le poil des gens. Peut être justement parce qu'ils étaient en mission, sûrement aurait-il envisagé les choses autrement s'ils s'étaient rencontré en d'autres circonstances moins affolantes... Il n'empêchait cependant qu'il lui paraissait bougrement inconcevable qu'un docteur en archéologie puisse se montrer aussi insouciante.

Enfin quand bien même tout ça, le soldat préférait éviter de déclencher une nouvelle crise incontrôlé, en rétorquant quelque chose, aussi insignifiant soit-il, qui risquerait à nouveau de faire éclater ce petit bout de femme imprévisible. Il la souhaitait totalement dévouée à la tâche et concentrée sur la résolution à leur problèmes, ce qu'elle tendait petit à petit à faire à son grand soulagement. Calfeis marchait à leur côtés, un peu en retrait, Rand se demandait bien pourquoi l'archéologue avait jugé bon de l'emmener. Sans doute aurait-elle besoin de lui ou de ses talents à un moment ou un autre.

Ainsi, cernés d'ombres, tous ensemble, unis comme un seul ils s'enfoncèrent dans les ténèbres de ces ruines. Et dans l'obscurité indécise, le cheminement dangereux commença et la progression se fit lente et mesurée. Durant un long moment l'exploration minutieuse des lieux s'harmonisa dans la prudence et la discrétion. De temps à autre, marchant précautionneusement, fusils prêt à répondre à la moindre alerte, Rand jetait des coups d'oeils au docteur Croft, voulant s'assurer qu'elle savait où aller, qu'elle savait ce qu'elle faisait. Car au dehors, les pétarades ne cessaient de ponctuer les cavernes d'échos inquiétants, et leur promenade dans les allées obscures ne semblait jamais devoir s'arrêter. Définitivement, le temps leur était compté. Quant à l'archéologue devenue bien silencieuse, c'était étrange, sa présence ne paraissait plus l'importuner autant qu'avant. Sans l'ombre d'un doute, Croft était bien plus agréable quand elle gardait le silence et à cette pensée, les lèvres du soldats se décrispèrent et s'étendirent.

Après ce qui parut être une éternité, ils butèrent sur un cul de sac au milieu d'une salle ronde, qui à première vue donnait l'impression de ne pas servir à grand chose, sinon leur faire perdre un temps précieux. Mais le docteur fit la preuve de son utilité, ce que Rand désirait ardemment, n'attendait pas moins de sa présence à son côté. Ce qu'elle refusait de voir, c'est qu'il avait déjà intimement confiance en ses capacités, seul son jugement en mission déraillait à ses yeux. Elle avait détecté un ascenseur, présence dont ni lui ni Calfeis n'aurait jamais douté. C'était loin d'être évident, impressionnant. Mais les choses se compliquèrent soudainement. Un son effroyable, une sorte de crissement aigu et bref se fit entendre et les pétrifia sur place. Rand tourna immédiatement son regard sur le docteur, la lueur intense de ses yeux dans l'obscurité poussiéreuse réclamant une explication. Mais-celle-ci à son corps défendant eut à peine de répondre que Rand eut l'impression que la terre se dérobait sous ses pieds. Et ce fut le cas en réalité.

Non !
cria t-il, avant de se sentir chuter irrémédiablement et brutalement sans qu'il ne puisse se raccrocher à quoi que ce soit. Un choc, une douleur indicible, puis le noir. Les ténèbres obscurcissaient l'esprit du soldat, il allait partir, happé dans un non-monde, le vide. L'officier voltait dans des éternités de silence, errait, se perdait. Il se sentait alors inexorablement aspiré, impuissant, par une chose froide et visqueuse. Puis.. une voix :

Ne me faites pas ce coup-là... Lieutenant !
Vous savez, je n'aurais pas du vous dire tout ça... Vous êtes quelqu'un de bien. Peut-être un peu trop prompt à sacrifier votre vie et à me contredire tout le temps... Mais c'est secondaire. Vous faisiez simplement votre devoir, après tout. Comme il le faisait, lui aussi. Une voix suppliante, qui l'appelait. Cette voix il la reconnaissait, celle-ci l'empêcha de sombrer définitivement puis l'extirpa de l'emprise du noir qui l'entourait. Rand battit des paupières, la douleur venant en même temps se réveiller que son esprit, le cognant dans toutes les courbures de son corps. Reprenez vos esprit à présent, je vous en supplie. Croft, c'était elle, cette voix... Il n'en croyait pas ses yeux, et pourtant alors qu'il les ouvrait, c'était bien elle au-dessus de lui. Son regard, son expression, tout différait de ce qu'il avait aperçu auparavant. Elle semblait réellement inquiète pour lui. Une vision troublante.

