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 Folie psychopathe (première partie) Libre

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Talia Tsali

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MessageSujet: Folie psychopathe (première partie) Libre   Mar 6 Sep - 18:50

http://www.youtube.com/watch?v=Spkb5810JQU&feature=related

BOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOMMMM !!!

La déflagration secoue la tour, renversant les cloisons séparant les bureaux, pulvérisant le mobilier. Je n'ai eu que le temps de me coucher au sol pour éviter d'être renversée. Ma barrière biotique s'estompe et je ressens une douleur au ventre là où un débris m'a percutée. Je tousse, étourdie par l'onde de choc qui a frappé le 11eme étage de la tour Nakatomi... Des cris de terreur s'élèvent dans les bureaux voisins... Je n'arrive pas à croire que cet idiot de Simmons ait pu faire ça...

"- Alerte - Alerte - Alerte ! "

La voix de l'IA retentit et résonne dans mon crane. Je secoue la tête encore sonnée par l'explosion... Je rampe derrière le rebord en granit du bassin aux carpes terriennes. Mes mains irradient d'énergie et mon corps est subitement entouré d'un bouclier biotique impénétrable. Je me redresse et je projette une onde de choc droit vers les deux méca de sécurité qui se rapprochent de moi.

VRRrraaaaCCC !

L'onde frappe de plein fouet les deux robots et ils traversent la baie vitrée du 117eme bureau de la tour Nakatomi. Je retombe sur mes fesses, cachée derrière le rebord du bassin, respirant enfin un grand coup... Je n'ai pas beaucoup de temps...

"- Le bâtiment vient d'être touché par une explosion ! Le personnel est invité à évacuer le bâtiment et à suivre les consigne de sécurité ! "

Oui, oui c'est ça... J'entends des cris dans les couloirs derrière moi et une seconde explosion secoue la tour, brisant toutes les vitres intacte de la façade nord. Des débris de la paroi de l'aquarium tombe à mes pieds et une carpe est projetée au sol. Elle se tortille impuissante sur le sol, au bord de l'asphyxie. J'entends un bruit de course derrière moi et je vois un second groupe de méca jaillir de l'ascenseur sur ma droite.

RATATATATATATARATATA !

Mon abris est soudain criblé de balles ! Je m'allonge au sol pour éviter d'être touchée et je me tourne sur le dos. Je distingue au travers de la fumée la forme élancée d'une aile métallique suspendue au plafond pour illustrer la recherche aéronautique. Sa forme courbe telle un boomerang me donne une idée : Je me concentre un bref instant, sentant le gout du sang dans ma bouche et je frappe de mon énergie la base du support. Celui ci craque soudain et l'aile courbe s'arrache du plafond, projetée avec force droit sur mes agresseurs.

PFFFFiouPffiouPFIou !

Elle tournoi à toute vitesse et frappe les méca, en décapitant un et écrasant les deux autres contre le mur.

"- L'usage du matériel de Nakatomi consulting est réservée au membre du cabinet. Toute altération du matériel sera susceptible d'entrainer des poursuites judiciaire qui Crrrrrchhhhh..."

Je me redresse et je plonge ma main crépitante dans les circuit de l'IA, mettant un terme à sa voix stridente. Je décroche le communicateur sur le mur et je tape un code confidentiel. La sonnerie retentit deux fois avant que mon interlocuteur ne décroche.

"- Simmons à l'appareil !"

"- Mon cher Michal ! Vous m'avez ratée ! Je suis encore en vie !"

"- Démone ! Tu as eu de la chance mais cela ne durera pas !"

"- Venez donc me retrouver mon cher, nous pourrons discuter... Après tout vous avez ce que je veux..."

Il coupe la communication, m'empêchant de le localiser sur le plan 3D du la tour qui s'affiche sur mon omni-deck. Et merde ! Je relie celui ci au système central de la tour Nakatomi... Je perce vite le pare feu qui le protège. Je me suis renseignée sur la sécurité du bâtiment avant de venir ici, simple précaution machinale mais qui se révèle d'une très grande utilité à présent. Le pare feu, composé de deux réseaux dégroupés relié par un système unique cède en moins d'une minute.

"- Ahaha ! Tu es à moi maintenant..."

Je repère la position d'un groupe armé au 25eme étage qui se dirige vers le système de taxi intégré à la tour au 27eme. Je ferme les portes de sécurité blindées pour lui couper le passage et je mets en marche le système anti incendie du 25eme. J'espère que ce cher Simmons s'amusera à traverser les couloirs sous des trombes d'eau et de mousse anti incendie. J'active les ascenseurs du 11eme étage et je bloquer ceux qui servent les niveaux 23 à 27. Là ! Il ne m'échappera pas ! Je jette un coup d'œil vers les alarmes : Les flics de la Citadelle ne vont pas tarder à rappliquer... D'ordinaire ils n'apprécient pas du tout que l'on fasse sauter des bombes dans un immeuble de bureau.

Lorsque je suis arrivée pour négocier l'échange d'informations sensibles avec Nakatomi aéronautiques, je ne m'attendais pas à ce que l'un de mes rivaux soit lui aussi sur cette affaire. Ce crétin de Simmons n'a rien trouvé de mieux que d'organiser une opération armée pour m'empêcher de conclure mon affaire. Lui et ses complices ont débarqués ici et fait sauter le terminal informatique après avoir récupéré les données qui m'intéressent. Il pensait certainement faire d'une pierre deux coups et se débarrasser de moi. Il a tué mon contact et voyant que je lui échappais, il a actionné sa bombe avant de s'exfiltrer par les ascenseurs. Heureusement, je me trouvais dans l'espace détente à ce moment là... Et non près des terminaux...

Le problème, c'est que les meca de sécurité de Nakatomi sont devenus dingues et tirent sur tout ce qui bouge... Ce n'est pas normal ça...

Je cours vers l'ascenseur et je tape sur le bouton du 27eme étage. Il y a certainement du monde là bas... Simmons a du garder l'ascenseur... J'aurais fait pareil à sa place... Ce qui m'ennuie le plus, c'est ces meca de sécurité qui sont devenus fous... Ce n'est pas une simple explosion qui a pu changer leur programmation. Quelqu'un tire les ficelles et je ne crois pas que ce soit Simmons. C'est un simple consultant, il n'a pas l'envergure ni les tripes pour monter une opération pareille. De plus pourquoi faire exploser deux bombes coup sur coup ? La personne qui a eu cette idée là est brillante et cinglée ! Je regarde l'affichage de l'ascenseur...

23

On m'attend là haut, c'est sur...

24

Je me concentre et j'arrache la trappe au dessus de moi d'une décharge biotique.

25

Je me hisse au dessus de l'ascenseur, retenant ma respiration pour ne pas absorber trop de fumée..

26

Je laisse tomber la parois arrachée sur le sol de l'ascenseur et je la maintiens à la verticale... Comme si je me cachais derrière...

27

La porte de l'ascenseur s'ouvre et...

RATATATATATATARATATA !

Mon leurre est transpercé par les tirs d'armes lourdes ! L'ascenseur tremble, tangue soudain et vacille... Et merde !Ils ont du toucher l'un des joints électromagnétiques... L'ascenseur ne va pas tarder à tomber vers les plus bas étages... Je me concentre et je me penche la tête en bas , envoyant une onde de distorsion vers la direction des tirs.

FRRRRRRrrrrouch !

J'entends des cris et une explosion. J'atterris au sol dans un mouvement gracieux et je me jette hors de l'ascenseur. Il chute soudain dans un crissement strident... La baie d'amarrage des taxis est envahie de fumée mais je distingue le canon d'un snipeur braqué sur moi depuis la plate forme d'embarquement....

Ambiance
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Hadès J. D'Anceny

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MessageSujet: Re: Folie psychopathe (première partie) Libre   Jeu 10 Nov - 2:06

Quelques jours plus tôt, à la Citadelle.

"Hadès, tu sais, c'est pas contre toi, mais..."

La jeune femme leva son regard morne sur son interlocuteur, le barman humain Alexis Alexandrovitch. C'était curieux, en cette ère où chaque personne n'était plus qu'un simple numéro de matricule militaire ou au mieux, de sécurité sociale, cet original russe désirait encore qu'on l'appelle par son prénom et son nom, comme dans l'Ancien Temps. Elle le connaissait depuis un moment. Rescapé du Raid Skyllien, le Russe y avait gagné un oeil de verre et une jambe mécanique. Mené par un orgueil démesuré, et peut-être blessé de manière plus profonde, il avait refusé une prothèse robotique. "Ces saloperies de robot n'ont rien foutu pour nous protéger de ces putains d'esclavagistes, tu parles que je ne vais pas les enrichir !" Le barman donc, la quarantaine bien frappée, une gueule cassée, une cicatrice malpropre barrant son oeil... On aurait plus dit une caricature qu'un homme réel. Et pourtant. Elle repoussa son verre, encore rempli d'une substance bleutée, à laquelle elle n'avait pas touché, se contentant de simplement regarder le liquide, en faisant tourner le verre entre ses mains.

"Sérieux, Alex... Pour une fois que je ne suis pas bourrée, à raconter n'importe quoi..."
"Hadès, ce n'est pas contre toi ce soir, tu sais. C'est l'heure de la fermeture."

Comme hébétée, la jeune femme regarda Alexis Alexandrovitch, et le russe put percevoir la détresse dans ses prunelles bleutées et changeantes. Il finit d'essuyer le verre qu'il tenait à la main, le rangea, saisit celui de la jeune femme pour lui infliger le même sort. Il astiqua le verre et l'inspecta de son oeil valide, inquisiteur. Hadès ne bougeait pas, ses yeux dans le vide, fixés sur un point du bar sans le voir, légèrement prostrée sur elle.

"Bon..."


Le barman posa sa main sur le bar, et claqua ses doigts sous le nez d'Hadès.

"Hé. Réveille-toi. Viens avec moi."


Elle se leva péniblement, transféra ses crédits de son omnitech. Le russe l'escorta jusque dans l'arrière-boutique, et l'invita à s'installer à une table en retrait, se tenant laborieusement debout au milieu des caisses de fournitures. Elle alluma une cigarette. Le barman resta un moment devant elle, ses mains en triangle, sans rien dire.

"Hadès. Parle-moi. C'est quoi ce bordel? Tu es passée par tous les stades. Celui où tu agressais chaque gars qui te regardait de travers, celui où on te ramassait tous les soirs dans les chiottes parce que tu était incapable de te détacher de la cuvette, et celui-là, où tu restes là sans rien dire, prostrée, à regarder ton verre comme si le destin de toute la galaxie se trouvait dedans. Qu'est-ce qui se passe?"

Elle le regarda, esquissa un sourire qui creusa une fossette dans sa joue, un sourire sans joie, un sourire cynique. Et elle lui parla. Elle lui parla de la frustration de son inaction, de la disparition d'Héméra, de l'impression qu'elle avait d'avoir été collée au placard. Mais surtout, elle lui parla de la nostalgie, de ne pas être revenue au pays, pour retrouver son asari, sa belle bleue... Elle se sentait seule, et quelque chose la démangeait, grouillant dans sa poitrine, une sorte de rage muette qui l'enserrait et produisait en elle de puissants tremblements. Il lui fallait assouvir sa soif d'action. En cet instant, elle se sentait comme un krogan en rut.

En la regardant partir, une fois qu'elle eut vidé son sac, Alexis Alexandrovitch eut la conviction que quelque chose s'était brisé chez le capitaine D'Anceny. Comme si elle avait perdu quelque chose dans l'espace intersidéral. Il esquissa une moue, perplexe, et retourna dans sa boutique.

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------

La Citadelle, maintenant.
Hadès errait dans la Citadelle, utilisant le véhicule antigravité qu'elle avait acheté avec les crédits qu'elle avait en trop pour une seule personne, s'amusant à parcourir tous les étages et à se fondre dans la circulation, gagnant un peu d'adrénaline en entendant les klaxons des autres riverains. Elle était donc présentement dans son véhicule à la carrosserie rutilante, à flamber fièrement, quand une explosion lui vrilla les tympans. Son véhicule fit un écart, et elle rectifia la trajectoire, la réglant sur l'énorme bâtiment qui venait d'exploser. De là où elle se trouvait, elle ne voyait pas tellement d'où cela venait. Elle piqua, cherchant de son regard acéré l'endroit idéal pour se poser. C'était plus fort qu'elle : elle sentait qu'elle avait le devoir de mettre son grain de sel, comme auparavant, lorsqu'elle faisait partie de l'Alliance. Elle remarqua qu'il y avait une piste au niveau de l'étage des taxis, où une plateforme était aménagée pour accueillir les véhicules pour un stationnement limité.

Rapidement, elle se désengagea de la circulation, évita les balles perdues, et s'arrima au quai. Elle défit le harnais qu'elle devait porter pour ne pas être en infraction pendant ses coups de folie à la Citadelle, et ouvrit la boîte à gants. Elle y trouva son Carnifex et engagea une cartouche thermique dans le chargeur, cartouche qu'elle trouva dans un autre compartiment de son tableau de bord, pour l'aspect légal de la chose. Elle appuya sur un bouton dissimulé près du volant. Le siège se recula et laissa apparaître un autre compartiment, dévoilant un fusil à pompe un peu cabossé. Elle ne se baladait plus vraiment avec un fusil d'assaut tant qu'elle n'était pas mandatée par une mission du Conseil ou de tout autre organisme qui daignait faire appel à elle.

"C'est quoi ce bordel..."

Elle mit pied sur le sol. Ce jour-là de surcroît, elle était en civile, et ne semblait donc pas en imposer plus que cela. C'était évidemment sous estimer ses talents de combattante aguerri pour n'importe quelle situation. A la surface, le chaos régnait. Entre les cris, les hululements des alarmes affolées, les explosions et le bruit des bottes des agents de sécurité sur le sol. Immédiatement, ce fut comme une renaissance pour Hadès. Elle sentit l'adrénaline couler à flots dans ses veines endolories par l'inactivité. Elle saisit son arme des deux mains et traça son chemin rapidement jusqu'à la source de tout ce vacarme, indifférente aux regards paniqués des témoins de la scène. Alors qu'elle passait dans un couloir, une pluie glaciale et chimique s'abattit sur ses épaules et elle rentra instinctivement la tête entre ses épaules, surprise. Elle maugréa, tout en admettant que c'était une très bonne stratégie. Elle ignorait évidemment ce qui pouvait bien les assaillir, et ne savait donc pas sur quoi elle devrait tirer. Mais ce qui faisait pour elle l'unanimité était l'espèce de rage collective qui avait pris les mécha de défense, tout à fait emballés. Et comme ils tiraient sur tout ce qui bougeait, elle fut dans l'obligation de répondre elle aussi par le feu pour progresser.

Soudain, elle déboucha sur une autre série de quais, et tout en essayant de garder son équilibre entre les explosions, elle remarqua que tout les difficultés semblaient se cristalliser autour de l'ascenseur. Elle pressa le pas, se maudissant de ne pas s'être équipée de son armure ordinaire, dont les pistons renforcés lui permettaient de courir plus vite et plus longtemps qu'à l'accoutumée.

L'éclair bleu ravit un instant son attention, et une sensation familière étreignit le coeur de la jeune femme, tant et si bien qu'elle baissa momentanément son arme, étonnée. C'était une asari, probablement encore dans sa première période de vie, souple et extrêmement agile, qui donnait du fil à retordre à ces hommes. Hadès ne savait pas qui elle était, ce qu'elle faisait là, ni même quel était cet endroit. Stupidement, comme une machine endoctrinée qui ne connaissait pas l'enrayement, elle avait agit. Elle s'en voulut alors, puisqu'elle se trouvait tout à fait désemparée sur la marche à suivre. Elle hésitait, et de toute la force de son âme de militaire endurcie, elle savait à quel point l'hésitation était néfaste. Elle serra ses doigts autour de son arme.

Le visage à découvert, elle fut bientôt agressée par une fumée épaisse et corrosive. Constatant ses difficultés avec une sorte d'étonnement - la jeune femme était accoutumée à porter un masque durant ses missions -, elle porta la main à sa bouche et toussa. Elle vit l'asari atterrir après s'être échappée de ce qui aurait pu être une bien triste fin, avec la grâce et l'élégance qui séduisait tant la jeune femme dans cette race glorieuse. Elle vit cependant du coin de l'oeil le sniper qui prenait place près d'elle, épaulant son arme pour viser l'inconnue. Presque de manière passive, elle regarda sa main se lever, pointant le canon de l'arme vers la tête du sniper, puis son doigt vers pression. Les cadrans de surchauffe de son arme se teintèrent de vert, mais le bout du canon prit quelques pointes d'un rouge sanguinolent intense. Elle regarda l'homme tomber, avec un trou de sortie monstrueux sur le côté droit de la tête. Que Dieu lui pardonne, elle avait agi selon son inclination propre.

Elle avait tué un homme qui faisait partie de services de sécurité pour une inconnue, une femme qui ne la regarderait sans doute jamais. elle s'était fichue dans la merde simplement parce qu'elle avait une sorte de don pour tomber amoureuse des asaris. Tout ça pour le visage envahi par les brumes de l'oubli de son ancienne compagne. Elle s'en voulut, et se rendit compte que cette culpabilité arrêtait le temps, et la laissait debout, le regard fixé sur son arme, étonnée, presque hébétée. Elle leva les yeux pour regarder l'inconnue, au moins lui arracher un regard. Soudain, elle remarqua la grenade qui, à la faveur d'un rebond contre un des murs métalliques de l'immeuble, se trouvait près des pieds de la jeune femme. N'écoutant que son courage ou sa folie, quoique les deux ne soient jamais trop éloignés l'un de l'autre, elle prit son élan et engagea toutes ses forces dans la bataille. En poussant un cri démesuré, elle saisit l'asari par la taille et la précipita au sol, la protégeant de son dos assez large. Elle ressentit le souffle de l'explosion et une chaleur inonda son dos, tandis qu'une douleur irradiait son épine dorsale. Elle jura entre ses dents.

Elle redressa l'inconnue, se mit à couvert avec elle. Elle tentait de temps à autres des percées, abattant des gardes de ses traits précis, concentrée. Les renforts arrivaient de partout. Seul avantage : elle savait où trouver un véhicule pour évacuer les lieux, bien qu'il soit à l'autre bout des quais et que maintenant qu'elle était considérée comme hostile, on lui mettrait des bâtons dans les roues pour y parvenir.

"Hé".

Elle rechargea son arme, fébrile.

"Je connais l'emplacement d'une bonne voiture, plus rapide que tous les vieux taxis qui traînent dans le coin."

Elle détailla rapidement la jeune femme du regard. Elle ignorait ce qu'elle fichait ici, mais elle n'avait pas encore l'acabit d'une commando.

"Vous avez ce dont vous aviez besoin ?"


Elle épaula son fusil et tira sur un soldat qui passait beaucoup trop près pour être animé de bonnes intentions.

"En tout cas j'espère que ça vaut le coup... La moitié de l'immeuble va s'effondrer et ce qu'il contient va partir en fumée..."

Elle sortit de l'abri, fournissant une couverture impitoyable à la jeune femme.

"Vous venez?"



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Talia Tsali

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MessageSujet: Re: Folie psychopathe (première partie) Libre   Ven 11 Nov - 3:16

http://www.youtube.com/watch?v=FYH-fEPy1dM&feature=related

Je lève en toute hâte un bouclier biotique, espérant qu'il sera suffisant pour arrêter la balle qui doit transpercer mon front... Le temps semble se ralentir. Comme dans un rêve, je vois le sniper lever son index et le rapprocher de la gâchette. Son œil gauche se ferme et il va appuyer sur la détente...

BamBamBamBamBamBam !

Je ne sursaute même pas en entendant les détonation mais soudain je vois le crane du sniper exploser. Je tourne la tête, cherchant du regard le tireur qui vient d'abattre le sniper qui me menaçait... Mon cœur bat à toute vitesse. Je suis passée si près de la mort... Les souvenirs affluent dans ma tête : Combien de fois ai je manqué de mourir ces dernières années ? Ma barrière biotique est très puissante mais elle ne me protège pas de tout. je me morigène en silence pour ma témérité. pourquoi n'ai je pas évacué la tour avec toutes les personnes sensées quand l'explosion s'est produite ? Ma mère me disait souvent qu'elle était droguée à l'adrénaline. Serait ce pareil pour moi ? Au fond de moi, je crois que je connais déjà la réponse à cette question. Une forme apparait sur ma droite dans la brume formée par les vapeurs des extincteurs. C'est une humaine en combinaison noire serrant entre ses mains un pistolet lourd Carnifex. Je lève la main pour la remercier.

"- Merci de votr...."

Je n'ai pas le temps de finir ma phrase. L'humaine bondit vers moi dans un grand cri. Elle m'agrippe par la taille sans se soucier de l'energie bleutée de mon bouclier qui se renforce, me plaque comme dans une joueuse d'un de ces sports humain que j'ai découvert sur Terre et nous roulons au sol projetées par son élan. J'ai le souffle coupé. Je tousse avant de tendre mon poing vers elle prête lui écraser le crane d'une rafale d'énergie.

"- Tu vas v..."

BOOOOOOOOOOOOM !

La détonation stoppe nette ma riposte. Dans un éclair de lucidité, j'ai juste le temps d'étendre sur nous deux mon bouclier d'énergie. L'humaine me tient serrée contre elle me protégeant du souffle de l'explosion de son corps. Je ressens la douleur dans son dos. je n'ai pas été assez rapide pour la protéger. Nous toussons toutes les deux, secouées et choquées. J'entends l'humaine gémir et grogner.

"- Par là !"

Je roule au sol, l'entrainant à couvert, juste derrière un muret qui sépare la zone de transit de l'aire d'arrivée des taxis. La fumée et la vapeur d'eau bloquent la visibilité mais des tirs fusent au travers du rideau opaque s'écrasant sur le bord de notre abri improvisé. Nous nous redressons, nous abritant au mieux tandis que je jette un coup d'œil vers celle qui vient de me sauver deux fois la vie. Vive et alerte, elle s'est déjà redressée pour tirer sur un groupe de commando qui s'approchent de nous. Je ne sais pas qui elle est mais elle a l'air compétente. Que vient elle faire ici dans ce guêpier ? Je ne la connais pas, c'est sur.

En tout cas, elle me donne le temps de faire quelque chose pour nous aider. Je presse une touche de mon omni deck et j'affiche le plan de la tour. D'une simple petite pichenette, je fais tourner la représentation 3D qui s'affiche devant mes yeux et je rendre dans le système de sécurité. Je file droit vers le réseau des mécas de sécurité... Leur pare-feux ont été crackés, je m'en doutais. Je lance un petit programme que je gardait en réserve au cas où... Si le hacker a été suffisamment prudent pour instaurer un mode de protection, je doute qu'il ait prévu que je connaisse tous les codes de sécurité de la société Cyberdine le consultant sécurité de la Nakatomi tower. Un reboot brutal suivit d'un écrasement des fichiers en faveur de celui que je suis en train d'installer devrait régler mon problème.

Je jette un coup d'œil rapide vers ma compagne d'infortune. Elle ajuste ses tirs d'un air compétent et assuré. Je prends une image rapide d'elle pour mes fichiers avant de lancer le programme de reboot et de refermer mon omni-deck.

"- Voilà ! "

Ma petite opération ne m'a pas pris plus d'une minute mais les effets ne seront pas visible de suite. Les tirs fusent autours de nous et nous devons bouger précipitamment de notre position sous la menace d'un autre sniper. Nos adversaires ne sont pas si nombreux qu'ils paraissent : Le principal groupe d'assaillant est composé de mecas de sécurité qui semblent tirer sur tout ce qui n'appartient pas au commando de Simmons. L'humaine au cheveux noirs se retourne vers moi en rechargeant son arme. Nous sommes à couvert derrière un taxi à moitié détruit à présent.

Citation :
"- Hé."

Je souris et je réponds, un brin narquoise :

"- Oh ? "

Je n'ai pas pu résisté à l'envie de lui renvoyer son interjection. Elle jette sur moi un regard étrange. Peut être est ce ses yeux vairons qui me donnent cette impression ? Je récupère un pistolet mitrailleur sur le sol. Il appartenait à un de nos agresseurs qu'elle vient d'abattre... La voix synthétique de l'IA de la tour retentit dans les haut parleurs.

"- Bzrrrrr.... nnel de la tour Nakatomi vous remercie de votre visite. pour toute réclamation veuillez vous adresser au service clientèle à l'accueil... Le personnel de la tour Nakatomi... Bzrrrrr... "

Citation :
"- Je connais l'emplacement d'une bonne voiture, plus rapide que tous les vieux taxis qui traînent dans le coin."

Évidemment... Mais si je la suis, Simmons s'échappera et avec lui toutes mes interrogations.

"- Je vois... Vous trainiez par là ? Ou bien vous aviez une raison de vous retrouver dans ce piège ?"

Elle ne me répond pas, trop occupée à tirer sur un commando qui menacer notre position.

Citation :
"- Vous avez ce dont vous aviez besoin ? En tout cas j'espère que ça vaut le coup... La moitié de l'immeuble va s'effondrer et ce qu'il contient va partir en fumée..."

Elle se redresse prête à envoyer une rafale de son fusil d'assaut vers tout adversaire qui se présenterait. Je me concentre, entourant mon corps d'un bouclier impénétrable. L'énergie crépite entre mes doigts et je façonne une sphère dévastatrice...

Citation :
"- Vous venez ?"

Je tends mon esprit, traversant en pensée les nappes de vapeurs d'eau mêlées aux retardant chimiques. Soudain je détecte ce que je recherchais !

"- Non pas vraiment ! Yaaaaaaaaaaaaaah !"

Je pousse un grand cri et je projette la sphère crépitant droit devant moi.

FROUouUUUCHhhhhhh Tttttt !

Trois taxis sont balayés par la vague dévastatrice, l'un d'eux se retourne sur lui même, atterrit droit sur deux autres taxis en stationnement. Une explosion secoue l'étage ravageant une partie du parc de taxis sur notre droite. Ma sphère poursuit son trajet, dispersant un groupe d'homme se dirigeant vers un véhicule sous tension. Les hommes s'envolent dans les airs, l'un d'eux se fracassant la tête sur le pare-brise de l'appareil. La vapeur s'est évanouie sur le trajet de mon attaque biotique.

"- L'immeuble tiendra bien, ses structures ne sont pas touchées et j'ai des questions à poser à l'une des personnes là bas !"

Je m'élance, projetée par mon pouvoir et j'atterris toute en souplesse au milieu des commandos dispersés par mon attaque. La plupart ne sont pas en grande forme. Je tourne sur moi même déchainant mon pouvoir. Les quatre commandos sont fauchés et s'envolent dans les air pour retomber lourdement ça et là dans l'aire de taxi dévastée. J'entends des rafales d'armes lourdes crépiter derrière moi. L'humaine qui m'a sauvée semble avoir à faire elle aussi mais je ne lui prête guère d'attention : Ma proie est enfin à portée de vue. Vêtu d'un costume italien coutant les yeux de la tête, il rampe vers une porte anti-incendie qui ne s'est pas refermée entièrement.

"- SimmoooOOoons ? Viens me voir mon chou !"

Il roule sous la porte, échappant à la prison d'énergie que je lui destinais. Je me précipite vers la porte mais celle ci retombe dans un grand "Clac" scellant le couloir par lequel Simmons s'est échappé. J'entends des bruit de pas derrière moi et je me retourne vivement, braquant mon arme vers le visage de l'humaine aux yeux vairon. Elle me regarde sans rien dire et je baisse mon arme avant de faire un petit geste d'excuse.

"- Merci de m'avoir sauvée la vie tout à l'heure... Je ne sais pas qui vous êtes mais vous êtes "tombée à pic". C'est comme cela que vous dîtes non ? "

J'ai prononcée cette expression en français, une langue terrienne qui n'est plus trop utilisée de nos jour. J'ai cru remarquer un léger accent français dans la voix de l'humaine tout à l'heure... Je pousse délicatement un méca de sécurité du bout de l'index... Il tombe au sol dans un grand fracas. Mon programme semble avoir court-circuiter toute leur programmation. Je distingue quatre autres méca immobilisés non loin de nous.

"- Je ne vous suis pas, je vais..."

"- ... pour votre confort n'oubliez pas de signaler vos rendez vous à notre service d'agenda intégré. Ainsi où que vous soyez dans la tour Nakatomi vous ne serez jamais en retard pour vos rendez vous ! Nakatomi Tower, vos besoin sont pour nous une priorité !"

J'éclate de rire en entendant l'IA de la tour continuer ses annonces, imperturbable au chaos qui règne à présent aux étages 20 à 27. Je regarde l'humaine et je lui souris.

"- J'ai un rendez vous là haut avec un concurrent aux méthodes très agressives. Il a saboté une transaction et j'aimerai savoir pourquoi... "

Je la fixe un instant, me demandant pourquoi elle m'a sauvée. Je crois déceler un intérêt dans ses yeux... Je m'imagine peut être des choses ceci dit... Elle doit avoir une trentaine d'année et elle a tout de la militaire de carrière. Je n'ai pas le temps de rechercher son identité et puisqu'elle est là...

"- Mon nom est Talia. Je travaille pour le compte d'Oracle, un réseau d'échange d'informations classifiées..."

Une façon amusante de dire que je suis une courtière en information travaillant à mon compte pour tout genre de clients...

"- Vous ne rechercheriez pas un contrat à la tache par hasard ? J'ai un cafard à attraper."

Je n'ai pas le temps de proposer un prix : Un grand fracas retentit et la porte devant nous explose soudain. Je lève mon bouclier entre l'explosion et nous. Heureusement... Nous roulons au sol, indemnes. Je lève la tête et je vois le plus gros des robots de combat que j'ai jamais vu... Comment ont ils introduit ce truc ici sur la citadelle ? Mon virus ne l'a visiblement pas affecté... Les canons pointent vers nous, mais je renverse le robot d'une décharge énergétique...

"- Cela ne le ralentira pas longtemps !"

Je plonge derrière un muret pour esquiver une rafale dévastatrice... Je concentre à nouveau mes pouvoirs entre mes mains, créant la même sphère que tout à l'heure...
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Hadès J. D'Anceny

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MessageSujet: Re: Folie psychopathe (première partie) Libre   Dim 13 Nov - 13:21

Le vacarme de l’affrontement qui faisait rage aurait assourdit n’importe qui qui n’aurait pas été habitué aux combats. Ce n’était qu’une formalité dérisoire pour la jeune humaine, qui avait participé à de nombreuses batailles, pas forcément glorieuses, pas forcément celles où des armées entières marchaient l’une contre l’autre dans des combats dantesques qui rappelaient l’Ancien Temps, quoique certaines de ses victoires furent retentissantes. Nonobstant, la jeune femme savait tenir une arme correctement, elle savait viser et surtout, geste primordial qu’il pouvait être surprenant de mentionner, elle savait tuer. Sans ça, on ne fait pas de vieux os sur certaines planètes où elle avait dû faire le ménage. Et croyez-moi, elle est plutôt douée pour le coup de balais, la demoiselle. Certes, elle n’avait pas fait un cursus scolaire ni universitaire normal mais elle n’en était pas moins dénuée d’intelligence ou de talent. Et cette compréhension innée du terrain et de l’adversaire en était un. Elle en avait bien d’autre, mais certains ne se voyaient qu’en privé. Elle avait notamment un don certain pour la cuisine terrienne, mais je m’égare. Hadès prenait donc petit à petit le contrôle du terrain, à l’insu de ses ennemis, les poussant où elle désirait pour mieux les neutraliser. Pour préserver sa conscience, elle se hurlait que c’était de la légitime défense : plus moyen de se poser quelque part pour se garer sans se faire agresser par des inconnus. Et pourtant, alors que son doigt pressait machinalement la gâchette, elle ne pouvait s’empêcher d’entendre une voix claire dans son esprit, marquée par une sorte de sourire rieur mais attendri, celle de son ancienne compagne. « Tu as un sacré don pour te foutre dans la merde, Hadès, ça force presque l’admiration. » Elle lui rétorquait, avec son regard assuré et tranquille, que si elle n’avait pas cette propension à se retrouver dans des situations épineuses, elle n’aurait jamais rencontré son asari. Et après tout, si tout était simple, elle aurait déjà démissionné : elle adorait sa vie aventureuse. De toute évidence, sa naissance même l’avait prédestinée à des errements et des conflits, comme si elle avait été condamnée dès ses premiers instants à un exil éternel.

Mais cette fois, elle devait reconnaître qu’elle avait un peu forcé cette situation : tout être humain ou tout alien normalement constitué qui ne fait pas partie des forces de sécurité se serait simplement enfui le plus loin possible du bâtiment, alors qu’elle avait foncé tête baissée dès qu’elle avait aperçu la silhouette élancée de l’asari. C’était ainsi, un élan irrépressible vers elles, comme une fascination qui ne se résumait pas vulgairement à une attirance physique. Elle n’aurait su dire par quoi elle était captivée lorsqu’elle regardait une asari, peut-être la complexité de leur civilisation et leur raffinement qui était beaucoup plus appréciable que la civilisation turienne, par exemple, moins brute. Et c’était sans parler des krogans. Mais toutes ces considérations anthropologiques (quoique ce mot semble assez inapproprié dans ce contexte) n’avaient pas lieu d’être sur un lieu aussi sensible. Hadès avait bien senti que prendre la jeune femme par la taille et la plaquer au sol comme un défensive tackle plaque le quarterback, n’était peut-être pas une bonne idée. Elle avait bien failli se prendre un coup de charge biotique sur la tête, et elle n’aurait pas donné cher de son cerveau. Montrer sa bonne volonté valait bien se prendre un coup dans les reins, et elle serra les dents en sentant la douleur irradier dans son dos, remontant de ses vertèbres lombaires jusqu’aux cervicales. Elle ne put retenir un grognement en se redressant, et se maudit de toute son âme de ne pas avoir mis son armure, au moins légère, ce jour-là. Mais comme elle sent encore ses jambes et ses bras, elle se dit que cela valait bien le coup.

Aucun répit n’est accordé à nos deux protagonistes, qui se mirent rapidement à couvert. Presque immédiatement, dans une sorte de symbiose qui étonna la jeune femme, les rôles furent accordés : Hadès serait le bouclier et la jeune inconnue serait le cerveau. Cela lui allait, elle n’avait pas vraiment le temps de négocier autre chose, et elle était plutôt douée dans ce rôle. Elle faisait confiance à l’asari, spontanément, comme toujours, et n’hésitait pas à lui tourner le dos pour mieux la protéger, ce qui la rendait extrêmement vulnérable, mais elle supposait que c’était là l’une des meilleures morts que l’on pouvait souhaiter. Mais l’heure n’était pas encore à mourir, il fallait le croire.

« Voilà »

Voilà quoi, elle n’en savait rien, mais quelque chose allait se produire, elle avait eu le temps de la voir activer son omnitech. Elle se retourna pour expulser une cartouche thermique de son arme. Les munitions allaient à manquer pour son canon à main, mais ce n’était pas les armes qui manquaient. Elle se déplaça rapidement vers un cadavre et en saisit le fusil d’assaut. Le côté un peu joueur de la jeune femme la surprit mais lui fit plaisir. Elle se retint de lui adresser un clin d’œil. Il fallait paraître un peu polie quand même.

« On ne peut pas vraiment dire que j’ai une raison valable d’être là. J’ai vu des explosions, je suis entrée, c’est un peu mon instinct d’ex N5 qui reprend le dessus. Ca ne s’oublie pas. Et puis, vous êtes un peu seule contre tous, je ne peux pas laisser une demoiselle en détresse. »

Elle marqua une pause, pour s’assurer de son effet, puis esquissa un sourire.

« Je plaisante, bien sûr. »

Elle avait donc encore à faire. En regardant la jeune femme dévaster la moitié du quai, Hadès fut prise de panique à l’idée que sa voiture hors de prix puisse finir vulgairement écrasée par un taxi malheureux. Matérialisme quand tu nous tiens.

« D’accord. Si cela ne vous ennuie pas… »

Elle épaula rapidement son fusil et colla deux cartouches dans le front d’un téméraire sniper, puis balaya la zone de son regard pairs.

« Je vais vous accompagner. Je ne prends pas trop de place, vous allez voir, et je suis facile d’entretien. »

Des questions à poser. La jeune femme était encore trop jeune justement pour être une probatrice, et cela l’étonnerait fort qu’elle soit déjà une tueuse à gage. En tout cas, par mesure de précaution, on peut croire que la présence de l’ancienne agent de l’alliance ne serait pas de trop pour que sa quête soit menée à bien. Cependant, son assaut au milieu des commandos la fit douter de son utilité, tant elle était à l’aise avec ses pouvoirs biotiques. Mais l’arrivée d’autres escouades attira son attention. Elle posa son genou sur le sol, épaula de nouveau, et entreprit d’abattre proprement tout hostile à portée, parfaitement concentrée, ne gâchant qu’un minimum de munition. Elle parvenait à toucher le cou ou la poitrine de ses assaillants, stoppant net leur course vers les deux femmes. Dans son champ de vision périphérique, elle vit que sa nouvelle coéquipière était en train de s’approcher d’une silhouette qui se tortillait lamentablement sur le sol, essayant d’échapper à son destin qu’elle imaginait plutôt fatal. Elle n’avait pas le temps de lui apporter son soutien, d’autres renforts arrivaient par une autre porte. Enervée, la jeune femme retourna un cadavre sous sa botte, fouilla rapidement les poches, et en sortit deux détonateurs. Esquissant un sourire mesquin, elle dégoupilla la première, la colla contre l’interrupteur d’ouverture de la porte. Tandis que, sous le coup de cette intrusion soudaine, la porte se refermait, elle colla la seconde sur le sol, verrouillant la lourde paroi de métal en faisant fondre une extrémité sur le sol.

