Mass Effect RPG

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 À bord de l'Adam Malkovich

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Kadararan



Messages : 225
Date d'inscription : 25/05/2010
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Exprimez-vous! : Nous sommes les êtres élus, nous sacrifions notre sang, nous tuons pour l’honneur ! Nous sommes les saints de notre armure tachée de sang, Nous avons tué le dragon !

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Profession / rang : Chasseresse

MessageSujet: À bord de l'Adam Malkovich   Jeu 1 Juil - 0:33

Samus était en train de se concentrer sur le pilotage. Ils arrivaient bientôt à portée d’un relais cosmodésique et les coordonnées devaient être préparées à l’avance. Tout du moins, elle essayait de se concentrer car Kadararan faisait un boucan pas possible.
La jeune Asari essayait le Katana que Samus avait dégotté chez Shark, un krogan antipathique. Elle exécutait des mouvements complexes avec beaucoup de précisions malgré la longueur de son arme. Il fallait admettre qu’elle était agile. La demoiselle bougeait en rythme, et il était impossible de ne pas faire le rapprochement avec une danse. C’en était presque beau à voir. Presque.
Par ce que pour le moment, cet étalage martial ennuyait la chasseuse de prime plus que tout autre chose. Kadararan était plutôt silencieuse dans l’ensemble mais ses mouvements et le bruit que faisait son arme en tranchant l’air rompaient sa concentration.
Samus s’approcha de la demoiselle qui arrêta son geste pour ne pas la blesser. La chasseuse de prime n’eut aucune pitié à pousser Kadararan qui s’effondra par-terre, surprise.
" Ce n’est pas un terrain d’entraînement, ici ! "
Kadararan secoua sa tête de gauche à droite pour reprendre ses esprit. Elle sourit à Samus malgré sa douloureuse réception. La Quarienne posa ses mains sur ses hanches.
" Euh.. C’est une très bonne lame, tu sais. "
" Peut-être, mais je n’ai vraiment pas envie que tu abîme mon vaisseau plus qu’il ne l’est déjà. "
" Pardon ?! ", fit Kadararan, courroucée. " Tu m’as bien vu ! Je n’ai rien tranché. Je sais ce que je fais et c’est le résultats de plusieurs dizaines d’années d’entraînement.
Mais, dis-moi… Tu ne voudrais pas essayer ? tu as déjà touché à un katana Asari ?
", dit-elle en ramassant sa lame qu’elle avait lâché en tombant.
" J’ai un shotgun. "
Lorsqu’elle se retourna, Kadararan se confronta à l’agréable vue du canon d'un fusil à pompe. Elle leva ses deux mains en signe de résignation tout en fixant le trou béant du guidon.
" …ton cure-dent ne peux rien contre ça. "
" D’accord, d’accord, je m’incline ! "
La chasseresse profita du relâchement de la Quarienne pour rapidement relever le canon, de manière à ce qu’il vise le plafond.
" …sauf si tu ne peux pas me tirer dessus ! "
N’ayant pas son casque sur la tête, Kadararan vit clairement le sourire de Samus à cette annonce. Elle rentra dans le jeu de l’Asari et se mit en position de combat pour se battre à main nue, délaissant son fusil comme la chasseresse délaissa son katana.
La Quarienne retenait ses coups pour ne pas faire de mal à la chasseresse, encore fallait-il qu’elle sache la toucher. Kadararan esquivait chaque coups portés par Samus et semblait aussi inattrapable qu’une anguille. Ce petit manège dura quelques minutes jusqu’à ce que Poutchy arrête sa mise en veille. Il virevolta autour de l’Asari qui était plus déconcentrée qu’autre chose par l’arrivée du drone.
" Poutchy, tu pourrais jouer ailleurs, s’il te plaît ? ", dit-elle en esquivant un crochet du droit en se baissant sciemment.
" Je ne joue pas, je fais un calcul de vos capacités. Impressionnante esquive, vous êtes aussi souple voire plus que ces Asaris qui se trémoussent dans certains holos que j’ai téléchargés sur l’extranet. "
" Mais j’en ai rien à… "
Un direct de Samus bien envoyé l’atteignit au niveau de la mâchoire. Kadararan avait bien sentit le coup et recula, presque sonnée, jusqu’à la paroi du vaisseau qui lui permit de rester debout.
" Pas trop mal ? ", s’enquit la Quarienne. " Désolée. "
La chasseresse était vexée de s’être fait touchée et attribua ce fait à Poutchy qui l’avait déconcentrée. Elle grommela un petit "ouai, ouai" mécontent avant de ramasser son Katana.
Quelques mouvements précis lui redonnèrent confiance.
" Tu es vraiment sûre de ne pas vouloir essayer cette lame ? "
Kada allait bien rigoler en voyant la Quarienne taillader son espace comme on manierait un couteau de boucher. C’était du moins comme cela que la chasseresse avait commencé, il y a une bonne cinquantaines d’années.
Samus n’eut pas le cœur à le lui refuser. C’était alarmant comme elle n’arrivait jamais à rien refuser à Kadararan, d’ailleurs.
" Pourquoi pas. ", dit-elle dans un haussement d’épaule.
" C’est une lame de quatre-vingts cinq centimètre, un truc qui se manie à deux mains. J’avais deux lames de soixante centimètres auparavant, car je suis ambidextre. Mais bon, on se contente de ce que l’on a. "
Elle lui donna son arme et plaça les mains de la Quarienne dans la bonne position sur le manche. Main droite près de la garde, main gauche juste en dessous, l’arme pointée vers l’avant.
" Les mouvements sont limités quand on les tient à deux mains, mais ça permet de mettre plus de puissance dans le coup. Quoique, avec ta force, tu pourrais la manier à une main. Le problème c’est que les mouvements sont plus désordonnés, surtout de la part d’une débutante. "
Samus, après quelques mouvements simples, soupesa la lame dans sa main droite. Elle voulut faire un mouvement circulaire court mais ne sut pas arrêter l’arme une fois lancée.
La demoiselle parvint de justesse à plonger sur le sol et à éviter la lame qui trancha l’air au-dessus d’elle. Le cœur de Kadararan galopait dans sa poitrine.
" J’y crois pas ! T’as faillis me décapiter ! "
Elle avait les yeux exorbités.
" Oh… C’est plus difficile que je l’imaginais. Je trouve la lame un peu longue. "
" Ah, ça ! Tu ne vas pas t’en sortir aussi facilement, Sammy ! ", dit-elle en tapant avec son talon sur un pied de la chasseuse de prime qui partit vers l’arrière. Déséquilibrée, la Quarienne n’avait pas d’autres choix que de tomber. Pourquoi fallait-il que ce soit sur Kadararan, dans ce cas ?
Samus profita de la chasseresse pour ne pas avoir à sa cogner contre le sol métallique. Cette dernière grinça des dents en la recevant.
" Gnarf ! T’es plutôt lourde ! "
" Hé ho, ça va ?! ", fit-elle en gratifiant Kadararan d’une magnifique mandale.
" …Je suis un martyr… ", souffla la demoiselle.
Elle avait ses yeux pourpres plongés dans ceux, en amandes, de Samus. On aurait pu s’attendre à ce qu’elle ronchonne à cause de la relative brutalité de la chasseuse de prime à son égard, mais ce fut tout le contraire. Encore une fois, elle lui sourit.
C’était un sourire sincère et compréhensif. Il n’y avait personne à tuer, aucun monstres à combattre et nul laboratoires à détruire. L’ambiance était légère, libérée de tout soucis.
Samus ria aux éclats. Son fou rire enclencha celui de Kadararan. Poutchy avait insidieusement filmé la scène.
" Hé bien ", dit celui-ci en partant vers le poste de pilotage. " Je vais m’occuper de ces coordonnées. "