Doc.. docteur Croft..
ne put-il que souffler une première fois, avant de se rasseoir avec difficulté. Il jeta un coups d'oeil alentour et au-dessus de sa tête, où le plafond avait cédé, avant de reporter son attention sur l'archéologue. Son regard s'attarda sur elle, en silence puis il reprit à nouveau la parole en se massant le cou.

Avouez le docteur, vous avez tenté de m'assassiner par l'intermédiaire d'un traquenard mûrement réfléchi et concocté. Ca ne se passera pas comme ça.


Rand se rendait compte qu'il s'était peut être montré un peu trop dure avec elle, ce n'était qu'une civile après tout, que pouvait-elle savoir de la discipline ? En tout cas, elle s'était porté à son chevet et pourtant rien ne l'avait prédisposé à le faire après toutes leur récriminations mutuelles.

Bon sang, je l'ai échappé belle. Peut être pouvez-vous m'expliquer ce qu'il s'est passé. Puis où ais-je atterri et que fait Calfeis ?
Tandis qu'il posait la question, Rand se demandait si ce qu'il avait entendu était simplement le fruit de son imagination pendant qu'il était dans les vapes ou si le docteur avait bien prononcé tous ces mots...
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Carmine Croft

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MessageSujet: Re: Impasse.    Mer 19 Jan - 18:27

-Doc... Docteur Croft... souffla Rand. Carmine l'aida à se relever. Le lieutenant s'assit, encore sonné. Il scruta longuement la jeune femme, méfiant mais surtout troublé. Cette dernière lui renvoyait un regard soulagé.

-Avouez le docteur, vous avez tenté de m'assassiner par l'intermédiaire d'un traquenard mûrement réfléchi et concocté. Ca ne se passera pas comme ça.

Toute la pression qu'elle avait accumulé jusque là retomba comme un soufflé percé. Rand s'en était très bien sortit, il y avait eu plus de peur que de mal.
Carmine réagit comme avec le docteur Monroe lorsque ce dernier se plaisait à la taquiner : Elle fronça les sourcils et prit un air ennuyé. Elle avait une attitude va-t-en guerre qui amusait beaucoup le professeur. Faussement offusquée, elle rétorqua sur le même ton que Rand.

-Pff... Si nous n'étions pas là ou je voulais nous amener, je ne serais jamais descendue.

Carmine détacha son regard du lieutenant indemne et fit le point sur l'endroit ou ils étaient littéralement tombés. C'était une immense salle ronde aux murs indéfinis plongés dans une brume obscure. Les seules sources de lumières provenaient des machines ronflantes, ayant la forme de monticules de termites d'où sortaient des centaines de câbles. Ces câbles, dont le sol était entièrement tapissé, formaient un immense réseau qui se terminait au centre de la pièce.
Un pilier d'un bon mètre de hauteur soutenait une boule grisâtre aux reflets changeant qui semblait constituée de métal liquide.

- Bon sang, je l'ai échappé belle. Peut être pouvez-vous m'expliquer ce qu'il s'est passé. Puis où ais-je atterri et que fait Calfeis ? fit Rand en se massant la nuque. La jeune femme reporta son attention sur lui.
-Vous avez fait une chute de trente mètre et vous êtes toujours vivant ! Et la seule chose que vous me demandez, c'est l'endroit ou vous avez atterris?! déclara-t-elle, abasourdie. Elle ferma les paupières et soupira. Avec son index, elle tapota contre la coque de l'armure de Rand. En même temps, vous avez plusieurs épaisseurs de protection... Concernant Calfeis, il a réussit à sauter hors de la passerelle juste avant qu'elle ne tombe. Il a décidé de chercher un autre chemin pour nous rejoindre.

Carmine se releva et s'épousseta, reprenant un peu de dignité.