« Voilà qui est fait. »

Elle se hâta vers la jeune femme, qui semblait légèrement rebutée par une autre porte fermée, elle aussi. Alors qu’elle allait prendre la parole, elle se trouva nez à nez avec une arme. Haussant légèrement un sourcil surpris, elle leva doucement les mains, en signe d’apaisement. L’asari s’excusa presque aussitôt, et la jeune femme reprit une position plus standard. Elle la surprit de nouveau, en utilisant judicieusement une expression française un peu désuète.

« De rien. Et puis… Ca fait trop longtemps que je traîne dans le placard… Enfin sans vouloir vous offenser ou quoi que ce soit… »

Elle ne voulait surtout pas que la jeune femme pense qu’elle n’était qu’un prétexte pour qu’Hadès puisse assouvir sa soif d’action. Mais la vérité était qu’elle était toujours troublée par la présence d’une asari. Elle, qui avait été l’un des fleurons de l’alliance, prédestinée à devenir N7 si l’affaire des biotiques humains n’avait pas eu l’effet d’une bombe sur elle, se trouvait parfaitement intimidée, confuse, bégayante et rougissante, ce qui n’était pas très simple à camoufler. Malgré les années d’expérience, il arrivait que certains signes de sa confusion transparaissent, en l’occurrence, elle perdait ses mots ici.

« Enfin, ça me fait hum… plaisir de vous donner un coup de main. D’être utile, quoi. »

Ferme-la, tu t’enfonces.

« Et vous… Vous avez un très joli français, si je puis me permettre. »

La jeune femme fit semblant de s’intéresser hautement à son fusil d’assaut, pour détourner les yeux, un peu gênée de son attitude. Le reste de la conversation la sauva et lui permit de glâner quelques informations sur la jeune femme. Elle était donc courtière d’informations. Intéressant. Peut-être aurait-elle un peu de travail pour elle. Elle n’osait pas espérer que cela pouvait être une sorte de point de rencontre entre elles.

« Je suis Hadès D’Anceny, ancienne membre de l’Alliance. J’assure des vols longs courriers, entre les colonies, et je m’offre à celui ou celle dont la cause correspond à la mienne. »

Voilà, une présentation rapide, laissant quelques éléments en suspens, de quoi exciter la curiosité de la jeune femme, ce qui pouvait la servir. Mais ! Mais à quoi penses-tu, Hadès ? Calme-toi !

« Un contrat à la tâche, oui, pourquoi pas, ma lame est vaillante et mon âme pure, et je la mets à votre service, si vous voulez d’elles. »

Elle esquissa un sourire un peu charmeur, se plaisant de cette image de chevalier blanc tout droit sortie des romans en ancien français, et marqua une légère révérence. Son effet faillit être complètement raté par l’explosion énorme qui les projeta à terre. La barrière biotique de la jeune femme fut légèrement plus efficace que le dos de la jeune humaine. Elle rentra sa tête dans ses épaules et se protégea avec ses bras, roulant en boule sur le sol, mais se trouvant déstabilisée à sa réception.

« Oh, mazette. »

Elle regarda l’énorme robot. Il devait sans doute avoir été monté à l’intérieur même du bâtiment, tant sa hauteur défiait tout ce qu’elle avait vu en terme de mécha jusqu’à aujourd’hui. Il devait bien y avoir un moyen de mettre ce truc hors d’état de nuire. Il fallait qu’il y ait une solution. Et vite. Parce qu’un coup de rocket avait souvent raison d’une barrière biotique ou d’un dos humain, il ne fallait pas se leurrer. Elle se mit à couvert également, rechargeant son arme, réfléchissant. Elle regarda Talia créer une boule d’énergie pure. Mais cela prenait du temps, pour que ce soit assez conséquent… Si seulement elle avait des mines, ou quelque chose. Le robot avait une sorte de capacité d’absorption étonnante, sans doute sa barrière cinétique qui prenait tout et se rechargeait même. Mais, en encaissant le coup, il reculait, ployait et peinait. C’était là leur chance. Elle lança un regard à la jeune femme, l’encourageant à continuer ses assauts biotiques : ce ne sont pas ses petites cartouches qui viendront à bout des boucliers de la chose. Mais si elle pouvait mettre le mécha à genoux, elle pourrait peut-être tenter quelque chose.
Les déchirures et autres attaques biotiques avaient pour désavantage de déstabiliser aussi la jeune femme, si elle se trouvait dans l’axe d’attaque. Elle essaya donc de prendre de la hauteur, tandis que Talia concentrait ses forces sur le mécha, en évitant de se prendre les attaques de rocket et les tirs de l’arme lourde fixée sur le bras de l’énorme machine. Hadès bondissait, escaladant les carcasses des taxis et autres morceaux de tour qui tombaient et s’aggloméraient, peinant un peu, puisque ne bénéficiant pas de l’assistance de la technologie de son armure habituelle. Elle s’écorchait les mains sur les morceaux de métal, mais poursuivait.

La machine reculait sous les attaques biotiques répétées de Talia. Mais elle ne semblait pas vouloir céder à la station agenouillée. Hadès pestait, toute à son effort. Soudain, une vague plus puissante la projeta, tandis que la machine vacillait, agitant grossièrement ses bras pour retrouver son équilibre. Elle-même battait l’air, tâchant vainement d’orienter son vol. Elle s’écrasa lamentablement sur la verrière de la machine, avec un grognement mal dissimulé. Ses mains glissaient sur la surface polie, et elle devina la silhouette du pilote, attaché à son harnais, qui la dévisageait. Son regard vairon se teinta de rage. S’agrippant comme elle pouvait, bloquant ses pieds sur le rebord de la verrière, elle leva son bras gauche bien haut, serra son poing et fit jaillir son omni-blade, nouvelle technologie qu’elle avait réussi à dérober à l’alliance pour service rendu. Et elle abattit son poing sur la verrière, pratiquant une entaille dans le verre épais, et poussa de tout son poids. Le verre finit par céder et elle se trouva à l’intérieur du cockpit, lourdement. Succombant à sa colère, elle arracha le pilote apeuré de son siège, le tenant par le cou, et le fit tomber. Dans la chute lente et majestueuse du jeune homme, elle sortit son arme et lui colla une rafale dans la poitrine. Affaire classée.

« Talia ! Mettez-vous à couvert. »

Elle se mit dans le cockpit, prit les commandes, tâtonnant un peu pour trouver chaque fonctionnalité. Elle se dirigea péniblement vers la porte où s’était enfuit l’homme qui intéressait Talia, et décocha deux coups de rocket dedans. L’ouverture ainsi pratiquée sans autre forme de procès, elle sortit du mécha, et se laissa glisser sur le sol en s’aidant des échelles qui se trouvait sur le côté du mécha, après l’avoir désactivé. Elle se mit à courir, sortant son fusil d’assaut et rejoignit Talia. Un dédale de couloir s’offrit à elles. Avec des bruits de pas. Elle regarda l’asari, esquissa un sourire fatigué, puis réengagea une cartouche.

« Allons-y. Il a intérêt à vous livrer des informations du plus haut intérêt. »

Elle lui emboîta le pas. Bientôt, elles débouchèrent sur une grande salle aux murs immaculés, qui ressemblaient à une sorte de hall d’accueil pour un personnel conséquent. Une lignée d’hommes les attendait de pied ferme, tous vêtus du même uniforme. Derrière, Simmons se traînait péniblement, visiblement blessé par une explosion, et un homme en blouse s’approchait pour le prendre en charge. Hadès grinça des dents.

« L’entêtement ne mène à rien, on a buté vos petits copains et votre gros tas de métal, lâchez l’affaire ! Vous avez envie de rentrer chez vous ce soir, ou vous préférez revenir farcis ? », lança-t-elle, excédée.
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Talia Tsali

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MessageSujet: Re: Folie psychopathe (première partie) Libre   Jeu 24 Nov - 6:08

http://www.youtube.com/watch?v=oI_mDPIj4IA&feature=related

Je plonge derrière un muret pour esquiver une rafale dévastatrice... Je concentre à nouveau mes pouvoirs entre mes mains, créant la même sphère que tout à l'heure... Je me redresse sortant à découvert et je projette une nouvelle rafale d'énergie droit vers l'énorme robot qui nous menace. L'onde de choc disperse la rafale des armes automatiques qui me visent avant de frapper notre ennemi dans une série de "bang" dévastateurs. La structure du robot semble se déformer un bref instant et les servo-moteurs laissent échapper des petits éclairs ionisés. Je plonge à nouveau à couvert avant de ramper vers un endroit moins exposé. J'entends ma camarade d'infortune s'exclamer :

Citation :
"- Oh, mazette."

Je lui réponds dans français ironique et teinté d'un léger accent asari.

"- Oh ? Contente de savoir que j'ai une vaillante paladine à mes côté ! Maintenant si vous pouviez sortir votre épée de lumière et votre bouclier enchanté pour trancher la tête de ce dragon, j'en serais enchantée !"

Et moi qui croyait ne jamais avoir besoin de parler français si ce n'est pour accompagner Emma aux réunions pédagogique de son collège privé en Suisse ?

"- Ne soyez surtout pas timide, si vous avez une arme interdite par les autorités de la Citadelle sur vous, n'hésitez pas à l'utiliser pour dégommer ce truc. Je ne vous dénoncerais pas promis !"

La portion de muret que je viens de quitter explose soudain projetant des débris à une vingtaine de mètres derrière nous. Je vois du coin de l'œil le canon fumant du lance missile du robot de combat se pointer droit sur moi et je décide que décidément ma position est trop exposée. Je plonge derrière une colonne massive qui soutient le toit de l'aire de taxi, échappant de justesse à un nouveau tir dévastateur.

Booooooooooooouuuuuum !

Mon bouclier biotique absorbe l'impact de l'explosion et disperse les débris qui volent vers moi. L'aire de taxi dévastée derrière moi ne me rassure guère quand à l'issu de l'affrontement. J'ai envoyé deux projections massives dans le nez du robot sans que celui ci ne sourcille. Le gout acre de la fumée des taxis incendiés pénètre dans ma bouche. Je crache au sol pour soulager ma gorge d'un peu de cendre mêlé de salive. Je ne vois plus l'humaine. Est elle partie ? Je ne pourrais guère lui en vouloir si elle se décide à fuir vu la situation où nous nous trouvons...

Boooooooooooouuuuum !

La colonne derrière laquelle je me cache encaisse un nouveau tir et je riposte instinctivement, profitant de la la fumée et de la poussière dégagée par l'explosion. Ma sphère d'énergie biotique s'échappe de mes mains dans un crépitement assourdissant et frappe le canon du robot. Les munitions explosent dans le tube, tordant et déchirant l'acier céramique. Le robot de combat vacille, me donnant un léger répit. Je tourne la tête , cherchant Hadès. Je distingue enfin l'humaine : Elle escalade une pile de taxis renversés se préparant vraisemblablement à prendre notre adversaire par derrière. Je n'ai pas le temps de l'avertir. Je lance une autre rafale énergétique, une distorsion cette fois ci. Elle secoue la structure interne du robot perturbant ses systèmes.

Ratatatatatatatatatatataratatata !

La rafale du canon multitube manque de peu mon alliée tandis qu'elle se jette sur le dos du robot tentant d'affaiblir les servo-moteurs situés à la jointure du bras droit. Je distingue enfin la verrière signalant la présence d'un poste de pilotage situé dans le corps même du robot. Voilà pourquoi mon virus informatique ne l'avait pas déconnecté avec les autres systèmes de sécurité de la tour ! Je décoche une nouvelle onde de choc. Malheureusement cette fois Hadès est touchée par les ultimes remous de l'onde. Elle s'envole dans les airs tandis qu'enfin le robot vacille et tombe à la renverse. L'humaine atterrit sur la verrière de l'engin de combat.

"- Attention ! Dégagez de...."

Je n'ai pas le temps de finir mon avertissement : Plus rapide que l'éclair, l'humaine plante son omni blade dans la verrière blindée et à ma grande surprise la perce dans un cri vengeur. Je n'aurais jamais cru ça possible... Ce doit être un tout nouveau modèle d'arme blanche. Elle découpe la verrière blindée, la brise enfin et pénètre dans le cockpit.

"- Je ne croyais pas si bien dire quand à votre épée flamboyante..."

Elle projette le pilote à l'extérieur avant de le clouer au sol d'une rafale automatique à bout portant. Fichtre !? Elle ne plaisante pas... Je la regarde tandis qu'elle se glisse à l'intérieur du cockpit du robot et en prends le contrôle. Le lance roquette du robot de combat pointe soudain vers la porte par laquelle s'est échappé Simmons. Le sas renforcé aurait pu résister longtemps à mes assauts biotique. Pour ce robot, ce n'est qu'une formalité. J'entends la voix d'Hadès retentir dans les enceintes sonores du robot.

Citation :
"- Talia ! Mettez-vous à couvert."

Difficile de ne pas tenir compte de l'avertissement. Le son de la voix de l'humaine, retransmit par les haut parleur de l'engin, m'a rendue à moitié sourde. Je bouche mes oreilles et je vois la porte s'envoler soudain dans un grand fracas, secouée par l'impact de deux roquettes tirée presque à bout portant. Je tousse une nouvelle fois, la gorge irritée par la fumée qui envahit l'aire de taxi. Je suis l'humaine qui descend de son perchoir. Elle tient entre ses mains un impressionnant fusil d'assaut et semble savoir s'en servir. Qui est elle ? Une ancienne militaire certainement si je me fie à ses dire. Puis je je lui faire confiance ? C'est une bonne question... Elle aurait pu me tuer si elle l'avait voulu ou tout simplement me laisser mourir. Elle me sourit, l'air un peu lasse. Qu'à t'elle vu au cours de sa vie pour avoir un tel sourire de vétérante blasée ? Nos yeux se trouvent un bref instant et je devine une légère hésitation, un regard soudain fuyant qui revient néanmoins sans cesse vers moi quand je détourne le regard. Cette part de sa personnalité n'est pas une énigme pour moi par contre : Visiblement je l'intéresse. Elle reprends son souffle et je tends doucement la main pour épousseter sa joue maculée de suie. Elle détourne un bref instant les yeux à nouveau avant de rompre le silence :

Citation :
"- Allons-y. Il a intérêt à vous livrer des informations du plus haut intérêt."

Oui... Je nous guide à travers les couloirs, suivant une piste laissée par des gouttes de sang tombées sur le sol. Simmons est blessé et s'il tente de s'échapper par cette aile de la tour Nakatomi nous le retrouverons vite. Nous suivons une série de couloirs mais bientôt les gouttes de sang disparaissent. Je m'arrête un bref instant pour visionner la structure 3D de l'étage où nous nous trouvons. Je sélectionne plusieurs options parmi ses chemins de fuite les plus probables. A cet étage, il y a trois bureaux appartenant à des société de courtage et deux voies d'accès principale en plus de l'ascenseur que j'ai emprunté en arrivant. Il y a aussi un conduit d'évacuation que j'avais pris la peine de verrouiller tout à l'heure lorsque j'ai désactivé les systèmes de sécurité automatisés. Je fais signe à Hadès d'attendre.

"- Je vais le trouver... J'ai mis un virus dans le serveur du bâtiment tout à l'heure pour débrancher les mécas de sécurité qui nous attaquaient. Voyons voir..."

Je cherche à relancer le système de sécurité mais comme je le pensais Simmons et ses alliés ont coupé tout le système audio-vidéo de la zone. Ce qui est étrange, c'est l'attention particulière qu'ils ont donné à cette zone particulière de la tour...

"- Étrange..."

Je suis consciente des regards furtifs que me jette Hadès. Elle s'interroge sur ce que je fais et je devine aussi autre chose... Je lui jette un bref coup d'œil et je jurerais de l'avoir vu rougir discrètement...

"- Ils ont porté une attention particulière à tout déconnecter dans cette zone de la tour. Or c'est une zone qui n'est guère très sensible. Les trois bureaux qui sont installés sont juste des sociétés mineures de courtage. Cela n'a rien à voir avec les étages où les explosions ont eu lieu... Je croyais que Simmons voulait ma peau mais le schéma des opération laisse entrevoir un schéma de pensé bien plus complexe que je ne l'imaginais."

Je souris à Hadès avant de retourner à ma console. Je me connecte au système de régulation et de contrôle de l'environnement de la tour. C'est avec ce serveur que les veilleurs qui assurent la maintenance de la tour maintiennent une atmosphère compatible avec celle nécessaire à la survie de la plupart des êtres vivant. S'il est impossible d'utiliser les systèmes de sécurité pour repérer Simmons les systèmes qui permettent à la citadelle de ne pas laisser mourir un être vivant dispose de capteurs intégrés qui me permettront de retrouver celui que je cherche. Seulement c'est illégal... Je jette un regard appuyé vers le visage de l'humaine. Mmmm... Je n'ai pas trop le choix là... Une série de point rouge signifiant des systèmes vitaux en activité se superpose à la représentation 3D de l'étage. Je montre deux de ces points du bout de l'index :

"- Nous voici ici..."

Je montre ensuite une dizaine d'autres points rouge non loin de nous dans une zone qui n'est utilisée par aucune race.

"- Les voila... Ils sont onze et tout semble indiquer qu'une opération particulière se déroule ici. Regardez !"

Je lui désigne un conduit d'évacuation qui n'apparaissait sur aucune des cartes du système. Il est apparut subitement lorsque j'ai relié mon omnideck aux services de maintenances. Si l'encodage des veilleurs reste en grande partie un mystère pour les races concilliennes, une partie de leur base de donnée a pu être débloquée il y a des siècles avant que le Conseil de la Citadelle n'interdise toute interférence avec le travail des veilleurs. Ce que je fais est complètement illégal et pourrait m'attirer de gros ennuis si Hadès décide de le signaler aux autorités. D'un autre côté il faudrait qu'elle puisse prouver une telle accusation. Je jette un coup d'œil sur les indicateurs de position des navettes du SSC : Elles s'approchent à toute vitesse et seront là d'ici quelques minutes...

"- Ce lieu n'est marqué par aucun des schémas officiels. Je me demande ce qu'ils cherchent là bas. Il y a un conduit d'évacuation condamné depuis très longtemps et je n'ai aucune idée de là où il donne. Ce qui me parait bizarre, c'est que cette opération ne ressemble pas à Simmons. C'est un type assez lâche au fond et qui manque d'envergure. je l'ai rencontré à une table de poker terrien et je dois dire qu'il est un très mauvais bluffeur... Je ne comprends pas comment il a pu avoir le cran de monter une opération pareille."

Je hausse les épaules et je fais signe de reprendre notre poursuite. Nous traversons un couloir et finissons par arriver à l'entrée d'un grand hall plutôt vide. Je ne sais de quand il peut dater mais je remarque tout de suite le sas à l'épaisseur imposante qui vient d'être forcée par l'action d'une petite foreuse laser qui aurait sa place dans une exploitation minière... L'affaire est vraiment bien planifiée. Avec le chaos produit par les explosions et la folie des mécas de sécurité, qui irait imaginer qu'il puisse se passer quelque chose d'important par ici ? Décidément cela ne ressemble pas au Michal Simmons que je connais..

J'aurai aimé que nous nous cachions derrière un parapet le temps d'observer la situation mais à notre arrivée les regards se lèvent vers nous. Simmons se traine comme il peut vers ses sbires et l'un d'entre eux, vêtu d'une blouse de travail se penche vers lui pour l'aider à se relever. Ma compagne, d'humeur bravache, les défie crânement sans même se soucier que nous sommes deux contre onze :

Citation :
"- L’entêtement ne mène à rien, on a buté vos petits copains et votre gros tas de métal, lâchez l’affaire ! Vous avez envie de rentrer chez vous ce soir, ou vous préférez revenir farcis ?"

Mmmm pas mal... Mais je doute que cela suffise pour nous tirer d'affaire. Nos armes se sont braquées sur eux tandis que les leurs nous visent elles aussi. Un étrange silence s'établit entre nous, comme un no man's land que nul n'ose transgresser. Je me prépare à nous protéger. Au pire ma barrière biotique est levée à temps, nous pourrons nous abriter derrière le parapet devant nous. Simmons se redresse, haletant et grimaçant. Il nous pointe du doigt s'accrochant à l'homme en blouse.

"- C'est elle ! Elle a échappé à tes tueurs robotiques, Petrov ! Débarrasse nous d'elle ! Et de sa garde du corps !"

L'homme au visage maigre et saillant, presque émacié, jette un simple regard vers nous. Ses yeux bleus semblent nous transpercer et je ne peux m'empêcher de frissonner devant la lumière sans âme qui semble s'échapper de son regard. Il hoche les épaule et éclate d'un rire nerveux qui ne semble guère rassurer ses propres hommes. Qui est il ? Je ne l'ai jamais vu... Il joue avec un stylo démodé dont il s'amuse à sortir et rentrer la pointe...

"- Du calme... Héhéhéhé... Du calme Hihihi ! Bienvenue mesdames ! Soyez les bienvenues à notre petit cirque tellement amusant. J'espère que les attractions vous ont plu ? je me suis donné du mal à les organiser, vous savez ? Et encore, il manque le feu d'artifice final, huhuhuhuhuhu !"

Je jette un petit regard vers Hadès. Elle ne semble pas disposée à perdre son sang froid. Je lui murmure :

"- Ne tirez pas, pas de suite... Je ne sais pas qui est ce cinglé mais je veux savoir ce qu'il nous réserve..."

Simmons l'agrippe par le col, se tenant à lui pour se redresser.

"- Petrov ! Tues les bon sang ! Tues les, elles sont dangereuses !"

L'homme ricane nerveusement, agité de tremblements... Il semble serre dans sa main un boitier fragile. J'entends le cliquetis du stylo qui semble s'animer dans sa main gauche. Je lui crie :

"- Qui êtes vous et que faites vous ici ? Simmons ne sait pas ce que vous faites, je me trompe ? "

Simmons me jette un regard furieux et soudain regarde son homme de main, le dévisageant comme s'il le voyait pour la première fois. Je murmure à l'intention d'Hadès :

"- Je ne sais pas ce qu'il prépare mais ce sera plus dangereux qu'une simple fusillade. A mon signal, on plonge et on essaye de s'en sortir sans casse. Restez derrière mon bouclier biotique !"

Elle acquiesce sans perdre des yeux les hommes de Simmons. Il y a un grand et lourd Kroggan qui me semble sur le point de perdre patience. Il jette des coups d'œil nerveux vers Petrov...

"- Pourquoi le Kroggan semble t'il avoir peur de ce type ? "

Je me rend compter que j'ai parlé à voix haute. L'homme me regarde d'un air sardonique et me réponds enfin ignorant un Simmons furieux.

"- Bien sur ! Il n'est qu'un outil. Un outils qui vient de perdre son utilité..."

Simmons sort une arme de poing de son veston mais Petrov est plus rapide : Il plante la pointe du stylo dans la gorge de mon concurrent. Celui ci s'effondre au sol dans un gargouillis sanglant. Son arme tombe au sol et je crie à l'intention d'Hadès :

"- Maintenant !"

Elle tire et nous plongeons derrière le parapet tandis que je lève une barrière que j'espère infranchissable. Les tirs nourris cernent bientôt notre position et j'entends bientôt le ronronnement de la fouisseuse qui s'élève parmi le vacarme. Hadès riposte mais mais je la saisis par la taille et je bondis portée par toute ma force biotique l'emportant avec moi loin de notre position si exposée. Nous atterrissons après un vol de six mètres dans le couloir par lequel nous sommes arrivées.

FRAAAAAAAATCHHHHHHHH !

Le laser de la fouisseuse déchire la matière autour de nous réduisant en cendre le parapet et l'entrée. Le laser frappe le pilier au dessus et le plafond s'effondre sur nous...
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MessageSujet: Re: Folie psychopathe (première partie) Libre   Mer 4 Jan - 2:01

Hadès ne put s'empêcher d'esquisser un léger sourire lorsque la jeune asari la reprenait avec une ironie mordante sur sa métaphore arriérée de chevalier. C'est vrai, cela fleurait bon la poussière de bibliothèque, l'odeur des mythes oubliés. Pourtant, ce n'était pas simplement par élégance ou par prétention qu'Hadès avait exposé sa vision moyen-âgeuse plus que médiévale. Evidemment, Talia ne pouvait pas connaître son statut militaire, plus que ce qu'elle avait déjà dit elle-même. La jeune femme aux yeux pairs n'était pas un simple ex-soldat de l'Alliance Stellaire, et pourtant c'est ce que Talia aurait simplement découvert si elle avait regardé les résultats de son scan omni-tech - sa tentative de scan n'avait pas échappé à Hadès. Elle aurait déjà remarqué son statut si elle avait porté son armure de N5. Certes, ce n'était pas aussi prestigieux qu'une armure de N7, mais elle aurait sans doute remarqué les nombreuses encoches qu'elle avait elle-même pratiquées avec une vibro-lame de combat sur ses spallières. Chaque encoche correspondant à une mission à laquelle elle avait participé. Au fur et à mesure qu'elle gravissait les échelons et diversifiait ses activités - elle n'avait pas toujours été un soldat de ligne, mais aussi canonnière et pilote à bord des chasseurs de guerre de l'Alliance Stellaire - elle avait tissé un certain réseau pratique avec la hiérarchie, et aussi les services techniques. Non seulement cela avait permis à la jeune femme de partir de l'Alliance sans trop de casse, mais elle avait conservé quelques contacts, ce qui lui permettait de remplir de temps à autres son compte de quelques crédits jamais trop superflus. Mais au-delà de cet aspect professionnel, certains de ses hauts amis lui refourguaient des petits cadeaux de temps à autres, pas nécessairement empoisonnés. L'omni-blade était de ceux-ci, un projet top secret qui lui permettait d'exacerber ses capacités de combat au corps à corps. Elle n'avait jamais eu réellement l'occasion de l'utiliser, et c'était pour elle la meilleure occasion pour étrenner cette petite merveille. La lame de lumière inonda son regard vairon et la chaleur se diffusa sur son avant-bras et sa poitrine, preuve que finalement, certaines résistances n'étaient pas encore tout à fait au point. Machinalement, elle dressa dans sa tête une liste de ce qu'elle devrait signaler à son ami technicien. Cependant, c'était loin d'être insoutenable, quand bien même les muscles qui parcourraient son avant-bras criaient leur mécontentement.

Si c'était interdit par les autorités de la Citadelle? Elle n'en avait aucune idée. Après tout, pouvait-on interdire quelque chose dont on n'était pas au courant de l'existence? M'enfin, ce n'était pas vraiment la question pour elle. Elle était parvenue à faire ce qu'elle voulait. Peut-être que cela avait impressionné la jeune asari, ce qui ne serait plus que du bonus. Un bonus auquel elle tenait, mais qu'elle n'osait pas encore tout à fait s'avouer. Elle-même s'impressionnait pour le coup, parvenant à renverser les probabilités hasardeuses de la situation à son profit. Devant les manettes du mécha, devant tant de boutons, tant d’interrupteurs, elle avait l’impression de se trouver comme une gamine devant un sapin de Noël. Sauf que si elle ne parvenait à brancher la bonne guirlande, ce serait elle, la dinde farcie. Et elle y était parvenue également. Elle méritait une médaille, ou autre chose. L’autre chose ? Elle rougissait d’avance et se réprimandait d’oser penser à ce genre de choses, alors que la situation ne s’y prêtait pas. Enfin, elle se reprit, en se réceptionnant au sol, se dirigeant vers le trou béant qui était désormais le remplaçant officiel de la porte, les bords métalliques fumants. Elle éjecta la cartouche thermique vide du fusil d’assaut qu’elle avait récupéré, les flammes en arrière-plan, le visage impassible, le regard concentré. Tranquillement, la jeune femme emboîta le pas de Talia, comme si leur aventure n’était pas différente d’une simple promenade plaisante et courtoise, à l’ombre des chênes du Praesidium. Si Hadès était extrêmement calée pour ce qui était la pratique du combat, après tant d’années passées sur les champs de bataille ou dans des interventions pointues, elle était cependant plutôt faible pour ce qui était de la technologie. Elle était plutôt une femme rustique, adepte du contact physique. Elle laissa donc Talia faire, admirant, au fond d’elle, le savoir-faire de la jeune femme, éclairant brièvement son regard vairon. Elle regardait Talia sans la voir, se concentrant sur ses mains qui volaient sur les claviers dématérialisés, glissant sur son dos fin et souple… Se surprenant elle-même dans son audace voyeuriste, elle se réprimanda intérieurement. C’est à cet instant qu’elle croisa le regard de la jeune femme. Hadès détourna ses yeux impairs, et le rouge monta honteusement à ses joues.

- S’il y a quelque chose à savoir dans cette zone, je vous promets qu’on le découvrira.

La voilà donc à faire des promesses décidées, comme une adolescente éperdue, dans sa première relation. La honte empourpra son visage d’ordinaire si fier. Cependant, elle restait persuadée de la véracité de ses dires. Peut-être un peu moins maintenant qu’elle avait une dizaine de types belliqueux en face d’elle, armés jusqu’aux dents, et probablement fournis par les meilleurs armuriers du coin. Ca sentait l’argent à plein nez, Hadès ne pouvait le nier. Faisant sans conteste pâle figure avec son petit uniforme de bord bien suffisant pour se mouvoir sans problème et déjà à moitié carbonisé, elle ne se laissait pourtant pas démonter pour deux sous, toisant ses adversaires avec un calme profond, les mâchoires serrées, analysant la situation.

Du coin de son œil brun, elle regardait leur adversaire se traîner lamentablement sur le sol, soulevé par un homme en blouse, qui n’avait pas peur de se tâcher de sang : il ne s’était pas loupé, cet imbécile, et pourtant, elle avait été bien incapable de le rattraper. Intérieurement, elle se maudit, ne prêtant guère attention au sang qui s’écoulait sous son uniforme, rendant le tissu sombre poisseux contre sa peau. Ce n’était sans doute rien de plus qu’une égratignure, en tout cas rien qui ne soit pas soignable. Malgré ses penchants rustiques, la jeune femme avait horreur de perdre inutilement son calme, ce qui équivalait à une perte d’énergie en rien, alors qu’elle pouvait très bien concentrer sa colère pour redoubler d’efficacité dans le combat. Et le combat n’allait pas tarder à éclater, à en juger par l’orage qui grondait et l’atmosphère électrique qui étendait ses ailes sombres sur la salle. Imperceptiblement, Hadès ouvrait ses mains et les refermait tour à tour sur la crosse de son arme, serrant ses phalanges sur le métal à les faire blanchir, prête à bondir et à tirer pour sauver la vie de Talia… Et la sienne, éventuellement. Mâchonnant machinalement, son regard vairon ne se départissant pas de la vision de ses adversaires, elle esquissa un léger sourire.

- C’est vous la patronne, dame Talia, murmura-t-elle du bout des lèvres.

Elle éloigna donc légèrement son doigt de la gâchette, comme elle l’avait appris lorsqu’elle appartenait encore à l’Alliance, en situation de simple sommation. Bien campée sur ses jambes, assurée, elle attendait le signal ou l’instinct que quelque chose se passait pour agir, son cœur battant douloureusement dans sa gorge, sous l’effet de l’adrénaline qui se mettait à courir dans ses veines. Elle écoutait attentivement Talia, comme elle écoutait son général de bataille, tout en analysant la situation. En cas de danger, elle pourrait bien en emporter quelques-uns si elle réagissait assez vite. Ensuite, il y avait sans doute un moyen de se mettre à couvert. Mais il fallait aussi penser à la jeune asari. Elle se devait de la protéger, au péril de son existence.

- Cette situation ne me dit rien qui vaille. Vous saviez que notre ami avait des coéquipiers ?

Toujours murmurant du bout des lèvres, Hadès restait parfaitement impassible, presque froide, sentinelle massive aux aguets. Elle avait l’intuition que quelque chose allait se passer. Quelque chose devait même se passer, la situation était désormais intenable. Les paroles de l’homme, ironiques et mordantes, effleurèrent à peine les oreilles d’Hadès, porteuses de si peu d’informations qu’elle jugea qu’il n’était pas nécessaire d’y prêter attention. Surprise, elle assista alors à l’élimination de Simmons par l’inconnu. Un coup de stylo dans la gorge, trachéotomie gratuite et immédiate. Presque hébétée, elle regarda le flot de sang jaillir de la gorge du concurrent de Talia, imitant, de ses yeux ronds, les mercenaires ennemis. La voix de Talia, transperçant les ténèbres, la réveilla brutalement. Immédiatement, elle épaula son arme lourde, posant son manton au niveau de son bras pour mieux viser. Son doigt se posa sur la gâchette. Une rafale. Les impacts se formèrent sur la poitrine de l’homme, colorant un instant l’air d’une teinte vermillon, tandis que son ennemi s’étouffait dans son propre sang. Méthodiquement, elle pivota légèrement de quelques degrés autour de ses hanches, ancrées sur le sol, et tira de nouveau. Deux autres hommes. Le temps reprit son cours normal, et elle fut reconnaissante envers la jeune biotique, d’avoir levé sa défense. La jeune femme s’accroupit derrière, rangeant son arme contre sa poitrine, baissant la tête pour éviter les tirs de riposte. La colère monta dans sa poitrine, et elle chercha à attaquer de nouveau. Elle aurait sans doute été décapitée par les tirs nourris si sa jeune coéquipière n’avait pas eu la présence d’esprit de la maintenir à couvert.

La chute fut tellement courte… Hadès eut à peine le temps de rentrer sa tête dans ses épaules pour éviter de se rompre le cou. Machinalement, elle saisit la taille de Talia pour la serrer contre elle et la protéger comme elle pouvait. Le choc lui coupa néanmoins le souffle et elle sentit un goût cuivré envahir sa bouche.

… Quelle journée.

Elle eut encore moins de temps pour repérer où elles se trouvaient désormais. Elle sentit plus qu’elle n’entendit ou ne vit le laser se mettre en route. Elle s’aperçut plus du plafond qui menaçait de s’effondrer sur elles.

- Bordel à c**.

Sa grossièreté n’avait d’égal que sa promptitude à réagir. Sa voix même trahissait une grande maîtrise, un grand calme, il s’agissait plus d’une simple déclaration que d’une exclamation rageuse. Elle regarda le plafond et chercha une solution immédiate, menacée par les secondes qui s'écoulaient, à la fois engluées par une lourde torpeur et brûlées par l'urgence. Elle ne devait pas hésiter, sans quoi elles y passeraient toutes les deux, et ce serait vraiment très contrariant. Chassant en secouant la tête les brumes de sa chute, elle tâtonna dans le tourbillon des poussières pour saisir la taille de Talia. Elle la souleva et la plaqua contre le mur, faute d'une meilleure solution. Elle se pressa immédiatement contre elle, ployant sa nuque contre son épaule pour protéger du mieux son corps de la pluie de débris qui s'abattait sur son dos, déchiquetant le tissu de la tunique - et voilà, 200 crédits dans le vent ! -. Tout le temps qu'elle estimait qu'elles étaient sous la menace de cette pluie, elle ne bougea pas, enlaçant, avec peut-être un peu plus de force que ce qui était nécessaire, le corps mince de l'asari. A chaque secousse, à chaque effondrement, elle resserrait son étreinte, jusqu'à ce que ses lèvres se trouvent à quelques millimètres de sa peau. Lorsque tout fut terminé, elle relâcha lentement son étreinte, et plongea son regard vairon dans celui de Talia, presque surprise de ses actes. Ses mains glissèrent sur les épaules de la jeune femme, effleurant ses bras, tandis qu'elle déglutissait discrètement, tâchant de calmer ses légers tremblements. Ses yeux s'aventurèrent sur sa peau à l'éclat bleuté si attrayant, sur ses lèvres fines, séduisantes...

S'infligeant intérieurement une formidable claque, elle se força à se recentrer. Elle se redressa, plaquant ses mains contre son corps pour les empêcher de prendre des initiatives et reprit son expression fière.


- Je crois… Qu’on est bonne pour retourner sur nos pas.

Elle leva la tête.

- Ou emprunter les circuits de ventilation pour élucider tout ce que nous n’avons pas vus de nos propres yeux. Quelle proposition vous tente ?

Elle fouilla dans sa poche et trouva un stim d’adrénaline.

- Ah. Parfait.