Dernière édition par Kadararan S'tassri le Dim 1 Aoû - 23:14, édité 1 fois
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Kadararan



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MessageSujet: Re: À bord de l'Adam Malkovich   Dim 1 Aoû - 22:51

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[Éclipse qui se passe lors d’une nuit sur Ontarom, sur ce sujet.]

Une légère brise faisait virevolter les derniers restes du barbecue de Birmos. Des feux de camps avaient été allumés à plusieurs endroits et les mercenaires se regroupaient par affinités. Certains passaient le temps comme ils le pouvaient tandis que d’autre se préparaient à passer la nuit. Kadararan s’était réfugiée sur la carlingue de l’Adam Malkovich et profitait des derniers instants de la journée. Du haut de son promontoire métallique, la demoiselle contemplait les étoiles, les mains derrière la tête. Elle avait laissé Samus faire un briefing de la situation et, bien qu’elle ait été présente au début pour donner son point de vue, s’était bien vite éclipsée quand elle avait vu que sa présence n’était plus nécessaire. En ce moment, la Quarienne était toujours en train de réviser les derniers détails de son plan avec le capitaine Darkwave.
-Alors, c’est là que tu étais !
Interpellée, Kadararan se redressa. Elle vit Samus, les mains sur les hanches la regarder d’en bas. Sans plus attendre, la chasseuse de prime grimpa à son tour sur l’intercepteur modifié et s’assit à côté de sa compagne. La demoiselle posa sa tête sur son épaule.
-C’est calme.
-Je me serais attendue à plus de grabuge de la part de ces mercenaires.
-Tu crois qu’ils vont s’en tenir aux ordres ?
-Je l’espère.
Plusieurs longues minutes passèrent en silence. Les deux femmes n’avaient pas l’habitude de profiter de moments de calme comme celui-ci. Leur vie était toujours trop mouvementée. Au fond, si tout avait été aussi serein comme cet instant passé ici, elles se seraient certainement ennuyées. Kadararan s’étira.
-Je vais finir par fusionner avec ton vaisseau si je reste trop de temps assise ici. On rentre ?
Samus hocha simplement la tête. Elle jeta un dernier coup d’œil au campement avant de rejoindre la chasseresse sur le sas de l’Adam Malkovich qui descendit sans attendre. Une fois à l’intérieur du vaisseau, Samus retira son casque avant d’annoncer abruptement :
-C’est peut-être notre dernière nuit passée ensemble, Kada.
Elle était encore en train de penser à ça. La demoiselle garda un air grave un peu nostalgique avant de lui sourire. C’était un sourire en coin, un sourire rassurant et particulièrement craquant.
-Tu te souviens de ce que je t’ai dit à ce sujet ? , dit-elle en enlaçant Samus. On s’en sortira. C’est une promesse.
Son front se colla à celui de la Quarienne.
-Et si c’est bien notre dernière nuit ensemble… Tu crois que je vais te laisser tranquille ?
C’était au tour de Samus de sourire. Elle embrassa sa compagne, puis une nouvelle fois, et ainsi de suite. Elle avait enroulé ses bras autour des hanches de la demoiselle et caressait son dos. Samus la regarda longuement, de la tendresse dans les yeux, avant de l’attirer vers la couchette.
Les deux femmes se réceptionnèrent sur le matelas qui se déforma sous leur poids. Elle ne pouvaient pas arrêter leur baiser langoureux et Samus en profita pour enlever son armure par morceaux.
Elle s’allongea sur Kadararan qui sentit son cœur galoper à toute allure.
-Je dois dire que c’est la première fois qu…, ne put finir la demoiselle. Samus avait posé un doit sur les lèvres de sa compagne avant de l’embrasser longuement. Elle en profita pour lui retirer sa propre combinaison qui s’entassa sur celle de la Quarienne.
Elles s’enlacèrent et chacune n’avait d’yeux que pour celle qui partagerait leur nuit respective. Leurs courps suaves se frôlaient tandis que les caresses fusaient, sensuelles.
Poutchy respecta pour une fois l’intimité des deux femmes et se rangea dans son casier avant d’activer sa mise en veille. Il laissa un mot sur le poste de pilotage ou il était écrit : "Pour cette fois seulement. Votre drone à qui vous devez des bisous."
Kadararan repoussa délicatement la Quarienne pour échanger les rôles. Son regard était plongé dans celui de Samus. Les yeux de la demoiselle étaient loin de paraître menaçants ou agressifs malgré leur saisissante couleur pourpre. Ils n’exprimaient que de la tendresse. Elle ferma les yeux et, lorsqu’elle les rouvrit, ceux-ci avaient pris une teinte sombre, presque noire. Elle fixa intensément la chasseuse de prime qui se sentit arrachée dans un autre monde. Le système nerveux des deux femmes était à présent connecté. Ils ne formaient plus qu’un et Samus ressentait, en plus de ses propres émotions, celles de Kadararan. C’était un flot impétueux de colère, de tristesse, d’incompréhension, de confiance et d’amour. L’échange était accentué par l’hypersensibilité de la demoiselle. Samus avait l’impression d’avoir ses cinq sens exacerbés et d’en avoir gagné un sixième. En outre, elle n’était plus dans son vaisseau mais autre part.