-Et l'endroit ou nous avons atterris n'est autre que la salle du générateur. Enfin, c'est ce que j'en déduis en toute logique. Bizarrement, j'ai un sentiment étrange... Je suis certaine que nous sommes dans la bonne pièce, alors que ce ne devrait être qu'une hypothèse.

Tout en prononçant cette dernière phrase, son regard convergea vers l'étrange boule grise. Elle fut un moment dubitative avant d'écarquiller les yeux de terreur. Elle connaissait cet objet. Elle en avait déjà rencontré un auparavant.
Des douloureux souvenirs lui revinrent furtivement en mémoire. Elle se rappelait tenir un pistolet face à l'un de ses collègues : Neil Green. Un blondinet légèrement enveloppé. Et elle avait tiré... Carmine laissa échapper un cri de terreur.

-Non !

Son expression horrifiée s'envola aussi vite qu'elle était arrivée. La jeune femme fixait à présent l'objet d'un air perdu. Comme si elle avait oublié tous ses repères et qu'elle n'avait plus que cette boule comme point d'ancrage. Les bras ballant à ses flancs, elle ne bougeait plus. Carmine était subjuguée par l'objet.

Le regard fou, elle finit par tourner la tête vers Rand. Ce n'était pas la Carmine qu'il connaissait. La jeune femme agissait étrangement. Elle semblait avoir été attirée vers la boule grise de manière intentionnelle. La jeune archéologue chuchota des paroles incompréhensibles avant de rapidement dégainer son arme. Le bras tendu, elle avait le lieutenant en joue.

Son index posé sur la détente était prêt à tirer. Pourtant, elle ne semblait pas vouloir s'y résigner. La jeune femme était en train de lutter contre une force intérieure. Au fur et à mesure que le temps passait, elle tremblait de plus en plus fort en lâchant des hoquets de douleur. Ses murmures se firent plus intenses, Rand pouvait clairement entendre Carmine chuchoter une suite de "non" terrifiés.


Dernière édition par Carmine Croft le Jeu 20 Jan - 0:08, édité 1 fois
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Rand Stinger

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MessageSujet: Re: Impasse.    Mer 19 Jan - 22:36

L'endroit ou nous avons atterris n'est autre que la salle du générateur. Enfin, c'est ce que j'en déduis en toute logique.

Rand dodelina de la tête puis jeta un bref un coups d'oeil aux alentours pour seule réponse, se préoccupant plutôt de pratiquer un examen assidu de son corps. Malgré les quelques bleus, et blessures internes occasionnés, son armure lourde l'avait bien protégé. Il n'y avait rien qui soit cassé, aucune douleur qui puisse lui paraître insupportable, c'était tout juste si un point aigu au niveau de l'abdomen le titillait. Peut être une ou deux côtes avaient-elle été durement froissée, mais rien de grave, il avait vécu pire dans le passé en pleine zone hostile Butarienne. L'officier N6 était encore en état de se battre avec un minimum d'efficacité.

Au regard de leur situation, du peu de temps qui leur restait, si on poussait la logique pragmatique, peut être un peu masochiste jusqu'au bout, ils pouvaient s'estimer finalement heureux de cette issue hasardeuse. Sa chute avait été pour le moins fortuite, s'ils se trouvaient effectivement dans la salle du générateur. La chance leur souriait relativement, mais il n'en demandait pas plus pour la suite, s'il fallait qu'il soit réduit en charpie la prochaine fois. Peut être n'était-il pas aussi maudit qu'il ne l'avait jugé de prime abord dans cette mission au caractère indéfinissable.

Le docteur Croft avait dépouillé sa figure de stupeur pour celle de la perplexité. Sans l'ombre d'un doute quelque chose n'allait pas rien qu'à l'observer, elle semblait comme éprise d'un sentiment diffus qu'elle n'arrivait guère à s'expliquer. Enfin s'interrogea t-elle à haute voix avant de se détacher complètement de lui. Bizarrement, j'ai un sentiment étrange... Je suis certaine que nous sommes dans la bonne pièce, alors que ce ne devrait être qu'une hypothèse. Le lieutenant, réprimant l'envie de lui demander son aide à le relever, tâcha de s'exécuter tout seul malgré le poids de son armure et la douleur dont il ressentait la puissance et ne pouvait plus à présent se départir.