Elle enfonça le morceau de plastique sur sa cuisse et s’injecta directement une dose synthétique. Elle sentit monter la tension en elle et s’ébroua en secouant la tête, les yeux fermés. Toute douleur avait disparu.

- Je vous suis quoiqu’il arrive.
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Talia Tsali

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MessageSujet: Re: Folie psychopathe (première partie) Libre   Sam 14 Jan - 3:47

" - Bordel à c**. "

Je n'ai pas le temps de me dégager mais Hadès est heureusement plus vive que moi. Elle m'attrape et me plaque contre le mur, à l'écart du laser de la fouisseuse et du plafond qui s'écroule. Elle se plaque contre moi dans une attitude étrangement protectrice. Je rabat le col de ma combinaison sur ma bouche et mon nez pour les protéger contre les poussières et les débris qui réussiraient à passer ma barrière biotique. J'ai l'impression d'entendre le rire du fou qui a lâché sur nous l'engin d'excavation résonner dans ma tête.

"- Ah ! L'enfoiré ! Si je mets la mains sur lui !"

Sans Hadès, j'aurais été ensevelie sous les débris métalliques du couloir. Ma barrière m'aurait protéger du pire mais ensuite..? Nous sommes secouées et j'ai envie de hurlé de terreur lorsqu'un panneau plus gros que les autres heurte avec violence mon champs de force avant de rebondir un peu plus loin. J'ai le gout du sang dans la bouche et je sens que mon énergie s'affaiblit... J'ai mal partout... Mon souffle s'accélère mais je sens le corps de l'humaine tout contre le mien... Pourquoi fait elle ça ? Un coup de foudre ? Je n'ai rien fait pour que cela arrive. Elle a tout à perdre en m'aidant et pourtant elle ne m'a même pas demandé quels seraient ses honoraires... Cela ne ressemble pas à l'attitude d'une mercenaire. Elle me fait penser à un de ces soldats de l'armée régulière qui se serait égaré loin de chez lui et de son unité. Qui sait ? Cette pensée n'est peut être pas si fausse que cela ? Nous sommes de nouveau secouée et je m'accroche à elle, accompagnant ses gestes. Elle me serre plus encore, jusqu'à effleurer la peau de mon cou de ses lèvres. Je ressens ses sentiments : Ils sont clair comme ils le seraient pour toute asari. Elle me trouve à son goût et je devine à certains petit geste très légers que je ne suis pas la première asari qu'elle rencontre... ni même qu'elle étreint... Serais ce pour cela qu'elle m'aide ? Peut être lui suis je familière parce qu'une amie de mon peuple l'a un jour aimée ? Je voudrais lui poser la question mais je ne sais si j'apprécierais la réponse. Elle écarte doucement ses lèvres de mon cou et plonge ses yeux dans les miens. Je résiste à l'envie de plonger en elle pour découvrir ce désir naissant qui l'envahit. Ce n'est ni le moment , ni le lieu... Son regard ne laisse aucun doute sur ce qui l'émeut. Elle m'embrasserait à cet instant qu'ils ne seraient pas moins évidents. Se rend elle compte combien elle serait facile à manipuler pour une asari qui voudrait profiter de la situation ? Je serais dans une autre situation je serais peut être tentée... Mais elle m'a aidée et m'a sauvée la vie...

"- Je crois… Qu’on est bonnes pour retourner sur nos pas."

Elle s'est écartée de moi et je la regarde toujours... Elle essaye de paraitre sereine, de me faire oublier cet instant d'égarement où elle s'est laissée aller... Voudrais je l'oublier d'ailleurs ? Je n'ai pas envie d'y penser de suite...

"- Ou emprunter les circuits de ventilation pour élucider tout ce que nous n’avons pas vus de nos propres yeux. Quelle proposition vous tente ?"

Je m'époussette doucement évacuant toute la poussière qui s'est accumulée sur mes bras. Je ne lui réponds pas de suite, je jette quelques coup d'oeil exploratoires. Non elle est redevenue elle même, ou du moins s'efforce de ne plus laisser entrevoir ses sentiments... Dommage... Je souris en la voyant s'enfoncer une dose d'endorphine synthétique. Oui, elle a tout du soldat professionnel.

"- Je vous suis quoiqu’il arrive."

"- Nous avons faillit mourir là, normalement des personnes sensées abandonneraient et rentreraient chez elles, non ? J'avoue que prendre un bon bain chaud serait le bonheur le plus complet en cet instant... Je pourrais même vous inviter à le partager..."

Je la vois hausser les sourcil et détourner le regard, surprise et gênée. Je ris doucement.

"- Des personnes sensées finiraient cette intéressante journée par quelques activités propres à ne redonner tout le bien être qui nous a manqué..."

Je me retourne vers les gravats et je commence à les escalader...

"- Seulement je ne suis pas une personne sensée et surtout je n'aime pas ne pas savoir pourquoi on a faillit me tuer ! Alors je vais arracher cette grille qui nous empêche d'accéder aux circuits de ventilation, je vais les emprunter , je vais trouver ce salopard qui m'a envoyé des robots et une fouisseuse laser et je vais m'employer à lui enfoncer si profondément l'un de ses jouets dans le rectum qu'il en couinera en sanglotant !"

Mon poing se charge d'énergie et je fracasse la grille qui me barre le passage d'un coup rageur ! Je grimpe, me glissant dans le conduit avant de me retourner vers Hadès :

"- Vous venez ou vous vous vous dégonflez ? "

Je la provoque en riant avant de l'attraper par le col et d'attirer son visage tout prêt du mien...

"- Merci... Vous serez payée bien sur pour vos talents mais ça c'est pour le hors forfait !"

Je l'embrasse soudain goutant à ses lèvres pulpeuses, mêlant ma langue à la sienne. nous avons toute deux la gorge sèche mais je ressens les prémices d'un abandon que je sais à présent désirer. Oui elle m'intéresse ne serait ce parce que j'aime son style... Je m'écarte en riant avant de me glisser dans le conduit. Je parcoure quelque mètre tout en ajoutant :

"- De toute façon, c'est par là ou nous passons des heures au bloc à expliquer aux flics de la citadelle ce que nous faisions dans ce merdier ! Et je ne sais pas vous, je n'aime pas mêler les autorités à mes petites affaires ! Quand un connard de cinglé me cherche, je le trouve toute seule et je lui fais sa fête !"

Je m'amuse à lui dire tout cela en français, reprenant les expressions typiques que j'ai appris lorsque j'ai passé des soirées à regarder de vieux films terrien avec Emma. Je m'arrête un instant pour consulter mon omnideck : J'affiche devant nos yeux le plan du secteur de la citadelle où nous sommes. J'examine le détail du réseau des conduites de ventilation... Si nous prenons la conduite principale qui descend vers la zone vierge sur la carte, nous devrions pouvoir rejoindre nos amis terroristes...

"- Vous voyez cette zone en grisée ? C'est une zone qui n'existe pas. Enfin normalement... Nous avons pourtant eu la preuve qu'il y a quelque chose là bas puisque nous avons vu de nos yeux une sorte de grand passage qui ne devrait pas exister... Je pense que l'on peut déduire que ce conduit là..."

Je montre l'un des conduits de ventilation que je fais apparaitre en rouge sur le holo.

"-... nous mènera jusqu'à nos amis... Ce qui m'ennuie c'est les trois passages suivants : là vous voyez ?"

Je lui montre trois zones que nous devons traverser et je les grossis pour lui montrer tout le détail de ce qui nous attend.

"- Il y a dans chacun de ces passages de gros ventilateurs qui risquent de faire de nous du hachis si nous tentons de les franchir. Nous pourrions les détruire mais cela mettrait en péril certaines fonctions de régulation des systèmes vitaux de cette portion de la citadelle. pour l'instant je ne vois pas comment les passer sans les détruire et cela risque d'attirer l'attention du SSC... Enfin je suppose... Peut être que les veilleurs s'en chargeront tout seul ? En tout cas nous allons devoir progresser jusqu'au premier de ces ventilateurs et voir si nous trouvons un moyen de les passer une fois là bas. Ensuite, notre problème sera les sentinelles que ce Petrov aura posé sur notre chemin..."

Je la regarde et je prends un air amusé...

"- Vous savez que j'aime beaucoup vos yeux ?"
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Hadès J. D'Anceny

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MessageSujet: Re: Folie psychopathe (première partie) Libre   Mer 22 Fév - 0:05

Ca pique, ça pique, ça pique…

Les dents serrées, l’ancien commando essayait de ne pas céder un parsec face à la pluie de débris qui s’abattait sur son dos. Oh, évidemment, elle avait déjà vu bien pire. Sauf que le pire était souvent subi avec une belle armure de l’Alliance Stellaire sur le dos, protégeant correctement le cou, les épaules et les articulations de la jeune femme, en déployant un bouclier cinétique. Là, elle sentait les éclats piquer sa peau, essayant de déchiqueter haineusement le tissu léger quoique solide de son uniforme. Et un peu bêtement, elle qui avait traversé des batailles rangées terribles, elle s’entendait se plaindre dans sa tête. Mais en dehors de tout cela, elle était reconnaissante de s’être trouvée en compagnie de la jolie asari : ses barrières biotiques étaient infranchissables et lui permettaient de ne pas terminer torse nu en plein milieu de la citadelle. Cette réflexion était stérile, en soi : certes, elle aimait fourrer son nez dans les ennuis, provocant la chance et trouvant toujours du profit à cela. Mais si elle n’avait pas croisé cet éclair bleuté, toute tendue vers sa quête personnelle, elle aurait vite remballé le matériel et serait partie prendre le thé à bord de son vaisseau.

C’était indéniable. L’ombre de Kanel’Ra, sa compagne passée, planait bien évidemment sur le visage de Talia. Et pourtant, toute l’amertume que cette vision suscitait chez Hadès, à son propre égard et non à celui de l’asari, n’empêchait pas la jeune femme de ressentir, à cet instant précis, une envie impérieuse, presque une évidence : Hadès était de ces femmes, ou de ces hommes en général, qui étaient capables d’offrir son cœur à la première passante qui daignait poser son regard sur elles, sans condition, en se liant pieds et poings liés. Talia était une de ces passantes dans sa vie, mais une passante à la peau bleutée : non seulement elle lui donnerait son cœur, mais aussi sa vie. C’était ainsi. Derrière sa mâchoire carrée et son regard vairon, elle était une femme tourmentée par des sentiments tournés non pas vers une femme en particulier, mais vers toutes les femmes – sauf peut-être les krogannes, mais bon, des goûts et des couleurs… Kanel’Ra… Elle essayait de ne pas penser à elle, de ne pas laisser son esprit se faire parasiter par les souvenirs, et pourtant, elle n’y parvenait pas. C’était étrange, lorsqu’elle faisait l’effort de se souvenir de ces mouvements forts, leur rencontre, la naissance de leur fille, elle ne parvenait à rien, à part quelques images floues, qui pourraient n’être qu’un fantasme.

Ces douces secondes où ses lèvres se posèrent, bien involontairement, contre sa peau, eurent le goût des souvenirs, comme une Madeleine de Proust. Le goût du soleil qui brûlait doucement la peau pâle d’Hadès, l’eau paresseuse mais claire qui passait non loin, l’ombre salvatrice d’un arbre aux feuilles dorées, l’herbe grasse sous sa paume, tandis que le corps de sa bien-aimée se serrait contre elle et que ses courbes s’éveillaient sous sa main tiède, alors que ses lèvres cueillaient les siennes dans un doux baiser. Et plus elle se souvenait de ces évènements, plus elle serrait entre ses bras la jeune femme qui venait à peine de rentrer dans sa vie. Elle savait qu’en se conduisant ainsi, quand bien même elle avait tout fait pour réfréner ces petits signes, elle trahissait sa vulnérabilité. Mais allons-bon, vous n’alliez quand même pas croire que tous les soldats de l’Alliance, passés, présents et à venir, n’étaient que des gros bœufs incapables de sentiments ou de faiblesses. Ce fut bref, et pourtant, elle eut l’impression que l’asari venait de lui faire le plus beau cadeau du monde… En tout cas des derniers temps pour elle.

C’était difficile pour elle de prétendre que le moment qui venait de s’écouler à son grand désespoir, ne s’était jamais déroulé. Pour avoir été face à certains politiciens véreux, ou autres petites frappes, Hadès avait appris à masquer son visage et à adopter une posture neutre. Mais après ce qui venait de se passer, cette expression neutre semblait être le mensonge le plus éclatant qu’elle ait eu à soutenir. Elle regarda la jeune femme remettre de l’ordre dans sa tenue, en songeant que c’était dérisoire, vu les débris et la poussière qui s’infiltraient dans leur bouche et leur nez. Et pourtant, elle eut l’envie quasi irrépressible de lever sa main pour l’aider, pour poser sa main sur ses hanches et… Mais elle se retint, à grandes peines. En lieu et place, elle sortit son mouchoir en tissu, dernière galanterie de sa part, et essuya sa joue, égratignée par un gravier tranchant, un peu de son sang coulant sur sa peau. Puis, elle s’injecta l’adrénaline synthétique. L’hormone brûla ses veines, déjà malmenées par la course des substances naturelles dues à sa dernière excitation. Elle serra les dents, sentant le stimulant se diffuser au travers de son corps, ses muscles engourdis se réveillant enfin, grondant sous cette provocation. Un peu embrumé par cette injection, le cerveau d’Hadès n’entendait pas toutes les paroles de Talia, quand bien même elle faisait de son mieux pour discerner chaque mot. Comme sélectif, son esprit entendit : « bain chaud » et « partager avec vous ». Globalement. Cette déclaration eut l’effet d’une gifle pour la jeune femme, qui revint rapidement à la réalité, comme le plus efficace des dégrisements. Elle n’était pas réellement gênée, enfin si en un sens : elle n’osait pas croire que ses sentiments étaient partagés par la jeune femme. Peut-être jouait-elle avec elle… Mais dans tous les cas, elle avait saisi son petit manège pseudo-séducteur. C’était ce qui la gênait précisément. Elle aurait peut-être dû dire quelque chose pour se dérober, trouver un alibi : « non, je ne vous regardais pas, enfin pas comme vous l’entendez, ce n’est pas que je ne suis pas sensible à votre charme, mais… » Et ne serait-ce qu’en pensant à cela, elle savait qu’elle deviendrait trop maladroite et se trahirait lamentablement.

Son rire désamorce légèrement la pression sur les épaules de la jeune femme, et son air surpris s’évanouit doucement pour faire place à son propre sourire, esquissé sur son visage aux traits fins. Elle entrouvrit les lèvres pour glisser quelque chose, mais finit par produire que quelques petites marmonnements à peine discernables dans le vacarme ambiant :

- Il est vrai que j’aimerais partager ce genre de moment avec vous.

Mais il était un peu trop tard pour parler de cela. La jeune femme escaladait l’impressionnant amas de gravats. Souriant de nouveau, de manière légèrement incrédule, Hadès lui emboîta le pas, tâtonnant légèrement pour trouver des prises stables pouvant supporter son poids.

- C’est dommage que vous ne soyez pas une personne sensée.

Elle grimpa rapidement, repoussant son fusil d’assaut sur son dos, la bandoulière s’enfonçant légèrement dans son épaule. Elle se hissa à la suite de Talia, imprimant quelques mouvements assurés à son escalade.

- Moi, me dégonfler ? Vous me…

Elle ne put terminer sa phrase, goûtant par surprise aux lèvres de l’asari, embrassant légèrement l’éternité, comme elles disaient si justement. Un long baiser, passionné, évoquant une explosion des sens dans le fond de sa poitrine, chassant les effets de l’adrénaline pour des sensations bien plus salvatrices. Elle était à deux doigts de céder tout à fait, créature fragile apte à s’abandonner à toutes celles qui sauraient lui tendre la main.

Son français flattait les oreilles de la jeune femme, et elle rosit de plaisir, avant de se reprendre.

- Oh, vous savez, je connais quelques gens qui nous épargneraient ce genre de désagrément.

Elle se hissa dans le conduit, grognant un peu pour la forme, puis se glissa à la suite de l’asari, encore tremblante de l’honneur que son baiser avait inspiré en elle. Talia s’arrêta et Hadès dut déployer des trésors d’adresse pour ne pas finir sa progression dans ses reins. Non que cela lui aurait déplut, bien au contraire, les courbes affolantes de la jeune femme avaient produit un effet délectable sur le jeune soldat. Elle s’approcha près d’elle, se serrant doucement contre elle, profitant de la contiguïté du conduit pour capter un peu de la chaleur de Talia. Dans un premier temps, elle imaginait qu’elle n’allait pas lui fournir de nouvelles informations, mais elle se trompait, elle ne put donc profiter trop longtemps de son corps athlétique. Intérieurement elle grimaça.

- Très bien. Qu’est-ce que nous pouvons faire ?

Elle réfléchit un instant.

- Ce ne sont que des suppositions, mais je pense que les systèmes d’alarmes du SSC ne s’enclenchent que s’il y a une réelle défaillance des circuits. On pourrait s’arranger pour pirater tour à tour les systèmes auxiliaires pour masquer un déficit d’énergie, une sorte de by-pass, le temps qu’on se glisse dans les différentes zones, ensuite on réactive le tout et l’énergie devrait se redispatcher correctement. Cela ne devrait pas poser beaucoup de problème pour quelqu’un d’aussi doué que vous, non ? Sinon, on y va cash, on bousille les systèmes en priant pour que les veilleurs prennent le relai et qu’on ait assez de preuves contre ces terroristes pour être blanchis par le SSC. Dans tous les cas, nous devons nous déplacer.

Hadès allait ouvrir le chemin, mais Talia ajouta quelque chose à propos de ses yeux. Dans la pénombre, la jeune femme esquissa un sourire, hésitant un moment à lui expliquer l’histoire de ces fameux yeux. Non, c’était stupide, il fallait… Mettre le paquet. Elle n’était vraiment pas douée pour ce genre de choses, un peu comme une adolescente qui drague dans la cour de récréation.

Elle se retourna près de Talia, attira son visage fin entre ses doigts, et l’embrassa longuement, goûtant avidement à ses lèvres, mêlant sa langue à la sienne, et, dans la caresse timide de ses doigts, elle essaya d’instiller sa foi et de la communiquer à sa compagne d’infortune. Rompant le baiser, après s’en être délectée, elle allait repartir, quand elle s’interrompit.

- Je vous jure que si on se sort de là sans trop d’encombres, je vous ferais faire un tour sur mon vaisseau. Et j’apprendrais à mieux vous connaître. Prenez cela comme vous voulez.

Sans un mot de plus, elle repartit. Bientôt, son visage fut couvert d’une pellicule de crasse noire, et en levant son bras pour essuyer, elle ne fit qu’étaler cette substance immonde sur ses joues. Elle pesta dans sa barbe et poursuivit sa progression, suivant les instructions de Talia. Soudain, la grille qui se trouvait sous elle s’ouvrit et elle tomba lourdement sur le ventre, son souffle coupé. Sonnée, elle se releva en chancelant, jetant un coup d’œil autour d’elle, s’époussetant vainement. Elle aperçut un veilleur qui se fichait éperdument de sa chute, effectuant sa maintenance autiste dans le vaisseau énorme. Elle consulta en tout état de cause son omnitech, après avoir téléchargé les données de Talia.

- On dirait qu’on est arrivées.

Deux veilleurs circulaient paresseusement, et un technicien fixait Hadès avec des yeux ronds.

- Oh non, mon chou, ne me regarde pas comme ça…

Hadès prit un air désolé en secouant la tête.

- Je suis vraiment désolée, gamin.

Elle leva son arme, enfonçant un bouton de son pistolet personnel, engageant des munitions soporifiques, technologie qu’elle avait récupéré sur le cadavre d’un assassin des Soleils Bleus, il y a déjà un moment, quand elle bourlinguait sur Oméga. Elle appuya sur la détente, et la fléchette s’enfonça directement dans la gorge du jeune homme. Il porta la main à sa gorge, roula les yeux et s’effondra sur le sol. Hadès rengaina et se tourna vers Talia, en souriant.

- Il va faire une très longue sieste et ne se souviendra absolument de rien d’ici une dizaine d’heures. Il se fera sans doute botter le cul par son employeur, mais rien de bien plus méchant.

Elle posa ses poings sur ses hanches.

- Il y a une console de connexion ici. Deux veilleurs. Et de quoi balancer du jus là où il faut. Ou alors, on court très vite à travers les pales et je suis sûre qu’on peut en sortir indemnes !

Elle rit de bon cœur, pour une fois, et reprit son sérieux. Elle s’agenouilla près du mur, et retira une plaque métallique, dévoilant une console encastrée sur un paquet de câbles nus. Hadès avait quelques compétences électroniques. Elle sortit un câble, en décrocha deux autres, et se connecta sur la console. Elle pianota un moment, créa des by-pass, et les balança sur le réseau. Son regard vairon ne quittait pas les informations qui étaient distillées. Petit à petit, elle voyait les barrières tomber, et elle afficha un sourire triomphant.

- Ca a l’air de plutôt bien marcher… Le premier ventilateur, en tout cas.

Elle leva les yeux vers Talia.

- Après vous, mademoiselle.

Elle hocha la tête poliment, avec un léger sourire.

- Ah, et au fait...

Elle tapota sur son arme.

- Aucun problème pour les sentinelles.

Elle lui adressa un clin d'oeil séducteur et se releva.
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Talia Tsali

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MessageSujet: Re: Folie psychopathe (première partie) Libre   Dim 26 Fév - 2:52

"- Ce ne sont que des suppositions, mais je pense que les systèmes d’alarmes du SSC ne s’enclenchent que s’il y a une réelle défaillance des circuits. On pourrait s’arranger pour pirater tour à tour les systèmes auxiliaires pour masquer un déficit d’énergie, une sorte de by-pass, le temps qu’on se glisse dans les différentes zones, ensuite on réactive le tout et l’énergie devrait se redispatcher correctement. Cela ne devrait pas poser beaucoup de problème pour quelqu’un d’aussi doué que vous, non ? Sinon, on y va cash, on bousille les systèmes en priant pour que les veilleurs prennent le relai et qu’on ait assez de preuves contre ces terroristes pour être blanchis par le SSC. Dans tous les cas, nous devons nous déplacer. "

Je lui souris. Tout casser serait une solution plus simple mais tellement primitive non ? Sa première idée peut marcher : Masquer un bref instant le déficit d'énergie et utiliser la puissance ainsi détournée pour alimenter un réseau secondaire qui puisse ralentir les pales des ventilateurs... Moui... Cela pourrait marcher si comme elle le pense les capteurs du SSC sont un peu négligents. A vrai dire, dans aucune installation Asari ce petit truc n'aurait une chance de marcher. Pour les humains, je suis plus réservée mais ils sont assez ingénieux pour régler au mieux leurs capteurs. Je suis sure que la Citadelle est encore mieux équipée en moyen de détection, mais justement l'interdiction de se mêler du travail des Veilleurs et la complexité de la technologie des fondateur de la Citadelle interdisent une veille trop efficace de la part de l'agence de sécurité. Après tout , pourquoi risquer de perturber le fonctionnement d'un système que l'on ne comprend guère ? Je fais un petit signe de tête à ma compagne et je m'amuse lorsque je décèle à nouveau les signes d'une fébrilité qui n'a rien à voir avec la peur du danger. Je serais donc si "effrayante" que cela pour une humaine atteinte par ce que les humains appellent le "coup de foudre" ? Il faudra que j'en parle avec Emma. Elle n'est pas encore majeure selon les lois humaines, mais elle saura certainement me renseigner sur ces petites gènes qu'on les humains lorsqu'ils nous rencontrent nous autres les asaris... Au fond, malgré leur attitude crâneuse et détaché, les humains sont de tout petits enfants fascinés et perturbés par nos mœurs assez libres. Et j'ai aussi cru remarquer que pour une femelle humaine flirter avec une asari c'est transgresser un délicieux tabou. Cela rend pour elles les choses plus excitantes et ce n'est pas pour me déplaire...

"- Pourquoi pas ? De toute façon nous verrons bien là bas."

Hadès se retourne vers moi, tremblante et saisis doucement mon visage entre ses mains. Elle m'embrasse subitement, faisant fi de ses hésitations. Je l'enlace doucement et je caresse le bas de son dos du bout des doigts. Ses doigts effleurent doucement mon cou et mon visage. Mon esprit se tend vers le sien et je ressens le petit frisson qui parcourt sa chair. J'ouvre mes lèvres et nos langues se trouvent... Sa bouche à un gout de fumée, ce qui n'est guère étonnant vu les vapeurs que nous avons respiré. Je me colle tout contre elle épousant son corps avec le mie... Et puis ce fugace moment s'achève : Hadès s'est écartée comme à regret. Je caresse ses lèvres du bout des doigts...

"- Merci..."

Je lui souris, touchée et amusée par sa fougue soudaine. Elle agit avec moi comme comme une enfant maladroite et impulsive mais j'aime beaucoup sa façon d'être. Elle qui est si intrépide et masculine dans le feu de l'action devient touchante et délicate lorsqu'elle se tourne vers moi. Je ne sais encore que penser d'elle mais elle ne me déplait pas, c'est le moins que je puisse dire. Par nature je suis joueuse et j'aime séduire mais cela ne veut pas dire que je laisse n'importe qui m'approcher ainsi. Pourtant Hadès me surprend et m'intéresse : J'admire sa force et son habileté mais je crois deviner en elle une fragilité déconcertante. Je suis déconcertée et cela me plait. Je me demande si... Lorsqu'elle m'a embrassée elle a marqué un léger temps d'arrêt et observé mes yeux comme si elle attendait que ceux si s'assombrissent... J'avais remarqué certain petits indices mais là je suis sure qu'elle a déjà connue une autre asari. Elle se retourne vers moi.

"- Je vous jure que si on se sort de là sans trop d'encombre, je vous ferais faire un tour sur mon vaisseau. Et j’apprendrais à mieux vous connaître. Prenez cela comme vous voulez."

Je ris de bon cœur et je répond :

"- Ah bon ? "Faire un tour sur mon vaisseau" veut il bien dire ce qui disent littéralement ces mots ou est ce une expression humaine dont la signification change soudain quand elle s'adresse à une asari ? Mmmm ? Je me demande comment je puis le prendre autrement que comme une invitation à dévoiler mon corps nu devant vos yeux admiratifs ? "

Je ris de plus belle en la voyant rougir. Je penche ma tête jouant les ingénues. Mes sens sont encore si proches de ceux de ma compagne que je ressens un léger frisson en elle lorsque je dis ces mots en "français". Visiblement mon petit accent ne lui déplait pas... Elle se détourne l'air troublée et je la suis, observant sa démarche. Je ris à nouveau en la voyant pester contre le dépôt de crasse sombre qui tombe parfois sur nous. Ces lieux n'ont guère été visité depuis longtemps ce qui est assez étrange si on y pense. Normalement les veilleurs auraient du entretenir cette zone aussi bien que les autres de la Citadelle. Je me demande ce que nous allons trouver. Je guide Hadès avec le plan tri-D affiché sur mon Omni-deck mais même celui ci a ses limites. Toute cette partie de la citadelle est si ancienne que je doute qu'on puisse encore trouver une interface qui en donne les plans complets. ce qui veut dire que ce Pétrov a d'une façon ou d'une autre entre ces mains des archives inconnues. Je ne sais vraiment pas ce qu'il cherche par ici mais je crois que je n'aimerais guère ce qu'il prépare. Perdue dans mes pensées, je sursaute soudain en entendant un petit bruit métallique. Je lève les yeux vers Hadès pour la voir soudain chuter du conduit.

"- Hadès ? "

Je pousse un cri mais je ne suis pas assez rapide pour amortir sa chute avec un champ biotique. Je me penche par dessus la grille qui a cédé sur le poids de l'humaine. Je ne la vois plus : Elle a roulé dans le nouveau conduit et a disparu de mon champ de vision. J'espère qu'elle n'est pas sonnée ou pire... Je l'appelle à nouveau sans qu'elle me réponde. Je me glisse dans l'ouverture et je suis le conduit glissant veillant à ne pas tomber. Les parois n'offrent guère de pries où se raccrocher. Nous aurons du mal à remonter par ici sans que j'use de mon pouvoir. Je finis par trouver le bout et j'entends une petite détonation. Je me laisse glisser au sol et je m'accroupis auprès d'Hadès. Je suis entourée d'une barrière biotique, prête à la projeter devant toute menace qui nous feraient face.

"- Tout va bien ? Vous ne vous êtes rien cassé ?"

Aux pieds d'Hadès , il y a un jeune Galarien habillé avec un uniforme de technicien de la Citadelle. Je grimace, pensant qu'Hadès l'a tué... Elle me rassure vite :

"- Il va faire une très longue sieste et ne se souviendra absolument de rien d’ici une dizaine d’heures. Il se fera sans doute botter le cul par son employeur, mais rien de bien plus méchant."

Je m'approche d'elle, l'examinant pour voir si elle est entière. Son visage est couvert de traces sombres... Je sors un mouchoir en soie et je l'aide à se dépousseter...

"- Décidément... Qui me fera visiter votre vaisseau si vous vous cassez le cou aussi bêtement ? Laissez moi vous aider..."


Je lui souris en murmurant ces mots. Je débarbouille son visage et je concentre mon énergie dans ma main. Elle est entourée d'une aura bleuté. Mon esprit se tend vers celui de ma compagne et je passe doucement la main sur sa cuisse douloureuse. Une douce chaleur remplace le petit pic douloureux. Je passe ma main sur son poignet, dissipant là aussi la douleur...

"- Essayez de ne plus vous faire mal, j'ai besoin de vous plus tard. J'aurai du mal à combattre ce Petrov et ses hommes toute seule."

Je me détourne enfin et j'observe le lieu où nous sommes. L'un des grand ventilateur nous fait face . Il est entouré d'une série de terminaux et de consoles. Plusieurs conduits arrivent jusqu'ici ainsi qu'un élévateur qui donne vers la surface probablement. Nous pourrions toujours regagner les parties habitées de la Citadelle par ici si nous n'arrivons pas à passer. Néanmoins, je me refuse à laisser ce Petrov s'en sortir ainsi... Je laisse Hadès s'occuper de la console. Elle n'a guère montré ce qu'elle savait faire dans ce domaine jusqu'ici mais elle semble savoir ce qu'elle fait. J'en profite pour tenter de pirater le réseau qui apparait en grisé sur les plans de la citadelle que j'ai obtenu. Sans succès... C'est comme s'il n'y avait aucun terminal connue pour relayer l'information. Cela me semble néanmoins peu probable. Il doit y avoir une autre explication. Et si les systèmes qui fonctionnent là bas étaient en panne ? Je doute que les Veilleurs laissent quoi que ce soit sans le réparer pourtant... J'ai entendu des rumeurs sur la Citadelle quand elle a été attaquée par les Geths. J'ai même du frayer mon chemin dans des lieux dont je n'avais jamais entendu parler. j'avais engagé un groupe de mercenaires et nous nous sommes enfoncés au plus profond de la structure pour essayer de retrouver la piste d'Emma. Je n'ai pas eu le temps de tout explorer depuis. les lieux sont trop vaste et il faudrait certainement toute une vie d'asari pour simplement en faire le tour. Et puis j'étais anxieuse de retrouver ma petite sœur humaine... Les Geths tuaient tout ceux qu'ils trouvaient...

"- Il y a une console de connexion ici. Deux veilleurs. Et de quoi balancer du jus là où il faut. Ou alors, on court très vite à travers les pales et je suis sûre qu’on peut en sortir indemnes ! Ça a l’air de plutôt bien marcher… Le premier ventilateur, en tout cas. Après vous, mademoiselle."

Je lui souris et je met mon Omni-deck en veilleuse. Je m'approche de l'énorme ventilateur dont les pales se sont presque arrêtées. Je franchis le passage suivi pas Hadès. Elle semble envisager le problème des sentinelle avec sérénité. J'aimerai bien avoir sa confiance : Je nous crois capable de traverser les cordons de sécurité de Petrov sans soucis mais cet homme m'inquiète. Il m'a paru fou et extrêmement dangereux. Nous balancer la fouisseuse était un coup de génie mais s'il a faillit nous tuer, j'ai bien vu qu'il n'a pas hésité à sacrifier ceux des ses hommes qui nous retenaient. je me demande pourquoi le reste continuent à le suivre... A leur place je partirais très loin de ce dingue. Mais le peuvent ils au fond ? Je doute que ce Petrov accepte la moindre démission... je me retourne vers Hadès lorsque nous atteignons le second ventilateur. Celui derrière nous s'est déjà remis en route, preuve que son opération marche très bien.

"- Au second ? Je vous laisse faire..."

Je la regarde tandis qu'elle reproduit son protocole. Je donnerais cher pour savoir qui elle est exactement... J'en profite pour allumer mon omni-deck et consulter la base de donnée de de mes serveurs. ceux ci explorent ceux du SSC ainsi que certaines autres bases de données plus ou moins légales. Une identité s'affiche vite et je lis la fiche signalétique qui apparait :

Hadès Joyce Sélène D'Anceny
Sexe : Féminin
Race : Humaine
Âge : 34 ans
Profession : Pilote indépendante
Vaisseau : La frégate moyenne "Austerlitz"

Ancienne membre des Forces spéciales, grade N5, pilote et artilleuse. Pressentie pour le grade N7, a présenté sa démission...


J'examine le reste des données sur elle. Certaines me semblent pertinentes comme son opposition à certaines expériences dans le cadre du programme Nzero qui visait à doté l'humanité de biotique de haut niveau. D'autres le sont moins, bien qu'un sourire éclaire mon visage lorsque je découvre un photo d'elle en maillot de bain dans l'un des dossiers d'un des meilleurs agents du SSC. Mmmm... Pas mal du tout... Bien que je sois plus intéressée par la façon d'être que par le physique au contraire des humain, la physiologie de ceux ci est si proche de ma race que je sais apprécié la beauté des corps des humaines. Je referme le dossier et je suis Hadès au travers du deuxième ventilateur.

"- Bien joué ! Encore un : Il faut prendre par ici ! Ensuite... Nous règlerons nos compte avec ce Petrov... Et nous verrons si vous préférez me montrer votre Austerlitz ou si vous préférez prendre un bain pour retirer toute cette poussière de nos corps..."

Je guette les expression de son visage. Elle est d'abord surprise que je connaisse le nom de son vaisseau et puis elle rougit à nouveau avant de détourner les yeux à la mention de "nos corps". Je devrais avoir honte de la tourmenter ainsi mais je n'y peux rien. Comme le dirait Emma , je suis une vraie "garce " parfois. Il faudra que je cherche la définition exacte de ce mot d'ailleurs... Et si mademoiselle a été un peu trop loin, elle s'en repentira... je hausse les épaule devant l'air étonné de l'humaine.

"- Je suis spécialisée dans l'obtention et la protection de données sensible, vous vous rappelez ?"

Trouver qui elle est n'était guère difficile. J'avais plus de données qu'il ne fallait : Un simple logiciel de reconnaissance faciale suffit le plus souvent dans le cas de ces anciens agents de l'armée ou des services secrets. Croyait elle que ses anciens employeurs avaient décidé de ne plus garder un œil sur elle quand elle a démissionné ? "

"- En tout cas, je comprends pourquoi vous êtes aussi efficace. Vos états de services étaient visiblement exemplaires. J'aurais pu tomber sur bien pire... Et moins intéressante que vous..."

Je me glisse dans un étroit conduit dans lequel je suis obligée de me mettre à quatre patte. Je jette un petit coup d'œil amusé vers elle me doutant de l'objet de son attention tandis qu'elle me suis. Nos yeux se caressent mais je détourne le regard : pas maintenant... Je veux que nous nous en sortions en un seul morceau ne serait ce que pour constater de visu si la photo en maillot de bain était retouchée ou non... Je ris silencieusement à cette idée. Nous arrivons enfin au troisième ventilateur. Les pales de celui ci vrombissent devant nous et je me tourne à nouveau vers ma commando humaine. Je lui dis en français :

"- Aller ma belle : A toi de jouer."

Je guette le bon moment pour traverser. Les pales ralentissent et un crissement strident retentit. Je me faufile entre deux battements et j'attends Hadès, les sens aux aguets... Un petit bip retentit dans mon oreille m'indiquant une présence potentiellement hostile qui s'approche. Je consulte mon détecteur : Deux points rouges... Des gardes peut être ? Une voix parvient à mes oreilles. mais je ne comprend pas les mots diffus. Je cherche la fréquence de leur communicateur... J'y suis presque... Hadès s'approche de moi calculant le moment idéal pour franchir les pales du ventilateur... Gagné ! Je suis reliée à leur fréquence !

"- Oui ? Ici Williams. J'arrive devant le conduit d'aération. Je ne vois rien pour l'instant..."

Je transmet le lien à l'interface d'Hadès, lui faisant signe de mettre en écoute simple. La voix de Petrov retentit sur la fréquence :

"- Ne prenez pas de risque : Passez tout au cracheur !"

Sans réfléchir et sans attendre Hadès, je me laisse glisser dans le conduit et je défonce la grille d'une rafale biotique.