~

Une petite Asari était assise au milieu d’une grande salle entièrement métallique. Son sol était dur et froid et ses murs immaculés reflétaient sans netteté l’image de la jeune demoiselle comme un miroir salit. Elle ne devait pas avoir plus d’une dizaine d’année. Haute comme trois pommes, elle était assise en tailleur, les mains sur les genoux et le dos rond. Ce qui marquait surtout chez cet enfant était son regard ; c’était un regard sauvage et dur. Un regard ou il manquait irrémédiablement cette touche de découverte et d’amusement qui caractérisait les enfants de son âge. Ce qu’elle possédait, c’était un regard de prédateur où ne transparaissait aucune compassion. Déjà à cette âge, cette enfant était marqué par un manque évident de tendresse. Elle plissa les yeux pour montrer son agressivité.
-Ne me regarde pas comme ça, Kadararan !
Celle qui avait hurlé était une autre Asari, beaucoup plus âgée. Elle se tenait dans la même position devant Kadararan, à ceci dit qu’elle était beaucoup plus relâchée. Une grande balafre lui cinglait le visage au niveau de l’œil droit qui était éborgné. À sa place, un œil cybernétique avait été implanté, et il brillait d’un inquiétante lueur rouge. Cette Asari-là s’appelait Hint, et c’était une Probatrice. Elle était imposante. Par apport à Hint, Kadararan lui arrivait à la taille.
Hint était arrivée un peu plus tôt sur un vaisseau cargo qui avait été victime d’une attaque de pirates. Elle avait réussis à les repousser mais le bâtiment avait subis de gros dégâts. Par chance, elle connaissait un endroit qui était susceptible de les aider ; c’est ainsi qu’elle atterris dans la station ATOMS, réputée pour former des Chasseresses Asaris qui agissaient indépendamment des cités et colonies.
Elle aurait dû repartir avec l’équipage Galarien qui composait le cargo, mais son attention avait été attirée par une Asari particulière. Au détour d’un couloir, le regard dur de cette enfant s’était posé sur elle, et Hint n’avait pas su s’en dérober. Elle avait d’abord été troublée. Beaucoup de questions en avait ensuite résultés et Hint se rendit compte qu’elle avait plus que tout envie d’en connaître plus sur cet enfant blessé. Elle ne l’avouera jamais, mais au fond d’elle, Hint savait que son instinct maternel s’était réveillé. C’était la première fois en trois-cent ans, date ou elle avait perdu sa fille, qu’elle ressentait quelque chose de pareil. Son enquête au sein de la station avait confirmé ce qu’elle pensait déjà de cette petite : les résidentes la qualifiait de "bonne à rien", "tête de mule", "agressive", "instable" et j’en passe et des meilleures. Elle avait aussi appris qu’elle n’avait pas de parents. Kadararan était un jour arrivée dans la station sans explications, emmenée par une certaine Kaniya qui semblait être sa tutrice. Généralement, quand une Asari apprend qu’elle fait face à un enfant sans parent, un côté plus doux et attentionné transparaît. Cette compassion, qui vient de leur instinct maternel, les poussent à s’en occuper. Ce n’était pourtant pas le cas de Hint. Du moins, elle n’appellerait pas cela ainsi. Ce qui l’avait touché, c’était ce manque flagrant qu’elle percevait chez cette petite et qui l’empêchait de montrer son plein potentiel. Par ce qu’Hint avait directement remarqué la fabuleuse guerrière que Kadararan pouvait devenir, et qu’elle ne deviendrait jamais si elle continuait de suivre cette voie.
Tout le monde s’en était rendu compte dans la station. Kadararan n’écoutait rien et n’en faisait qu’à sa tête. Elle n’apprenait rien et donc n’était pas utile. Hint se doutait que les éléments qui ne servaient pas étaient relégués autre parts, et cet autre part ne devait pas être très joyeux. Surtout pour Kadararan, qui dans l’ombre, était un prototype. Et les prototypes ratés étaient éliminés. Hint avait instinctivement eu peur pour cette petite Asari.
-"Kadararan". Je sais que cela veut dire "courage" en ancien Asari. Pourquoi t’as-t-on appelé comme ça ? Tu le sais ?
La jeune Asari resta silencieuse, dérobant son regard de celui de la Probatrice. Cette dernière tiqua, elle avait une veine de colère qui palpitait à son front. Hint leva sa main et envoya un coup de poing sur la joue de Kadararan qui, sous le choc, fut envoyée face contre terre.
-Je t’ai posé une question ! Il est de bon ton de répondre aux questions que l’on te pose.
-Vous êtes dingue ! , s’insurgea la jeune demoiselle d’une voix enfantine en se remettant en position du tailleur.
-Ce n’est pas une réponse acceptable.
Hint la frappa sans ménagement une nouvelle fois. Kadararan, n’en pouvant plus, se jeta en hurlant sur la Probatrice pour la ruer de coups de poings faiblard.
-Je crois bien savoir pour quelles raison ils t’ont nommés ainsi, fit Hint en propulsant Kadararan contre le mur en usant de ses pouvoirs biotiques. Tu sais que je suis deux fois plus grandes que toi et cent fois plus forte ? N’importe qui serait intimidé.
La jeune Asari se releva en fixant la Probatrice de son regard assassin. Elle lui montrait ses dents comme un animal sauvage. Un filet de sang sombre coulait de son front le long de sa joue.
-Allons, Kadararan. Un peu de tenue, il n’y a aucunes raison d’agir ainsi. Tu sais à quoi tu me fais penser, en cet instant ? À un fauve. Oui, c’est ça, tu es une petite panthère. Une petite panthère inoffensive.
"Tu sais, petite panthère, j’en ai rencontré des Asaris avant toi. J’en ai formés beaucoup, et seulement quelques unes sont devenues Probatrices. Aucune n’avait ta volonté et ton courage. Peut-être es-tu simplement folle ou inconsciente, mais moi, je ne le pense pas."