Expliquez vous docteur, que voulez-vous dire ?
tança t-il froidement plus préoccupé par les fissures de son armure qu'il déplorait ardemment. Au moins ses armes étaient-elles intactes, au moins était-il toujours en vie se réconforta t-il avec humeur tout en s'époussetant avec une énergie revigorée. Il releva enfin la tête, attentiste. Croft parut ne pas avoir entendu, ignorant presque sur l'instant qu'il existait encore. De son petit air favori d'ennui, agrémenté d'un froncement de sourcil dont il était habitué à présent, elle affectait d'examiner minutieusement les lieux ronflants. Rand malgré le peu de temps passé à son côté l' avait déjà suffisamment pratiqué pour savoir qu'il ne valait pas l'interrompre quand elle regardait de cette façon, réfléchissait de manière si intense. Que pressentait-elle ? Il espérait vivement être rancardé sur ses interrogations, il n'avaient pas le temps de tergiversé.

Alors qu'il se faisait mine de la rejoindre discrètement, soucieux de ne pas la déranger, le lieutenant de ce regard perçant qui lui servait à examiner rapidement et efficacement la situation, discerna un comportement étrange et soudain chez l'archéologue. Celle-ci après avoir fixé un point s'était soudain immobilisée, ses bras tombant à ses hanches comme des masses molles et vidés de toute énergie. L'inquiétude du lieutenant remonta tandis que la suite se faisait de plus en plus troublant. La jeune femme demeurait figé dans une contemplation éperdue, elle semblait comme ensorcelée par une chose qu'il n'apercevait pas. Une boule se forma dans la gorge de Rand, un étau se referma sur son estomac, pressentant une autre étrangeté à venir.

Docteur ? Docteur ? Docteur croft !
s'insurgea t-il avec fermeté, rien à faire, celle-ci ne détournait pas son regard. Il allait l'empoigner quand d'elle-même l'archéologue fit mine de se tourner vers lui, offrant au militaire une vision assez effroyable et surnaturelle. Ses yeux semblaient à présent comme vouloir sortir de leur orbite, écarquillés à l'extrême et la faisant comparer à un zombie. Elle murmurait des tas de chose inaudibles, incompréhensibles, quelque chose la possédait.

Merde.
s'exclama froidement Rand, qui n'avait pas besoin de ça pour compliquer les choses. Avant qu'il ne lui vienne à l'esprit d'entreprendre quoi que ce soit, Croft avait déjà sorti son arme de son holster et pointé le canon directement sur lui. L'officier sentit tous ses poils se hérisser, un froid glaciale s'emparer de sa chair, des frissons le parcourir. L'afflux brutale de tension vint couronner le tout. Malgré tout , le lieutenant habitué aux situations extrêmes mit tout en oeuvre pour garder le contrôle de la situation en même temps que son sang-froid.

D'ailleurs, tout n'était pas perdu, il semblait que la jeune femme résistait à une force invisible et son bras qui tenait le flingue tremblait comme une feuille. Il y avait une chance de s'en sortir sans dégâts, sans morts. Rand n'avait aucune intention de jouer la carte du quitte ou double, sa vie ou la sienne. Tout d'abord s'il mourrait, ou le docteur, la mission serait un échec, mais aussi et surtout, il n'avait aucune envie de risquer de prendre la vie d'autrui pour sauver la sienne.

Il y avait autre chose à faire. Rand avait repéré la source du problème, le point qui avait captivé l'attention surnaturelle du docteur avant qu'elle ne se retourne. Il lui fallait tenter de l'en libérer. Mais quoi faire ? Tenter de la neutraliser alors qu'elle avait déjà sorti son arme, et qu'il lui suffisait d'appuyer sur la gâchette ? Son armure pourrait le protéger combien de temps ? Le lieutenant avait pris sa décision. Au terme d'une profonde inspiration, il fit un pas en avant, les mains en l'air devant lui, bien en évidence devant Croft comme pour lui témoigner sa volonté totalement inoffensive.