BAAaaaaAAAaam

J'atterris souplement aux pieds de deux mercenaires. Je suis environnée d'énergie. l'un des garde tient un lance flamme, l'autre un impressionnant fusil d'assaut. Je tends les main vers eux lâchant la plus forte onde de choc que je puisse...

"- Intr..."

FROOOUUUUTCH !

Les deux hommes s'envolent tandis que ma rafale ébranle le mur devant moi, le traversant comme s'il n'existait guère. Lorsqu'ils retombent, je me jette sur le second qui bouge encore et j'écrase mon coude sur sa glotte. Il pousse un petit gargouillis avant de se taire, la gorge écrasée. Je me redresse tandis que mon aura biotique se dissipe.

"- Que se passe t'il ? Répondez ! Répondez je vous dis !"

Le couloir dans lequel nous nous trouvons est étrange. je n'ai jamais vu le genre d'appareil que nous découvrons à présent. Hadès a fini par me rejoindre et nous entendons les cris de Petrov :

"- Ce doit être encore ces deux putes ! Butez les moi ! Vite !"

je m'avance pour observer l'endroit d'où venaient les deux gardes que je viens de tuer... Devant nous s'étend un vaste espace dans lequel repose un étrange appareil aux formes sombres. Je n'ai jamais rien vu de tel... Il a été éventré il y a longtemps et je doute qu'il fonctionne encore. Je distingue Petrov au loin qui tente d'accéder aux données de bord. L'appareil mesure juste une cinquantaine de mètres de long mais sa technologie me semble inconnue si ce n'est qu'elle me rappelle ce que j'ai vu lors de l'attaque de la Citadelle. Il y a des tas de débris ça et là, et une partie du toit a été reconstruit après que le vaisseau se soit crashé dans la structure de la Citadelle. L'œuvre des veilleurs ? Je n'ai pas le temps d'y penser : Une porte anti vide se referme derrière moi me séparant d'Hadès... Je suis prise au piège !
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Hadès J. D'Anceny

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MessageSujet: Re: Folie psychopathe (première partie) Libre   Mar 28 Fév - 5:11

Quelque chose crépitait dans l'air. La jeune femme ne pouvait définir précisément ce dont il s'agissait, de manière claire, sans rougir. Elle avait beau être entichée, et être victime d'un coup de foudre spontané qui l'avait clouée sur place, elle restait néanmoins assez lucide - ou peut-être pas assez assurée, ce qui pouvait sembler surprenant pour une femme d'une telle carrure, qui avait réussi à botter quelques fesses illustres -, pour craindre que son coup de cœur ne soit qu'unilatéral. Hadès D'Anceny avait été jeune, elle aussi, et elle s'était ramassée un nombre considérable de râteaux, en étant persuadée que la femme en face d'elle partageait ses sentiments. En vieillissant, les priorités changeaient, et elle avait abandonné son côté Dom Juan pour se consacrer à sauver la galaxie, ce qui n'était pas une mince affaire. Ses relations se résumèrent alors rapidement à quelques coups d'un soir, où chaque partenaire était au courant des limites du pacte. Elle n'était tombée amoureuse qu'une fois, et elle avait été persuadée que c'était pour la vie. Puis, une nouvelle mission l'avait arrachée de son foyer tout neuf. Et aujourd'hui…

Aujourd'hui, Hadès cauchemardait. Cela faisait combien de temps? Un an, deux, trois? Elle avait arrêté de compter quand les rapports et les briefings, puis les supplications de l'Alliance, avaient commencé à encombrer sa boîte de réception. Elle avait perpétuellement repoussé son retour sur la colonie. Puis, c'était devenu une sorte d'obstacle pour elle : plus le temps s'écoulait, et plus elle craignait de revenir là-bas, comme en terrain conquis. Elle savait qu'elle aurait dû donner des nouvelles, faire quelque chose, au moins envoyer des lettres. Elle avait envoyé de l'argent, des sommes importantes, comme pour se faire pardonner. Et elle avait trouvé cette attitude plus que méprisable : elle achetait l'amitié de sa compagne, en tout cas son bon souvenir, avec de l'argent qu'elle s'était fait en tuant des gens. Oh, d'accord, c'étaient des méchants, comme on dit. Mais tout de même. Elle aurait dû lui envoyer des mots, pour la rassurer, pour lui dire qu'elle comptait encore… Puis, sa tendresse distante s'était muée en une crainte sourde, celle des reproches qui la menaçaient, tels une épée de Damoclès suspendue au-dessus de sa tête. La crainte était devenue culpabilité, et elle était rongée, désormais.

Mais auparavant, elle se contentait de penser à sa compagne, et son visage s'imprimait encore dans ses rétines bicolores. Mais depuis quelques temps, quelques mois, peut-être - Hadès avait un peu de mal avec la notion du temps -, elle se réveillait en sursaut, dans sa cabine personnelle, le drap trempé de sa sueur glacée collé à son corps tremblant. Elle voyait la verdure de la colonie ravagée par les flammes, par quelque chose d'innommable qui avait tout détruit sur son passage. Elle sentait que quelque chose vibrait dans sa poitrine, une boule d'angoisse horrible qui l'oppressait, et elle avait imaginé Kanel'Ra courir, tenant contre elle leur fille, dressant des barrières biotiques devant elle dans une fuite désespérée. Et elle n'avait rien pu faire. Elle savait ce qui se passait. Elle savait ce qui secouait en ce moment la galaxie. Ces disparitions de colonies humaines, dans les bordures lointaines. La peur venait de là. De la distance, de l'horizon invisible.

Hadès secoua la tête, pour chasser ces craintes qui avaient un instant obscurci son regard vairon. La situation n'était pas vraiment à ce genre de réflexions, mais bien à l'action. Elle avait une autre asari à sauver, et plus elle le ferait avec brio, plus elle aurait la chance de découvrir un peu plus d'elle. Et ce n'était pas de refus. Elle était curieuse de cette femme à la fois séduisante, pleine d'une jeunesse que l'ancien commando commençait à lui envier, et brillante. Elle imaginait qu'elle n'avait aucune difficulté à obtenir toutes les faveurs qu'elle désirait. Hadès avait conscience qu'elle s'engageait dans une pente très dangereuse : ses sentiments étaient clairs, et si l'asari se mettait à la manipuler, elle n'aurait aucune défense. Et puis, elle se sentait vraiment comme une sorte d'adolescente, amoureuse pour la première fois, le cœur léger et les tentatives un peu pathétiques, quoique touchantes. C'était étrange, à chaque fois qu'elle s'éloignait, par convenance, elle avait l'impression de sentir comme une sorte de déception amusée de la part de son amie.

Mais toutes ces considérations étaient valables jusqu'à ce qu'elle ait son dérapage honteux avec cette proposition indécente pour la visite privée de sa frégate. Non seulement l'Austerlitz avait quelque chose d'une épave ambulante - enfin, elle n'était pas très glamour, en somme, même si elle avait son charme avec sa carlingue brûlée par des tirs de laser à certains endroits, comme porteuse d'une histoire particulière et mouvementée, mais elle se trouva d'un ridicule irréparable et le rouge monta immédiatement à ses joues.

- Je… Erm… Non, cela ne voulait évidemment pas insinuer cela. Dans mon vaisseau, on est plus au calme. Pas que votre proposition me rebuterait, au contraire, mais je n'aurais jamais osé faire une proposition si indécente. C'est juste qu'à mon avis, partir de cette station après notre petite aventure serait bienvenu.

Elle marqua une pause, encore toute troublée.

- Mais à vrai dire, l'idée de partager un bain avec vous me réjouirait. Cela fait longtemps que je n'ai pas eu ce plaisir. Je suis plutôt douche.

Elle esquissa un sourire, dissimulé par la pénombre de la pièce. Tandis qu'elle progressait, prenant tour à tour des initiatives puis se rabattant derrière la jeune femme pour mieux profiter de… L'avantage tactique, elle se rongeait de pensées parfois un peu audacieuses à propos de la jeune femme. Brutalement, l'envie de la séduire avait clairement fait son apparition dans son esprit, et ne se dissimulait plus derrière un vague désir. Or, elle remarquait que jusqu'ici, ses tentatives involontaires avaient porté leurs fruits, et elle décida de ne pas tenter le diable. Si elle se mettait à lourdement draguer l'asari, elle se retrouverait sans aucun doute propulsée dans le groupe des gros lourds pathétiques, et elle n'en avait aucune envie. Elle avait une histoire, elle avait des valeurs, et elle avait bien l'intention de montrer ses qualités à Talia.

Puis, elle s'écrasa lourdement sur le sol. Encore heureuse qu'elle n'avait pas son armure habituelle, sans quoi elle se serait simplement plantée dans le sol, sans solution pour s'en sortir. Elle n'avait rien entendu craquer, mais une douleur se mit à irradier dans son corps, parcourant sa poitrine pour finir sa course dans son poignet et sa jambe. Elle avait entendu le cri de Talia et en retira étrangement une certaine satisfaction : Elle s'était inquiétée pour elle, c'était bon signe. Un léger goût cuivré s'insinua dans sa bouche et elle essuya le coin de ses lèvres avec la manche de son uniforme. Elle se releva comme elle put, vite, dans la limite des stocks disponibles.

- Non, ça va, je vous remercie, ce n'est…

Elle n'eut pas le loisir de terminer sa phrase, interrompue par ce geste intime, et la douceur de la soie sur sa peau fut aussi salvatrice qu'un oasis qui surgit brusquement dans l'horizon d'un égaré assoiffé. Le "rien" mourut dans sa gorge, et son regard vairon se planta dans celui de Talia. Sa voix se réduisit à un murmure, et elle baissa la tête, comme une adolescente prise en faute.

- Je suis sûre que vous vous débrouillerez très bien. Je vous dois déjà plusieurs vies.

Elle aurait voulu ajouter quelque chose de circonstance, d'un peu dégourdi ou d'un peu poétique, mais décida de s'en tenir ici, effleurant simplement la main de l'asari en souriant. Il fallait repasser à l'action, elles pourraient envisager autre chose après. Le plan qu'elle avait proposé semblait avoir été retenu par l'asari, et c'était une bonne chose. Effectivement, la structure de la Citadelle avait quelque chose de complexe et de mystérieux. Peut-être que c'était la Citadelle elle-même qui leur autorisait d'entrer dans ses entrailles pour y découvrir quelques secrets oubliés. Son plan marcha. Elles traversèrent aussi aisément que si cela eut été une croisière les zones à risque. Les deux premiers conduits passèrent simplement, puis Talia interpella la jeune femme en mentionnant explicitement le nom de son vaisseau.

- Qu'est-ce que…

La perplexité traversa une seconde son visage. La surprise qu'elle connaisse le nom de son vaisseau, pourtant logique, eut plus d'effet que sa proposition alléchante. Elle fronça un instant ses sourcils, puis l'explication jaillit brusquement : évidemment, elle avait affaire avec une courtière d'informations, et pas n'importe qui. Elle songea qu'elle avait dû faire les serveurs du SSC et essayait de se souvenir des détails qui pouvaient apparaître sur son dossier. Elle prit un air décontracté et sourit à la jeune femme.

- J'ai pas mal bourlingué, oui. J'ai servi sous les drapeaux de l'Alliance puis dans les forces spéciales. J'aurais pu être SPECTRE, mais j'ai préféré prendre ma retraite. Je sais, c'est bizarre.

Elle ne se sentait pas encore prête à dévoiler la réelle raison de ce désir de retraite.

- Merci du compliment, mais je vous le retourne. J'ai eu l'occasion de rencontrer quelques asaris, de jolies demoiselles et des guerrières, mais aucune n'avait votre panache. Ni ces irrésistibles attraits physiques.

Elle avait estimé qu'elle venait de commettre l'audace de la soirée. Elle avança, obéissant à l'asari, se délectant de la vision qu'elle lui offrait, souhaitant prolonger l'instant et en profiter un peu plus. Mais l'heure n'était pas aux amourettes. Elle neutralisa donc facilement les ventilateurs et attendit que sa compagne prenne les devants. Hadès n'était pas habituée à la discrétion, pourtant, il le fallait, et elle déploya des trésors d'efforts pour ne produire aucun bruit. Elle se mit sur la fréquence indiquée par sa compagne et resta attentive. Elle prit un moment de retard, s'assurant que les cibles étaient bien neutralisées, et rejoignit Talia, au pas de course, son fusil au poing.

- Vous pensez que c'est quoi, ce truc?

Elle n'aura jamais la réponse, en tout cas pas à ce moment. Une porte se referma violamment sur elle, coupant le contact physique avec l'asari. Hadès se précipita et martela de ses poings la surface métallique, folle de rage.

- Talia? TALIA?

Elle colla son oreille à la porte, dans l'espoir d'entendre une réponse. Elle hurla, pour se faire entendre.

- Je viens vous chercher, je vous le promets, tenez bon !


Bien, faire de telles promesses avait quelque chose d'extrêmement romantique, mais il fallait néanmoins s'y tenir. Or, elle n'avait aucune solution. Elle ne pourrait pas by-passer la porte, il lui manquait des codes de sécurité, puisque cette dernière semblait s'être abattue ainsi selon une défaillance du système. Le SSC n'allait pas tarder, et elle était un peu dans le caca si on lui posait des questions. Il fallait réfléchir, et en vitesse. Elle décida de revenir sur ses pas, en courant, son fusil jeté sur son dos heurtant à chaque foulée son épaule déjà meurtrie. Elle perdit de précieuses minutes à retrouver son chemin, et se jeta sur le corps encore inanimé du galarien.

- Hé ! Réveille-toi !

Le corps restait inerte, mou dans son poing fermé autour du coup, les lèvres ouvertes, la langue pendante, un filet de bave s'écoulant de sa bouche. Révulsée, Hadès le gifla de toutes ses forces. Le galarien remua à peine, produisant un bruit étrange, comme un enfant qui babille, puis retourna à son sommeil. Enervée, la jeune femme lui injecta une forte dose d'adrénaline, directement dans la carotide. Le galarien ouvrit brusquement les yeux, pris d'une sorte de crise d'épilepsie.

- Ah non, tu vas pas me faire ça, je te préviens.

Elle secoua le galarien avec force, et il finit par gémir la pitié. Hadès planta son regard vairon dans le sien, fulminante.

- Ecoute moi bien, le mollusque, je suis vraiment dans la merde, alors tu vas m'aider.

Elle sentit le galarien à deux doigts de s'évanouir de nouveau. Elle le secoua encore.

- J'ai pas fini ! Y a un trou du cul qui a décidé de pourrir ma journée, de m'éloigner de la femme pour qui je donnerais la galaxie en pâture, et de surcroît, m'a traitée de pute. J'ai donc décidé de lui forer un deuxième anus avec mon couteau de combat, sauf qu'il a mis une porte entre nous, que je ne peux pas soulever avec ma volonté, aussi inébranlable soit-elle. Est-ce que tu connais le fonctionnement de ce putain de système de sécurité, oui ou non?

L'infortuné technicien hocha vigoureusement la tête, la peur se lisant dans ses yeux exacerbés.

- Alors t'attends quoi?

Elle le posa de force sur ses pieds et lui fit augmenter la cadence, tandis que les veilleurs circulaient autour d'eux, indifférents. Le galarien se connecta à une console de sécurité et commença à pianoter sur son terminal. Hadès sentait une sueur froide lui couler dans le dos, tandis qu'elle essayait vainement d'évaluer le temps qu'ils avaient mis à parcourir les deux zones. Tiens bon, pitié..

- Hé euh… madame?
- Ouais?
- La console. Désactiver. Derrière vous.

Elle réagit à la vitesse de l'éclair et bondit sur ses pieds. Quelques opérations plus tard, la porte se souleva de quelques centimètres, avec un grincement horrible, puis se releva. Hadès s'était déjà précipitée sous le petit espace ainsi dévoilé, se cognant les épaules sur la porte, mais ne ressentant pas même une pointe de douleur, tant l'adrénaline pulsait dans ses veines.

- Talia?

Elle aperçut sa compagne, gisant sur le flanc, la face vers le mur, de manière à ce qu'elle ne puisse pas la voir. Eprise de peur, Hadès essaya de trouver de l'aide autour d'elle. Elle tomba sur la silhouette de Pétrov, qui était inclinée sur l'étrange chose qui trônait dans la pièce.

- Tu vas payer, espèce d'enfoiré !

Elle épaula son fusil d'assaut et tira plusieurs traits de laser, le touchant à la jambe. Il grogna, répliqua de son canon à main, forçant la jeune française à se dissimuler derrière une caisse, à couvert.

- Bandes de salopes !

Sur ces mots, Hadès vit Pétrov se faire la malle, ouvrant une porte dérobée, couvert par deux agents, qui refermèrent immédiatement la porte. Un vrombissement caractéristique de propulseurs se fit entendre, et Hadès jura entre ses dents, se relevant de sa couverture, son arme au poing. Mais il n'était pas temps de s'occuper de ça, Talia était blessée. Jetant son arme au sol, Hadès se précipita vers elle, soutenant sa tête et la posant sur ses genoux.

- Talia? Reste avec moi…

Le tutoiement était passé à la trappe, mais Hadès était parcourue d'une peur irrépressible. Puis, quand elle eut ouvert les yeux, le soulagement fut tel que de mémoire, Hadès ne put citer un autre moment où il aurait été plus fort.

- Putain de… Qu'est-ce qui s'est passé? Tu peux te lever?

Levant les yeux, entendant des pas, Hadès se raidit, prête à réagir. Il ne s'agissait que de l'infortuné technicien, qui approchait, mal à l'aise.

- Besoin d'aide?

Hadès reporta son attention vers Talia.


- Je crois qu'on va arrêter les frais pour ajourd'hui non?
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Talia Tsali

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MessageSujet: Re: Folie psychopathe (première partie) Libre   Jeu 8 Mar - 19:48

Je me jette derrière une pile de débris. Les tirs fusent, manquant de peu de m'atteindre. La porte anti vide s'est refermée entre Hadès et moi et je suis prise au piège. je lève un bouclier biotique autour de moi avant de me redresser et je tirer quelques rafales de carnifex. Les commandos de Pétrov se déploie autour de moi, tentant de prendre ma position par un tir croisé.

"- Et merde !"

Je jure machinalement en français, imitant les expression de l'humaine qui m'accompagnait il y a peu. Pétrov nous a bien eu : Il a attendu que l'une d'entre nous s'avance pour nous séparer. Je ne pense pas qu'Hadès me laissera tomber mais je ne crois pas qu'elle sera là de sitôt. Je jette un instant un coup d'œil vers la carcasse sombre de l'étrange appareil dans lequel le chef de ce groupe d'intervention tente de récolter des données. Il a relié son omnideck aux serveurs E.T. et semble accaparé par l'opération. Je ne sais pas ce qu'il cherche exactement mais voilà la raison de toute cette attaque. Simmons n'était qu'un simple outil dont ces hommes se sont servis pour monter leur opération réelle. Je voudrais plaindre ce pauvre homme mais je ne peux : C'était un bandit de la pire espèce et il n'a eu que ce qu'il méritait. J'aimerai juste qu'il ne m'arrive pas la même chose...

RATACATACTACTACTACTACTACTAC !

Une rafale de fusil d'assaut vient s'écraser et ricocher sur le haut de mon abris. Les débris derrière lesquels je me suis cachée semble me protéger mais c'est illusoire. Ces tirs m'obligent à rester à couvert tandis que deux groupes d'hommes sur les côtés tente de progresser et de me prendre de flanc. La seule protection sure, c'est la porte anti vide derrière moi. Si elle s'ouvre ce sera parce que je recevrais des renforts... Je consulte mon détecteur de mouvement... Là maintenant, ils y sont presque : Trois hommes se sont faufilé sur ma droite. Je concentre mon énergie dans ma main droite. Je sens mon corps crépiter soudain et j'ai dans la bouche un gouts iodé. Je pousse de toute mes forces dans la direction des trois hommes. Ils se redressent , me pointant de leurs armes mais j'ai été plus rapide qu'eux

BAM-BAM-BAM-BAM-BAM-BAM !

L'onde de choc qui parcours en quelques instants les 20 mètres qui nous séparent les prend de court soudain : Elle frappe leur corps avec la même force à l'impact qu'un glisseur lancé à vive allure. L'un d'eux, plus méfiant que les autres, s'est caché derrière des débris du crash de l'appareil étranger mais cela ne lui sert à rien : Ma vague d'énergie traverse sa protection comme si elle n'existait pas. Les trois hommes s'envolent dans les airs, balayés comme des fétus de paille. Je réprime un haut le cœur en pensant aux dégât interne que je viens de leur causer soudain. Je n'aime guère recourir à une telle violence, mais je n'ai pas le choix à présent.

Bang ! Bang ! Bang !

Je sens une vive douleur à l'épaule. Une balle d'arme de poing d'un gros calibre viens de frapper celle ci et malgré mon bouclier biotique et la solidité de ma combinaison, j'ai l'impression qu'elle a été traversée. Je crie de douleur avant de m'effondrer au sol. J'ai encore la lucidité d'appeler à moi toute mon énergie. L'un des sbires de Pétrov est passé sur la gauche et il a profité de mon attaque pour m'aligner. Je me concentre et je vois un autre soldat en armure de combat me viser avec un fusil d'assaut. Je roule sur le sol pour éviter les tirs et je tend comme je peux la main vers une zone située un peu au dessus d'eux. Elle se charge presque instantanément en énergie et lorsque je referme ma main, une sphère gravitationnelle et quantique apparait. Les deux hommes sont soudain attirés vers cette masse sombre tourbillonnante et lorsque je relâche ma main, ils se dispersent telles des poupées fracassées, retombant au sol quelques mètres plus loin. Je n'ai pas le temps de me reprendre : Un tintement métallique retentit à mes pieds et je n'ai que le temps de sauter par dessus mon abris poussée par ce qui me reste d'énergie.

BOOOOOM !

L'explosion de la grenade me coupe le souffle. instinctivement j'ai usé de toute l'énergie que me reste pour amortir le choc mais ce n'est pas suffisant. Je heurte un meca à moitié désossé et soudain tout devient noir... Emma...

------------------------------------

Emma me saute au cou et m'embrasse sur la joue. Je la serre contre moi avant de la reposer au sol.

"- Alors ma belle ? Quelle tête a fait cet idiot qui t'a larguée juste avant ton bal de promo ?"

Emma me regarde d'un air ravi. Elle a juste 13 ans mais je devine qu'elle sera très jolie selon les critères humains. Seulement pour l'instant elle est juste dans... Comment sa mère dit elle déjà ? Oui, l'age ingrat... Elle est toute rouge d'excitation et me regarde comme si j'étais une déesse descendue sur Terre pour être adorée.

"- Il était vert de jalousie ! Hihihihi ! Merci merci merci ma sœur toute bleue ! Tu es trop géniale !"

J'éclate de rire. Ce que j'ai fait n'était guère difficile : Une petite célébrité pour adolescents humains me devait un service (ou plutôt son agent) et j'ai fait en sorte qu'oil soit le cavalier de ma petite sœur humaine quand son soupirant indélicat l'a abandonnée pour une de ses camarades plus âgée et mieux formée. Ce petit rat a du avoir la honte de sa vie et le bonheur d'Emma me fait chaud au cœur. Nos mères se sont unis en se mariant et j'ai hérité d'une petite sœur humaine dans le même temps.

-------------------------------------

"- Talia ? "

Je lève la tête et je regarde Emma qui est affalée dans le sofa, portant un petit maillot de bain que je lui ai offert. Je suis moi même dans la piscine et je secoue la tête pour chasser les gouttes d'eau qui tombent dans mes yeux. Comme je le pensais il y a quelques années, elle est devenue une belle et magnifique jeune femme.

"- Oui ? Qu'est ce qu'il y a ma belle ? "

"- Tu m'en veux ? Je veux dire pour mon engagement dans l'armée ? "

Je ris avant de la regarder d'un air attendrit :

"- Non, je suis inquiète je ne te le cache pas, mais juste parce que j'aurais aimé te garder en sécurité... Je prends mes responsabilité envers toi trop au sérieux... Et puis, je suis fière de toi, je te l'ai déjà dit. Tu as grandis si vite... C'est ce que je trouve fascinant chez vous les humains : Votre vitalité, votre énergie sont si intenses que je crois que rien ne peut vous arrêter bien longtemps. Maintenant, tu as intérêt à prendre soin de tes fesses, pour reprendre cette expression humaine... Sinon, je viendrais te chercher où que tu sois pour te ramener là où tu seras en sécurité."

"- Qu'est ce que tu crois ? C'est surement moi qui te sauverais la prochaine fois."

"- Surement pas ! Je suis loin d'être facile à tuer !"


--------------------------------------

"- Talia ?"

Ma tête me fait mal et les mots m'échappent malgré moi :

"- Emma ? "

Je secoue la tête tandis que je vois la lumière qui m'éblouis soudain... Je me redresse, découvrant Hadès à mes côtés... enfin..."

"- Non... Désolée... je vous ai prise pour... Hadès ? Enfin... J'ai faillit y passer..."

Je grimace parce que mes mots peuvent sonner comme un reproche... Elle n'y est pour rien si la porte s'est refermée entre nous. Nous sommes toutes deux tombées dans un piège et j'ai faillit mourir sans revoir ma petite sœur... Je vois le regard inquiet d'Hadès et je pose ma main sur sa cuisse pour la rassurer. Je regarde mon épaule. La blessure n'est guère profonde : la balle a été arrêtée par mon champ biotique. Heureusement qu'il ne s'agissait que d'une arme de poing. Hadès épaule son fusil d'assaut.

"- Tu vas payer, espèce d'enfoiré !"

Elle tire et échange des salves nourrie contre un adversaire que je ne peux voir de là où je suis. de toute façon , j'ai la tête qui tourne... Je prends dans ma combinaison ma trousse de secours et je croque une gélule anti douleur. Le sol tremble bientôt tandis que j'entends le bruit de propulseurs qui s'éloignent. Hadès revient vers moi et s'agenouille à mes côtés. Elle pose ma tête sur ses cuisses

"- Talia ? Reste avec moi…"

J'ouvre à nouveau les yeux... Je m'étais assoupie sans m'en rendre compte...

"- Putain de… Qu'est-ce qui s'est passé ? Tu peux te lever ?"

Je secoue la tête... Les brumes dans ma tête se dissipent... Les calmants agissent enfin. Je touche mon épaule pour montrer à Hadès l'endroit où la balle a faillit percé mon épaule. La plaque de protection de ma combinaison a juste été enfoncée. Elle s'est déformée pour absorber l'impact, mais je sais très bien que c'est grâce à mon champ biotique que j'ai conservé mon épaule. Sans lui, elle aurait été pulvérisée par la balle. Hadès redresse la tête et regarde vers la porte, inquiète... Le jeune Galarien qu'elle a neutralisé tout à l'heure s'est approché d'elle. Il porte une tenue de technicien de la Citadelle.

"- Besoin d'aide ? "

Je plisse mes yeux en l'examinant... Hadès s'est retournée vers moi semblant l'ignorer à présent. Je tapote sur les touches de mon omnideck. Le profil du jeune Galarien apparait devant moi.

Sujet : Heldin Tellir
Sexe : Masculin
Race : Galarien
Niveau d'accréditation : Delta 5, agent de maintenance de niveau C
Service : Système de surveillance interne, affilié au SSC, sans accréditation de sécurité. Personnel civil et non militaire
Notation : C-, agent compétent mais peu motivé. Refusé pour une promotion au niveau supérieur
Notes récentes : Rapport pour absentéisme répété au cours du dernier mois (cliquer ici), mis en congé temporaire pour enquête de sécurité de la part du SSC (cliquez ici)
Rapport de police : Enquête du SSC à la suite de la disparition du sujet il y a 48 heures.

Le sujet serait entré en contact avec Vladimir Pétrov, terroriste humain dont les liens avec Cerberus ont été prouvé.


Je clique sur le nom de Pétrov : Son profil s'affiche lui aussi. J'entends Hadès qui me parle et je tourne la tête vers elle. Ma tête est toujours posée sur ses cuisses. Elle caresse mon crane d'une main douce et prévenante et je suis trop fatiguée pour le lui reprocher... En aurais je envie d'ailleurs ?

"- Je crois qu'on va arrêter les frais pour aujourd'hui non ?"

Je me redresse et je jette un coup d'œil vers le Galarien. Il me regarde l'air mal à l'aise. Je me relève et je pose ma main sur la joue d'Hadès.

"- Merci..."

Je suis toujours aussi furieuse contre ce Vladimir Pétrov et ce que je viens d'apprendre sur lui ne me donne que plus d'envie de le retrouver et de lui faire la peau. C'est un de ces salauds lié à Cerberus. Il est même plutôt radical comparé à cette organisation. Cet homme est recherché pour acte de terrorisme, pour enlèvement et pour acte de barbarie. Il est classé comme fou dangereux et comme psychopathe nihiliste par les services du SSC. Réjouissant...

"- Oui ce serait plus raisonnable mais ce connard m'a énervée et je vais le retrouver pour lui..."

Je tourne soudain la tête alertée par un bruit strident venant de l'appareil étrange. Je cours vers la console à laquelle s'était connecté Pétrov. Il a laissé ses connectiques branchés et je n'ai aucun mal à me brancher sur le réseau du vaisseau. Je blêmit soudain...

"- Hadès ? Dégagez de là, vite ! Ce fou a enclenché le mode d'auto destruction !"

Elle me regard et tente de m'entrainer à l'abri.

"- Non ! Je ne peux pas, ce truc pourrait faire sauter tout le bloc autour de nous. Je dois essayer de le court circuiter."

Les données filent à toute vitesse devant mes yeux. J'ai déjà piraté le virus de Pétrov alors je sais quoi chercher. Tout autour de nous, les murs se mettent à trembler. Les moteurs se sont allumés et ils commencent à surchauffer. Je ne m'en préoccupe pas, concentrée sur ma tache. J'entends de nouveau tir mais je n'ai pas le temps de m'en préoccuper. Je doute que Petrov ait eu le temps de modifier son approche et je commence à rerouter ses instructions. Il est doué mais je le suis plus à ce genre de jeu. Les données s'effacent une par une et finalement les moteurs s'arrêtent. Une épaisse fumée s'échappe de l'appareil. Je transfère toutes les données que je peux dans la mémoire de mon omni deck. Lorsque je me retourne, Hadès range son fusil d'assaut. Elle vient de descendre deux commando de Pétrov qui s'étaient attardés sur les lieux. Le galarien s'est terré au sol.

"- Je vous en prie, ne me tuez pas ! J'ai été obligé de les suivre... Ils m'auraient tué sinon ! Je devais juste leur ouvrir le passage par ici et les guider jusqu'à l'appareil..."

Je regarde mon omni deck : D'après les capteurs de la citadelle nous allons recevoir de la visite très bientôt. Le SSC certainement. J'affiche un plan de notre réseau. je montre à Hadès un trajet souligné en rouge.

"- On verra ça plus tard... Hadès ? Il faut dégager et emmener ce type... On peut passer par ces couloirs t retrouver la surface . Si nous nous dépêchons, nous éviterons le SSC. J'ai envie de me reposer et de prendre un bain... Une douche si je n'ai rien d'autre de dispo... Vous voulez toujours me faire visiter votre vaisseau ? Si nous y allons, nous pourrons mettre ce type au secret et l'interroger. A moins qu'il ne préfère expliquer au SSC ce qui s'est passé ici..."

Je le vois blêmir à son tour. Il acquiesce sans dire un mot. Je m'accroche au bras d'Hadès pour me retenir... Je chancelle un peu... J'approche mes lèvres de son oreille et je murmure :

"- A moins que vous ne vouliez pas me prêter votre douche ? "
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Hadès J. D'Anceny

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MessageSujet: Re: Folie psychopathe (première partie) Libre   Mar 13 Mar - 1:59

- Emma?

Euh, non, elle n'était pas Emma. Qui était Emma? Qui était cette femme assez importante pour que ce soit le premier mot que l'asari prononce en sortant de son moment d'inconscience? Malgré elle, Hadès ressentit une pointe de jalousie, et s'en formalisa intérieurement : ce n'était pas le moment pour ressentir ce genre de choses. L'espace d'une seconde, Hadès fronça les sourcils.

- Je suis désolée, je n'ai pas été assez réactive. Mais j'ai la satisfaction de voir que vous vous en êtes très bien tirée. Et que vous êtes vivante.


Elle lui sourit et regarda les cadavres qui gisaient autour d'elles. En reportant son regard sur Talia, elle vit que du sang tâchait le sol et une vague d'inquiétude, tout à fait injustifiée, puisque le sang n'était pas à l'état d'une flaque qui s'agrandissait de manière alarmante, la saisit, inondant douloureusement son visage. Elle sentit alors une légère pression sur sa cuisse et baissa vigoureusement la tête. Elle fut surprise de voir la main de Talia, alors qu'au fond, elle savait qu'il n'y avait rien d'autre qui pouvait ainsi se poser sur sa jambe. Une étrange chaleur la prit et elle resta un instant foudroyée. Elle lui montra alors son épaule, d'où s'échappait un peu de sang. Hadès serra les dents, sentant la colère peu à peu prendre le dessus. Si elle avait pu, elle aurait bondi sur Pétrov et lui aurait arraché la tête, mais elle ne se trouvait pas en état d'un tel héroïsme. En conséquence de quoi, elle se contenta de reprendre le fusil d'assaut qu'elle avait laissé choir un moment sur le sol métallique, de se relever violemment et donna la chasse à Pétrov, avec l'énergie du désespoir. Elle n'avait pas de quoi soigner Talia, n'ayant pas son armure sur elle-même. Son cœur battait la chamade, déchiré entre trop d'émotions violentes et contradictoires.

Hadès avait fait de nombreux champs de batailles, en presque 18 ans de service militaire. Elle avait rempli de nombreux objectifs, elle avait retiré la vie et on vantait encore son coup de feu miraculeux dans certaines tranchées de l'Alliance. Elle se mettait une pression de dingue pour réussir à caler son trait de blaster exactement où elle le désirait. Mais là, pour la première fois de sa vie, le doute la prenait. Ce type avait toutes ses capacités pour courir, Hadès avait brûlé toute son énergie, et le peu qu'il restait, elle l'employait pour combattre la douleur et continuer à marcher. Elle avait mal partout, la tête lui lançait et son cœur battait irrégulièrement. Elle serrait fortement la crosse de son arme, s'y accrochant plus que la tenant, ses jointures blanchissant sous l'effort. Elle épaula son arme, mais le canon tremblait. C'était un véritable enfer : son esprit tout entier se tendait pour faire obéir son corps, mais ses muscles se rebellaient. Jamais ce modèle de fusil d'assaut - un avenger - ne lui avait paru aussi lourd. Et inévitablement, elle échoua. Elle s'en voulut, et la cerise sur le gâteau, déclenchant une crise de fureur au fond de son cœur, et irradiant dans toute sa poitrine, fut d'entendre ces putains de propulseurs chauffer et arracher de la Citadelle Pétrov.

Elle se traîna jusqu'à retrouver l'asari et le galarien. La pression retombait en pics successifs et elle le ressentait lourdement dans ses membres. Elle tituba vers eux, songeant à cette inception plantée dans son esprit depuis un moment : elle se damnerait pour un bain, si elle ne l'était pas déjà. Un bain, deux ou trois compresses de médi-gel, un peu de calva et une cigarette, et peut-être un peu de chaleur, ce qui serait bienvenu. Talia entretemps s'était soignée, et semblait elle aussi bouillonner une rage sourde dans le regard de la jeune asari. Pourtant, silencieusement, Hadès reprit sa place auprès d'elle, accroupie, le visage grave et fatigué. Ce mouvement doux, sur son visage, l'étonnait elle-même. Après ce qu'elle avait traversé, elle ne se pensait plus capable d'une telle douceur. Elle caressa avec une tendresse nouvelle la joue de l'asari : c'était terminé. En tout cas, elle l'espérait. Elles avaient déjà une addition lourde, elle estimait qu'il serait judicieux que cela se termine. Elle avait peut-être tort, mais elle craignait surtout de ne pouvoir faire face à d'autres menaces. Elle se remit debout, réprimant une grimace de douleur en entendant quelque chose craquer - peut-être une de ses vertèbres, ce qui arrivait souvent. La main de Talia se posa sur sa joue et pendant un instant, elle haït de toute la puissance de son âme le galarien parasite qui se trouvait là, périphérique nuisible et voyeur. Et pourtant, une seconde, Hadès s'abandonna à cette caresse, fermant les yeux, reprenant des forces à ce contact. Hadès entrouvrit les lèvres, sa main se levant dans l'idée de se poser sur le creux du dos de Talia, souhaitant dire un mot sur la nécessité d'être raisonnable.