-C’est vous qui êtes folle ! Vous me frappez sans raisons et vous me raconter des trucs bizarres !
Hint rigola franchement aux paroles de Kadararan.
-La raison n’est raison qu’autant qu’elle nous touche.
La jeune Asari n’avait visiblement pas compris. Elle haussa un sourcil interrogateur et fit une moue dubitative, oubliant totalement sa rancœur envers Hint pour réfléchir au bon sens de sa phrase. C’était peine perdue, pour Kadararan, cette phrase n’était qu’un ramassis de charabia.
-Tu es peut-être téméraire, mais tu n’es pas très futée. Je vois qu’il faut t’inculquer la sagesse.
-Je comprend rien à ce que vous voulez ! Vous n’avez pas arrêté de me rabaisser depuis que vous êtes entré dans cette pièce.
-Alors, venge-toi. Si tu t’es sentis blessée par ce que j’ai dis, par ce que cela concernait tes capacités ou ton jugement, retrouve ton honneur. Bat-toi avec moi.
-J’ai pas peur de vous ! , avait dit la jeune demoiselle en fonçant vers Hint dans une position très agressive. Elle envoya un coup de poing mollasson au ventre de la Probatrice qui le bloqua sans effort. Cette dernière agrippa fermement le poignet de Kadararan et lui envoya un uppercut au menton.
La jeune Asari entendit un craquement de mauvais augure et un flot de sang s’échappa de sa bouche. Même si la douleur était insupportable, elle continua d’envoyer d’autres coups de poings avec son bras non entravés qui touchaient son adversaire, mais la Probatrice semblait ne pas les sentir. Hint souleva Kadararan d’une main, en la tenant toujours par le poignet.
-Tu es plutôt maigrichonne. Il faut manger un peu plus si tu veux pouvoir me battre !
Elle envoya d’un mouvement sec la jeune Asari valser contre le mur le plus proche. Kadararan sentit la froideur du métal contre sa peau qui ressemblait à une morsure. Elle avait affreusement mal au dos, au poignet et à la mâchoire mais elle n’était pas prête d’abandonner aussitôt. Une victoire était presque impossible, et Hint s’étonna de la volonté de la demoiselle qui se releva même après un choc pareil. Lorsqu’elle la vit se ruer de nouveau vers elle, le regard de la Probatrice s’assombrit.
-Ce n’est pas comme ça que tu réussira quelque chose, petite panthère.
Avant même que Kadararan ait pu amorcer le moindre mouvement, Hint l’attrapa aux épaules pour la bloquer et lui envoya un violent coup de genou dans les côtes. Encore une fois, la demoiselle entendit un craquement suivis d’un flot tiède s’échappant de sa poitrine. Elle avait le souffle coupé et les yeux révulsés. Elle fit quelques pas timide vers l’arrière, tremblante, avant de tomber sans douceur sur le dos. Le combat était terminé, Kadararan ne bougeait plus du tout.
Hint regarda l’enfant sans émotions. Le sang violet de son "élève" s’échappait de ses plaies et formait une flaque autour d’elle.
-Ce n’était pas très malin de ta part de t’attaquer à moi comme cela, dit-elle en soupirant de dépit. J’ai du la tuer…
Elle s’avança vers Kadararan et palpa sa jugulaire. Au bout de quelques minutes, elle sentit un pouls. Il était faible et irrégulier, mais il était là. Un sourire serein s’afficha sur les lèvres de la Probatrice. Au fond, elle était contente de la savoir toujours en vie.
-Une volonté pareille est de bon présage, sauf lorsque toute victoire est impossible, Kadararan. Il faut survivre, et pas mourir pour une cause perdue. Ne perd jamais cette volonté, mais ne te sacrifie pas inutilement.
Même si la demoiselle ne l’entendait pas, Hint avait été heureuse de pouvoir lui dire ces paroles. Kadararan l’apprendra bien assez tôt, si ce n’est pas déjà fait.
-Mais elle m’a l’air d’une vraie tête de mule. J’ai l’impression qu’il va être dur de lui faire entrer quelque chose dans son petit crâne bleu, termina-t-elle en appelant les services de soin.