Docteur Croft, j'ai conscience du courage et de la force dont vous faîtes preuve à cet instant. C'est dur, je sais. Résistez.
Rand avait tenté de garde rune voix relativement calme et froide, apaisante. Dans le même temps sa main glissait lentement, très lentement vers son pistolet lourd à sa hanche, ses yeux ne quittant jamais le docteur qui tremblait plus que jamais. Laissez moi vous libérer de ce mal qui s'est insinué en vous, accordez moi juste un instant. Faîtes moi confiance. Rand ne pouvait plus que faire confiance à son tour à la force spirituelle du docteur, qu'il espérait résister à la tentation d'appuyer sur la gâchette. Puis sans prévenir, et sans hésiter une seconde, aussi vif qu'un serpent qui s'érigeait pour attaquer, empoigna son canon lourd en dégainant, et tira férocement, de moult fois sur la boule grise, l'objet qui avait tant captivé le docteur.
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MessageSujet: Re: Impasse.    Jeu 20 Jan - 2:05

Carmine tremblait toujours autant. Elle n'esquissa aucuns mouvements lorsque Rand commença à se rapprocher d'elle. La sueur perlait à son front ; résister la faisait souffrir.
Elle était perdue dans un océan de sens. Des choses dont elle n'avait jamais eu connaissance se marquèrent dans son esprit de façon indélébile. Sa tête résonnait de sons divers et variés qui provenaient d'un esprit autre que le sien. Cet amalgame de sensations et d'images diverses se répercutaient dans sa tête comme le son d'une cloche. C'était insupportable.

Sa propre conscience semblait avoir été arrachée de son corps. Carmine faisait tout son possible pour garder le contrôle, pour recoudre les plaies de son esprit. Au beau milieu du capharnaüm de son âme, elle réussit à entendre une voix familière. Elle l'entendit transformée, comme si son subconscient luttait de lui-même pour reprendre le contrôle. C'était une voix douce et compréhensive qui lui intimait de reprendre contenance.

-Carmine, j'ai conscience du courage et de la force dont tu fais preuve à cet instant. C'est dur, je sais. Résiste. Laisse moi te libérer de ce mal qui s'est insinué en toi, accorde-moi juste un instant. Fais-moi confiance.
-Li... Liam, parvint-elle difficilement à articuler. J'ai... j'ai confiance en toi.

Son regard voilé cerna difficilement une tignasse foncée et un visage grave à travers la brume rouge qui avait envahit sa vue. La douce torpeur qui l'avait temporairement subjugué fit place à une affreuse douleur. Elle se plia sur elle-même sous la force de ses maux en hurlant, en ayant toutefois toujours le bras levé et armé.

Un fluide carmin s'échappa de ses yeux et de ses oreilles. Son sang battait à ses tempes et sa tête vrillait de douleur. Dans un ultime hoquet de douleur, la jeune femme baissa lentement son arme, les yeux toujours exorbités.

Rand ne se fit pas prier. Il frappa avec la crosse de son arme sur le pistolet de Carmine qui s'échappa de ses mains et glissa sur le sol. Toujours aussi vif, le soldat mit son arme en joue et tira sur la boule grise qui reçut les balles sans coup férir. Résistante, les projectiles avaient ricochés contre la paroi si particulière de l'objet sans le briser. Cela eut pourtant un autre effet : sous la force des tirs, la boule grise s'échappa de son socle et retomba sur le sol, roulant sur quelques mètres. N'étant plus alimentée, sa surface perdit ses propriétés si particulière et devint terne et mat.

Carmine, hébétée, s'était sentie brutalement arrachée de cet autre monde. Elle ressentait à présent un atroce mal de tête. Ses jambes fléchirent, et elle tomba à genoux sur le sol avant de s'écrouler de tout son long. Les yeux ouverts, elle était encore consciente, bien que perturbée et mal en point.

Bien que ce problème fût réglé, la pièce ne comportait aucune échappatoire. Le seul moyen d’y parvenir et d’en sortir était cet ascenseur dont les débris jonchaient le sol.
Un grattement s’entendit distinctement. Le lieutenant leva son pistolet, à l’affut du moindre danger. Au bout de quelques minutes, le bruit s’arrêta. Il y eut quelque secondes de silence avant qu’une… explosion ne ravage l’un des murs de la pièce.

Le sol trembla violemment et de nombreux débris se détachèrent du plafond décrépi des ruines. Une fine poussière vieille de cinquante mille ans se souleva et envahit la pièce, apportant avec elle une odeur de moisi et de putréfaction. Après plusieurs longues secondes dans cet enfer, les secousses s’arrêtèrent enfin et une voix familières toussota dans la fumée.