Et l'alarme stridente vrilla les oreilles d'Hadès qui grimaça, ajoutant à la migraine qui menaçait depuis quelques temps déjà. Mais bien avant le réflexe bestial de se protéger les oreilles, tout un système machinal se mit en place dans sa tête, crée pour qu'elle puisse répondre à chacune des situations possibles, un ensemble de règles qu'elle avait appris par cœur lorsqu'elle faisait partie de l'Alliance. Et globalement, cette alarme venait de lui gueuler à l'oreille qu'il était temps de prendre ses cliques et ses claques et de partir d'ici, ce que confirma Talia, qui identifia plus rapidement qu'elle la source de ce problème. Hadès se transforma alors en une sorte d'animal qui se mit à courir pour sa vie. Elle saisit l'asari par la taille et grogna au galarien de débarrasser le plancher. Elle s'attendait probablement à tout, une irruption de mercenaires, l'intervention du SSC, une bombe nucléaire au-dessus d'eux, mais sans doute pas à ce que Talia se débatte avec acharnement, parfaitement sûre de ses allégations. Elle douta une seconde : après tout, elle venait elle-même de dire que ça pouvait raser le quartier, d'une manière ou d'une autre, ils étaient foutus. Puis elle se souvint que Talia n'était pas n'importe quelle asari. Elle pouvait le faire. L'étreinte autour de la taille de la jeune femme se desserra, et elle hocha brièvement la tête. Des bruis de bottes détournèrent son attention et elle se retourna, épaulant son fusil. Des mercenaires débarquaient.

- Ils ne peuvent pas poser leurs RTT, c'est pas croyable ça.

Une premier mercenaire apparut dans son viseur. Une rafale traversa sa poitrine et le cloua au mur. Rien de plus facile, songea-t-elle dans un coin de sa tête. Tuer était si simple. On épaule, on vise, on tire, affaire classée. Et on raye de la carte une existence d'une vingtaine, ou d'une trentaine d'années. Peut-être que ce type casqué avait une famille lui aussi, peut-être même une femme, des mômes, quelque part dans une colonie, et qu'il se battait parce qu'il croyait en ce qu'il faisait… Comme si cela allait changer l'univers…

- Ta gueule, conscience de merde.

A la guerre comme à la guerre. Elle descendit sans pitié les deux autres mercenaires qui se hâtaient vers eux. Le galarien, terrifié, restait foudroyé au milieu de la salle. De temps à autres, Hadès jetait un œil impatient par-dessus son épaule pour s'assurer de la progression et de la protection de Talia. Ses doigts valsaient sur son omnitech à une vitesse qui étonnait toujours la jeune femme. Et soudain, le vacarme sembla décroître pour mourir en quelques pets de nonnes. Hadès venait de tuer deux autres mercenaires. Elle se retourna pour voir l'appareil éteindre ses moteurs, sous le piratage de Talia. Elle ne put s'empêcher de pousser un sifflement d'admiration et de poser deux doigts sur son front, en signe de reconnaissance.

- Vous m'éblouissez de plus en plus.

Mais évidemment, l'aventure était loin d'être finie : Talia ne semble pas aussi soulagée qu'elle. Il fallut un éclair de seconde pour qu'Hadès comprenne : le SSC était en route et serait probablement mécontent de l'anarchie ambiante. Elle consulta Talia du regard, redressant le galarien d'un coup de pied sur le postérieur.

- Arrête de dire n'importe quoi, gamin, et assume tes conneries. Suis-nous sans discuter. Je n'ai pas mes menottes sur moi, mais je n'en ai plus besoin depuis un moment.

Elle sortit son carnifex et le planta dans les reins du galarien, faussement menaçante.

- Euh, oui, okay m'dame, je ferais tout ce que vous voudrez, mais me tuez pas, pitié…
- Tais-toi. Faut qu'on décarre d'ici. Alors obéis à mademoiselle, ça vaudra mieux pour ta peau.

Le galarien hocha vigoureusement la tête, effrayé. Hadès se tourna vers Talia et lui sourit, amusée. Elle sentit alors la faiblesse de l'asari et rengaina son pistolet pour la soutenir immédiatement, lâchant le galarien qui ne tenterait rien de toute façon. Elle la serra un instant contre elle.

- Ma douche, ma chambre, mon vaisseau, vous pouvez tout réquisitionner, mais une fois qu'on est sorti d'ici.

Elle transféra les données de localisation de son vaisseau.

- Vous êtes sûre que ça va aller?

Le regard vairon d'Hadès sonda Talia, révélant toute son inquiétude. Il y avait certes l'amitié d'un soldat pour un autre combattant hautement estimable, son admiration, mais aussi ce sentiment tendre qui n'avait de cesse de la harceler depuis le début de leurs ennuis. Maintenant que le calme était à peu près revenu, elle voulait en profiter. Sa main glissa sur son bras et saisit doucement son poignet, l'attirant près d'elle, ses lèvres effleurant doucement la peau du cou de l'asari, s'enivrant du parfum délicat préservé de l'odeur de la mort. Elle caressa tendrement la peau et ferma les yeux une seconde, pour en profiter pleinement.

- Passez devant, je vous couvre.

Tandis qu'elle s'engouffrait à la suite de Talia dans les conduits métalliques et qu'elle replaçait la grille en entendant les bruits des agents du SSC qui approchaient, elle pianota sur son omnitech. Une voix synthétique s'éleva dans son récepteur.

- Commandant?

- George, veuillez contacter le service des douanes pour requérir un départ immédiat, code 106.
- Affirmatif. Autre chose?
- Je veux qu'on décolle immédiatement à mon retour. Deux passagers en plus, dont une légèrement blessée.
- Commande confirmée.
- Arrivée estimée à une trentaine de minutes, si le trafic est dense.
- Bien reçu.
- D'Anceny terminé.


Le trajet ne fut pas simple à exécuter, et Hadès manqua de s'écrouler de fatigue à quelques reprises. Ils finirent par parvenir à la surface et Hadès faillit hurler de joie. Le taxi la dévisagea avec des yeux ronds tandis qu'elle demandait une course jusqu'aux docks, avec ce noir sur son visage et ses vêtements déchirés. Mais il ne put refuser les crédits offerts par la jeune terrienne. Tandis que le véhicule filait dans les airs de la Citadelle, Hadès ne pouvait détacher son regard de l'asari, le visage à la fois grave et motivé par autre chose, entre ses sentiments et sa passion naissante. Elle perçut un soulagement qui lui était presque nouveau lorsqu'elle posa le pied sur les docks, à quelques mètres du pont d'embarquement du SSV Austerlitz.

- Alors euh… Je vous préviens, il n'est pas de toute beauté, mais on va lui redonner un coup de peinture bientôt.

L'imposante frégate patientait, ses ailes repliées, les moteurs ronronnant. Elle avait un jour porté visiblement les couleurs de l'Alliance, mais avait été depuis repeinte et la peinture était désormais écaillée. Les canons reposaient sous le ventre de l'appareil, comme un défi à quiconque approcherait. Des plaques bougèrent sur les flancs de l'Austerlitz et s'ajustèrent pour entamer les manœuvres de décollage. Hadès saisit Talia par la taille et l'aida à monter dans le navire, alors que son timonier, Jean-François, s'occupait de transférer le galarien rempli d'inquiétudes.

Le pont était propre quoiqu'encombré, et les membres de l'équipage y conversaient. Tous des vétérans de l'Alliance qui avaient suivi Hadès quand elle avait décidé de mettre un terme à la mascarade. Ils saluèrent la jeune femme sèchement, comme de coutume, ce à quoi elle répondit par de légers hochements de tête. Ils croisèrent Jean-François qui remontait de la cale, qui se frottait les mains, satisfait.

- Les affaires reprennent, commandant !
- Affirmatif. Décollez, maintenant.
- Aye, aye.

Jean-François était un jeune français, ami d'enfance d'Hadès, un grand gaillard avec un physique avantageux, brun aux yeux bleus, les muscles roulants sous sa peau, et qui s'amusait à prendre des poses orgueilleuses pour faire fantasmer les membres féminins de l'équipe, décochant un sourire ravageur aux jeunes filles en fleur. Sauf que Jean-François était homosexuel et que son mari résidait actuellement sur la Citadelle, en tant que professeur émérite de l'académie terrienne. Cette attitude amusait profondément Hadès, et leur connexion était telle qu'aucune ambiguïté ne pouvait résider dans leur dialogue. Elle saisit donc la légère nuance évoquée par le timonier.

- Je vous montre ma cabine. Et la douche. Navrée, je n'ai pas de bain.

Sa cabine était certes spartiate, chaque objet était extrêmement fonctionnel et confortable. Un bureau, son terminal extranet personnel, une collection impressionnante d'holodisques, un établi où elle modifiait ses armes - un carnifex reposait là, encore démonté -, une armoire remplie de vêtements et autres babioles, une chaîne hi-fi. Séparant l'espace bureau et salle de bain à son lit double, Hadès avait fait installer un écran holographique et un écran d'eau, ce qui la détendait pendant les moments pré opératoires.

- Je vous en prie, utilisez la douche, faites comme chez vous, vous êtes mon invitée.

Hadès s'inclina brièvement et fit quelques pas en arrière, après avoir ouvert la porte coulissante de la salle de bain. Elle fouilla dans son armoire et sortit des produits et une serviette.

- J'ignore si Jeff a mis de l'adoucissant, mais je crois que cette serviette conviendra à votre peau.

Puis, elle se sentit stupide, restant ainsi les bras ballants. Les secondes qui s'écoulèrent furent un véritable supplice pour notre héroïne, qui hésitait à rajouter quelques paroles, mais se tient coite. Fuyant légèrement le regard de Talia, elle fit quelques pas en arrière de nouveau.

- Je vais me débarrasser de ces fringues désormais lapidées.

Elle fit demi-tour et passa derrière l'écran d'eau qui, elle le supposait, masquerait sa nudité. De toute évidence, Talia refermerait la porte et ne regarderait même pas Hadès, qui venait de retirer sa veste et sa chemise, constatant les dégâts sur sa peau. Du sang séché, des entailles encore rosâtres, des ecchymoses. Une plaque noire s'étendait sur ses côtes. Avec appréhension, Hadès pressa la zone de son index. Une décharge traversa son abdomen, la crispant dans un grognement. Visiblement, une côte y était passée. Elle retira ses bottes et les jeta dans un coin.

- Ah putain…

Elle s'assit sur le bout de son lit, et commençai à désinfecter ses plaies, extrayant des morceaux de verre brisé dans son avant-bras droit en serrant les dents. Le tatouage dans son dos s'éveillait tandis qu'elle bougeait, au gré de ses muscles dorsaux. Le dragon aussi était blessé, et léchait ses plaies comme il pouvait, parcouru d'un rouge intense. Hadès était concentrée à la tâche, le regard fixé sur les compresses et le spray de médi-gel qu'elle vidait. De nouvelles cicatrices s'ajouteraient à sa collection, cela ne faisait pas de doutes, mais pour l'instant, les séquelles n'allaient pas être insurmontables. Juste pour 1000 crédits de vêtements par la fenêtre et quelques trucs un peu bousculés. Sa côte se remettrait facilement, avec un séjour en cuve de médi-gel. Elle passa sa main dans ses cheveux noirs et se redressa légèrement, n'entendant plus l'eau couler dans la douche.
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Talia Tsali

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MessageSujet: Re: Folie psychopathe (première partie) Libre   Jeu 15 Mar - 0:53

Je me laisse guider sans trop réagir. je suis épuisée mais mon esprit fonctionne à toute vitesse comme souvent dans ces moments là. Je pianote sur mon omni deck triant les données que je viens d'enregistrer. Nous nous glissons dans les couloirs et remontons à la surface évitant les forces du SSC. L'air pur qui nous cueille à la sortie me redonne enfin vie. je me tourne vers Hadès et je lui dit :

"- Cela sens comme la Terre... Je pourrais presque imaginer votre "Suisse", ses grands sommets, son air pur et ce lac immense près duquel..."


Je n'en dis pas plus : Ce sont mes souvenirs avec Emma. Une après midi nous nous sommes installée au bord de ce "lac Leman" et nous avons bavardé à l'ombre d'un Pin. Le temps était magnifique et l'air un peu frais mais nous sommes restée assise sur l'herbe, partageant des souvenir et ouvrant nos cœurs.. Je pense souvent à Emma quand je me sens triste. Elle a remplacée dans mon cœur ma mère défunte. Je suis la plus âgée et être une grande sœur, c'est encore tout nouveau pour moi mais j'essaye de ne pas faire trop de bêtises. Je suis Hadès et nous montons dans un taxi. J'écoute distraitement les instructions qu'elle donne et je les rentre dans mon omnideck. Le déploie à nouveau mes écrans cryptés et j'installe une paire de lunette très spéciale sur mes yeux. Je déploie mes programmes dans tous les serveurs de la citadelle. Lorsque Pétrov est rentré dans les serveurs de l'appareil alien, j'ai pu trouver la trace de ses virus et effectuer une analyse de son système. C'est un peu comme si je relevais les emprunte digitales ou ADN de son omni deck. Je lance mes serveurs dans mes "bureaux" pour qu'ils recherchent la moindre connexion de ce fou. S'il se connecte à nouveau sur la Citadelle, je devrais être capable de le savoir et de le localiser. Je ne suis pas encore aussi forte que le courtier de l'Ombre mais je suis sure qu'un jour je le dépasserais... Patiemment, je monterais mes réseaux et développerais mes contacts. Hadès serait d'ailleurs une recrue de choix... Mais est ce simplement son professionnalisme qui m'intéresse en elle ? Elle me regarde comme si j'étais une princesse de ces "contes de fée" humains que m'a offert Emma pour mon anniversaire. Ses sentiments sont troublés et je crois qu'elle a ce que les humains appellent un "coup de foudre" pour moi. Elle me plait, mais je ne sais pas vraiment jusqu'où je veux aller avec elle... Et puis je m'en moque après tout, je verrais bien !

"- Alors euh… Je vous préviens, il n'est pas de toute beauté, mais on va lui redonner un coup de peinture bientôt. "

Je lève la tête de mon omni deck et je me rend compte que nous sommes devant la baie d'amarrage du SSV Austerlitz. C'est une vieille frégate de l'Alliance soigneusement entretenue mais qui en a vu des belles. Il y a des traces de lasers et d'explosions sur la coque. Rien de bien grave, juste de la peinture brulée mais qui donne à cet appareil un rien , je ne sais, corsaire... L'appareil malgré son aspect peu engageant a conservé la grâce et l'aspect élancé de ce qui a été probablement l'un des fiers vaisseaux de l'Alliance il y a peu. D'après les registres de la Citadelle et ma base de données, Hadès d'Anceny effectue de nombreuses livraisons ça et là, pas toutes légales d'ailleurs mais rien de vraiment répréhensible. Je ne m'étonne pas qu'elle m'ait aidée à ce que je découvre sur elle. Enfin si : Rien ne l'obligeait à tomber dans un tel nid de guêpes pour mes beaux yeux...

"- Oh je vous promets de ne pas me formaliser. Et puis ce n'est pas l'apparence qui compte mais la fiabilité non ? S'il est bien entretenu, votre vaisseau doit être un plaisir à commander non ? "

Elle sourit, heureuse que je ne juge pas son vaisseau à sa simple coque. Je la suis tandis qu'elle me fait signe de la suivre. Je ne prête guère attention à son équipage , certaine que mon omni deck scanne et enregistre tout plein de détails sur eux comme leur voix , leur visages. Je jette un coup d'oeil à ma base de données surveillant celle ci... Un bref instant Pétrov semble se connecter mais il débranche imédiatement son omni deck... Mmm... je me demande s'il se doute de quelque chose ? Je réduis la sensibilité de mes capteurs tandis que je laisse Hadès s'occuper de ses hommes. Elle discute avec un spécimen plutôt musclé. Au ton de l'homme et à celui d'Hadès, une franche camaraderie semble régner dans les coursives de ce navire. Je jette un dernier coup d'œil sur les écrans holos de mon omni deck... Voilà... J'ai mis un premier programme leurre et un second qui fera le réel travail. Si les infos divergent, alors je saurait que j'ai été repérée et que l'on me tend un piège... Je mets mon omni deck en veille et je me retourne vers Hadès. Je passe une main sur son front pour chasser une mèche rebelle de son front.

"- Désolée, je cherche la trace du fou furieux qui a tenté de nous tuer. Si j'ai bien configuré mes instruments et si nous avons de la chance, nous lui rendrons une petite visite... Avec l'avantage de la surprise cette fois... Enfin si vous voulez toujours m'aider ? "

Je lui dis ces derniers mots en lui faisant un sourire charmeur. je sais que ce n'est pas très bien d'utiliser ses sentiments ainsi mais je le fais quand même. Après tout, j'ai envie de la revoir... Elle rougit à nouveau...

"- Je vous montre ma cabine. Et la douche. Navrée, je n'ai pas de bain."

Je surprends les regards amusés des hommes d'équipages . Ils font semblant de vaquer à leurs occupations mais certains petits sourires expriment mieux que d'autres les habitudes de leur capitaine... je prends un air tragique et je déclame à voix basse d'un ton amusé :

"- Et voilà... Ma réputation est perdue , vous vous en rendez compte ? "

Je ris doucement et je suis la capitaine dans sa cabine. Je jette un coup d'œil : L'aménagement est assez dépouillée comme souvent chez les militaires ou les anciens des forces armées. A part les holodisques, il n'y a rien de vraiment personnel. Je m'approche de l'écran d'eau pour admirer les flux et les reflux qui se succèdent ... Est ce qu'Hadès trouve cela reposant ? Que cherche t'elle à oublier en se plongeant dans cette vision ? Je me sens plus calme soudain et j'oublie un instant ma colère contre Pétrov. La douleur à mon épaule s'est un peu apaisée grâce aux calmants et en me concentrant sur ces motifs sans cesse changeants, je me sens plus proche de mes racines. Je revois ma mère et ses sœurs, manipulant l'énergie biotique sous mes yeux émerveillés. Toute petite, je sentais les flux me pénétrer et je sentais qu'autour de moi l'univers n'était pas simplement solide mais fluctuant. C'est comme si une quatrième dimension se superposait un bref instant sur la représentation 3D physique. L'énergie biotique emplie soudain l'espace manipulant les lois physique que l'on pense immuables. Le temps et l'espace sont soudain bouleversés et... Je souris, sentant mon énergie sur le point de se relâcher. Je me demande comment font les autres races dotées de pouvoirs biotiques ? Chez nous autre les asaris le contrôle de ceux si est si simple comparés aux leurs. Par nature, nous sommes adaptables et notre physiologie nous prédisposent à l'utilisation de pouvoirs biotiques. Je regarde Hadès, haussant les épaules d'un air désolée avant de dissiper mon aura bleutée. Je laisse échapper un petit rire. Je parle à nouveau en français.

"- Mmmm... Désolée, je deviens encore plus bleu parfois... Ce doit être ma façon de ... comment dîtes vous déjà ? De rougir, voilà!"

Mon petit accent asari ne semble pas déplaire à mon hôtesse. Elle me montre la douche se détournant à moitié.

"- Je vous en prie, utilisez la douche, faites comme chez vous, vous êtes mon invitée. "

"- Bien sur... Merci beaucoup, j'en ai besoin..."

"- J'ignore si Jeff a mis de l'adoucissant, mais je crois que cette serviette conviendra à votre peau. "

Je hausse un sourcil amusée. Emma a une camarade de classe qui agit de la même façon avec moi. Je lui ferais donc tellement "peur" ? J'essaye de ne pas rire pour ne pas la blesser. Ses petites attentions maladroites sont touchantes et ne me laisse pas indifférente. J'effleure doucement ses doigts en saisissant la serviette. Hadès reste un instant sans réagir plus embarrassée que je ne l'imaginais. je me détourne, avant de lui jeter un dernier coup d'œil par dessus mon épaule... Va t'elle oser me rejoindre sous la douche ? Je devrais peut être l'y encourager ? Je dégrafe le haut de ma combinaison et je m'avance vers la douche. je tire doucement sur la fermeture et je dégage mes bras. le haut de ma combinaison tombe sur mes hanches. Hadès s'est tournée dos à moi, comme pour me rassurer sur ses intentions... Hihihihihi ! Je dois vraiment la perturber dirait on.... Elle agit avec moi comme une amoureuse transie et pourtant je sais qu'elle a déjà connu une autre asari au moins. Sa façon d'être avec moi tout à l'heure ne laissait aucune ambiguité là dessus. Il y a un holo posé à plat sur son bureau... je résiste à l'envie de le retourner pour le regarder. J'ôte mes bottes... Hadès me tourne le dos toujours.. Elle semble soigner ses blessures. Je vois sur son dos quelques ecchymoses et de vieilles cicatrices. Elle n'a pas du avoir une vie facile. Doucement, je fais glisser le ma combinaison sur mes hanche et je suis enfin nue... Je fais trois pas vers la douche, regardant une dernière fois Hadès. Quel dommage, elle a raté ma représentation... Je tourne le robinet et je sens l'eau couler sur ma peau. Je me sens revivre. Les gouttes chaudes glissent sur mon visage, chassant toutes les mauvaises ondes qui créent des nœud de tension dans ma chair. La vapeur m'enveloppe bientôt et je ferme les yeux. Je repense à Illium et sa chaleur si torride parfois.. Là bas aussi je prenais des douches très chaudes pourtant... Je savonne doucement mes bras, mes cuisses et mes fesses... Je sens à nouveau mon énergie circuler en moi... Je me sens mieux... Je regarde ma blessure à l'épaule : Elle a plus l'air d'un gros hématome qu'autre chose. J'attrape enfin la serviette et je me sèche. Je l'enroule ensuite autours de ma taille et je reviens sans la chambre...

A pas de loup, je me rapproche dans le dos d'Hadès. Elle s'est déshabillée elle aussi. Je souris constatant qu'elle ne m'a pas remarquée... Je tends doucement la main juste en bas de son dos et j'effleure doucement sa colonne vertébrale... Elle sursaute mais j'approche ma bouche de son oreille :

"- Que vous êtes bien sage... Et moi qui croyais que vous alliez me retrouver sous la douche ? "

Ma voix est un léger murmure, légèrement fruité. Je caresse ses cheveux... Elle n'a pas fière allure ainsi, blessée et sentant le roussi du combat... Ma main effleure doucement sa nuque... Une petite étincelle s'échappe de mon doigt filant vers son cou. Elle titille la base de celui ci, déclenchant en elle un frisson...

"- Où est donc passée l'audace fabuleuse de cette humaine intrépide qui m'a fascinée tout à l'heure ? "

Je caresse doucement son cou. Ma cuisse nue effleure doucement sa hanche. Je m'assois derrière elle, me collant tout contre son dos... Mes cuisses frôlent ses hanches...

"- Je croyais que je vous plaisais pourtant... Me serais je trompée ? "

Je laisse filer mes doigts sur ses épaules... J'effleure tendrement ses flancs... Mes mains se croisent sur son ventre...

"- Vous êtes comme votre vaisseau... Vous avez vécu de dur combat et cela se voit sur votre peau... Ici par exemple..."

J'effleure ce qui doit être une blessure à l'arme blanche. Je suis la trace jouant à la parcourir. Un délicieux frisson s'empare de l'humaine... Je sens sa gène : Elle se sent sale, et peu à son avantage... je lui souris avant de déposer un baiser sur sa nuque...

"- Ne dites rien... Allez vous doucher et revenez... Je vous attends..."

Elle se retourne tandis que je m'allonge à plat ventre sur son lit, uniquement vêtue de la serviette.

"- Si vous voulez vous sécher ensuite, il faudra que vous négociez cette serviette avec moi, hihihihi ! je vous préviens, je suis dure en affaire..."

Je lève les pieds en l'air, les croisant au dessus de mes fesses... Je regarde l'humaine marcher vers la douche d'un pas décidé. Je ferme les yeux , écoutant simplement le délicieux murmure de l'eau qui goutte...

Bip- Bip- Bip

Je regarde mon omni deck et je me lèvre pour l'enfiler. Des petits signaux rouges me parviennent... Pétrov ! Je le tiens ! Je me dirige vers ma combinaison et je l'enfile avec une certaine répugnance. Désolée Hadès, ce n'est que partie remise... Ma soupirante humaine sort enfin de la douche et son regard déçu me fait mal au cœur Je m'approche d'elle et je pose un baiser sur ses lèvres... J'espère qu'elle ne m'en voudra pas trop, je compte bien terminer ce que nous faisions plus tard...

"- Désolée mais il y a du nouveau : Petrov est encore sur la Citadelle et je sais où il est."

J'affiche le plan de la Citadelle sur un grand holo. Je pointe mon doigts sur une petite icône rouge qui fonce vers le quartier des ambassades.

"- Il est là ! J'ai repéré une de ses connections à l'instant. Et connaissant l'homme, je crains le pire... C'est un type qui a été renvoyé de Cerberus pour son extrémisme... Cela en dit long sur l'homme... "

Hadès s'habille vite fait et j'ajoute :

"- Je crois que l'on arrivera trop tard si on utilise les moyens conventionnels... Et les communications du SSC sont brouillée depuis 1 mn dans cette zone. Comment l'interceptons nous ? "
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Hadès J. D'Anceny

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MessageSujet: Re: Folie psychopathe (première partie) Libre   Ven 16 Mar - 5:20

A l'évocation de la Suisse, Hadès fronça brièvement les sourcils et se tourna vers Talia dans l'optique de la questionner sur cette science surprenante, mais en saisissant ses mots qui se suspendaient, comme si elle venait de croquer dans sa madeleine de Proust, elle décida de ne rien dire, simplement hocher la tête en guise d'approbation. Elle ne souhaitait pas vraiment se souvenir des odeurs de la Terre. Elle venait plus de l'entrée des enfers, les odeurs des bouches de métro bondées, Auber un jour de surcharge, la sueur et des reflux étranges dont l'origine était si ambigüe qu'Hadès ne voulait même pas en connaître le détail. Elle était née dans un tas de gravats, dans les ruines de logements sociaux devenus assez délabrés pour que même les sans-abris aient décidé de les fuir. Elle était née dans la fange et la honte de l'orphelinat et des laissés pour compte. Pour elle, il n'y avait rien d'autre que cette odeur métallique et lointaine qui avait englobé sa jeunesse. Quelle n'avait pas été sa surprise quand elle avait vu autre chose, les côtes de la Normandie, la verdure du Pays d'Auge, l'innocence d'une nature qui lui était étrangère, avant d'entrer à Londres pour terminer son recrutement dans l'Alliance. Dans le train qui l'amenait jusqu'à Londres, elle avait aperçu des mômes qui jouaient dans un champ, trop indistincts pour qu'elle saisisse complètement leurs activités. Ils avaient l'air joyeux. Puis, un léger souffle s'était insinuée en elle. Une bouffée qui avait galvanisé son cœur, sa poitrine, une fierté, un moment d'amour désintéressé et pur qui s'était dirigé vers le monde entier. C'était donc pour cela qu'elle allait se battre. Pour permettre l'épanouissement de l'humanité dans cette nouvelle galaxie qui leur tendait les bras, dans la paix et la sécurité. Puis, elle avait eu un avenger dans les mains. Et elle avait tué pour la première fois…

- Oh, l'Austerlitz est comme une vieille bagnole allemande. Il est fiable, il ne nous explosera pas à la figure. Il est juste parfois un peu raide, mais rien de bien méchant.

Elle sourit. L'Austerlitz était en vérité assez cauchemardesque à piloter si on ne le connaissait pas. C'était un vaisseau avec une véritable personnalité, et faisait des caprices : par exemple, un saut SLM ne s'improvisait pas avec lui, il fallait attendre que les coordonnées soient parfaitement calculées et reçues par l'ordinateur de bord, que les différents protocoles des réacteurs se mettent en place sagement… Mais au fond d'elle, Hadès avait l'intuition que son vaisseau ne la trahirait jamais, quand bien même il aurait à supporter quelque chose d'inattendu. Au reste, elle avait besoin d'un mécanicien : pour l'instant, elle s'occupait elle-même des réparations, mais un jour ou l'autre, il faudrait que cela change.

La main de Talia sur son front lui procura un léger frisson qu'elle réprima comme elle put. La fatigue de son corps ne parvenait plus à tout dissimuler. Elle lui offrit alors un sourire calme, appréciant le geste, s'abandonnant un peu à son contact, un léger hâle montant sur ses joues, trahissant son plaisir.

- Faites donc, je comprends bien. Et je commence à avoir une dent contre ce bonhomme, donc il a intérêt à bien se tenir.

Toujours l'aider. La question semblait être réglée par avance, pour nos deux héroïnes, Hadès en était persuadée. Elle inclina doucement la tête en signe d'approbation.

- Talia, je vous ramènerai Mars si cela pouvait vous faire plaisir. Ce type a pointé son flingue sur vous, il en paiera les conséquences…

… Même si cela signifiait mourir d'une hémorragie stupide en plein milieu du champ de bataille. Quoiqu'il en soit, Hadès savait qu'elle donnerait tout pour que Talia se dépêtre de cette affaire. Le reste, advienne que pourra. Elle savait qu'elle serait amère, mais si leur chemin devait se séparer, elle aurait au moins eu la satisfaction d'avoir fait son travail.

- Quant à votre réputation, c'est plutôt la mienne qui est mise en jeu. Mais n'allez pas croire ces matelots, je ne reçois que très rarement, et encore plus rarement dans ma cabine.

Elle lui montra la douche en hochant brièvement la tête, de politesse. Tout son corps se tendait vers celui de Talia, mais elle était trop meurtrie pour penser à cette petite chose qui la démangeait depuis un moment. Et à vrai dire, elle était timide sur ce plan là. Elle avait vécu de nombreuses choses atroces. Des exécutions, des boucheries, des meurtres en règle, des revers désastreux comme des assauts destructeurs. D'aucuns disent que le commandant - enfin l'ex-commandant - D'Anceny était une femme dure, redoutable sur le champ de bataille, intraitable avec l'échec, entêtée et fière, capable de faire un massacre s'il lui restait l'énergie du désespoir avec un simple fusil d'assaut. Et pourtant, elle était incapable d'approcher une femme, humaine, ou asari, sans être d'une maladresse consternante, digne d'une adolescente. Elle savait cependant draguer lourdement, ce qui avait l'avantage de marcher avec quelques demoiselles. Mais la subtilité des relations… Peau de balle.

Si elle avait été audacieuse, elle serait rentrée dans cette foutue douche, elle aurait tout envoyé valsé, les convenances, sa conscience et le reste, elle aurait plaqué l'asari entre la paroi de la douche et son propre corps, elle l'aurait embrassée avec fougue et lui aurait fait l'amour avec passion. Hadès était peut-être une piètre dragueuse, elle n'en restait pas moins une bonne amante. Elle aurait enfin pris ces lèvres, cette bouche, qu'elle désirait tant. Elle aurait découvert ce corps nu sous sa paume, l'éveillant doucement, l'explorant avec tendresse pour mieux en ressentir la présence, les hanches, les cuisses, le ventre… Remontant la peau bleutée jusqu'à la naissance délicieuse des seins, l'embrasser, en saisir la pointe entre les dents, tout en caressant les cuisses, les remontant contre ses hanches, lovant son ventre contre le sien dans un moment d'extase qu'elle n'avait pas connu depuis un moment. Le bonheur de la redécouverte et de la prise de possession de son corps...

Mais non, Hadès D'Anceny n'était pas audacieuse. Elle se contenta donc de panser ses plaies du mieux qu'elle pouvait, en grognant. Et la main de Talia dans son dos fit naître une vague de chaleur irrépressible qui la fit rougir comme jamais auparavant. Elle se retourna. L'asari était nue, son corps enroulé dans la serviette qu'elle lui avait donnée. Ses reins s'enflamment, et la voix de Talia résonne à ses oreilles comme une douce promesse, qu'elle avait bien envie de réaliser. Elle ferma les yeux, refermant ses poings sur les draps du lit, se laissant faire, tressaillant à son contact, devinant sans peine les lignes de son corps contre le sien, frissonnant intérieurement. Elle ressentit une impérieuse envie de se retourner pour la prendre dans ses bras, mais elle sentait clairement que Talia avait le contrôle de la situation, et qu'elle lui était tout à fait soumise… C'était une sensation étrange. Nouvelle et étrange. Elle se sentit comme un jouet entre ses mains. Elle savait que c'était de son fait. Mais brutalement, elle se demanda si elle voulait réellement la revoir, mesurant toute la puissance de son pouvoir empathique… Hadès entrouvrit les lèvres, le visage légèrement incliné, ses cheveux sombres caressant ses traits, et murmura, de manière presque imperceptible :

- Bien sûr que vous me plaisez… Plus qu'aucune autre asari…

Son doigt parcourt son échine, l'inspecte, s'arrête sur une de ses multiples cicatrices. Hadès connaissait l'histoire de chaque cicatrice. Celle-ci avait été faite par une vibrolame qui avait entaillé sa peau jusqu'à l'os, traversant la chair pour se ficher dans un éclat sec dans sa clavicule. Un mercenaire, un jour malheureux d'une embuscade stupide, sur Eden Prime. On en avait déjà après elle à cette époque… Il y avait cette cicatrice, et bien d'autres. Le dragon tatoué sur son dos, qui se mouvait quand ses épaules roulaient et qui regarda un instant Talia de ses yeux flamboyants. Et les nouvelles plaies, les croûtes de sang brunies sur sa peau malmenée. La crasse sur son visage. Les vêtements déchirés qui gisaient dans un coin de la cabine… Elle avait honte. Talia lui offrit la possibilité de se racheter avec cette douche qui lui semblait tomber du ciel. Elle opina du chef et lui sourit, en se levant. Elle finit de se déshabiller en route, passant un bras autour de ses flancs meurtris et déjà marqués par les hématomes sombres, et passa dans la douche. L'eau brûlante sur son corps la purgea et elle leva la tête avec un sourire incrédule, salvateur, vers le jet d'eau, laissant toute la crasse s'écouler. Tout son corps hurlait merci, et pourtant, elle avait l'intuition qu'elle allait encore devoir secouer ses membres endoloris pour la bonne cause. En sortant de la douche et en regardant le visage de Talia, absorbée par son omnitech, elle comprit qu'elle avait raison. Son cœur se serra et elle hocha la tête avant même qu'elle n'ait ouvert la bouche.

- Les ambassades…

Quartier encombré par un flux insupportable de speeder et de taxis. Elle soupira intérieurement.

- Laissez-moi juste… M'habiller…

Elle était faible, mais elle surmonterait cela. Elle passa son armure de N5 rayée. Au moins pourrait-elle s'injecter régulièrement du médi-gel pour soulager ses douleurs et momentanément améliorer ses capacités physiques. Instantanément, elle s'offrit une décharge de nicotine qui la fouetta intérieurement. Elle passa dans son casier et y récupéra un fusil d'assaut avenger et son carnifex. Elle tituba et ploya un genou sur le sol, essayant de masquer ce moment de faiblesse en s'appuyant sur la crosse de son arme, puis la rangea dans son emplacement dorsal. Elle s'éclaircit la gorge et se redressa.

- Besoin d'une intervention non conventionnelle. C'est bon.

Elle regarda son omnitech et pianota sur quelques touches. Une voix synthétique s'éleva : "commande confirmée".

- Le carrosse de mademoiselle est avancé.

Elles descendirent aux niveaux inférieurs, jusqu'au hangar à chasseurs de l'Austerlitz. La cale était ouverte, et Hadès lutta un peu contre le vent qui s'engouffrait pour ne pas tomber. Un véhicule familier était en pilotage automatique et les moteurs chauffaient, diffusant une douce lueur bleutée. Hadès prit la main de Talia et l'aida à grimper dans le speeder. Elle prit la place conducteur, appuya sur quelques boutons et reprit le pilotage manuel.

- On l'intercepte avec ma caisse. Avant d'être une sauveuse d'asaris, j'étais pilote, vous savez. Mais je me suis pris une flèche dans le genou.

Que racontait-elle? Il était évident que Talia ignorait tout de ce jeu terrien qui datait du XXIème siècle. Il n'y avait qu'elle pour jouer à des trucs aussi rétro. Elle se reprit, et fit décoller son speeder. Elle l'avait lâchement abandonnée sur le toit de cet immeuble et c'était un vrai miracle qu'il n'ait pas explosé durant leur affrontement. Elle comptait encore sur son moteur hors de prix pour rattraper l'enflure qui lui avait démonté une côte. Si l'Austerlitz était une sorte d'antiquité vintage volante, le speeder qu'elle conduisait était le nec plus ultra des véhicules de sport, décontracté à la limite de la désinvolture, un moteur surpuissant, une prise en main parfaite, des sièges en cuir, la radio, un frigidaire embarqué, bref, tout ce qui pouvait être inutile et donc révélateur d'un certain snobisme. A vrai dire, Hadès ne savait pas quoi faire de ses crédits, elle qui n'avait personne à couvrir de cadeaux et d'attention, ou simplement à entretenir, mis à part les quelques virements qu'elle faisait à son ex compagne.

- Accrochez-vous.