Les bruits réguliers d’un matériel de soin résonnait dans les oreilles de Kadararan. Elle entendait comme si elle était dans un aquarium, entre la vie et la mort. Ses paupières s’ouvrirent lentement, et sa vision floue découvrit la salle dans laquelle elle était. Ce n’était plus le complexe d’entraînement, mais l’endroit était aussi froid que ce dernier. Les murs de la salle étaient blanc cassé et des instruments médicaux étaient présent en nombre conséquent. La jeune Asari était allongée dans un lit d’hôpital. Il n’y avait plus aucun doutes, Kadararan avait été emmenée dans l’infirmerie. Tout était encore confus dans son esprit. Elle ne se rappelait plus du tout de ce qui s’était passé après avoir ressentis une douleur assez violente au niveau des côtes. Son regard convergea vers la droite, où elle découvrit Kaniya en grande conversation avec Hint.
-Lorsque vous avez parlé d’entraînement, je pensais que ce serait sérieux. Et je ne pensais pas retrouver ma fille dans un tel état.
-C’est sérieux, madame. Vous m’avez dit vous-même qu’elle n’apprenais rien. Je suis peut-être la seule qui peut faire changer la donne, mais il faudra accepter mes méthodes.
Kadararan avait envie d’intervenir, mais un appareil respiratoire enfoncé au fond de sa gorge l’en empêchait. Tout ça commençait à l’énerver, et elle entreprit de retirer ce truc gênant avec ses bras engourdis, sans succès. Kaniya, voyant qu’elle était réveillée, s’approcha de Kadararan et s’agenouilla près d’elle en lui caressant le front comme une mère le ferait.
-Tu es presque rétablie, mais il vaudrait mieux garder ce masque pour l’instant. C’est plus prudent.
Hint n’était pas de cet avis. Elle s’approcha de Kadararan et haussa un sourcil en apercevant que ses blessures s’étaient déjà refermées. Elle posa sa main sur l’appareil respiratoire de la demoiselle et le retira sans ménagement. Kadararan se releva en toussant, comme si elle allait y laisser la vie. Après avoir pris deux énormes bouffées d’oxygène, son rythme revint à la normale.
-Vous êtes folle ! , intervint Kaniya qui avait été horrifiée par la scène.
-Il n’y a aucune raisons à ce qu’elle reste allongée dans ce lit à ne rien faire.
-Elle n’est pas encore parfaitement rétablie !
-Je vois mieux que vous, à ce qu’on dirait. Cette petite panthère est en parfaite santé, et cela m’étonne. N’importe qui serait resté une bonne semaine dans le coma. Elle y est à peine restée deux jours.
La demoiselle en avait déjà assez de ces disputes et engouffra sa tête dans ses mains. Une migraine lancinante lui vrillait le crâne et elle avait mal à tout ses membres. Kaniya la regardait sans dire un mot.
-Ne soyez pas trop protectrice. Vous voyez bien que cela n’amène à rien avec elle. C’est un sacré caractère.
Kadararan en avait assez qu’on parle d’elle comme cela. Elle avait aussi son mot à dire et, énervée, ouvrit la bouche pour parler. Elle n’en eut cependant pas le temps puisque Hint l’attrapa par le bras et la sortit du lit sans ménagement.
-Pas de temps à perdre à ne rien faire. Tu as eu deux jours de repos et c’est plus qu’assez. Habille-toi rapidement et rejoins-moi dans le complexe B-5.
-Très bien, fit Kaniya après avoir mûrement réfléchit. Je ne vois pas pourquoi vous vous obstinez à vouloir la former, mais je vous la laisse. Je vous demanderais seulement de ne pas l’amener à l’infirmerie après chaque entraînements.
Atterrée. C’était le mot juste qui définissait la demoiselle en cet instant. Son visage se décomposa lorsqu’elle se rendit compte que le seul rempart qui pouvait se dresser entre elle et ce tyran avait cédé face à l’obstination de la Probatrice. Elle aurait voulu supplier Kaniya de ne pas laisser tomber mais cela aurait touché à sa fierté. Kadararan resta donc à supporter, digne, ce qui allait s’avérer être un changement important de sa vie. Pourtant, tout ce qu’elle avait envie en cet instant, c’était de se réfugier dans un coin sombre et de se morfondre sur les supplices qu’elle allait devoir subir à l’avenir. Qu’est-ce qu’elle pouvait haïr cette Probatrice !