-Teuheu ! fit l’ancien militaire comme s’il allait cracher ses poumons. Il dissipa la poussière devant lui. Je sais bien que ce n’est pas très prudent de creuser un trou dans les fondations d’une bicoque aussi décrépie, mais c’était le seul moyen pour vous sortir de là.

Il remarqua le corps inerte de Carmine allongé sur le sol. La respiration de la jeune femme était sifflante. Jack s’arrêta subitement, stupéfait.

-Que… ?

Nouvelle secousse. Un bruit d’orage grondait autour d’eux au fur et à mesure que les ruines se désagrégeaient. Calfeis tentait tant bien que mal de garder sa stabilité, mais il avait autant d’équilibre qu’un ivrogne.

-Que… bordel de merde ! Tout s’effondre !

Le mercenaire courut en zigzag vers Carmine pour tâter son pouls. Il la secoua vivement pour qu’elle reprenne ses esprits, mais la jeune femme ne semblait pas avoir la force de se remettre debout. Son œil fut attiré par la boule grise, vidée d’énergie. Il fut contraint de s’y élancer lorsqu’un débris de la taille d’une table s’était violemment fracassé près de lui. Dans la fureur des évènements, il agrippa la boule et la plaça ni vu ni connu dans sa besace.

-Barrez-vous de là ! Je vous suis, hurla-t-il pour couvrir le bruit des éboulements, prisonnier derrière le débris. J’aurais un peu de retard par rapport à vous, mais je m’en sortirais. Prenez soin du docteur !
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Rand Stinger

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MessageSujet: Re: Impasse.    Dim 30 Jan - 14:38

Bordel de merde ! Tout s’effondre ! J’aurais un peu de retard par rapport à vous, mais je m’en sortirais. Prenez soin du docteur !

Les rugissements bestiaux de la pierraille alentour avaient cessé de pleuvoir puis de vibrer en écho partout dans les ruines prothéenes. La tempête drue s'était aussi vite estompée qu'elle n'avait surgi, le calme plat, oppressant ayant repris ses pleins droits sur cette zone maudite, éprise d'un mal invisible, insaisissable, effroyable. Ils étaient seuls à nouveau, Croft et lui. Kalfeis écarté par le force d'un dénouement impitoyable n'avait pu faire autrement que de s'enrôler et de s'enfoncer seul comme explorateur aventureux par un autre chemin détourné, les éboulis les ayant séparé les uns des autres. Surprenant de volonté et de gaillardise, le bonhomme malingre les avait abandonné à leur sort, dans la confusion des coeurs et des esprits, les regards éberlués face à un tel chaos, oeuvre d'un mysticisme de plus en plus inquiétant.

Une sensation indubitable d'horreur, d'incompréhension et de frustration gagnait le soldat tendu, avec le sentiment infiniment rageur, presque insurmontable que peu à peu il perdait le contrôle de la situation. Son regard d'encre d'abord perdu dans le vide durant quelques secondes, se durçit brutalement, abondant comme toujours dans les rares moments de doute, à une logique d' état d'esprit inflexible, inexorable, les lueurs dans ses yeux jurant de détermination et de contrariété à la fois. Non sans accablement, les lèvres pincées, le soldat se tourna vers le docteur Croft toujours étendue au sol, immobile, presque sans vie s'il n'était cette respiration alarmante, anormalement sifflante et rapide. Qu'attendait-elle pour récupérer son souffle et se relever ? Pétri d'angoisse et de remords, Rand acheva immédiatement de mettre un terme à ses considérations personnelles superflues, et se précipita à son côté en s'agenouillant au-dessus d'elle.

Docteur Croft, vous allez bien ?
prononça t-il sans autre préambule. Elle ne répondit pas, la jeune femme en semblait incapable sur l'instant, la respiration saccadée, des larmes de sang au coin des yeux, vidée de toute force, toute énergie. Croft paraissait avoir peine à se mouvoir, exprimer la moindre expression autre que c'elle d'un terrible effroi, d'une indicible douleur. Aucun hématome nulle part, rien qui n'ait gonflé ses tissus, mis à mal son physique apparemment intact sinon quelques éraflures.