Elle passa sur ses épaules le harnais de sport fourni avec le bazar. Elle l'ajusta d'une main, tandis que de l'autre, elle négociait un passage forcé dans le trafic. Elle avait mis un casque sur ses yeux, et elle voyait défiler toutes les données en temps réel, parfois de manière chaotique, entre la vitesse, la distance, ou encore l'angle. Son casque téléchargeait la position de Pétrov. Il y avait du monde sur la Citadelle, comme si tout le monde s'était donné rendez-vous le jour où c'était tout à fait superflu. Hadès jura entre ses dents et fit brutalement piquer son speeder pour trouver un couloir moins fréquenté.

- On va avoir le SSC au cul.

Elle manoeuvrait habilement, évitant à la dernière seconde les carrosseries, provocant la frayeur et le mécontentement des conducteurs. Elle restait détachée de ces réactions violentes, concentrée au possible sur sa tâche. Ses mains volaient sur le clavier, ajustant la trajectoire, rectifiant l'assiette du véhicule. Oh, pour ça, elles étaient secouées, c'était sur.

- Mais bouge ta caisse bordel !

Elle freina brutalement et inclina fortement son speeder sur le côté, martelant le klaxon.

- Danger public !

Elles se rapprochaient, et elle avait presque le speeder de Pétrov en visuel. Le moteur surchauffait, poussant des hurlements déchirants, malmené par Hadès qui négociait chaque virage en tête d'épingle d'une manière magistrale. Levant la main gauche, elle tendit à Talia le carnifex.

- Faites un carton. Attention au recul, il est puissant. Oups, attention !

Elle fit faire un tonneau à son véhicule pour éviter un jeune conducteur imprudent.

- Navrée de cette ballade.

Elle fit remonter le speeder en flèche pour se rétablir. Alors qu'elles arrivaient près de Pétrov, Hadès entendit les sirènes des véhicules du SSC.

- Shit.

Elle jeta un regard furieux dans son rétroviseur et vit une patrouille lancée à leur trousse.

- Ca ne s'arrange pas du tout !

Elle serra les dents. La douleur commençait de nouveau à l'inonder et elle commençait à sentir son pied se raidir sur les pédales d'accélération. Elle fit faire une embardée à son speeder et accéléra encore, défiant toute la législation de ce fait.

- Je les occuperais, contentez-vous de ne pas perdre des yeux Pétrov…

A cet instant, elle vit un véhicule heurter un balcon après avoir tenté d'éviter Pétrov. Elle dut ralentir pour éviter une catastrophe.

- Il est cuit, fallait l'avoir à l'endurance…

Elle vit alors le véhicule piquer vers les ambassades. Ses yeux s'arrondirent une seconde. Il y avait des milliers de gens qui travaillaient dans ces complexes… Et pourtant, il n'avait pas l'air de ressentir le moindre scrupule à vouloir se garer en encastrant le speeder dans le mur. Pendant une seconde, elle crut que Pétrov allait littéralement se crasher sur l'ambassade, provoquant ainsi une catastrophe majeure au sein de la Citadelle. Mais non, à la dernière seconde, l'engin fit une embardée, rasa la surface polie de l'ambassade, pour se poser un peu brutalement sur l'air d'atterrissage, sous le regard médusé des passants. La porte s'ouvrit et leur cible sortit, visiblement pressée, l'arme au poing, boitant légèrement. Des mercenaires semblaient l'attendre, et ils levèrent leur fusil d'assaut vers elles.

- Oh… Baissez-vous !


Hadès fit décrocher l'appareil pour qu'il présente son ventre aux mercenaires, et tâcha de trouver un endroit d'infiltration, à deux doigts de céder au stress, tremblant légèrement. Le SSC se rapprochait à mesure que la course poursuite arrivait à son terme. Elle essuya quelques traits de laser et se protégea en dissimulant son visage dans ses bras.
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Talia Tsali

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MessageSujet: Re: Folie psychopathe (première partie) Libre   Mar 20 Mar - 18:37

"- Besoin d'une intervention non conventionnelle. C'est bon. "

Je plisse doucement les yeux et je la regarde d'un air soupçonneux. Que nous prépare t'elle ? je sais que je demande l'impossible : Rattraper Pétrov vu son avance est quasiment impossible... A moins de prendre de gros risques... Et c'est justement ce qui m'inquiète... Je suis Hadès en courant dans les coursives de son vaisseau. Nous grimpons dans dans un speeder de course. Hadès veut m'aider à monter mais je préfère grimper toute seule pour ne pas perdre de temps.

"- Le carrosse de mademoiselle est avancé. On l'intercepte avec ma caisse. Avant d'être une sauveuse d'asaris, j'étais pilote, vous savez. Mais je me suis pris une flèche dans le genou."

Oui j'ai lu dans son dossier la mention de cette blessure. Et ce n'est pas la seule d'ailleurs. Cette humaine est une baroudeuse qui n'a rien à envier à la plupart de mes exécutants.

"- Pilote, hein ? Je ... vois..."

Je m'assoie sur le siège à côté du sien et je prends la peine de refermer autour de ma taille les clips du harnais de sécurité. Nous démarrons en trombe, filant à travers l'ouverture du hangar de de l'Austerlitz. hadès pique droit vers le gros du traffic en dessous de nous.

"- Accrochez-vous."

Je suis son conseil et mes mains serre fortement les accoudoir du siège passager. Nous traversons perpendiculairement le flot des speeders qui circulent dans les voies aériennes balisées de la citadelle, au mépris du danger. Je sens mon sang quitter mon visage. Je dois être toute pale à présent. Nous évitons de justesse de nous encastrer dans un antigrav de livraison interne à la Citadelle. Nous frôlons le mastodonte de 35 tonnes , glissons sus son avant et nous plongeons à nouveau sans que ma pilote se soucie des moindres règles de sécurité. Des alarmes anti collision retentissent dans tout l'habitacle et les voyants d'appels se mettent à clignoter au fur à mesure que les messages d'insultes des speeders que nous avons faillit heurter nous arrivent. Les ordinateurs du speeder ne sont pas en reste...

"- Alerte, alerte, vous dépassez la vitess... Votre trajectoire est dangereuse, veuillez... Les risques de collisions sont... Veuillez revenir en position horizontale par rapport... Vous venez de perdre 4 points sur ... "

Les ordinateurs perdent pied, signalant tous en même temps les multiples infractions que nous commettons et ce n'est pas fini : Une navette du SSC se met en chasse derrière nous.

"- On va avoir le SSC au cul."

"- Erreur : Nous l'avons déjà ! Il y a une navette du SSC qui vient de se glisser derrière nous. Nos fesses les intéressent à présent..."

Je lance in programme sur mon omni deck et je tente de rentrer en contact avec nos poursuivants. Autant les prévenir que bonus sommes dans le bon camp... Une brusque embardée me secoue et j'entends Hadès jurer. Un officier du SCC apparait enfin en holo sur mon poignet. Je jette un bref coup d'œil devant nous et je distingue la navette de Pétrov. C'est un modèle lourd, parfait pour transporter une escouade de soldats...

"- Ici le SSC ! Arrêtez vous ou nous le ferons ! Vous êtes en état d'arrestation !"

Je souris à l'officier Turien avant de répliquer.

"- Ce serait avec plaisir officier mais nous poursuivons un dangereux criminel. C'est celui qui est responsable de l'attaque à la Nakatami Tower."

"- Veuillez vous arrêter immédiatement et vous poser sur l'esplanade devant vous."

"- Suivez nous, nous aurons besoin de votre aide. Le terroriste se dirige vers les ambassades. Il va causer un massacre là bas si personne ne l'arrête !"

La navette du SSC nous perd de vue. Nous nous sommes glissées entre deux véhicules, manquant de causer une catastrophe. Je vois le regard affolé d'une Galarienne qui tente de conserver le contrôle. Nous virons soudain, prenant un autre des raccourcis qu'affectionne tant Hadès. Le visage de l'officier Turien montre des signe d'une colère que nous aurons du mal à calmer plus tard.

"- Arrêtez vous bon sang ! Je vais vous faire coffrer pour plusieurs années si vous continuez ainsi."

"- Oh, je suis désolée officier mais vous ne pourrez pas. Vous allez être bien plus occupé à gérer la catastrophe qui se prépare si vous ne faites pas évacuer les ambassades. Je vous en prie, croyez moi : Cet homme que nous poursuivons est un fou furieux qui...Bzrrrchrr..."

Et merde ! Nous sommes brouillées. Cela vient directement du véhicule de Pétrov je pianote à nouveau mon omni tech et j'essaye de dériver les scanner des systèmes de surveillance de la Citadelle... Peine perdue : Un champs IEM nous entoure mettant à mal nos propre systèmes. L'ordinateur d'assistance au pilotage du speeder commence à dérailler :

"- Vous avez demandé... Une glace, parfum vanille et lamba... voulez vous un thé galarien ?"

J'éclate de rire

"- Où vous avez ramassé ce truc ? C'est un programme de cafétéria non ? On dirait que notre assistance retrouve ses ancienne fonction là... Pétrov nous brouille avec un champ IEM. je pourrais le contrer avec mes pouvoir mais ça ferait plus de dégât que... Attention !"

Je crie mais Hadès a vu la menace avant moi. Elle vire pour éviter un véhicule désemparé par la rupture de son assistance trafic. Nous partons en tonneaux avant de remonter en flèche, juste dans les 6 heures de Pétrov Les sirènes du SSC nous ont enfin retrouvées et elle se rapprochent, plus nombreuses. C'est déjà ça... mais nous aurons des soucis si ils tirent avant de réfléchir... Hadès peste, rage mais continue la poursuite.

"- Je les occuperais, contentez-vous de ne pas perdre des yeux Pétrov… "

Le véhicule de Pétrov fonce droit vers un véhicule plus lent devant lui. Celui ci pique soudain pour lui échapper et heurte un balcon. Le speeder part en vrille manquant de justesse l'avant du notre. Je distingue comme dans un rêve le visage effrayé d'une humaine... Je me concentre sans même y songer et j'entoure la femme d'un bouclier biotique. Le véhicule en perdition s'écrase sur une terrasse heureusement désertée. Le véhicule s'arrête net et je ressent dans mon corps le choc de l'impact. Je suis sonnée... Mes boucliers ont encaissé le maximum mais la femme ne s'en sortira pas sans blessure. j'ai la tête qui tourne et je sens un gout iodé dans ma bouche. Je touche mon nez et je regarde mon doigt... Il est taché de mon sang bleu sombre... J'essuie doucement le sang qui coule de mon nez et je reprend mon souffle.. Par la Déesse...

"- La femme s'en est sortie et...Oh non !"

La navette de Pétrov plonge vers la foule sur l'esplanade des ambassades. Les visiteurs affolés s'éparpillent en hurlant mais le pire ne se produit pas. Au lieu de s'écraser parmi eux, la navette se pose au plus près des édifices. Des soldats en armes s'extirpent en vitesse des sas qui s'ouvrent sur les côtés.

"- Il y a au moins trois escouades, Hadès !"

Où a t'il trouvé tous ces mercenaires ? Trois escouades, c'est à dire 18 hommes... Plus qu'il ne faut pour transformer les lieux en stand de tir. L'une des escouades braque sur nous leurs fusils d'assaut. Ce sont des humains et des Butariens pour la plupart. Hadès se pose de toute urgence, le flanc face aux mercenaires. Je n'ai que le temps de me jeter au dehors et de m'abriter derrière le speeder. Des rafales transpercent l'habitacle, déchirant les vitrages... Je roule au sol, bientôt suivie par Hadès. Je jette un coup d'œil vers les deux véhicules du SSC qui arrivent droit vers nous. L'escouade de mercenaire prend la première navette pour cible. Les rafales ricochent sur le blindage mais soudain...

BOOOOOOOM !

La navette est touchée par un une explosion. Elle fait une embardée et un bref instant, je crois que le pilote va réussir à la maitriser... Puis la navette part en vrille pour s'écraser dans une grande baie vitrée... Je jette un coup d'œil vers l'esplanade devant nous. L'un des mercenaires a mis en place une petite tourelle chargée de missiles sol air. C'est une arme lourde portative utilisée uniquement en zone de guerre d'ordinaire. Un autre pointe vers nous un lance missile portable. Je saisis Hadès sans réfléchir et je concentre tout mon pouvoir. Je nous enveloppe d'un bouclier et d'une poussée je nous projette vers l'abri formé par les terrasses en pente des jardins.

BOOOOOOM !

Le speeder d'Hadès explose derrière nous. Nous atterrissons au sol, loin de la déflagration indemnes mais secouées. L'humaine se tient le genoux...

"- Tout va bien ? "

La seconde navette du SSC passe au dessus de nous, les turbines hurlantes et tente de se poser en catastrophe... Son flanc est déchiqueté lui aussi mais contrairement à la première navette, le pilote réussit à atterrir sans trop de casse. Des rafales retentissent à nouveau sur le parvis des ambassades. Hadès grimace à nouveau et je lui tend un pack d'omni gel...

"- Désolée, je ne croyais pas que ce serait comme cela... Et pour votre speeder..."

Je grimace à mon tour examinant la situation de notre cachette. Le bon côté des choses, c'est que les mercenaires nous croient mortes. Le mauvais, c'est que l'espace devant nous est complètement ouvert... Si nous tentons de nous approcher, ce sera comme nous offrir à leur tirs...

"- Cela va mal ! Le SCC est sur place mais les autres ont un attirail de guerre sur place. Il faudra quelques minutes aux commandos du SCC pour reprendre la situation en main. Les deux autres escouades ont pénétré dans les ambassades. D'après les données que j'ai recueillie sur le vaisseau dans les sous sols, il s'agit d'un ancien vaisseau, peut être Prothéen. Quelqu'un l'a déjà trouvé et a retiré un système... C'est cela que cherche probablement Pétrov Les indices que j'ai..."

Je consulte à nouveau mon omni deck...

"-... M'indiquent qu'il se dirige vers l'ambassade Galarienne... Il semblerait que l'objet se trouve là bas. Mes système d'analyse des données trient encore les informations, je vous dirais ce que c'est quand j'en saurai plus... "

Je montre l'esplanade désespérément plate... A part les carcasses d'un speeder et d'une navette... Les troupes du SSC se sont reprises et commencent à déborder les mercenaires qui se replient dans un réduit défensif à l'entrée des ambassades.

"- Je crois que le SSC ne fera pas la différence entre nous et eux... Et puis je n'ai pas envie de traverser un champ de tir si je peux l'éviter... "

Je lui montre un passage non loin de nous.

"- Si nous pouvons atteindre ce niveau, nous trouverons un sas qui nous guidera vers les ascenseurs du centre du complexe des ambassades. A partir de là..."

Je hausse les épaules...

"- Si vous vous demandez pourquoi nous faisons cela , j'aimerai bien vous dire que c'est parce que nous allons décrocher le pactole ensuite mais je ne peux pas vous le promettre... C'est juste que ce type là bas doit être arrêté. S'il veut cet artéfact, c'est pour une bonne raison et je doute que je pourrais vivre sereinement en sachant qu'il l'a entre ses mains..."

Je lui laisse le choix... J'ai pas envie de la pousser à risquer sa vie à nouveau... Ni d'utiliser les sentiments qu'elle semble avoir pour moi... Je lui montre le passage à nouveau. Il faudra courir 10 mètres pour l'atteindre... J'espère qu'il n'y aura pas un sniper... Je nous envelopperais d'un boucliers mais certaines munitions sont particulièrement dangereuses même avec un bouclier biotique...

"- Je nous protègerais... J'ai aussi implanté un virus dans les serveurs de la Citadelle pour effacer nos visages sur les vidéos... Bon...Dix mètres, c'est pas beaucoup, mais c'est énorme face à un sniper... Je vous ai dit que je suis une biotique exceptionnelle au fait ? Même pour les standard de ma race... Ayez confiance !"

Je lui souris à nouveau, tentant de paraitre bien plus sure de moi que je ne le suis...
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Hadès J. D'Anceny

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MessageSujet: Re: Folie psychopathe (première partie) Libre   Ven 23 Mar - 3:37

Sa main gauche gantée serrait le volant, tandis que la droite volait sur le tableau de bord, corrigeant l'assiette du véhicule et les poussées de carburants selon leurs besoins. C'était évidemment des manœuvres qui étaient d'ordinaires assumées par l'ordinateur de bord, mais pour Hadès, il n'y avait rien de mieux que de se débarrasser de cette IA pour faire place à ses instincts. Son attitude pouvait paraître impressionnante et d'aucuns se poseraient des questions sur cette capacité innée à piloter n'importe quel engin. Cela devenait moins étonnant lorsqu'on se souvenait de l'âge de la jeune femme, qui avait dépassé allégrement la trentaine et accusait près de seize ans de services armés. Elle avait été directement affectée après sa formation sur un navire de guerre et s'était rodée dessus. Le langage des vaisseaux spatiaux et des véhicules personnels lui parlaient, dès lors qu'il y avait une interface informatique qui réagissait immédiatement sous la pression de ses doigts. Son attitude était paradoxale, estimant que ces interfaces étaient une avancée inestimable, notamment pour les infortunés qui ne connaissaient rien au code de circulation de la Citadelle, ô combien complexe si l'on constatait le nombre important de couloirs aériens qui se faisaient et se défaisaient à des niveaux différents, tout en préférant la conduite manuelle.

A mesure que la course poursuite s'étirait, Hadès perdait les expressions plaisantes ou douloureuses qu'elle avait pu arborer sur le vaisseau. Son regard vairon s'obscurcissait et tout son corps n'était plus que tension, s'enfonçant légèrement dans le fauteuil. Elle ne bougeait pas son visage pour vérifier ses trajectoires ou la présence d'autres véhicules : seuls ses yeux se mouvaient, tandis qu'elle faisait corps avec son speeder, laissant échapper quelques commentaires entre ses lèvres blêmes et serrées. Du coin de l'œil, elle vit que Talia était un peu plus pâle que d'habitude. Elle aurait voulu faire une plaisanterie, quelque chose d'agréable, à la limite de drôle si les stocks le permettaient, pour faire revenir sa jolie couleur bleutée sur son visage. A la rigueur, elle aurait simplement pu lui demander de lui faire confiance. Elle entrouvrit les lèvres pour commencer à parler, mais ne put jamais prononcer sa phrase : un 35 tonnes se matérialisa devant elle, comme surgit de nulle part, la forçant à se reconcentrer immédiatement. Le speeder fit une embardée sauvage, et Hadès entendit avec une grimace de dépit la carrosserie de son speeder hors de prix contre le pare choc grossier du véhicule de transport. Les canaux de communication s'ouvraient et la noyaient sous les insultes. D'un coup de son poing fermé, elle les ferma.

- On se DÉTEND !

Ce grondement sec s'adressait à la fois à elle et son environnement proche, sans qu'elle puisse définir précisément son interlocuteur. En réalité, à cet instant précis, elle n'était pas vraiment préoccupée ni de sa grossièreté éventuelle, ni par des soucis de stylistique. Elle devait mener Talia à bon port et de préférence en un seul morceau. Les ordinateurs du speeder ne savaient plus où donner de la tête, mais c'est à peine si Hadès les entendait et intégrait leurs indications. Son regard sautait d'un indice à un autre et elle calculait froidement chaque détail, avec un automatisme digne d'un robot. Ses manœuvres étaient plus audacieuses que ces fameux holo-show qui montraient des imbéciles prêts à tout pour relever les défis les plus loufoques possibles, avec la fameuse mention : "ces images ont été tournées par des professionnels, n'essayez pas de les reproduire chez vous." Talia devait la prendre pour une folle. Un sourire carnassier s'étendit sur le visage d'Hadès, qui retrouvait des sensations jusqu'aujourd'hui recluses dans un coin de sa mémoire.

- Quand tout renaît à l'espérance, et que l'hiver fuit loin de nous, sous le beau ciel de notre France, quand le soleil revient plus doux, quand la nature est reverdie, quand l'hirondelle est de retour, j'aime à revoir ma Normandie !
C'est le pays qui m'a donné le jour, lalalalaaaa.


Les paroles dataient du XIXème siècle. Hadès se sentait certes ridicule, mais cela la faisait bien rire, et son sourire s'apaisa sur ses lèvres fines. Maintenant, elle avait l'air de s'amuser. Ce qui n'était pas loin de la vérité, au fond. Elle s'autorisa un instant à regarder Talia et plaisanta.

- Avec tout ce boxon, la radio ne marche plus.

Elles avaient le SSC aux trousses, maintenant. De mieux en mieux… Cela faisait déjà cinq minutes que son permis n'était plus valable, désolée les gars. Elle redressa le véhicule, passant dans un intercouloir et mit les gaz, larguant la navette policière. Elle sortit la tête et baissa les yeux, remarquant le speeder de Pétrov en contrebas. Elle piqua, bousculant une galarienne qui devint aussi pâle que l'émail des commodités de l'Austerlitz. Hadès jeta un œil à l'écran qui s'était matérialisé sur l'Omni-tech de Talia, et eut une moue :

- Il a l'air d'être passablement énervé, le malheureux.

A cet instant, les communications se brouillèrent, et l'assistance de guidage se désactiva. Hadès reprit totalement les commandes, tandis que la circulation se trouvait désemparée.

- Poussez-vous de là, les assistés !

L'adrénaline la submergeait, et ses mains tremblaient légèrement sur le volant, tandis que son souffle se faisait court. Cependant, aucun doute n'éclaircit dramatiquement le regard d'Hadès.

- Hum? Ce speeder est un véhicule de luxe, voyez-vous, sensé multiplier le sex-appeal de son conducteur par 100, autant vous dire que je me suis bien fait avoir sur la marchandise. Si on dépasse la phase d'abordage, le programme propose tout un tas de mets absolument superficiels pour harponner la cible. Et ça coûte un bras, en plus.

Tout en disant cela, Hadès avait feint d'adopter une conduite décontractée, jouant des sourcils pour imiter un vieil acteur français qui avait connu son heure de gloire dans les années 2000, il y a donc près de 200 ans. Son expression sérieuse revint au galop lorsqu'un nouveau véhicule décida d'hésiter au milieu de la voie. Hadès partit en tonneau, gagnant un bonus de vitesse, mais secouant légèrement son estomac qui protesta. En rétablissant l'assiette du speeder, Hadès jeta un coup d'œil à Talia. Du sang bleuté polluait son visage. Intérieurement, Hadès grinça des dents.

- Ca va aller?

L'intention de s'enquérir du bon état de santé de Talia était bien là, mais la situation exigeait une toute autre priorité. Le cœur d'Hadès rata un battement lorsqu'elle vit le speeder piquer vers la foule. Il y avait là toutes les races, des hauts dignitaires aux simples passants, de tous les âges… Et ce cinglé allait s'écraser tout droit dessus… Instinctivement, Hadès donna un coup d'accélérateur, comme pour se porter contre le speeder de Pétrov, au moins se donner la chance de le bousculer pour épargner le gros de la foule qui restait incrédule. Elle conçut un soulagement sans précédent lorsqu'elle vit le speeder se poser en catastrophe sans occasionner de dégâts. Ce n'était que partie remise, songea-t-elle en voyant débarquer non pas une garde rapprochée, mais bien trois escouades de combat complètes, sans compter les mercenaires qui attendaient déjà sur le seuil. Elle vit sans trop le voir le nez du missile se lever vers elles et commencer à joyeusement se frayer un chemin véloce vers leurs personnes. Au prix d'une manœuvre risquée et désespérée, Hadès parvint à coucher sur le flanc le véhicule et, se dégageant rapidement du harnais en se contorsionnant, le cœur au bord des lèvres sous l'emprise de l'adrénaline, elle sortit du cockpit, juste à temps pour éviter d'exploser avec le véhicule. Elle sent la poigne de Talia autour de ses hanches et fournit un effort pour déguerpir de ce piège, enveloppée de l'énergie biotique. Le souffle de l'explosion frappe son dos, elle titube, se dégageant sans le vouloir de l'étreinte de Talia. Elle avait entendu quelque chose craquer et la force brutalement abandonner son genou gauche. Elle poussa un grognement étouffé, se tenant le genou, électrisée par la douleur conquérante. Bordel de Dieu que ça faisait mal. Tout n'allait pas vraiment bien. Entre son genou et sa côte brisée, lui octroyant une respiration sifflante, elle tenait à peine debout. Une terrible certitude traversa alors son esprit : elle n'allait jamais s'en sortir, et elle crèverait ici. Elle n'arriverait jamais à s'en sortir… Et pourtant, il fallait le faire.

- Déjà 200 crédits de chemise c'était un peu frustrant, mais là c'est 65 745 crédits qui viennent de s'envoler.


Elle essayait de plaisanter, mais même sa voix, rendue enrouée par la douleur, sonnait horriblement faux. Hadès faisait des efforts pour chasser la brume de son cerveau, mais ses oreilles sifflaient et elle croyait pouvoir entendre son sang battre à ses tempes. Elle essaya de se redresser, prudemment. La douleur inondait par vague sa jambe, et le médipack permettait à peine de la soulager. Les mots se mélangeaient dans sa tête. Prothéens, galariens, artefact… Elle essayait de garder en tête les mots les plus importants, mais c'était une réelle gageure. Elle s'ébrouait.

- Pactole? Je me fous du pactole. Tout ce que je veux, à l'instant présent, ce serait un verre de San Pellegrino, très frais, très grand.

Cette remarque de sa part pouvait sembler complètement déplacée, mais en réalité, il y avait une certaine symbolique entre cette eau gazeuse et Hadès. Elle représentait l'embourgeoisement permis par sa progression dans la hiérarchie militaire. Elle était attachée à ce souvenir. C'était comme une belle façon de saluer le monde, à ses yeux. Elle saisit son fusil d'assaut et, appuyant le canon sur le sol, s'en servit comme d'une canne.

- Je vous fais confiance, Talia, n'en doutez pas…

Mais elle, elle ne s'accordait pas une once de confiance. Dans l'état dans lequel elle se trouvait, elle doutait même pouvoir être efficace, ou ne serait-ce qu'épauler son fusil et encaisser le recul. Chaque pas lui coûtait, elle n'imaginait pas une fuite.

- 10 mètres… C'est énorme… C'est énorme…

Elle sortit une seringue d'un compartiment de son armure, prit un instant à la considérer et à observer le liquide incolore qui flottait dans le tube en verre. Elle le tapota de son index et retira le capuchon de protection en plastique blanc. Elle souleva la plaque pectorale de son armure et planta au plus proche du cœur l'aiguille. Une horrible grimace de douleur s'afficha sur le visage de la jeune femme, tandis que le cocktail de stimulants se déversait directement dans son système sanguin. Son regard s'éclaircit tant qu'il en devint un instant blanc, comme voilé de cataracte, puis il retrouva sa couleur d'origine.

- Allons-y.

Elle saisit plus fermement son arme et se colla à Talia, pour assurer une protection maximale de son bouclier biotique. Elle la souleva dans ses bras, et entama un sprint désespéré, sentant clairement ses pieds s'enfoncer dans le sol et y puiser une puissance inouïe, capable de les projeter en avant. Elle n'avait plus qu'une seule obsession, atteindre cette porte. Son genou lui faisait souffrir le martyr. Elle avait mal. Elle sentit alors un œil attentif se planter vers elle. Elle ferma les yeux, priant elle ne savait quel saint, et se projeta en avant, saisissant la sourde détonation qui accompagnait un tir de sniper. Sa nuque devint un instant brûlante et elle sentit un liquide chaud couler le long de sa peau. Mais elles étaient arrivées au porche saines et sauves. Dans sa projection, Hadès se trouva déstabilisée et termina sa course après avoir lâché Talia, à quelques mètres de là,, sur le flanc, une traînée pourpre commençant à s'imprimer sur le sol. Elle se laissa tomber sur le dos, sa main toujours serrée sur son arme, l'autre posée sur sa poitrine, tâchant de retrouver sa respiration. Elle se releva difficilement, s'appuyant contre le mur.

- Il… Faut boucler le bâtiment…

Elle vacilla plus qu'elle ne marcha, son visage empreint d'une lourde gravité, et progressa jusqu'à un terminal d'informations. Elle pianota sur son omnitech, trouvant le système de sécurité de l'ambassade galarienne. Elle l'activa, le monde troublé autour d'elle, fermant plusieurs fois les yeux pour s'empêcher de tomber. Un sifflement se fit entendre, alors qu'une alarme se mettait en route. Les employés levèrent les yeux vers les nouvelles arrivantes, et cédèrent à la panique. Les issues principales commençaient à se bloquer.

- Au moins, on est en sécurité… A moins que Pétrov soit déjà à l'intérieur. Ses mercenaires sont coincés dehors, mais les gars du SSC aussi. Gageons qu'il n'ait qu'une poignée de larbins… Je me sens trop mal pour tenter une prise de la Bastille, si vous voyez ce que je veux dire.

Evidemment, les portes principales étaient verrouillées, mais rien ne garantissait qu'il y ait des mesures spécifiques aux conduits et autres voies dérobées de fuite… Hadès s'appuya contre le mur, fermant les yeux, le front contre le froid revêtement. Au coin de sa bouche, un peu de sang, témoin de l'hémorragie de la jeune femme.

- Mon royaume pour un verre de San P.

Elle essayait de reprendre des forces et se redressa au bout d'un moment. Elle entendit le bruit des bottes frappant le sol.

- Mauvais augure tout ça…


Elle soupira, jeta un dernier regard à Talia, et se prépara. Au fond d'elle, elle espérait que le SSC puisse intervenir...
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MessageSujet: Re: Folie psychopathe (première partie) Libre   Mer 28 Mar - 3:00

"- Je vous fais confiance, Talia, n'en doutez pas…"

Je devine l'inquiétude sur son visage. je voudrais être plus rassurante mais je ne le peux. C'est vrai que ces dix mètres à parcourir peuvent être tragiques. J'ai confiance dans mon bouclier biotique mais je ne puis être totalement assurée qu'il sera impénétrable à des munitions de distorsion. Il y a beaucoup d'inconnue lorsqu'un tireur emploie celles ci sur une barrière ou un bouclier. Surtout si,je dois protéger plusieurs personne. Ce qui m'inquiète le plus, c'est que je me suis épuisée à sauver les passager de ce véhicule qui est parti dans le décors tout à l'heure. J'ai le nez qui saigne un peu et je sais que j'ai plus accusé le choc que je ne le pensais. Les munitions à effet distorsion, j'en fais mon affaire d'ordinaire. Mon champ est vraiment impénétrable si je le renforce comme il le faut. Je suis une biotique surdouée comme ma mère l'était avant moi, même selon les critères des asaris. Seulement, je n'oublie pas que même ma mère a succombé malgré sa puissance bien supérieure à la mienne. Je suis épuisée par les rudes combat de la tour Nakatomi. J'ai des courbatures et des contusions un peu partout sur le corps et j'ai brulé mes réserves. Mon contrôle s'amenuise et je me sens parfois laisser échapper des petits éclairs d'électricité statique lorsque je me concentre... Ce n'est pas bon signe... Hadès n'est guère mieux lotie que moi : Elle s'est mal reçue sur sa jambe lorsque nous avons bondit et que je l'ai entrainée derrière le rebord de cette terrasse où nous nous sommes abritées. Je tends doucement la main vers elle pour effleurer sa joue.

"- 10 mètres… C'est énorme… C'est énorme…"

"- Tout ira bien... Je vous ai dit que je suis une biotique de premier ordre... Mon bouclier nous protégera et ce n'est pas si loin que cela..."

Il faut que ça marche ! Je commence à me concentrer. Je ne prends pas de risque : Je renforce soigneusement mon bouclier. je ne pourrais pas combattre ainsi si nous faisons une mauvaise rencontre une fois atteints le sas et le couloir qui mènent aux ambassades. Bon... De toute façon il y a peu de risque que qui que ce soit nous attendent à l'entrée... Et c'est juste dix mètres à parcourir... L'énergie crépite un instant autour de moi et la barrière s'élève autour de nous. Elle miroite doucement et se renforce. Je prends mon temps pour cela : Mieux vaut éviter les mauvaises surprise et je ne veux pas obliger Hadès à courir. Je la sens me saisir soudain...

"- Allons-y."

"- At...tendez..."

Je suis soulevée par Hadès et elle m'entraine à découvert ! Mon bouclier... Je ne l'avais pas encore stabilisé... Hadès trébuche, piétine tandis que je renforce mon bouclier en catastrophe. Il est soudain frappé par un projectile à haute densité. L'impact déchire un petit trou dans mon aura protectrice. Une deuxième s'engouffre dans la brèche ainsi crée. Elle s'écrase sur une barrière que j'ai levée par réflexe. Elle poursuit son chemin, sa trajectoire mortelle déviée... Nous arrivons sous le porche... Indemnes ?

"- Ne refaites plus jamais cela !"

Je me dégage des bras d'Hadès. A quoi pensait elle ? Je pouvais très bien courir toute seule et elle a faillit nous faire tuer avec ces idioties ! Je n'ai pas besoin qu'on me porte, ni qu'on joue les protectrices avec moi. Je me tourne vers Hadès pour lui dire le fond de ma pensée mais lorsque je la vois, je ressens soudain une terrible crainte : Elle a du sang sur elle. Son genou tressaille , elle semble sur le point de s'effondrer. Du sang goutte sur le sol depuis sa nuque... Elle respire bruyamment, sans parvenir à reprendre son souffle. Ses yeux deviennent vitreux... Je m'approche d'elle tandis qu'elle s'adosse au mur.

"- Il… Faut boucler le bâtiment… "

"- Ne dites rien... Laissez moi voir cela..."

Je voudrais l'aider à s'assoir pour examiner ses blessure mais elle m'échappe, s'approchant d'un terminal. L'écran holo de son omnitech s'affiche soudain tandis qu'elle vacille . Ses jambes ne semblent plus capable de la tenir debout. Je me sens coupable de l'avoir entrainée dans tout ceci...

"- Laissez moi vous aidez... Vous n'auriez pas du me porter... C'était stupide... Je pouvais nous protéger sans que vous ne preniez de risques..."

Un grondement retentit, le sol tremble... Il y a eu une explosion un peu plus forte que les autres... Hadès est toute pale. Je passe mon bras autour de sa taille pour l'aider à avancer. Elle ouvre un sas devant nous avec son omni deck et nous pénétrons dans un couloir menant au rez de chaussé de l'ambassade Galarienne. Au dehors la fusillade reprend de plus belle. La façade de l'édifice est secouée par une autre explosion. Deux galariennes passent à côté de nous, effrayée. Un Turien du SSC , blessé s'effondre sur notre droite. Il est rejoint par une asari portant un badge de l'hôpital Huerta. Les alarmes se mettent en route dans le couloir. Leur sonnerie stridente me donne mal à la tête. Hadès s'appuie à nouveau contre le mur , elle ferme les yeux. Je prend doucement son visage entre mes mains...

"- Au moins, on est en sécurité… A moins que Pétrov soit déjà à l'intérieur. Ses mercenaires sont coincés dehors, mais les gars du SSC aussi. Gageons qu'il n'ait qu'une poignée de larbins… Je me sens trop mal pour tenter une prise de la Bastille, si vous voyez ce que je veux dire."

"- Je sais... Nous sommes plus en sécurité que tout à l'heure mais ce n'est pas une panacée là, vous savez ? Quand à vous... Vous êtes au bout du rouleau là. Reposez vous un instant... Un corps humain, c'est fragile vous savez ?"

Je prends un bout de tissus pour essuyer le sang qui coule depuis sa lèvre. Je la fixe... Elle n'est vraiment plus en état. Je vais devoir la laisser là en arrière mais je dois trouver une astuce pour qu'elle reste là à l'abri. Je dois lui donner une raison de ne plus risquer sa vie pour moi. je me sens coupable de l'avoir entrainée là dans cette affaire qui ne la concerne pas. Le plus intelligent serait d'abandonner mais je sais que je suis trop têtue pour cela. Ce Pétrov m'a personnellement prise pour cible et je veux le lui faire payer. Ce n'est ni professionnel , ni intelligent pourtant j'essaye de me dire que je ne fais pas tout cela pour rien. Avec l'artéfact prothéen qu'il convoite, qui peut savoir ce que va faire ce cinglé ? Et si Emma en subissait les conséquence ensuite ? Depuis qu'elle est rentrée dans l'armée de l'alliance, j'ai vraiment peur pour elle. Je caresse doucement les lèvres d'Hadès du bout de mon tissu. Elle est si pâle que je réprime un frisson. Elle murmure quelques mots que je ne comprends pas... San P ? Je ne sais ce que c'est... Je lui en offrirait un verre quand nous seront au calme, quel qu'en soit le prix...

"- Mauvais augure tout ça…"

Je ne suis pas surprise par le bruit de bottes sur le dallage. Je l'ai entendu venir. je me tourne sans hésiter vers le sas entrouvert. Deux mercenaires Vorchas revêtu de la livrée des Bersekers viennent de surgir au pas de course. Je ne réfléchis même pas : Mon sang bouillonne. Je ressens un trop plein d'énergie déferler en moi sous le coup de la colère. J'ai l'impression que mes mains deviennent brulantes soudain. Les vorchas pointent leurs armes vers moi mais je relâche soudain la tension incroyable qui s'est levée en moi.

"- Barrez vous !"