La jeune Asari arriva dans le complexe en ayant revêtu la tenue réglementaire. La première chose qu’elle remarqua était que Hint n’était pas seule. Elle était accompagnée d’une autre Asari qui avait à peu près le même âge que Kadararan. Cette dernière, à l’inverse de la demoiselle, avait une couleur de peau très sombre, presque mauve. Elle était en train de méditer, assise en tailleur comme Kada l’était il y a deux jours.
-Tu en as mis du temps ! Viens ici, dit la Probatrice en l’amenant près de l’inconnue. Je te présente Choya. Elle vient d’arriver. Ses parents ont été tués lors d’une attaque pirate sur une colonie Asari, et elle a été transférée ici pour devenir chasseresse.
La dénommée Choya avait tourné sa tête vers Kadararan. Bien que ces terribles événements venaient de se passer, elle avait un grand sourire qu’elle décernait uniquement à la jeune demoiselle. Kadararan la regardait d’un air grave avec un sourire à l’envers (= ). C’était la première fois qu’on lui souriait ainsi avec autant de sincérité. Elle ne savait pas vraiment comment réagir et resta donc sur place sans bouger, une expression embarrassée collée à son visage.
-Qu’attend-tu pour la saluer ?! Tu es vraiment malpolie !
Hint donna une tape dans le dos de Kadararan pour la forcer à avancer. Elle se courba sous le choc et lança un regard noir à la Probatrice avant de reporter son attention sur Choya. Cette dernière avait toujours le sourire. Kadararan était de plus en plus mal à l’aise.
-B…Bonjour, dit-elle d’une voix plus tremblante qu’elle ne l’aurait voulu.
-Elle ne s’entraînera pas avec toi, mais c’est la seule Asari de cette station à avoir ton âge. Le début d’une grande amitié, peut-être ?
Kadararan tourna sa tête vers la Probatrice. Elle avait toujours cet air si contrit.
-Ne sois pas si timide ! Tu n’arriveras à rien en étant aussi asociale. Plus ton cercle d’allié augmente, plus grande est ta notoriété et ton champ d’action. C’est toujours agréable d’avoir le soutient d’un ami durant une bataille.
Choya se leva et s’avança pour faire face à Kadararan. Elle lui tendit une main que la demoiselle regarda comme un trésor inaccessible.
-C’est un plaisir de faire ta connaissance, Kadararan ! Hint m’a un peu parlé de toi.
La demoiselle, comme paralysé, ne fit pas le moindre geste. Elle répondit juste par un grognement embarrassé. Hint soupira en posant sa main sur l’épaule de Kadararan dans un geste protecteur.
-Tu es vraiment un cas particulier.

Hint n’en démordait pas. Quel que soit la rancœur de Kadararan à son égard, elle continuait encore et encore à lui apprendre son style de combat. La demoiselle ne pouvait faire aucun faux pas et contrairement aux attente de Kaniya, lorsqu’elle se trompait, la direction de Kadararan était souvent celle de l’infirmerie. Lorsqu’elle se rebellait et n’en faisait qu’à sa tête ; c’était l’explosion. Finalement, Kadararan finit par avoir trop peur d’Hint et de ses coups de poings pour ne pas l’écouter, mais c’était bien la seule personne qui avait un tant soit peu de contrôle sur elle. Au fil du temps, cela avait même empiré ses rapports avec les autres Asaris de la station qui la trouvait trop têtue et trop agressive. Elles avaient des réticences à s’entraîner avec Kadararan car, dans son désir de se montrer la plus forte, la demoiselle écrasait littéralement ses adversaires. Comme Hint. Son entraîneur avait plus d’influence sur elle qu’elle ne voulait le penser. La jeune Asari finit par devenir une combattante hors pair, mais pas encore assez pour battre la Probatrice. Les années passèrent et d’enfant, elle passa à adolescente. Elle appliquait instinctivement les conseils de la Probatrice, et son appétit devint célèbre dans toute la station. Kadararan avait un goût particulier pour la viande que ses consœurs n’avaient pas, n’étant pas carnassières. Cette autre différence, en plus de celles physiques qui commençaient à montrer le bout de leur nez, la séparait du groupe aussi bien qu’un espagnol ne se dira jamais affilié à un portugais.
Approchant de la quarantaine, elle grandissait bien, et ses efforts physiques constants forgèrent son apparence. Kadararan eut rapidement le profil d’une guerrière. Bien que toujours assez fine pour exécuter les acrobaties de son style de combat, sa musculature se rapprochait de celle d’une humaine soldate, ce que beaucoup d’Asaris n’atteindront jamais.
Les seules qui la supportait dans la station n’étaient autre que Hint et Choya. Kaniya se prétendait être sa mère alors que Kadararan savait bien qu’il n’y avait aucunes traces de gènes de la scientifique dans son ADN. Mais c’était, avec les deux autres, une des seules qui s’occupait d’elle. Kadararan, au fil du temps, finit par la considérer de plus en plus comme sa mère.