Il ne s’agissait pas d’un mal matériel mais bel et bien psychique auquel qui agissait sur elle de manière impensable. C’était comme si le Mal se trouvait encore ici, dans un endroit inaccessible, blessant son âme au détriment de la guérison rapide de son corps ou tout du moins de sa libération. D'abord hésitant, Rand tendit finalement et lentement la main vers son front, dégageant ses cheveux qui resplendissaient toujours de mille feux malgré son teint blafard, avant de l'y poser. Croft était brûlante, Rand soupira, espérant qu'il ne s'agissait là que de l'effet secondaire de cette mésaventure. Ses yeux noirs se plantèrent dans celui de l'archéologue.

Vous nous avez sauvé tout deux docteur. Vous avez sauver l'infime chance qu'il nous reste de finir la mission.
Rand la considéra un moment, intensément, chercha à percer à travers le dais de sa douleur. Les réminescences d'une souffrance la terrorisait encore malgré son rétablissement, une souffrance qu'il ne pouvait qu'appréhender et saisir, il le voyait bien dans son regard confus, plié d'affliction, torturé d'effroi et de souvenirs. Quel manque de bol pour elle. Là où il lui aurait fallu cotoyer un spécialiste, un docteur pour ce genre de mal dont il était incapable d'exprimer quoi que ce soit, elle était tombé sur un vulgaire soldat de l'alliance profondément séparé du concept de paranormal. Il n'avait aucune idée de ce dont elle souffrait, comment la guérir de ce mal dont les derniers effets du ravage cruel commis sur elle, continuaient encore à brûler à petit feu même s'ils tendaient à disparaître.

Comme tout soldat, le lieutenant se laissa guider par son instinct et cette fois, étrangement, peut être aussi un peu par le sentiment, ses actes et ses décisions répondant à ces deux exigences fortes. Rand se pencha sur le docteur, et pressa chaque main sur chaque joue, la forçant à le regarder, à être captivé par lui, lui faire oublier cette douleur, cette boule grise, de sorte que ses yeux se fixent sur un point et fassent disparaître le reste dans son esprit. Tout du moins, affaiblir leur importance.

Docteur, ne me laissez pas tomber, j'ai encore besoin de vous, nous avons un boulot à finir. Votre convalescence nous handicape, or le temps nous manque. Vous allez sans doute me détester, mais face à votre incapacité actuelle de retrouver une force suffisante pour vous relever et vous mouvoir rapidement, je me dois de vous porter jusqu'à ce que vous vous sentiez mieux.

Je vous relâcherai quand viendra le moment, reposez vous. C'est la solution, pas d'objection, c'est un ordre. Vous m'indiquerez du doigt la direction à suivre, si vous ne vous sentez pas la force de vous exprimer. Peut être pourrez vous m'expliquer ce qu'il s'est passé ici avec cette sphère, si la force vous revient et si le coeur vous en dit.


Avec délicatesse mais fermeté au cas où elle résisterait, il la saisit d'un bras par les épaules, puis de l'autre par les jambes, et remonta le buste en la soulevant avec force, la jeune femme serrée et contenue contre son torse, tout en se relevant.

Allons, nous n'avons que traîner.
clama t-il en se remettant en route, jetant un oeil aux environs, avant de le reporter sur le docteur, attentif à ses indications, essayant de ne pas faire attention à cette image indubitablement compliquée de Croft dans sa tête. Elle ne cessait de lui montrer des aperçues différents de sa personnalité, ses apprioris qui avaient pour socle l'hostilité et le mépris sautaient un à un, au fur et à mesure que l'aventure se poursuivait. Il n'arrivait pas à mettre un mot sur ce qu'il ressentait à présent.

Il revoyait son visage affligée au moment où elle avait pointée son bras, puis lui avait témoigné sa confiance, si surprenant si l'on se ressortait à ce personnage qu'elle était en dehors des coups durs, en soit insupportable. Qui était ce Liam pour lequel elle avait tant fait preuve de mansuétude, et avec lequel semble t-il l'avait-elle confondu ? Sûrement quelqu'un d'important à ses yeux. Assez pour l'aider à retenir son bras en tout cas.
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MessageSujet: Re: Impasse.    Jeu 3 Fév - 22:08

La douleur lancinante qui avait envahit son crâne s'estompa peu à peu. Carmine cligna des yeux, libérant une dernière larme de sang. Elle se souvenait vaguement avoir vu le visage du lieutenant en gros plan et de l'avoir entendu dire des paroles dont elle n'arrivait pas à se souvenir. Elle avait aussi sentit que quelqu'un l'avait pris dans ses bras. Son cerveau se remit en marche lentement, et elle en déduit que ce n'était pas l'œuvre de Calfeis ; il était bien trop maigrichon pour la porter avec autant d'aisance. Elle reprit peu à peu conscience de ce qui l'entourait et les bruits d'éboulement qu'elle entendait de plus en plus fort, n'étant plus assourdis par son hébètement, ne la rassurait pas.