L'onde de choc qui déferle sur eux depuis mes doigts me surprends autant qu'eux. Un bang retentissant résonne dans le couloir, m'assourdissant sur l'instant. Le couloir devient soudain le canon d'une arme electro magnétique. L'éclair d'énergie fuse au travers de celui ci emportant les deux vorchas comme des fétus de paille l'air se charge d'électricité statique, la chaleur est montée de quelques degrés derrière moi. Le bang est suivi d'une série de crépitements furieux et l'onde traverse le sas l'arrachant comme s'il s'agissait d'un volet de vieux bois pourri. Il éclate en mille morceaux qui découpent la verrière derrière le sas renforçant l'effet de shrapnel. Je perds de vue l'onde tandis que les deux vorchas retombent au sol à une vingtaine de mètres de là, tel des pantins désarticulé, brulé au troisième degré... Je titube à mon tour avant de respirer un grand coup... ma vision, troublée un instant redevient normale. Je me sens vidée... Je cherche la fréquence des bersekers sur mon omni deck. Je joue avec les fréquences avant de lancer un dernier code secret que j'espère ne pas avoir payé pour rien.

"- Merde ? C'est quoi ce truc ? Raptor 1 ? Nous avons perdu Raptor 5 et 6 ! "

Je souris d'un air carnassier en entendant la panique soudaine dans la voix de l'humain qui vient de parler. On appelle ça une décharge biotique sans aucune retenue crétin !

"- Il y a une biotique de classe 1 en bas ! Faites gaffe ! "

"- Ce truc à faillit faire exploser la façade ! Si ça vous touche vous êtes morts ! Dégommez moi cette putain d'asari ! C'est elle qui a dû faire ça !"

Là c'est un Krogan qui vient éructer ses ordres. Où est donc Petrov ? Son silence m'inquiète... Je prends Hadès par la taille et je l'entraine vers une position plus sure au fond du couloir et loin du sas. Je l'installe derrière un bac de fleur en granit. Je sors son fusil d'assaut et je le pose en appuis au milieu d'un groupe de jonquilles...

"- Hadès ? j'ai besoin que vous teniez cette position. C'est primordial ! Il faut leur interdire ce passage, vous comprenez ? "

Elle a les yeux vitreux mais petit à petit les sens de mes paroles semblent lui redonner vie. je prends doucement son visage entre mes mains et j'approche mes lèvres des siennes... Mon souffle se mêle au sien et j'effleure sa bouche d'un baiser...

"- Je sais que vous êtes mal en point mais c'est important..."

Ses yeux vairons se lèvent et je plonge mon regard dans le sien.

"- Vous avez été héroïque soldat mais maintenant je dois poursuivre seule..."

Je l'embrasse à nouveau. Ma langue trouve la sienne et un bref instant je ressens son désir farouche. Son cœur bat plus fort, à l'unisson du mien. Je m'écarte enfin, posant mes doigts sur ses lèvres. Je sais qu'elle voudrait m'accompagner mais je lui ai donné une raison légitime de ne plus risquer sa vie à présent. Tenir cette position sera utile lorsque le SSC donnera l'assaut final... Je sais que personne ne s'enfuira par là... Je pianote sur mon omni deck et je joins le standard du SSC. Je lance une série de demande de rapport de position auquel je joins la position d'Hadès. Je lui donne un code temporaire du SSC. cela ne durera guère mais si personne ne le remarque et ne le vire, il identifiera Hadès comme une alliée du SSC. C'est tout ce que je peux faire.

"- Prévenez votre équipage... J'espère que tout ira bien mais j'aurai peut être besoin de poursuivre Pétrov s'il s'échappe malgré tout..."

Elle tient mes mains comme si elle ne voulait pas que je m'échappe...

"- Tout ira bien... Je suis une asari après tout, non ? Nous ne sommes pas toujours nombreuses, mais toujours redoutables... Et ces mercenaires vont s'en rendre compte très vite..."

J'aimerai être aussi confiante que je tente de le paraitre. En vérité, je suis seule. J'aimerai avoir un commando asari à mes côté mais je n'ai pas le temps d'appeler Tella et son équipe. Je me lève tandis qu'Hadès prend position. de là où elle est, elle peut virtuellement interdire tout passage. Elle est aussi à l'abri... J'avance sans me presser concentrant mon énergie dans mon poing. La chaleur deviens vite presque insupportable. Je lève la tête et je regarde le plafond au dessus de moi. Je n'ai pas le droit de rater mon coup , sinon la décharge viendra me frapper en rebondissant sur le métal... Sortir au dehors, même avec un bouclier biotique alors qu'un sniper traine peut être attendant une erreur de ma part ? Non merci, très peu pour moi ! Je tends vivement ma main et une seconde décharge d'énergie pure et sans aucune retenue s'échappe de mon corps.

BOOOOOM !

Le choc fracasse le plafond et celui au dessus de lui. Un trou béant est apparu. Les capteurs anti incendie se déclenchent. Une véritable douche d'eau s'abat sur moi tandis que je me projette en hauteur enveloppée de mon énergie. Je franchis dix mètres de hauteur, atteignant le second étage. J'atterris au sol derrière un terminal administratif. La pièce autour de moi a été dévastée par la déflagration. J'entends des cris et des détonations sur ma droite. L'acouphène qui bourdonne à mes oreilles se dissipe enfin. J'entends à nouveau les discussions sur le canal des bersekers :

"- Encore une de ces putains de déflagrations ! Est ce que quelqu'un est touché ? "

"- Ici Raptor 7 ! Le SSC passe à l'assaut ! Dégagez ! Vite Dégagez vous et prenez position sur la position beta !"

Je suis trop épuisée par les efforts que je viens de faire. je ne pourrais pas relâcher une troisième décharge comme les deux premières sans risquer de m'évanouir. Je sors mon Carnifex et j'avance au milieu des terminaux administratifs... Je longe les postes, veillant à rester à couvert. J'entends des bruits de fusillades. Plus nourries qu'auparavant elle se rapprochent en cercle concentrique. On dirait un groupe qui retraite devant une force écrasante.. J'entends des ordres brefs, et un ordre de replis claque soudain. Ils arrivent vers moi... Je regarde la configuration de la pièce... S'il arrivent, ce sera par l'ascenseur ici ou par la verrière sur ma droite. Je me concentre et je crée un champs de distorsion qui bloque l'entrée dans la salle par l'ascenseur. Les portes s'ouvrent et un groupe de trois mercenaires se retrouve nez à nez avec une anomalie spatio temporelle, une sorte de mini trou noir.

"- Aaaaaaah !"

Deux d'entre eux sont emportés et volent dans les air, les intestins écrasés par le champ de gravité. Le troisième a réussit à s'accrocher à une barre dans l'ascenseur... Je me met à couvert et je me tourne vers la verrière. Je n'ai pas le temps d'agir : Un mercenaire portant une lance missile pointe son arme sur elle et tire !

BOOOOOOM !

Je n'ai que le temps de me coucher au sol protégée par mon bouclier. la verrière explose en mille morceaux et un groupe traverse le centre administratif caché par la fumée et les vapeurs des extincteurs. Je suis choquée, sonnée... Je tousse avant de rouler au sol pour me mettre à l'abri. J'ai lâché mon carnifex sous le choc de l'explosion. Si elle ne m'a pas blessée, elle m'a salement secouée. je regarde le groupe de mercenaires traverser la pièce sans pouvoir réagir...
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Hadès J. D'Anceny

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MessageSujet: Re: Folie psychopathe (première partie) Libre   Mer 4 Avr - 0:24

Tu es en train de mourir, Hadès. Tu sens ce liquide poisseux qui dégouline dans ton dos, envahit ton abdomen et vient pourrir tes organes internes? Tu sens cette peur qui s'empare de toi, tandis que le froid galope dans tes membres? Il n'y a rien après la mort. Elle est là, et ses doigts glacés caressent doucement ta nuque, tes poils s'hérissent, tu baisses le visage, tu es vaincue. Tu es brisée. Une mort en sursis. Mais en même temps, ne te sens-tu pas formidablement vivante, comme si chaque seconde qui s'écoulait prenait une dimension considérable, parce que tu l'as tenue une dernière fois dans tes mains avant de la laisser partir? Est-ce bien le monde que tu regardes de tes yeux éteins, ou déjà les premiers moments des enfers? Charon passe avec sa barque et son sourire fendu t'appelle. Cerbère lèche tes pieds de son haleine brûlante. Tu vas rejoindre tous ceux que tu as perdus, que tu as tués ou que tu as lâchement abandonnés. C'est comme se retrouver dans une prison où tu aurais envoyé les trois quarts des détenus…

Sa main se serra en un poing. Sa bouche était pâteuse. Si elle avait été un exosquelette, le panneau de bord serait en train de s'affoler devant les différentes alertes que son cerveau recevait tout en étant dans l'incapacité la plus totale de traiter les informations. Talia n'était plus qu'une vague silhouette bleutée avec des contours sombres. Hadès cligna plusieurs fois ses yeux vairons, sans que l'environnement ne s'éclaircisse davantage. S'il n'y avait pas tant de sang sur son visage, s'il n'y avait pas la pâleur de sa peau, ni son armure rayée, on aurait pu croire qu'elle était ahurie. Elle aurait voulu se défendre de son acte stupide, en exposant ses réflexes de champ de bataille. Ce n'est pas une révélation d'une forme de machisme chez Hadès. Mais pour elle, si Talia était en effet une biotique extrêmement puissante, elle, elle représentait la force physique, brute et animale. Elle voulait articuler qu'elle préférait que ce soit elle qui prenne, puisqu'elle était simplement au bout du rouleau. Il fallait bien sauver la seule femme valide de leur duo. Et puis ce n'était rien d'autre qu'une égratignure pénible à la nuque.

Elle voyait Talia parler, mais n'entendait plus rien. Elle ne voyait plus que ses lèvres qui bougeaient rapidement et le monde vaciller autour d'elles. Elle regardait ses mains qui se mouvaient sans qu'elle ne se sente plus concernée que cela, à l'égard des ordres qu'elle avait pu leur donner. Le corps humain, fragile? Allons bon, elle avait déjà vécu pire… Enfin, elle croyait. Elle avait l'impression que tout était empreint d'une pesanteur curieuse, et que son esprit était englué. Peut-être le contrecoup de l'adrénaline ou du trop plein de douleur qui s'était accumulé en elle. Elle avait du mal à aligner des pensées cohérentes. Elle n'avait pas même conscience qu'elle prononçait des mots, tant son corps lui semblait engourdi.

La main de Talia sur sa joue provoqua de légers picotement sur sa peau, et sa conscience parvint péniblement à percer le voile de l'obscurité qui menaçait. Elle s'abandonna, pressant sa joue contre sa main. Le monde tanguait tant qu'elle avait l'impression de se trouver sur le Titanic en heure de pointe. Elle entrouvrit les lèvres et sentit vaguement le tissu doux s'occuper de nettoyer sa peau meurtrie. Elle voulut remercier Talia, et ne put produire qu'un vague et pitoyable borborygme sanglant. Brutalement, elle se retrouva le nez dans les fleurs. Entre le moment où elle était debout en train de geindre contre le mur comme une enfant et cet instant précis, il y avait simplement un trou noir. Elle ne cherchait même plus à apporter une explication rationnelle. Chaque bruit était démultiplié dans sa tête, mais elle ne comprenait pas ce que voulait dire Talia. Tenir la position… Hadès plissa les yeux, pour tenter de mieux la distinguer à travers le flou artistique qui corrompait son champ de vision. Tenir quoi? Comment? Elle apercevait vaguement son fusil d'assaut. Elle était incapable de lever la main pour atteindre le fusil, ne serait-ce que pour l'effleurer. Alors tenir une position… Un engourdissement progressif commençait à prendre ses membres et à la saisir dans ses jambes, puis ses bras. La voix continuait de murmurer à son oreille, et elle imaginait le sourire goguenard, tandis qu'elle bougeait faiblement la tête, comme pour la chasser dans un dernier effort teinté de désespoir.

Bien plus que sa main, ce sont ses lèvres, douces, qui réveillent difficilement la vie dans le corps moribond du commandant français. Elle qui se voyait déjà sur les champs élyséens en train de tripoter des gerbes de blé, ce ne serait pas pour aujourd'hui. Son regard luit d'un vacillant éclat, mélange d'espoir et de reconnaissance. Hadès avait l'impression d'être un vieux croisé massacré sur le territoire ennemi touché par la grâce divine. C'était ridicule, Hadès n'était ni croyante ni pratiquante, seulement dans le doute. La brume se dissipa assez pour qu'elle comprenne que sa compagne asari avait envie de faire un tour toute seule. Son regard se teinta d'inquiétudes et elle essaya de nouveau d'articuler quelque chose, mais c'était impossible. Talia l'embrassa plus longuement. Hadès prolongea le baiser, réunissant ses dernières forces pour que l'instant se grave à tout jamais dans sa mémoire. Elle goûta ses lèvres avec ferveur, s'abandonna à la caresse faiblement, dévoilant l'espace d'un instant cet amour aveugle et spontané qui l'avait guidée et portée jusqu'ici. Sur toutes les asaris se superposaient le visage de Kanel'Ra et le renvoi à sa propre faute, qu'elle ne parvenait pas à purger. Elle faisait pénitence, en offrant ainsi sa vie et son âme à Talia. Et puis il y avait quelque chose, de l'ordre de la fascination, à la fois pour son peuple en général, mais aussi pour elle, pour cette dureté, cette détermination, cette… Souplesse? Les idées divaguaient dans sa tête et elle ne parvenait pas à reconstruire sa logique. La seule chose qui lui semblait être le plus tangible à l'instant présent était ce sentiment qui baignait son cœur dans la chaleur. Zeus qu'elle aurait aimé que ce baiser soit une réelle promesse… Ses mains se serrèrent sur les poignets de Talia, avec une force faiblarde quoiqu'insistante. Elle ne pouvait pas partir seule, elle ne devait pas…

- Equipage… Asari… Oui… Tenir position…

Tout ceci lui coûtait, mais elle posa sa main d'un air farouche sur son fusil, hochant la tête pour signifier à Talia qu'elle pouvait y aller. Elle était une puissante biotique, elle avait fait ses preuves. Hadès allait simplement prier pour que rien ne lui arrive. Elle rassembla ses jambes et se positionna plus correctement, la crosse de son arme coincée sur son épaule, le viseur à hauteur de visage. Elle regarda Talia partir et sa main droite alla trouver quelques boutons sur le plastron de son armure. Elle entra une ligne de code et les servomoteurs de son armure se mirent en marche, se verrouillant sur les articulations et solidifiant sa position, avec un léger sifflement. Ce petit bijou de technologie lui avait coûté bonbon, mais aujourd'hui, la dépense venait d'être entièrement justifiée. Elle avait l'impression d'être coincée dans un carcan de métal, mais au moins pourrait-elle réagir en cas de danger. Sauf que si elle essuyait un feu nourri, elle ne s'en sortirait pas vivante : elle aurait la force, jusqu'au dernier moment. Mieux valait ne pas songer à ce détail.

Ses yeux se fermaient sans qu'elle ne puisse lutter. Elle se mordit l'intérieur de la joue, pour se réveiller sous la douleur. Cela marcha un temps. Mais guère assez. Des explosions retentissaient, et elle avait l'impression de les vivre comme dans un rêve. Hadès pianota vaguement sur son omnitech. Elle lut les données transmises et se redressa péniblement. Un groupe de mercenaires se présenta devant elle. Ils la regardèrent, ahuris, comme s'ils étaient devant un fantôme. Hadès serra les dents. Son armure semblait presque se disloquer sous l'effort, gérant le poids mort de la propriétaire, tandis que son esprit bouillonnait pour mettre un pied devant l'autre. Elle surchauffait. Elle voyait bien que le russe n'était pas là. Elle continuait pourtant. Elle laissa tomber son arme sur le sol. Elle empoigna le premier homme au niveau du cou et essaya de le bousculer un petit peu.

- Mais elle est malade, elle ! (ricanements moqueurs)

Le mercenaire ne prit même pas la peine de sortir son arme. Il lui colla une mandale fabuleuse. Hadès tomba en arrière, d'un bloc, et ne bougea plus. Le groupe de mercenaires la dévisagea, puis, éclatant de rire, partit rejoindre le vaisseau de transport de Pétrov.

------- ellipse temporelle --------
- Commandant? Oh ? D'Anceny ! Qu'est-ce que vous foutez, réveillez-vous bon sang !

La première inspiration fut difficile, rauque, avec le goût du sang dans sa bouche. Hadès se redressa, passant son bras en travers de son ventre, et toussa. Grossière erreur, la douleur inonda violemment sa cage thoracique, et les étoiles dansèrent devant ses yeux.

- Là, ça va aller, commandant.

Le docteur Lanson, le médecin de bord, présenta un crachoir à Hadès, qui put tout à loisir purger ses poumons.

- Vous êtes dans un sale état, m'dame.
- Tell me something I don't know. Où est Talia? Ca fait combien de temps que je suis ici?

La jeune femme avait été débarrassée de son armure, qui reposait dans un coin. Talia n'était pas loin, et un assistant procédait à un check up. L'équipage avait dû lui donner un coup de main pour intégrer le rassurant vieux raffiot qu'était l'Austerlitz. Hadès voulait se mouvoir, mais une résistance la fit se rallonger. Elle était sous perfusion.

- Depuis très peu de temps, on a réagit immédiatement à votre appel au secours. Première fois qu'on l'entend d'ailleurs.
- Faites-moi une recherche extranet immédiate. Prenez mon matricule, passez par les serveurs de l'Alliance.

Elle ferma un instant les yeux, répondant à une sourde douleur qui se répandait dans son corps.

- J'ai collé un mouchard sur l'armure d'un mercenaire. Pétrov n'étant pas là, je suppose une livraison. Je veux le rapport le plus précis que vous pourrez. Les données et la géolocalisation.

Le mouchard était en fait la balise de détresse des agents de l'Alliance, qu'elle avait toujours sur son armure. Un tout petit émetteur qui pouvait se signaler jusque dans le plus profond des coins de l'Espace, pourvu qu'il soit doté d'un relai extranet à proximité. Il suffisait ensuite de suivre le signal pour coincer le mec. Les mercenaires n'étaient pas affublés d'un uniforme particulier, Hadès misait sur les gardes personnels de Pétrov. Elle l'espérait de tout son cœur.

- Vous allez me retaper?
- Faudra un petit moment, chef. Vous êtes vraiment mal là. Dans quoi vous vous êtes fourrée?
- Kinda long story boys. Cuve?
- Deux jours.
- … Très bien, emmenez-moi en enfer.

Hadès flottait donc dans cette espèce de cuve remplie de médigel. Consternée, elle menait ses rapports et autres convocations à travers le canal de communication intégré à son masque respiratoire, totalement nue. Elle attendait les derniers rapports et la visite de Talia, tandis que les heures s'écoulaient, lentes et mornes, alors que ses tissus reprenaient peu à peu une teinte normale.

----------------- Deux jours plus tard -----------------
- Eh bien commandant, ça me fait plaisir de vous voir sur pieds.
- Merci, Lanson.
- Laissez-moi vous examiner, cela ne va prendre que quelques instants.

Hadès hocha la tête, assise sur le lit de l'infirmerie, le torse nu, son bras droit serré autour de son ventre. Ses cheveux sombres étaient encore gluants de médigel, et l'air synthétique qui s'infiltrait dans ses poumons avait un goût étrange, agressif. Elle avait encore la bouche pâteuse, mais elle se félicitait de se rendre compte que sa respiration n'avait plus rien de sifflant. Le médecin du vaisseau déploya quelques sondes sur son corps et il transféra les données sur son OmniTech. Il hocha la tête pour lui et imprima les résultats.

- Tout a l'air en ordre. Mais par pitié, n'allez plus crapahuter de cette manière, un peu plus et on vous aurait perdue.
- Merci, Lanson, vous faites toujours des miracles.
- Evitez juste de courir partout, commandant.

Elle sourit pour elle-même, et passa une serviette dans ses cheveux. Passant la veste de son uniforme sur ses épaules, elle se traîna jusqu'à sa cabine, évitant ses matelots. Elle prit une douche rapide. Son échine lui faisait mal. Tout lui faisait mal, comme si ses muscles étaient totalement atrophiés. Elle était prise d'une fatigue pesante, que même l'eau brûlante qui coulait le long de ses épaules ne pouvait repousser. L'eau gouttait le long de son visage, entre ses lèvres entrouvertes, tandis que sa main droite se crispait sur la surface métallique de la douche, glissant légèrement sur la buée. Elle ressortit, en titubant, s'assit sur le lit et se sécha laborieusement. Elle se leva, s'approcha de son terminal personnel, et appela sa responsable de personnelle, une jeune femme du nom de Samantha Hauer, qu'elle avait recrutée il y avait des années lumières de cela, sur Illum.

- Miss Hauer, s'il vous plaît, pourriez-vous me faire le plaisir de faire monter mademoiselle Tsali, je requiers un entretien.
- Aye, aye, commandant.
- Merci, Hauer.

Elle s'assit sur le lit de nouveau, et passa un uniforme propre. Elle patienta un moment, son regard vairon étrangement vide posé sur ses bottes bien cirées, ses mains enfoncées dans les replis des draps. Lorsqu'elle entendit la porte coulisser avec un léger sifflement, la jeune femme releva la tête. Elle eut un sourire difficile.

- Bonjour, mademoiselle Tsali. Ou peut-être bonsoir, je ne sais pas quelle heure terrestre il est, enfin, peu importe.

Elle se leva lentement.

- Comment allez-vous? J'ai pris la liberté de coller un mouchard sur les fesses d'un des mercenaires de votre ami, qui devait effectuer une livraison de la plus haute importance. Nous allons pouvoir retrouver sa trace, le signal est relayé par l'extranet. Mais j'aimerais bien récupérer le mouchard, il divulgue ma position à l'Alliance en temps normal.

Elle s'approcha, d'un pas très peu assuré.

- Vous avez visité le vaisseau? Il y a une partie qui pourrait vous être dévolue, le temps de notre traque. Vous pourriez y mettre vos terminaux et tout ce dont vous avez besoin. Je dispose d'une connexion à l'extranet permanente et d'une qualité supérieure.

Elle se redressa et étira ses muscles.

- Que souhaitez-vous faire?
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MessageSujet: Re: Folie psychopathe (première partie) Libre   Dim 6 Mai - 21:43

Ma tête bourdonne et ma vision se trouble... J'entends une sorte de vrombissement sonore qui semble résonner dans toute ma tête. Le bruit et le souffle de l'explosion m'ont salement secouée... Je tente de me relever mais je perds l'équilibre pour retomber au sol... Me concentrer... me concentrer... je dois me concentrer sinon je suis morte... Je vois une silhouette floue qui s'approche de moi... Des bottes blanches... Je lève la tête et je me rend compte qu'heureusement mon bouclier biotique est toujours levé. L'homme en face de moi braque son arme vers moi... Je rassemble mes dernières forces...

RATATATATARATATATARATA !

La rafale du fusil d'assaut frappe mon bouclier. Je regarde les ondes d'impact qui parcourent la surface de mon bouclier... Je n'en reviens pas d'avoir encore la force d'arrêter une arme lourde... Pourtant les balles ont été stoppées net par mon champs de force biotique. L'homme en armure blanche devant moi me regarde d'un air dégoûté. Il a des cheveux roux et une cicatrice sur le côté du visage lui donnant un air sinistre. Son armure est d'une facture que je reconnais sans réussir pour l'instant à lui donner un nom... Il change de chargeur et me regarde d'un air mauvais...

"- Bien joué Miss Tsali... Vous êtes plus dure à abattre que je ne le pensais..."

RATATATATARATATATARATA !

Une seconde rafale strie mon bouclier sans réussir à l'entamer... Les balle retombent mollement sur le sol à nos pieds sans plus d'énergie cinétique... Ma tête me fait mal et je sens tout qui tourne autour de moi... Que m'a t'il donc envoyé pour me sonner ainsi ? Comme s'il lisait dans mes pensée, il m'explique d'un ton exagérément patient :

"- Ce que vous ressentez, c'est l'effet de l'impact sonore qui a démoli votre sens de l'équilibre. La roquette que vous avez évité émet une son strident et inaudible pour la plupart des conduits auditifs. mais l'onde perturbe le fonctionnement de votre cerveau... Je m'étonne que vous soyez encore capable de maintenir cette barrière biotique Miss Tsali... C'est vrai que les putes à la peau bleu ont une capacité biotique hors norme... J'aimerai vous tuer mais on dirait que je ne le peux pas... ce sera donc pour une autre fois..."

Il pointe une troisième fois sur moi et tire à nouveau.

RATATATATARATATATARATA !

"- Merde ! "

Je le regarde ressentant les impacts des balles sur mon bouclier. Il tient pourtant, comme si la part inconsciente de mon esprit ne voulait pas lâcher prise... Je me sens sur le point de perdre conscience et j'ai un goût de sang dans la bouche. Je tente de me redresser sans y parvenir.

"- Va te faire voir Pétrov ! Pourquoi as tu lancé ces deux attaques ? "

Je pense savoir pourquoi mais je tente de gagner du temps... Son armure est celle d'un agent de Cerberus... Contrairement à ses mercenaires, ils porte une de ces armures amplifiant à la fois les capacité physiques et biotiques. Cerberus ? J'ai enfin mis un nom sur le type d'armure qu'il porte. mon esprit semble recouvrer peu à peu ses capacités. Encore un peu et je vais pouvoir m'occuper de ce type...

"- Hahahahahahahaha ! Bien essayé ! Si j'avais une autre de ces roquettes qui t'ont sonnée sale pute , je te répondrais ! Mais là, je vais y aller. On se reverra plus tard je crois... Ah et je n'oublie pas ta coéquipière : Je vais la buter en partant ! Hahahahahahahahaha !"

Je tente de me relever mais ma tête tourne beaucoup trop. Ce salaud le sait... Je le vois s'éloigner et disparaître par ce qui reste de la cage d'ascenseur. Pétrov... Saloperie d'humain à la solde de Cerberus !Le bourdonnement dans ma tête s'estompe peu à peu et j'arrive à me redresser. Mon bouclier est toujours là... Comment ai je réussi à le maintenir en place ? Je repense à ma mère et à tout les exercices qu'elle m'a infligée... Je n'ai jamais réussi à percer ses propres boucliers malgré tous mes essais et elle a mis les miens à rude épreuve... Pourtant, jamais je n'ai réussi à maintenir une telle intensité au moment critique... Les mots de ma mère me reviennent :

"- La déesse nous permet de nous révéler à nous même parfois dans la plus grande adversité... C'est lorsque l'on est au bout du rouleau, épuisée et sans ressource que parfois l'on découvre son vrai potentiel..."

Mère m'a toujours dit que j'avais un talent exceptionnel mais je n'ai jamais cru disposer ne serait ce que d'une parcelle de sa force... Pourtant mes boucliers me paraissent aussi puissants que les siens. J'ai l'impression de la sentir tout près de moi de ressentir son amour, sa force et sa tendresse protectrice. Mère a toujours été pour moi une force de vie irrésistible, un exemple à suivre et un une source de bien être et d'amour... Malgré la distance et les années, mes sentiments pour elle se sont renforcés. Sa mort tragique a été un choc pour moi. Malgré les signe montrant que ses pouvoirs faiblissaient, je n'ai jamais cru que quoique ce soit pourrait un jour avoir raison d'elle. Elle était si forte, si impressionnante, si belle... Et pourtant rien n'est éternel... pas même Mère... J'ai l'impression de la ressentir auprès de moi dans l’énergie que je déploie pour maintenir mes boucliers... Mère.... Merci Mère... Merci pour tout, merci pour tout ton amour... Je suis ta fille, Mère et je ne te décevrais pas...

"- Hadès !"

Je prends soudain conscience des derniers mots de Pétrov... S'il retrouve Hadès... Je pianote sur mon omnideck tout en courant vers les escaliers... Les sirènes continue de sonner dans les bâtiments et les extincteurs diffusent les produits retardant anti incendie. Je manque de glisser sur la mousse de la neige carbonique qui recouvre le sol dans les escaliers.

"- Hadès ? Vous m'entendez ? Planquez vous, Pétrov vous cherche pour vous tuer !"

Pas de réponse... Mon bouclier biotique s'estompe enfin et sens tout mon corps me picoter, comme si un courant d'électricité statique le parcourait... Je pianote sur mon omnideck pour repérer la position de nos adversaires. S'il y a encore des combats à l’extérieur, tout semble terminé. Pétrov s'est enfuis avec artefact qu'il est venu chercher. Je vais devoir pirater les données de l'ambassade galarienne pour mieux comprendre de quoi il s'agit. Toujours est il que les chances de retrouver cet enfoiré de Pétrov ne sont guère élevées... Un petit signe vital émettant un signal diffus m'avertit qu'Hadès est encore en vie. Je cours vers sa position sans prendre le temps de m'occuper des combats au dehors. lorsque j'arrive vers le couloir où je l'ai laissé, je découvre son corps allongé sur le sol. Je me penche vers elle et je la saisis dans mes bras. Son pouls bat très faiblement...

"- Hadès ! Hadès ! Ne vous laissez pas aller ! Réveillez vous !"

Je lui donne deux petites gifles sur les joues pour tenter de la faire revenir à elle, sans le moindre succès... Je lui ai trop demandé. Elle n'est qu'une humaine sans le moindre pouvoir biotique après tout... Je regarde ses jolis yeux vairon repensant à ses gestes si timides, emprunts de maladresse... Quelle humaine singulière... Elle est complètement folle et prends tous les risques sous le feu du combat mais ne semble pas capable de soutenir mon regard. je ne sais trop quoi penser de la fixation qu'elle a développé si vite pour moi. Elle agit envers moi comme une adolescente amoureuse alors que nous nous connaissons à peine...

"- Hadès ? Si vous mourrez vous ne pourrez pas savoir si je compte vous faire passer la meilleure nuit de votre vie..."

Elle entrouvre les yeux et je lui souris sans trop savoir si elle me reconnaît...

"- Hadès ! Regardez moi !"

Je tiens son visage entre mes mains et je soutiens son corps meurtri sur mes genoux. Nous ne pouvons pas rester ici... C'est dangereux et nous pourrions avoir des ennuis avec le SSC... Je vais devoir faire appel à une personne haut placée qui me doit un service... Je pianote un code confidentiel sur mon omni deck. Le visage d'une asari apparaît en holo devant mes yeux...

"- Conseillère Tevos ? "

"- Talia Tsali ? Que me voulez vous ?

Je lui souris tandis qu'elle me regarde alarmée... Je suis couverte de suie et de poussière qui collent à ma peau sous l'effet de la mousse carbonique...

"- Comme vous l'avez sûrement compris, je suis au milieu de la bataille qui secoue le Présidium..."

"- j'espère que vous n'avez pas..."

"- Non, j'ai simplement voulu arrêter l'humain qui a déclenché cela, Cherchez Vladimir Pétrov dans les fichiers du SSC."

J'essuie mon visage avec un linge. La conseillère me doit un service depuis que j'ai évité qu'une de ses filles n'ai des ennuis avec certaines organisations d'Oméga. Je n'ai jamais abusé de mon "amitié" avec elle mais cette fois, j'ai vraiment besoin d'elle pour ne pas passer du temps dans les geôles du SSC pour interrogatoire de routine.

"- Bref... j'ai besoin de vous pour que l'on me permette de quitter les lieux sans encombres..."

"- Vous ne voulez pas que le SSC vous interroge ? "

"- Je veux bien me rendre à une convocation ultérieure et je collaborerais avec eux mais je ne tiens pas à y aller en temps que suspecte... ce serait gênant s'ils me posaient des questions qui n'auraient rien à voir avec l'affaire en question..."

Elle hoche la tête comprenant très bien ce que je veux dire : Le SSC rêve de pouvoir me poser certaines questions et ce serait l'occasion de le faire. Je ne menace pas la conseillère mais elle comprend très bien qu'il vaut mieux éviter que l'on me mette la pression. Elle répond sans hésiter :

"- Je vous envoie un commando pour vous exfiltrer Talia."

"- Merci !"

Je coupe la communication et je me penche vers Hadès qui sombre à nouveau dans l'inconscience... Je concentre mon énergie, m'entourant d'une aura bleutée. Mon esprit cherche celui de la belle endormie. Je lui pare dans sa tête pour l'éveiller. Ce ne sont pas des mots véritables, mais plus des sensations , des effleurement psychiques...J'approche mes lèvres des siennes et je l'embrasse. Elle ouvre soudain les yeux tandis que les miens deviennent plus sombres...

"- Restez avec moi Hadès... je suis là et je ne vous lâche pas..."

Nos esprit se frôlent, se mêlent et je sens le corps d’Hadès frémir tandis que mon énergie s'insinue en elle renforçant sa vitalité défaillante...



----------------- Deux jours plus tard -----------------

"- Miss Tsali ?"

Je lève les yeux de l'écran holo devant moi. Samantha Hauer, l'intendante de la capitaine d'Hanceny s'est approchée de moi et tente d'attirer mon attention. Je pianote une dernière fois sur mon écran holo et je joue mon dernier coup : Le Fou va sur la case B5 et menace la Reine blanche. J'ai appris à jouer aux échecs terriens il y a 15 ans de cela. J'aime leur côté mathématique et stratégique mais je préfère d'autres jeu moins directement agressifs d'ordinaire. Les Petra asari sont plus subtiles : Elles ressemblent au jeu de Go terrien d'ailleurs mais Emma aime mieux les échecs. Elle ne m'a jamais battue pour l'instant mais je sais que sa détermination a me vaincre enfin ne tardera pas à donner ses fruits... Enfin pas ce soir en tout cas... Mon dernier coup va la rendre plus circonspecte... C'est un devoir pour une sœur aînée de tempérer la trop grande confiance en soi d'une petite sœur aimée mais ô combien trop imprudente encore... Non ?

"- Oui ? "

"- Le capitaine vous demande."

Je lui souris. Je me lève de mon siège et je lisse le devant de ma combinaison blanche.

"- Elle est enfin sortie de la cuve régénératrice ? "

Je connais déjà la réponse : Je n'ai guère mis de temps à trouver les codes d'accès aux systèmes de l'Austerlitz. Je n'ai pas déposé le moindre virus bien sûr, les équipes bien rodées qui servent sous les ordres d'Hadès sont suffisamment efficaces pour gérer les intrusions trop voyantes. Je suis au courant des rapports mu bloc médical. J'ai aussi découvert des choses intéressantes quand à la réaffectation de l'Austerlitz dans la flotte de l'Alliance. Le capitaine Hadès d'Hanceny sera bientôt réaffectée au sein de la flotte de l'alliance. Son grade sera confirmé et son salaire versé de manière rétroactive. Visiblement les inquiétudes de l'Alliance vis à vis de la menaces des moissonneurs sont bien réelles. Je ne sais si je dois m’inquiéter pour Emma... Son insistance pour se faire affecter au sein des franc tireurs ne me plaît guère mais je ne peux rien y faire à moins de l'enlever et de la maintenir sous clé quelque part.

"- Oui Miss Tsali. Pouvez vous trouver un moment pour lui parler ? "

Lui parler ou... Parler d'une façon très différente ? Je cache mon amusement et je décide de ne rien dire.

"- Bien sur, je monte la voir de suite alors."

Depuis les événements de la Citadelle, j'ai trouvé plus pratique de me faire inviter sur l'Austerlitz. le SSC souhaite m'interroger plus en avant, mécontent de mes réponses succinctes au sujets des événements de la Tour Nakatomi. J'ai lancé des programmes de recherche sur Pétrov et ses mercenaires mais rien n'en est sorti pour l'instant. Le mouchard qu'a laissé Hadès sur l'un des mercenaires n'a pas encore été détecté malheureusement. Pour l'instant nous sommes dans l'attente... L'anniversaire d'Emma approche et je vais devoir aller sur Terre. Pour l'instant tout ce que je peux faire, c'est lancer mes agents sur la piste de Pétrov et de Cerberus. Les derniers rapport que j'ai lu indiquent qu'il semble y avoir un lien entre certains artefact Prothéens et certaines visions qu'auraient reçu des sujets humains entrés au contact de ceux ci. Pétrov , par exemple, était un mercenaire lié à Cerberus qui a eu un jour un accident sur une planète reculée. Il a été interné par la suite et aux dires de ses médecins, sa folie date de là. je suis persuadée qu'il a "vu" les artefact prothéens dérobés dans ses visions et qu'il suit une voie qu'il est le seul à connaître. Cerberus semble lui donner son appui malgré son manque de fiabilité... Quand à Simmons, c'est Cerberus qui l'a mis en contact avec Pétrov, lui faisant miroiter la possibilité de me mettre au pas... Ce qui m'inquiète, c'est que le cas de Pétrov me rappelle bien trop celui d'Emma : Lorsque je l'ai sauvée des Geths durant l'assaut de la Citadelle, elle est devenue un court instant une autre personne. Elle était comme ...possédée... J'ai enregistré les mots qu'elle a prononcé à cette occasion et je suis sure qu'il s'agit d'un langage Prothéen. C'est intraduisible malheureusement... Et Si Pétrov avait vécu une aventure semblable ? Emma a perdu tout souvenir de cette expérience mais rien ne dit que le mercenaire n'en a pas gardé quelques trace dans sa mémoire... Ou quelques séquelles... Quand aux artefact qui ont été dérobés par Pétrov il semblerait que leur fonction soit d'augmenter les capacité des vaisseaux Prothéens... Je tremble à l'idée de ce que pourrait faire Cerberus avec ce genre de capacité, s'ils arrivent à en domestiquer les fonctions...