Elle marchait dans les couloir de la station, une lame à la main. Hint était à ses côtés et toutes deux portaient une armure légère de combat. Le regard de la demoiselle était toujours aussi sauvage mais un changement s’était effectué dans son éclat. Ses yeux n’étaient plus aussi froid qu’auparavant. Ce changement presque imperceptible, seules Hint et Choya le remarquaient.
-Je te battrais cette-fois, Hint, dit-elle montrant un sourire carnassier à cette dernière. Tu es peut-être plus expérimentée, mais je finirais par te surpasser.
-C’est ton orgueil qui te surpasse, petite panthère.
-Je ne suis pas petite !
Kadararan considéra la Probatrice. Elle avait vingt bons centimètres de plus que la demoiselle.
-Bon, d’accord. Tu me dépasse de loin et Choya aussi. Mais ce n’est pas une raison ! Je ne suis pas petite !
-Si ma petite panthère le dit, alors ça ne peut qu’être vrai.
Ne voyant pas l’ironie derrière ces propos, la jeune Asari leva le menton d’un air hautain et très sûre d’elle. Leur marche les menaient vers le complexe d’entraînement. Au détour d’un couloir, elle tombèrent sur Choya qui semblait sur ses gardes. Ce n’était pas une Asari avec un visage remarquable, mais ses yeux vert allié à sa couleur de peau singulière lui donnait un certain charme. Elle sursauta quand elle remarqua le petit groupe mais se calma rapidement en apercevant son amie. Hint haussa un sourcil en la voyant.
-Tu n’es pas avec ton groupe ?
-Disons que j’ai peut-être un peu fugué. J’espère que vous ne serez pas trop intransigeante avec moi, Hint.
La Probatrice serra ses poings. Une veine de colère palpita sur son front. Elle lança un regard vindicatif à Kadararan qui ne savait pas trop ou se mettre, redoutant la suite. Hint, comme d’habitude, leva le poing et frappa l’Asari sur le haut de son crâne.
-Aie~euh !
-Tout ça, c’est de ta faute. Tu as une mauvaise influence sur elle !
-Pardon ?!! Mais je n’ai rien fait du tout ! Tu es l’Asari la plus injuste et la plus stupide qui soit !
En réponse à ces injures, Hint lui envoya un deuxième coup de poing qui fit de nouveau grimacer de douleur la demoiselle.
-Et toi la plus abrutie et tête de mule.
Kadararan entra subitement dans une colère noire et envoya un coup de pieds circulaire que la Probatrice esquiva en s’abaissant. Elle agrippa le pied de la demoiselle et lui tordit la cheville pour la faire tomber au sol.
-Allons allons, tenta de calmer Choya. Ne vous battez pas pour ça.
La demoiselle se releva en massant son épaule endolorie par le choc.
-Ce n’est pas moi qui ai commencé !
-Ce n’est jamais toi la fautive, de toute façon.
-Mon univers se résume donc à être le centre des railleries d’une Probatrice ?! , s’énerva Kadararan.
-Tu sais que je t’aime, dit Hint en posant une main sur l’épaule de son élève.
-Ca, ouai ! Tes poings n’arrêtent pas de me faire des bisous.
Avec le temps, Choya aurait du s’habituer aux incessantes disputes entre Hint et Kadararan. Mais on aurait dit que ces deux-là s’en voulaient tellement, à s’envoyer des piques. Les spectateur ne pouvaient que subir, atterré, n’ayant pas envie de s’attirer les foudres des deux plus grandes guerrières de la station.
Hint se détourna de Kadararan pour s’intéresser à Choya. Elle lui demanda ce qui avait pu lui passer par la tête pour chercher à les rejoindre.
-Un combat entre le maître et l’élève, je ne raterais ça pour rien au monde.
-Je vais l’éclater.
-Si tu commence comme ça, il y a peu de chances. Il faut d’abord laisser la plénitude envahir son esprit. Ensuite, tu seras dans le bon état pour combattre.
-Ce sont de bien grands mots pour définir ce truc qui ne sert à rien. Franchement. Tu n’arrête pas de me dire que la méditation aide pour le combat, mais tout ça c’est des conneries. C’est pas en restant immobile qu’on va mettre ses adversaires au tapis, c’est plutôt le contraire !
-Mais quand vais-je réussir à faire rentrer la sagesse dans ton p’tit crâne bleu ?!, s’énerva le Probatrice en frappant encore plus violemment Kadararan à la tête. Est-ce que j’ai déjà perdu contre toi ?
La demoiselle se frotta la joue en réfrénant sa rage. Elle n’avait jamais gagné un seul combat contre Hint. Kadararan ne voulut pas répondre et, en se cachant sous une cape de fierté, releva le menton et marcha seule jusqu’au complexe, suivie des deux autres Asaris.
Elle s’était déjà préparée et termina quelques exercices d’assouplissement. À peine Hint avait dégainé sa lame que Kadararan bondit sur elle, toute son agressivité contenue s’échappant comme un violent maelström de haine. Les lames des deux Asaris crissèrent sous l’impact.
-Tu n’es vraiment qu’une tête de mule. Je t’avais pourtant prévenue que l’on ne commencerait pas directement.
-J’avais pas vraiment envie !
La Probatrice tourna sa lame d’une certaine façon et envoya un coup dans un angle qui arracha le katana des mains de Kadararan. Cette dernière, surprise de la manœuvre, regarda son arme voltiger un peu plus loin. Hint n’avait pas dit son dernier mot et fit tournoyer sa lame vers Kadararan. La jeune chasseresse n’eut que le temps de faire un flip arrière pour éviter de se faire trancher en deux.
-Tu as faillis me tuer ! J’y crois pas !
-Je croyais que tu étais habituée, depuis le temps.
-Laisse-moi… , commença-t-elle à dire en évitant un autre coup, cette fois en exécutant une roulade. …essayer de vivre comme une Asari normale. Une Asari qui n’est pas en danger de mort quinze fois par jours.
-Tu rêve !
Alors qu’Hint allait amorcer une autre attaque, Kadararan empoigna le poignet qui tenait son arme et le tordit. La Probatrice lâcha sa lame que la demoiselle s’empressa d’éjecter loin d’elles avec son pied. Elles se regardèrent en chien de faïence pendant quelques secondes avant d’en venir aux mains.
Ce n’était qu’un enchaînement de coup plus extraordinaires les uns que les autres. Kadararan se défendait bien, mais ses mouvements étaient loin d’être parfait et son rythme était chaotique. Tout le contraire d’Hint qui était gracieuse et semblait avoir la même consistance que le vent. Alors que la jeune chasseresse pensa avoir pris l’avantage en éjectant un des bras de la Probatrice vers l’arrière après un coup de pieds bien placé, elle tourna sur elle-même avec la ferme intention d’envoyer un uppercut au menton découvert de son entraîneur. Malheureusement, une fois qu’elle eut Hint en visuel, elle vit que cette dernière avait deviné son coup et avait préparé un contre. Kadararan n’eut même pas le temps de penser à l’esquiver qu’un coup de poing surpuissant se cala contre sa mâchoire. Sous la force de l’impact, la demoiselle fit un vol plané d’au moins un bon mètre avant de retomber durement sur le sol métallique. Elle était bonne pour quelques courbatures, une nouvelle fois.
Hint dégaina un pistolet imaginaire et visa Kadararan avant d’énoncer un « pan » qui clôtura le combat.
-Tu es morte.
Kadararan rageait.
-J’en ai marre de perdre ! Choya, on s’y met à deux !
-Je ne pense pas que ce soit une bonne idée.
-S’il te plaît, supplia la demoiselle. Choya fit la moue. Elle avait réellement envie d’aider son amie, mais c’était contre la raison.
-Je ne t’arrive pas à la cheville, Kada. Tu es vraiment forte ! Toutes les autres ont peur de toi, alors arrête d’être obnubilée par cette idée. Tu te dépasse tout les jours, et je ne sais pas si c’est très sain pour toi.
-Tu ne comprend pas ! Il le faut ! Je dois la battre, je ne peux pas baisser les bras. Autrement, autant mourir. Si j’ai survécu jusqu’ici, c’est par ce que je sais qu’un jour je lui rendrais tout les coups qu’elle m’a donné. Elle verra enfin ce que c’est que d’être pris pour un punching ball !
Pris pour un Punching ball… pour un Punching ball…
Cette unique phrase avait rendu l’esprit à la chasseresse.
Le regard de Kadararan, aussi noir que la cendre, était plongé dans celui de Samus. La demoiselle avait laisser virevolté son esprit et ces bribes de son passé s’étaient partagés à sa compagne par le lien unique qui avait unis leur système nerveux. Lorsqu’elle s’en rendit compte, Kadararan sursauta et détourna la tête.
-D… désolée, je… je me suis laissée entraînée à des rêveries et… enfin…
Son teint bleu ciel s’empourpra à la pensée que Samus ait pu avoir un aperçu de son histoire personnelle. Pour elle, l’enfant sauvage d’hier n’était qu’un fantôme du passé et n’avait plus aucun rapport avec la jeune femme qu’elle était devenue aujourd’hui. L’habituelle couleur carmin revint colorer ses yeux alors qu’elle était toujours en train de se morfondre là-dessus.