L'évidence même de la précarité de leur situation la frappa subitement. Elle s'en voulu d'avoir été sonnée aussi longtemps. Elle leva la tête et vit que Rand la regardait, l'air impatient et interrogateur. Il lui avait en effet demandé de lui indiquer le chemin. Carmine tenta de refaire le tri dans ses pensées et indiqua une vague direction que le Lieutenant s'empressa de suivre.
Il avait fallut quelque secondes de plus pour qu'elle se rendre compte d'autre chose.

-...Vous êtes en train de me porter dans vos bras? fit-elle indignée, comme si elle s'éveillait d'un lendemain de fête.

Encore une fois, son esprit s'était égaré. La main sur son front, la jeune femme se concentra. Elle arrivait de mieux en mieux à réfléchir, preuve que son état s'améliorait.
De son côté, Rand faisait son possible pour sortir le plus vite possible des ruines malgré son fardeau. De lointains bruits d'explosions indiquaient que Calfeis se fabriquait sa propre voie. Le côté négatif dans tout ça, c'est que l'excavation du mercenaire se répercutait sur leur chemin à eux, et les vieilles pierrailles n'attendaient que le moindre choc pour se détacher du plafond. De la poussière et des cailloux tombaient régulièrement sur les deux protagonistes.

Il y eut un autre tremblement, plutôt conséquent cette fois. Les galeries qu'ils venaient de parcourir s'effondraient une à une, se logeant dans la salle du générateur. Ses fondations friables maltraitées par les explosions du mercenaire n'avaient pas pu supporter plus longtemps le poids du complexe Prothéen en surface. Chacune des galeries, en partant de la salle du générateur, s'effondraient lentement à tour de rôle. Rand pressa le pas.

Une poutre s'écrasa derrière le lieutenant. Carmine sentait qu'il augmentait la cadence de ses pas. Elle serra les dents et gigota en puisant dans ce qu’elle avait retrouvé de force pour tenter de se défaire de la poigne du soldat ; mais ce dernier la serrait fermement. Ils évoluaient dans un décor chaotique, instable ou ils pouvaient à chaque instant être ensevelis sous plusieurs tonnes de débris.

-Vous allez vous faire tuer ! Si vous me laissiez ici, vous pourriez regagner la surface plus rapidement.

L’intéressé ne répondit pas, concentré qu’il était dans sa tâche de les ramener tous deux en vie. Carmine était presque complètement rétablie, et n’avait plus qu’une sourde migraine comme seul mal. Elle fit cette moue qui lui était si particulière lorsqu’on la contredisait.

-Vous n'êtes qu'un imbécile, finit-elle par dire en frappant mollement son poing contre le torse caparaçonné du lieutenant. Et je préfèrerais continuer à pieds, vous me donnez le mal de transport.

Devant son air décidé, Rand ne put qu’accepter sa requête. Il desserra les bras et l’aida à poser pieds au sol. Ses genoux se plièrent subitement sous son poids, à cause de sa faiblesse passagère, et le lieutenant la rattrapa in extremis avant qu’elle ne tombe. Elle ronchonna un " ça ira " agacé et passa son bras sur les épaules du soldat pour s’aider à avancer.
Elle était en pleine forme. Elle avait retrouvé son tempérament habituel.

Devant eux s'étalaient plusieurs galeries obscures aux directions opposées. Carmine posa son regard sur chacune d'elle en fronçant les sourcils.

-Je dois avouer que je ne sais pas trop où nous allons. On dirait que cet orbe m’attirait à lui, puisque je n’ai plus autant de certitudes sur le chemin à prendre. Mais comme notre but est de remonter à la surface, j’imagine qu’il est tout naturel de s’engager dans les chemins en montée.

Sa décision était prise, et même si ses doutes n'étaient pas de bons augures, c'était la seule piste qu'ils avaient. Elle tourna la tête vers Rand pour voir s'il allait faire le même raisonnement.
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