Je prends l'ascenseur et j'arrive devant la porte de la cabine du capitaine. Elle m'a proposé de m’installer dans la cabine des invités et j'ai accepté pour l'instant. je sais qu'elle voudrait me recruter pour servir dans son équipage et j'ai déjà repérer des faiblesses dans les interfaces de l'Austerlitz. je pourrais améliorer sensiblement l'IV de bord et la réactivité des systèmes mais je ne sais encore si j'ai envie de quitter temporairement mes activités d'Oracle.... M'enrôler dans l'alliance serait assez peu compatible avec mes activités, non ? D'un autre côté, s'il s'agit de veiller sur Emma... Une idée sournoise se met en place dans ma tête... Si Emma apprends ce que je prévois, m'inquiéter d'une future défaite aux échecs sera le cadet de mes soucis : Emma a hérité du caractère bien trempé de sa mère et j'avoue l'avoir aidée à ne pas se laisser intimider par qui que ce soit... J'aurais peut être du lui apprendre à respecter sa grande sœur qui l'aime ? Bizarrement, il ne m'était pas venue à l'esprit qu'elle pourrait se montrer un jour aussi têtue et butée que je l'ai été avec ma mère... Je sonne et la porte s'ouvre...

" Bonjour, mademoiselle Tsali. Ou peut-être bonsoir, je ne sais pas quelle heure terrestre il est, enfin, peu importe."

Je m'avance un charmant sourire aux lèvres. Hadès est assise sur son lit, parfaitement sanglée dans son uniforme. Je devine à son air pincé qu'elle doit encore sentir les contusions multiples qui l'ont presque conduite dans le coma...

"- Bonsoir Hadès... Il est un peu tard dans la fin d’après midi si vous voulez savoir. Vous avez meilleure mine je trouve."

Elle ne semble pas se souvenir de ce que je lui ai fait. Je m'approche d'elle à côté sur le lit.

"- Comment allez-vous? J'ai pris la liberté de coller un mouchard sur les fesses d'un des mercenaires de votre ami, qui devait effectuer une livraison de la plus haute importance. Nous allons pouvoir retrouver sa trace, le signal est relayé par l'extranet. Mais j'aimerais bien récupérer le mouchard, il divulgue ma position à l'Alliance en temps normal."

Hadès se lève et s'approche de moi. Je manque de rire en voyant son air peu assuré. Suis je donc aussi menaçante à ses yeux qu'un Krogan ? J'espère qu'elle me trouve plus jolie quand même...

"- Votre second Cain Anderson m'a parlé de tout cela. Pour l'instant malheureusement nous n'avons pas de trace de votre capteur... mais effectivement l'alliance semble vouloir vous parler... mais je suppose que vous êtes au courant, non ? "


Je ne souligne pas le fait que je sais bien des choses moi aussi de mon côté.

"- Vous avez visité le vaisseau? Il y a une partie qui pourrait vous être dévolue, le temps de notre traque. Vous pourriez y mettre vos terminaux et tout ce dont vous avez besoin. Je dispose d'une connexion à l'extranet permanente et d'une qualité supérieure."

Je ris. Je me suis déjà installée en prévision de notre petite traque.

"- Je sais..."

Je m'approche plus près d'elle et je plonge mes yeux dans les siens, un petit sourire mutin aux lèvres. Elle semble un peu perturbée et finit par bredouiller :

"- Que souhaitez-vous faire ?"

Je fais mine de réfléchir, posant mes doigts sous mon menton avant de tendre une main vers elle et de la pousser en arrière. Elle butte sur le lit et tombe à la renverse...

"- Mmmm J'ai bien une idée..."

Je grimpe sur le lit et je m'approche d'elle, la surplombant... Mon visage s'approche du sien tandis que je ramène ses mains au dessus de sa tête...

"- Je pourrais... partir d'ici après vous avoir remerciée... Ou bien..."

Mes lèvres effleurent les siennes... Nos souffles se mêlent... Je la sens frémir, mes doigts effleurent délicatement con cou, sa joue avent de se poser sur ses lèvres... Doucement je dessine leur contour du bout des doigts...

" -... Je pourrais aussi, vous embrassez et laisser libre cours à mes désirs vous concernant... Des désirs qui impliquent de vous déshabiller très prochainement pour parcourir votre peau du bout de mes lèvres..."

Je dépose un baiser sur ses lèvres... Nos langues se mêlent mais je me redresse un air mutin sur le visage.

"- Mmmm qu'en pensez vous capitaine ? Dois je laisser libre cours à mes vilains penchants ? "

Je caresse à nouveau son cou. Nos esprit se rejoignent et soudain mes yeux s'assombrissent... Nos esprit sont à présent liés l'un à l'autre... Le visage d'Hadès est tout rouge... Elle ne semble pas oser bouger... Je décide de l'aiguillonner un peu... Je lui murmure d'une voix suave...

"- Ou bien vous laisserez vous emporter par les vôtres ? "

Mes lèvres trouvent les siennes à nouveau...


Dernière édition par Talia Tsali le Mer 6 Juin - 23:59, édité 2 fois
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Hadès J. D'Anceny

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MessageSujet: Re: Folie psychopathe (première partie) Libre   Mer 6 Juin - 23:17

:pegi18:

C'était pas mal, pour une première rencontre. En règle général, Hadès offrait quelques fleurs, des bons mots, et surtout cette légendaire attitude flegmatique et polie digne d'un lord anglais, en queue de pie et chemise à col brisé, le visage fermé et les lèvres pincées, comme la figure de ce Fitzwilliam Darcy, dans le roman de Jane Austen, qui a fait rêver tant de jeunes filles, de toutes les générations et de tous les siècles depuis le XIXème. Elle séduisait par les attentions et sa capacité innée à prévenir les besoins des femmes. Mais là, solder cette première entrevue par trois jours complets dans une cuve de médigel, c'était une première. Oh, pas que ce fut la première fois qu'elle passait par la case cuve. Elle connaissait cette sensation étrange, en lévitation entre deux eaux, comme un enfant retourné dans le ventre maternel, dans une tiédeur rassurante et une lueur bleutée envoûtante. Et la sensation que son esprit s'endormait et s'abandonnait. Plus jeune, elle avait frôlé la mort un peu plus que les autres jours. Une hémorragie incontrôlable sur le champ de bataille, un éclat de grenade dans les flancs, qui avait enfoncé les plaques de céramique de son armure, et Hadès qui s'écroulait, poids mort parmi les cadavres, dans la poussière épaisse, rougie de son sang sombre, la bouche ouverte, tendue dans l'effort désespéré de récupérer un petit peu d'air… Les étoiles qui dansaient devant ses yeux, sa main gantée qui se refermait sur le néant du désert, tremblante, cherchant à récupérer le datapad qui s'était échappé de sa ceinture. Puis la main retombait, inerte et lourde, à quelques centimètres du cadre métallique. Hadès était restée dans le coma deux semaines, victime des radiations du soleil brûlant de cette planète maudite où les terriens avaient eu l'idée saugrenue de s'installer, sous la menace des butariens et des pirates des systèmes terminus. Les médecins ignoraient combien de temps elle resterait ainsi, à deux doigts de la mort cérébrale, à deux doigts de devenir un glorieux légume, et de peur que son cerveau porte des séquelles irréparables, ils lui posèrent des implants qui stimulèrent artificiellement la reconstruction, par des injections régulières de substances chimiques couplées par des stimulations électriques. De cet épisode malheureux, à l'aube de sa trentième année, elle en garda des céphalées ignobles qui survenaient par hasard, quand il faisait trop chaud ou trop froid, ou quand elle était particulièrement hors d'elle. Rien ne pouvait la soulager.

Une migraine menaçait. Elle ferma les yeux, serrant fortement les paupières et secouant doucement la tête. Ce n'était pas le moment d'avoir des migraines et des nausées. Elle entendit la porte de sa cabine s'ouvrir avec un sifflement. Elle avait encore un mal de chien au niveau de son abdomen, et il lui semblait que toute la structure de ses os était faite en un verre aminci, prêt à se briser d'un instant à l'autre. Elle s'en sortirait. Mais à son âge, qui commençait à être vénérable pour un soldat humain, elle devrait sans douter payer un peu plus d'attention à sa vieille carcasse. Elle salua Talia du mieux qu'elle pouvait sans faire apparaître de grimace douloureuse sur son visage, puis se raidit sur ses appuis, conservant sa légendaire attitude militaire.

- C'est étrange. D'ordinaire ce genre de traceur utilise les paquets transmis par l'ExtraNet pour transmettre les positions, quel que soit la distance, et passe sur un canal d'urgence. J'examinerais mes données pour voir s'il n'y a pas eu un brouillage. A moins que le dossier n'ait été directement traité par l'Alliance.

En ces temps troublés où elle devait réintégrer l'Alliance, elle ne pouvait se permettre le moindre faux-pas, et elle avait la désagréable impression que c'était ce qu'on pouvait appeler un faux-pas. Après tout, elle venait de participer à la destruction partielle d'un des immeubles d'affaire très médiatisé de la Citadelle, elle avait crashé son speeder sur la foule, au risque de faire des blessés - évidemment, elle était parvenue à glisser in extremis sur le flanc et avait préservé la vie de tous ses concitoyens. Ce qui n'était pas une mince affaire. Mais aux yeux d'un tribunal militaire, cela était bien mince, par rapport aux dégâts matériels.

Hadès flottait encore dans une étrange sensation, comme un rêve éveillé, cet étrange sentiment de se croire ici et en même temps ailleurs, le temps saisissant comme dans une gangue gluante les mouvements pourtant gracieux de l'asari. Elle sentit à peine de manière consciente la caresse des doigts de l'asari sur sa peau, mais au fond d'elle, ce fut comme une explosion des sens. Elle entrouvrit les lèvres, s'abandonna au baiser de Talia. Sa main glissa sur sa nuque, caressant la peau délicatement bleutée, tandis qu'elle fermait les yeux, laissant un léger râle s'échapper de ses lèvres.

- Eh bien, les propositions suivantes doivent être examinées.

La douleur irradiait dans ses côtes, et sourdait le long de sa colonne vertébrale. Elle serra les dents et décida de ne pas faire attention. Elle était tendue. Elle passa une main dans le creux des reins de l'Asari qui la surplombait, fermant les yeux…

… Sa main qui se serre autour des hanches de Kanel'Ra. Son souffle dans son cou. Les quelques mots glissés à son oreille. Elle sentait son sourire. Ses doigts s'entrelacent avec les siens. Elles regardent la cible. Hadès approche fermement les hanches de la jeune asari contre les siennes. Elle soutient le poignet de Kanel'Ra, tire, encaissant pour elle le recul de l'arme. Elles se sourient, elle l'embrasse, doucement, tendrement…

Hadès avait emprisonné la taille fine de Talia entre ses mains, et l'avait retournée sur le lit. Elle se redressa, les yeux toujours fermés, fit glisser la fermeture de son uniforme, et le laissa tomber sur le sol. Pendant un instant, elle regarda ses mains, ses avant-bras, comme étonnée. Des cicatrices parcouraient sa peau, vagues souvenirs de ses premières opérations, vagues souvenirs de ses années de rébellion sur l'esplanade de la Défense, quand elle avait à peine l'âge de supporter une arme. Et des cicatrices récentes, à peine effacées par le séjour dans la cuve de médigel. Et sur son dos, le dragon prenait son envol, déployant ses ailes tandis qu'Hadès se penchait vers Talia, faisant rouler ses muscles fins sous sa peau, et que ses lèvres venaient se poser sur sa gorge, avides, parcourant la peau avec fougue. Elle mordilla la peau doucement, s'enivra de son odeur. Ses mains parcouraient les courbes de la jeune femme, toujours protégées par la combinaison.

… Le mouvement lascif des hanches de Kanel'Ra, pendant qu'elle la chevauchait, ses ongles plantés sur ses épaules, pendant qu'Hadès avait la joue pressée contre sa poitrine, un léger voile de sueur perlant sur son front, tandis que les draps brûlaient de leurs étreintes amoureuses…

Son esprit était en symbiose avec celui de l'asari, mais quelque chose pulsait au fond d'elle, comme une blessure béante qui déverserait ses regrets et sa frustration. Elle se souvenait de la première fois qu'elle avait ressenti cette sensation, d'être emmenée dans un autre monde, dépossédée de son propre corps, dans un tourbillon de sensations intenses. Elle retira le haut de la combinaison de Talia, se pencha sur sa poitrine avec un gémissement de reconnaissance face à des atouts aussi parfaits.

Jaina…

Son nom murmuré, comme une supplication d'aller plus loin. Hadès l'entendait encore résonner au fond d'elle. L'espace d'une seconde, elle avait retrouvé les marques de son ancienne compagne. Mais le visage sérieux et plein de gravité de Kanel'Ra s'effaça et Hadès put entièrement se consacrer à Talia. Elle fit courir ses doigts sur sa poitrine, en titilla la pointe des lèvres et de sa langue, posant ses mains sur les hanches de la jeune femme, caressant l'intérieur des cuisses. Son propre désir avait envahi son bas-ventre et enflammait le bas de son dos. Elle embrassa Talia, goûtant à ses lèvres et à sa langue, et ses mains poursuivaient leurs caresses pour venir défaire entièrement la combinaison, libérant ses propres mouvements. Sa main gauche se fraya un chemin entre ses cuisses, caressant délicatement son intimité. Sa respiration s'était accélérée et elle posa son dos nu contre le lit, invitant Talia à la chevaucher, continuant de la stimuler avec toute l'habilité d'une femme qui n'avait presque connu que l'amour avec des asaris. Elle dévorait de son regard vairon le corps de sa compagne, prenait un rythme passionné et changeant. Son propre désir n'avait aucune importance. Elle s'abandonnait à ce tourbillon de plaisir, tendue sous l'effort, cherchant les lèvres de l'Asari comme si c'étaient les dernières qu'elle ne pourrait jamais baiser, oubliant la structure même de l'Austerlitz qui vrombissait sous elles, comme l'accompagnant dans sa vague de la passion, tandis qu'elle cherchait à mener sa partenaire jusqu'au septième ciel, concentrant toute son énergie.

Tandis qu'elles faisaient l'amour, Hadès sentit la vie la traverser et battre à nouveau dans ses veines avec une force étonnante. Elle se crispa, laissa un grondement lui échapper, renversant son visage en arrière, profitant de l'instant présent. Alors qu'elle-même parvenait à un niveau de plaisir qui dépassait ses espérances, les haut-parleurs se mirent à grésiller.

- Commandant, vous avez un message.
- Oh bordel, Hauer, prenez mes communications, laissez-moi souffler un peu !
- Bien reçu.

Elle avait senti le sourire dans la voix d'Hauer, qui connaissait bien son commandant. Un peu prise dans son élan, Hadès s'assit sur le lit et saisit une petite bouteille d'eau pour se désaltérer, et un grand rire monta dans sa gorge et la secoua toute entière. C'était un rire simple, un rire de bonheur, un rire de bien-être.

- Ah… Talia… Qu'est-ce qu'on est en train de faire là?

Elle se tourna vers elle en lui souriant, et l'embrassa sur les lèvres, un instant.
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MessageSujet: Re: Folie psychopathe (première partie) Libre   Mar 3 Juil - 22:05



Jaina…

Les lèvres d’Hadès ont laissé échapper ce nom dans un murmure… je pourrais me sentir offensée mais je sens qu’il y a des sentiments profonds, mêlés de tristesse dans ce nom. Hadès a retiré le haut de ma combinaison, dénudant mon torse. Ses lèvres et ses doigts parcourent mes seins. Je fais glisser mes doigts dans ses cheveux sombres. Doucement, j’effleure le dos nu de l’humaine. Je sens le picotement qui parcoure sa colonne vertébrale tandis que je parcoure du bout des doigts. Je prends doucement le visage de ma compagne entre mes mains pour capter son regard. Les yeux d’Hadès sont embués comme si des larmes menaçaient soudain de poindre et de couler le long de ses joues. Je ressens une profonde tristesse, mêlée d’émerveillement.

« - Hadès… »

Je murmure doucement son nom tandis que je me redresse pour poser un baiser furtif sur ses lèvres. Je retombe doucement sur le lit et Hadès se penche à nouveau sur moi. Ses lèvres et sa langue joue avec mes tétons dressés… Je sens le désir se répandre en moi, nuage doux et chaleureux plutôt que vague déferlante. Je laisse mon esprit se mêler à celui de l’humaine. Nous sommes reliées, connectées à présent. Nos souffles se mêlent, nos cœurs s’emballent… J’aide mon amante à me retirer ma combinaison. Mes bottes, mon pantalon tombent vite au sol et nos corps nus se frôlent délicieusement.

« - Hadès… »

Je murmure une nouvelle fois son nom… Je devine le frémissement qui parcourt son être à ce simple murmure. Je suis passée au dessus d’elle et je me tiens dressée au dessus de son corps enfiévré. Nos regards se rejoignent et s’embrassent. Une nouvelle fois je murmure son nom :

« - Hadès… »

Ses doigts glissent entre mes cuisses et me frôlent dans ce que j’ai de plus intime. Je lui souris, l’encourageant sans dire plus de mot que ce simple…

« - Hadès… »

Ce mot devient un sortilège. Je gémis, happée par le délice. Mes doigts parcourent la peau frémissante de ma compagne. Je suis du bout des doigts les cicatrices qui apparaissent, témoins muettes de la vie dangereuse de l’humaine dont j’ai voulu connaître l’aura. Celle-ci m’enveloppe, se mêle délicieusement à la mienne. Nous sommes liées l’une à l’autre à présent et nous ressentons tout ce que l’autre ressent. Le délice des caresses, la fièvre du désir, l’ivresse des sens qui s’éveillent au plaisir... Je la regarde et je plonge doucement sur elle pour m’emparer de ses seins du bout des lèvres. Mes doigts dessinent sur son ventre des arabesques, mes cuisses se referment doucement sur ses doigts et mes lèvres capture un téton. J’ai l’impression de tomber dans une chute sans fin, émerveillée par les sensations exquises que nous partageons. Un bref instant, mes dents se referment sur la pointe délicate et je frémis tandis que je ressens au plus profond de mon être la brève fulgurance de la surprise chef mon amante. Je me redresse, un sourire mutin aux lèvres, mes yeux plongeant au plus profond de son être… Je suis elle…

« - Hadès… »

Eau et terre… Ses yeux sont comme une île : Chacun d’eux recèle des merveilles mais chacun trahis la solitude et la tristesse. Pourtant au fond de son regard, je découvre l’espoir et l’amour. A nouveau, je me penche vers elle, posant mes doigts sur ses seins. Nos souffles se mêlent à nouveau et mes lèvres capturent les siennes. Je mordille sa lippe inférieure avant de chercher sa langue dans un baiser qui nous emporte toutes les deux au paroxysme de la passion. Nos cœurs battent à l’unisson. Mes seins reposent sur les siens, nos corps s’enlacent et nos pouls s’emballent plus encore. J’éloigne ma bouche de la sienne une nouvelle fois et je me redresse pour glisser à mon tour ma main sur son ventre. Doucement, comme si le temps n’existait plus, je parcoure sa peau, glissant insensiblement vers son entrecuisse… Je murmure à nouveau, d’un ton plus impérieux cette fois :

« - Hadès ! »

Elle répond à mes gestes, à mes souhaits, les devinant à l’avance. Ma main glisse doucement, effleurant son être le plus intime. Mes yeux ne lâchent plus les siens. Je ressens son désir, jumeau du mien. Nos doigts jouent en chacune de nous. Nos désirs s’entremêlent et nos plaisirs se nourrissent les uns des autres. Nous ne sommes plus qu’un tourbillon de sensations, toutes plus délicieuses les unes que les autres. Je prononce une nouvelle fois son nom, tandis que mon corps et le sien succombent à la passion qui nous dévore…

« - Haaaaaaaaa…Hadès…. »

Cette fois ce n’était pas un murmure, mais un souffle rauque et enfiévré… Je retombe doucement sur elle, secouée par nos deux plaisirs jumeaux et embrasés… je laisse échapper un nouveau souffle…

« - Hadèèèèèèès…. »

Une nouvelle fois je ressens le trouble infini qui s’empare de ma compagne. Ses yeux cherchent les miens. Nos lèvres se trouvent et je goûte une fois de plus à son baiser… Mes doigts se referment doucement sur les petites pointes si sensibles de ses seins et je les pince malicieusement pour goûter au vif frémissement qui s’empare d’elle à cet instant. Mes lèvres collées aux siennes, je goûte son gémissement comme un dernier bonbon. Je me redresse, amusée de son regard troublé et je me penche pour cueillir du bout de la langue les petites pointes frémissantes… Une dernière fois, je murmure son nom…

« - Hadès. »

Comme si je prenais possession d’elle… Mes doigts effleurent sa peau tandis que nos esprits s’éloignent peu à peu. Nous sommes toutes emperlées de sueurs et je contemple avec la satisfaction de la tigresse devant sa proie, les frissons la qui parcourent. Je mords ma lèvre, d’un air gourmand Hadès se redresse pour m’enlacer mais le haut parleur retentit :

« - Commandant, vous avez un message. »

« - Oh bordel, Hauer, prenez mes communications, laissez-moi souffler un peu ! »

Je souris, amusée par le ton virulent de mon amante. Je viens dans son dos l’enlacer. Elle s’est redressée sur le lit et porte une bouteille d’eau à ses lèvres. Mes mains se posent sur son ventre et ses seins et je parcoure sa nuque de baisers…

« - Bien reçu. »

« - Quelle autorité… »

Nous rions toutes les deux. Hadès finit par se tourner vers moi et m’embrasse doucement.

« - Ah… Talia… Qu'est-ce qu'on est en train de faire là? «

Je lui rends son baiser. Mes yeux se posent sur sa table de nuit. Il y a un holo représentant une autre asari. Elle tient entre ses bras sa fille…

« - Je crois que le terme dans l’armée terrienne est : Fraternisation. »

Je me lève, consciente des regards admiratifs que ma compagne pose sur mon dos. Je m’approche doucement de la table de nuit.

« - Je crois qu’une héroïne sans peur et sans reproche qui a sauvé sa princesse de contes de fées a bien mérité sa récompense, non ? «

Je tourne la tête vers elle d’un air amusé. Je tends doucement la main vers l’holo devant moi. Le souffle d’Hadès s’arrête un instant…

« - J’avais envie de mieux te connaître ma belle paladine… Et puis je ne crois pas que tu ais posé la moindre objection quand j’ai commencé à t’embrasser, non ? »

Je prends avec précaution l’holo entre mes doigts et j’observe les images qui défilent. Hadès est avec l’asari et sa fille. Elle a l’air heureuse…

« - Jaina… C’est ta fille ou c’est ton ex compagne ? »

Je me retourne et je lui montre l’holo que je tiens dans mes mains…

« - J’ai sentis dès que je t’ai rencontrée que tu étais familière des asaris… J’ay sentis ton désir et j’ai sentis que tu étais triste… Je dirais que cette jeune femme est ou était ton amante et que cette ravissante petite est ou était votre fille à toutes les deux… je me trompe ? »

Je repose l’holo sur la table, prenant soin de le reposer exactement comment il était. Je m’approche d’Hadès et je m’assoie à genoux en face d’elle sur le lit. Je pose ma main sur sa joue.

« - Tu n’es pas obligée de répondre si tu ne veux pas… »

Doucement, je caresse les courbes de son visage du bout des doigts. Je lui souris, tendre et compatissante. Mes lèvres se posent sur son front…

« - Quand à ce qu’on est en train de faire… je te le dirais quand j’en serais sure… Si le soucis de bien savoir ce que l’on fait te tracasse, pourquoi ne pas recommencer pour bien être sures de ne pas nous tromper ? Mmmm ? «

Je pose mes lèvres sur les siennes…
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Hadès J. D'Anceny

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MessageSujet: Re: Folie psychopathe (première partie) Libre   Lun 13 Aoû - 20:22

C'était étrange. Ce sentiment. L'impression d'une vague familiarité, mêlée à la découverte pour la première fois du corps de son amante. Ce qui n'était pas vraiment réciproque : elle avait flotté pendant un moment dans cette cuve de médigel, dans cet halo bleuté qui donnait à sa peau une étrange lueur pâle. Le corps d'Hadès était en un sens passé dans le domaine public depuis qu'elle collectionnait les passages dans l'infirmerie de l'Alliance, et plus tard, du SSV Austerlitz. Il était un objet d'art, mais aussi un mémorial à ses souffrances passées, et à ses cicatrices se mêlaient les scarifications de son tatouage monumental. Et le corps de sa compagne avait quelque chose de merveilleux, une peau si douce, si souple sous sa paume. Elle réagissait à chacun de ses stimulus au centuple de ce que la jeune femme attendait. Rien que ses caresses produisaient de longs frissonnements dans le bas-ventre d'Hadès, qu'elle ne pouvait réprimer.

La fusion de l'esprit, l'embrassement avec l'Eternité, et l'embrasement intérieur avec une puissance inattendue. Jamais elle n'avait vécu cette intensité avec une humaine. Le martèlement de son prénom au rythme du plaisir montant, menaçant à chaque instant d'exploser en elle pour la laisser sans voix et sans autre ressource qu'un abattement béat, avait quelque chose d'extrêmement excitant. Hadès fermait les yeux, le ressentant profondément à chaque fois que son amante le murmurait à son oreille, donnant des hanches dans un long frisson de plaisir, étreignant Talia de toute sa puissance, mêlant habilement sa présence virile militaire à la douceur de ses sentiments naissants. Comme elle aimait la tenir entre ses bras, ses lèvres embrassant les siennes, glissant sur la peau bleutée, s'entrouvrant légèrement pour laisser passer un gémissement de plaisir, reprenant leur chemin sur le corps souple et fin, capturant la pointe de ses seins, jouant avec elles, laissant sa langue s'y enrouler.

Mais c'était bien la première fois qu'elle ressentait cette sensation, depuis bien longtemps. Cette anticipation extraordinaire, ces mouvements qui se mariaient parfaitement, comme un jeu d'enfants. Un large sourire s'épanouissait sur le visage d'Hadès, qui goûtait à une sérénité salvatrice. La jouissance était là, à portée de main, une fontaine de jouvence qui délivrait un formidable flot vital en elle. Alors, lorsqu'Hauer intervint, sa frustration fut d'autant plus grande. Et quand bien même la jeune humaine bouillonnait de colère, son self-control était tel qu'elle n'était parvenue qu'à lancer sa réplique d'un ton sec, sans laisser libre cours à sa colère.

Assise sur le lit, elle passa une main sur son visage, fermant un instant les yeux, la respiration profonde. Elle entendit le glissement soyeux lorsque Talia la rejoignit, passant ses bras autour de sa taille. Hadès souriait, la tête légèrement inclinée, puis embrassa du bout des lèvres la main de Talia. Son sourire mêlait une grande tendresse, mais aussi une pointe de soulagement. Ce bonheur soudain et renaissant n'était pas dû au plaisir intense que son amante lui avait procuré, quoiqu'elles venaient d'atteindre des sommets qu'Hadès n'aurait jamais cru possibles à son âge, mais bien à ce moment simple, de tendresse et de complicité, à ces gestes simples et doux, qu'Hadès aurait voulu voir se prolonger indéfiniment. Elle s'appuya un instant contre son amante, reposant la bouteille d'eau, puis se retourna, ses mains glissant sur la taille et le dos de Talia, pour l'embrasser longuement, goûtant encore un instant à ces picotements de désir qui parcouraient encore son ventre.

- J'aurais pensé à autre chose qu'une fraternisation.

Le regard vairon d'Hadès se posa sur le dos de Talia, parcourant la finesse de ses reins et de ses hanches, en appréciant les courbes et la beauté. Elle dû fermer les yeux un instant pour se retenir de la rattraper. Quand elle les rouvrit, elle vit son datapad, se souvenant qu'elle ne l'avait pas rangée. A vrai dire, elle ne souhaitait pas le ranger. Cela faisait partie de sa vie, de ces choses que l'on ne souhaitait pas voir disparaître au fond d'un tiroir de la pensée, et sombrer dans l'oubli. S'il devait se passer quelque chose, que ce soit avec Talia, ou n'importe qui, elles devraient l'accepter. Elle replia une jambe sous elle, sans détacher son regard du dos de Talia, s'attendant aux questions légitimes.

- Je suis loin d'être sans reproche. Sans peur, par contre…

Hadès avait adopté un ton détaché, se levant légèrement pour toucher du bout des doigts le dos de Talia, caresser la peau bleutée délicatement. Elle s'approcha d'elle, posant ses mains sur ses hanches. Son regard vairon se posa sur le visage de son ex-épouse, et de leur fille, et malgré elle, un sourire empreinte de mélancolie s'esquissa sur son visage.

- Longue histoire.

Elle se rassit sur le lit, attira Talia sur ses genoux, et répondit tendrement à son baiser, mariant sa chaleur avec la sienne.

- Si, bien sûr, cela ne me gêne pas de raconter. Cela remonte à une de mes premières interventions en tant que N6.

Hadès sourit doucement, repensant à ces instants qui dataient de déjà une décennie. Comme le temps passait vite…

- Il y avait eu une attaque, sur une planète à la limite de la bordure extérieure. Des terroristes, quelques explosions. Etrangement, c'était dans un complexe universitaire, où un colloque sur le consensus Geth se déroulait depuis quelques jours. Le SSV Austerlitz était le plus proche et a répondu à l'appel des autorités pour des demandes de renforts, surtout que d'éminents enseignants humains étaient sur place. C'était un coup de Cerberus. C'est à ce moment que j'ai rencontré Kanel'Ra. Elle était prisonnière des décombres et un centurion de Cerberus allait pour la tuer.

Elle se souvint de ce moment, son pistolet prédator à la main, approchant silencieusement du Centurion, tandis qu'il menaçait la jeune asari pour qu'elle balance où se trouvait le Docteur Elizabeth Shaw. Elle venait de faire d'une pierre deux coups, sauvant une civile tout en apprenant la raison de l'attaque. Elle avait retrouvé Shaw, parce qu'elle avait appris à quel point elle était importante pour Kanel'Ra, puis l'avait planquée, lui donnant de nouveaux papiers et la protégeant du mieux qu'elle pouvait. Elle esquissa un sourire.

- Elle est venue en tant que consultante sur le vaisseau, puis nous nous sommes mariées sur Thessia, il y a une dizaine d'années. Nous avons fait un petit bout de chemin ensemble. Et nous avons eu une petite fille. Une vraie merveille. Jaina. Puis, les missions successives m'ont envoyées souvent loin de Hyetiana, où elles étaient. Je n'ai pas souvent vu la petite. On a fini par divorcer à l'amiable : à quoi bon rester prisonnières des lois du mariage alors que nous ne voyions presque plus. Je paie une pension régulièrement, et je vais parfois là-bas. Je m'entends encore bien avec Kanel'Ra, mais la page est tournée. Ne reste plus que la petite.

Hadès regarda Talia en souriant.

- Oui, c'est une aventure humaine. J'avais à peine la trentaine, mais j'avais l'impression que je déclinai déjà. C'était l'âge parfait pour faire un enfant, pour moi. Mais peut-être pas l'époque, en y repensant bien…

Hadès marqua une pause, pensive.

- C'est difficile. Mon plus grand réconfort, quand j'étais un soldat de l'Alliance, était de me dire que quelqu'un m'attendait à la maison. Pour elle, ce n'était pas des plus faciles, à l'époque elle était dans une institution plutôt stricte. Ses autorités étaient plutôt frileuses à voir partir une enseignante aussi importante que Kanel'Ra avec un soldat de l'Alliance Interstellaire. Ils avaient raison en un sens. N'importe quel soldat te le dira. C'est… Impossible de continuer une relation lorsque le devoir nous appelle à des milliers de parsecs de la maison, pour ne peut-être jamais revenir. Kanel se faisait un sang d'encre, et j'avais de plus en plus de mal à faire des promesses, de peur de ne pas pouvoir les tenir. Il valait mieux en terminer.

Elle eut une légère moue enfantine et regarda Talia.

- Voilà, tu sais presque tout de moi. Ne manque plus que deux choses, ma formation militaire et ce qui s'est passé avant, à Paris. Mais ce sont d'autres histoires.

Elle repensa brièvement à ce premier fait d'armes, cette prise du parvis de la Défense fait à la force de ses bras et à son sang versé, une masse en guise d'arme.

- Mais cela ne m'a pas quittée. J'ai toujours aimé les asaris, et je les aimerais toujours, dit-elle en souriant, caressant la joue de Talia. Mais je t'assure que c'est bien une affaire close entre Kanel'Ra et moi. Elle a dû refaire sa vie, je suppose.

Hadès caressa le creux du dos de Talia, posant son front contre le sien, en riant légèrement.

- C'est une invitation que je ne peux pas décliner.

Elle ne dit plus rien, posant ses mains sur ses hanches, repoussant doucement le dos de Talia sur le lit. Les mains d'Hadès glissèrent le long des hanches pour se poser sur les cuisses de l'asari, tandis qu'elle s'installait sur elle, sa poitrine effleurant la sienne. Elle promena ses lèvres sur le cou délicat, remontant le long des plis cutanés, respirant son odeur en fermant les yeux, s'en imprégnant, retenant ces particules éphémères de toute la force de son cœur, étreignant la jeune femme entre ses bras, ses lèvres cherchant les siennes et les trouvant naturellement, répondant aux baisers avec un amour profond, allant au-delà de la passion pour les asaris, ou même pour les femmes. C'était ainsi. Elle avait décidé de jeter son dévolu aveuglément sur cette jeune femme. Puissent les dieux lui accorder d'aller aussi loin que possible avec elle. Au-delà de cette nuit magique, où les étoiles scintillaient dans l'indifférence de sa peau pâle, léchée de la lumière cosmique, tandis qu'elle se couvrait d'une fine pellicule de sueur, dans le creux de ses reins, épousant parfaitement les mouvements de sa compagne. Son souffle dans le cou de Talia, ses mains glissant d'une courbe à l'autre, sa paume se posant sur des parties sensibles, experte, spontanée, naturelle, ses doigts jouant habilement pour offrir à l'asari les plus belles promesses d'un plaisir ultérieur. Elle tremblait entre les mains de Talia, sa respiration entrecoupée par les pics de plaisir qui parcouraient son corps. Sa bouche galvanisée par le goût du désir vint chercher celle de Talia, sa langue s'engageant dans une danse audacieuse et lascive, tandis que ses hanches cherchaient loin, encore plus loin.

Laissant petit à petit Talia reprendre le contrôle, Hadès se livra à son plaisir, laissant les résistances petit à petit s'effondrer, s'offrant avec l'énergie du désespoir et la foi d'une âme par trop longtemps solitaire, les yeux clos. Lorsque le souffle de sa compagne se fut calmé, la jeune femme, plongée dans la pénombre, regarda un instant le visage de Talia, et murmura, incertaine qu'elle soit éveillée ou non :

- J'aimerais que ce que l'on a fait ne soit pas qu'un éclair dans l'ombre de mon existence. Je sais que tu ne peux rien me promettre. Laisse-moi vivre dans l'espoir. S'il te plaît.


Elle aurait pu se lever, partir, fumer une cigarette, déambuler dans les couloirs vides du vaisseau, à songer, à fantasmer sur un avenir qu'elle n'aura peut-être pas. C'était là ses réflexes. Mais elle resta près de sa compagne d'un soir, écoutant le bruit de sa respiration paisible, bercée par le ronronnement de son vaisseau, ses côtes encore fragiles la lançant sourdement, jusqu'à ce que le sommeil l'emporte, au moins l'espace d'un instant. Lorsqu'elle se réveilla, la douleur avait envahit son thorax, et elle laissa son regard vairon se planter sur le plafond blanc de sa cabine, serrant les dents, comptant les secondes qui s'éternisaient. C'était fou comme le temps avait coulé entre ses doigts comme autant de particule de sable fin, lorsqu'elles s'étaient aimées dans toute la passion qui avait dévoré son corps, puis comme chaque seconde devenait lourde, dense, et douloureuse, alors que la souffrance traversait son corps abîmé par la bataille. Elle restait allongée, immobile, plongée dans cette pesanteur sourde qui clouait son corps sur le matelas qui était devenu aussi dur que de la pierre, guettant l'instant du réveil de sa compagne, ne pouvant que peu se mouvoir.
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Samus Elhe'haria

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MessageSujet: Re: Folie psychopathe (première partie) Libre   Mer 26 Sep - 14:57

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MessageSujet: Re: Folie psychopathe (première partie) Libre   

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