L’habilité des Asaris à fusionner avec leur partenaire est extraordinaire. C’est un contact particulier qui, en plus de dévoiler des segments de souvenirs ou des pensées, faisait miroiter pour chacun des deux amoureux les sentiments qu’ils avaient à leur égards. Kadararan rougit d’autant plus en s’apercevant à quel point Samus tenait à elle. Elle était embarrassée par tant de sincérité.
Samus ne réagissait toujours pas, le regard grand ouvert. Elle en était encore à digérer toutes ces informations. En sentant le malaise de sa compagne, ses yeux s’adoucirent. Elle la serra tendrement contre elle pour la rassurer. Il n’y avait pas besoin de plus.
Conscientes de ce qui les attendaient par la suite, les deux femmes s’endormirent rapidement, le sourire aux lèvres.

~

Un bip bip reconnaissable s’échappa du tas de vêtement empilé au pied du lit. Il était assez fort pour réveiller la chasseresse. En constatant que Samus était toujours endormie, Kadararan quitta son contact rassurant pour s’asseoir au bord de la couchette et s’étira de tout son long en baillant. À son grand étonnement, elle n’était pas aussi fatiguée qu’elle l’aurait cru. Un coup d’œil vers le hublot indiqua à la demoiselle qu’il faisait toujours sombre, bien qu’un timide rayon de soleil s’apercevait à l’horizon.
Elle baissa la tête pour regarder le tas de vêtements. L’armure de Samus s’était mélangée à la sienne, cela lui rappela la nuit mouvementée qui venait juste de se passer. Kadararan entreprit de fouiller dans le tas pour retrouver l’objet à l’origine du bruit. Elle en ressortit une mitaine noire qui fourmillait de fils électriques greffés à même le tissus.
Kadararan enfila son omni-tech et activa l’interface holographique. Elle regarda le mail qu’elle venait tout juste de recevoir.
Caprice du destin ou simple coïncidence ? Il contenait des photos d’elle, d’Hint et de Choya. Elle les passa toutes en revues. Il y avait de tout ; des clichés alors qu’elle n’avait qu’une dizaines d’années et d’autres où elle n’était encore qu’une jeune adolescente. La différence de comportement était flagrante entre les photos ; Kadararan était ronchon et sauvage durant l’enfance et les premiers sourires n’apparaissaient que vers l’adolescence. Cependant, ce n’étaient pas des sourires chaleureux, ceux-là étaient teinté de détermination et de férocité. Même si au fil du temps, Kadararan avait grandis, Hint restait bien plus grande qu’elle. Le mail finissait par une seule ligne de texte. Cela ne paraissait pas énorme, mais les mots qu’ils contenaient voulaient tout dire. Du moins, pour Kadararan.
"Je t’ai retrouvée", disaient-ils. La demoiselle, à la lecture de cette phrase, avait simplement fermé les yeux avant de… frissonner de terreur. Toutes couleurs avait quitté son visage déjà bien pâle, et elle s’effondra de dépit. Si elle avait pu mourir sur le coup, elle l’aurait fait.
-Au secours… !
-Mmgn… Qu’est-ce que tu raconte… ? , fit Samus dans un grognement. Elle agrippa Kadararan par la taille et l’attira vers elle. Reviens…
La demoiselle éteignit son omni-tech et le retira de son poignet avant de se fourrer dans les bras protecteur de sa compagne. Dans cet havre de paix que lui offrait Samus, ses "ennuis" pouvaient bien attendre.
Même si ces ennuis-là étaient à la fois très collants et très désagréables. Oui, très désagréables, se dit Kadararan en sentant une douleur à la joue, endroit ou Hint avait l’habitude de frapper.
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